TH É H A P EUTIQU K OUST ET R IC A LE
Pendant toute cette période l’utérus subit sa régression normale pour rentrer dans Je petit bassin vers le 11e jour ; cette régression s’accompagne d’un écoulement particulier constituant les lochies (voir ce mot).
C’est également pendant cette période que se produit la montée laiteuse , ordinairement au bout de 48 heures ; le phénomène peut s’accompagner de certains malaises: tension au niveau de la poitrine, maux de tête, accélération du pouls ; mais la température reste normale ou s'élève seulement de quelques dixièmes de degrés: la fièvre de lait n’existe pas-
Le médecin doit surveiller avec soin les suites de couches pour dépister tout symptôme anormal et mettre aussitôt en œuvre une thérapeutique chargée d’enrayer toute complication.
11 devra donc visiter l’accouchée au moins une fois par jour pendant la première semaine, tous les deux jours pendant la seconde, ensuite tous les trois jours. 11 pourra faire sa dernière visite dans le courant de Ja quatrième semaine, lorsque la femme aura commencé à se lever.
A chaque visite il examinera méthodiquement l’accoucliée etle nouveau-né en portant son attention sur les points suivants :
État du pouls et de la température qui devront être pris et notés régulièrement matin et soir;
Volume, situation et sensibilité de l’utérus, qui sera palpé avec douceur et dont le fond et les bords seront explorés avec soin :
Aspect, odeur et quantité des lochies ;
Etat de la vulve, surtout s’il y a eu des déchirures au moment de l’accouchement ou des escharres qui surviennent dans les jours qui suivent;
Fonctionnement de l’intestin et de la vessie;
Examen des seins et surtout des mamelons ;
Du côté du nourrisson, il faut le faire déshabiller et exa-
La région ombilicale,
miner:
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
Les régions mammaires,
La région fessière, .
L’état de la grande fontanelle.
On interrogera l’entourage sur la façon dont il tette, sur la quantité de lait absorbé (chaque fois qu’il sera possible de le faire peser), sur le nombre et l’aspectdes selles, qu’on se fera présenter, sur l’absence de vomissements, sur son sommeil et ses cris.
Telles sont les grandes lignes que doit suivre le praticien pendant les suites de couches, mais il existe une certaine quantité de points de détail qu’il ne faut pas négliger.
A la première visite, on se renseignera sur les différents événements survenus depuis qu’on a quitté T accouchée : quantité de sang perdu, tranchées, miction, alimentation, sommeil. En palpant la région hypogastrique, on se rendra compte en même temps que du volume de l’utérus de l’état de la vessie, qui ne fonctionne parfois que par regorgement ; on ne doit recourir au cathétérisme qu’au bout de ^4 heures. Il est prudent de revenir sur les prescriptions faites après l’accouchement au point de vue du régime alimentaire, des soins génitaux, des précautions à prendre du côté des bouts de sein, et enfin des moyens destinés à assurer le fonctionnement régulier de l’intestin.
Lors de la visite précédant le lever, il faut pratiquer aseptiquement le toucher vaginal pour se rendre compte du volume et de la situation de l’utérus et passer en revue le système veineux et l’état des téguments des membres inférieurssurtout s’il y a eu quelques élévations de température pen, dant la période des suites de couches (craintes de phlébite;. On conseillera le port d’une ceinture abdominale, on avertira la femme des sensations qu’elle éprouvera, lorsqu’elle fera ses premiers pas : faiblesse des membres inférieurs, fourmillement, raideurs articulaires. On lui fixeraenfin la progression qu’elle devra suivre pour reprendre peu à peu ses habitudes, huit jours sont habituellement nécessaires pour retrouver les forces qu’exige la vie normale.
THERAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
À La dernière visite on indiquera le jour delà premièresortie,les soins àprendredu côté des organes génitaux, l’époque probable du retour de couches et les précautions dont il est prudent de s’entourer à ce moment. Pour aider la régression de l’utérus et surtout la régression des moyens de soutien de cet organe, on prescrira jusqu’à la sixième semaine, c’est-àdire jusqu’au retour de couches, s’il survient à ce moment, des injections à 48° qui devront être prises dans la position couchée. On emploiera de l’eau bouillie dans laquelle on mettra une cuillerée à potage pour deux litres de :
Liqueur de Labarraque
Ces injections auront du reste été commencées à partir du dixième jour : jusque-là on se contentera des toilettes vulvaires répétées trois fois par jour et après chaque miction et défécation. Ces toilettes seront pratiquées avec un tampon de coton trempé dans la solution suivante :
Verser dans une demi-cuvette d’eau bouillie tiède une cuillerée à café de1 :
Formol 25 grammes
Alcool 125 —
Glycérine O. S. p. 125
Un pansement de coton hydrophile stérilisé devra être maintenu à demeure sur la vulve à l’aide d’un bandage en T ; il sera changé à chaque toilette.
L’intestin fonctionne mal habituellement pendant les suites de couches, aussi est-il nécessaire de prescrire chaque jour un laxatif : une cuillerée à café dans un demi-verre d’eau de
Poudre laxative du Codex
à prendre vers 10 heures du soir. S’il n’y a pas d’évacuation dans la matinée, on ordonnera un lavement émollient (dé-
coction de racines de guimauve).
Un grand nombre d’infections post-partum sont d’origine intestinale et sont déterminées parle coli-baeille, aussi faut-
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
il ne pas négliger le fonctionnement de 1 intestin pendant toute cette période.