‹ Clinique et thérapeutique obstétricales du praticienChapitre 233 sur 268 · SYPHILIS ET GROSSESSE · texte numérisé non relu

SYPHILIS ET GROSSESSE

De toutes les affections capables d’exercer une action néfaste sur la vitalité de l’œuf, la syphilis est la plus importante. Elle est en effet redoutable non seulement parce qu’elle frappe l’individu dans son organisme, mais encore parce qu’elle s’attaque à l’espèce soit en tuant l’embryon ou le fœtus au cours de leur vie intra-utérine, soit en déterminant des troubles dans son développement, dystrophies et monstruosités, soit en gratifiant le produit de conception d’une tare qui pourra peser sur lui pendant toute son existence et parfois même influer sur ses descendants.

Cette question n’est donc pas seulement d’ordre médical, elle est aussi d’ordre social, elle intéresse toutes les ligues créées par les pouvoirs publics pour lutter contre la dépopulation et contre la mortalité infantile, dont la syphilis est un facteur important.

La syphilis doit sans aucun doute être placée en tête des causesdelastérilitéchez l’homme comme chez la femme, stérilité vraie ou stérilité secondaire, l’enfant étant voué à la mortsoit pendant sa vie intra-utérine, soit après sa naissance. Chez l’homme, ces lésions peuvent se localiser au niveau des tubes séminifères et par conséquent empêcher le développement des spermatozoïdes ; chez la femme, la sclérose ovarique est capable d’étouffer les ovules.

Grossesse et syphilis influent habituellement l’une sur l’autre. La gravidité en effet entraîne une suractivité circulatoire au niveau de la zone génitale, siège le plus fréquent des manifestations spécifiques, elle retentit presque toujours sur ces dernières et aggrave les accidents. Le chancre, qui survient pendant le cours de la gestation, est plus volumineux et sa durée est plus longue, les plaques muqueuses

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