THÉRAPEUTIQUE OH ST ÉTR ICA LU
génitales prennent un aspect papuleux ou érosif. Les syphilides sont plus accusées et se pigmentent d’une façon plus intense ; le collier de Vénus est plus apparent. Enfin les accidents généraux participent à cette aggravation et la syphilis revêt souvent une forme maligne, lorsque ses premières manifestations éclatent au cours de la gestation.
Nous abordons maintenant la question qui offre le plus d'intérêt au point de vue obstétrical : une femme syphilitique est enceinte ou une femme enceinte devient syphilitique au début ou au cours de sa grossesse, comment évoluera cette dernière?
Dans le plus grand nombre des cas de ce genre la syphilis existe en même temps chez les deux générateurs ; il y a cependant des exceptions, la femme peut avoir contracté l’affection avant son mariage et le père de la grossesse actuelle peut être indemne, ou le père seul est syphilitique. Le retentissement de la syphilis sur l’évolution de la grossesse varie suivant plusieurs facteurs, l’ancienneté de l’infection, sa malignité et le traitement suivi.
Plus la syphilis est récente, plus son action néfaste sur l’œuf est fréquente etaccusée. Est-elle ancienne, au contraire, la grossesse peut ne pas être touchée dans son évolution, il en est de même si une thérapeutique rationnelle a été instituée dès les premiers accidents et continuée pendant un temps suffisant. Mais le traitement peut être insuffisant soit parce qu’il n’a pas été suivi rigoureusement ou qu’il a été abandonné trop tôt, soit parce que les doses prescrites ont été trop faibles, soil parce qu’il est mis en œuvre depuis trop peu de temps ; dans ce cas l'influence de l’infection ne manque pas de se manifester sur l’évolution de la grossesse, que la maladie soit d’origine maternelle ou paternelle.
La caractéristique de la syphilis, c’est de tuer le produit de conception. Si celui-ci meurt pendant les premiers mois, alors qu’il est à l’état d’embryon, il peut se dissoudre dans le liquide amniotique et l’œuf devenu corps étranger sera expulsé sous forme d'œuf clair. Plus tard, l’état du
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fœtus variera suivant sa durée de rétention dans l’œuf avant l’expulsion de ce dernier, qu’il s’agisse d'une expulsion avant le sixième mois, avortement, ou d’une expulsion plus tardive, accouchement prématuré. Le fœtus peut être presque intact si l'expulsion suit de près sa mort, il sera au contraire à un degré avancé de macération, si l’œuf a été retenu pendant plusieurs semaines après la mort du fœtus. En dehors des altérations ayant pour unique origine la macération dans le liquide amniotique, on rencontre souvent chez les fœtus tués par l'infection syphilitique des lésions déterminées par cette dernière : l’ascite, l’hyperirophie du foie et de la rate, l’hydrocéphalie, etc. Les anomalies et monstruosités fœtales sont relativement fréquentes.
Le fœtus naît-il vivant, il peut présenter à sa naissance des stigmates dont le plus commun est le pemphigus. Dans certains cas, il parait bien constitué et bien développé, son poids dépasse même souvent la moyenne (gros œuf), et ce n’est que plus tard, habituellement dans les quatre premiers mois de son existence, qu’apparaissent les signes de la syphilis héréditaire précoce. Quelquefois, enfin, il ne présente aucune Irace apparente de syphilis, mais il s’élève mal, ses digestions sont mauvaises, il perd du poids, se cachectise et' meurt. 11 peut également mourir subitement dans les premiers temps de son existence; la syphilis crée une sorte d'inaptitude à la vie , suivant l’expression de Fournier.
La découverte du spirochète dans les organes fœtaux a permis d'expliquer l’action de la syphilis sur le fœtus, elle peut également donner la clef de cette forme spéciale de l’affection décrite sous le nom de syphilis par conception, dans laquelle l'accident primitif n’est jamais constaté (syphilis décapitée). Les adversaires de cette forme prétendent que le chancre peut fort bien avoir existé, mais qu’il a échappé aux yeux de l’observateur à cause de sa localisation dans la profondeur des organes génitaux de la femme.
Il est permis de ranger à côté de cette variété de syphilis
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
sur laquelle règne encore une certaine obscurité que la réac tion de Wassermann n’a pas éclaircie, le fail connu en clinique sous le nom de loi de Baumes ou de Colles. Un enfant syphilitique né d une mère indemne ne lui donne jamais la syphilis au cours de 1 allaitement. On ne peut expliquer celte particularité intéressante au point de vue pratique que par le passage d’une sorte de sérum immunisant du fœtus à la mère au cours de la vie intra-utérine. Rapprochons de ce fait l’immunité dont jouit un fœtus sain nourri par une mère ayant une syphilis en évolution, syphilis dont l’accident primitif est survenu à la lin de la grossesse. Il ne contracte pas la maladie (loi de Proféta), car il parait avoir été vacciné au cours de sa vie intra-utérine. L’avenir nous révélera peut-être que l’inlluence de la svphi lis d’origine maternelle et de la syphilis paternelle sur le fœtus est complètement différente. Il est impossible de nier actuellement l'action nettement infectante de la première ; les recherches personnelles que nous avons faites sur ce sujet nous ont permis de penser que la syphilis paternelle pouvait agir non pas à la façon d’une infection, mais comme une intoxication, comparable à l’action du saturnisme, de l’alcoolisme, etc., sur la grossesse.
Au point de vue pratique, il ne suffit pas de connaître finfluence de la syphilis sur le développement du produit de conception et en même lemps sur l’évolution de la grossesse, il faut aussi savoir que la syphilis peut retentir également sur l 'accouchement proprement dit, la délivrance et les suites de couches.
La maladie détermine parfois des altérations du muscle utérin, sclérose du segment inférieur, rigidité du col, capables de modifier la marche du travail. Cette dystocie maternelle est fort rare, alors que la dystocie fœtale d’origine syphilitique est relativement plus fréquente : monstruosités fœtales, excès de volume du fœtus, hydrocéphalie.
Le développement anormal du placenta et les modifications anatomiques de l’œuf dues à la macération du fœ-