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URINES (EXAMEN DES

En obstétrique, le praticien est appelé journellement à examiner les urines, nous ne passerons en revue que les modes d’examen qui sont d’un usage courant et qui peuvent être pratiqués facilement ; nous laisserons de côté les procédés d’analyse et de dosage employés par le chimiste.

Il est nécessaire de recueillir les urines émises pendant vingt-quatre heures consécutives, afin de pouvoir en apprécier la quantité; pour cela on emploie en général un bocal gradué. Elle doit être de 1.250 à 1.500 centimètres cubes dans les vingt-quatre heures. Si la quantité est très au-dessous de la moyenne, il y a oligarie ou anurie.

La couleur , normalement jaune ambré , peut être modiiiée : elle est rouge ou brune si l’urine contient du sang, verdâtre si elle contient de la bile, couleur acajou si elle contient des pigments biliaires, peu colorée, pâle , si les urines sont émises en grande quantité. Sous l’in fluence de certains médicaments, elle prend une coloration spéciale : c’est ainsi que Y acide phénique ou l’un de ses dérivés, comme lesalol, peut déterminer des urines noirâtres, les injections sous-cutanées de bleu de méthylène colorent en bleu les urines; ce procédé est mis en usage pour apprécier le degré de perméabilité du rein.

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Normalement Y odeur de l’urine est peu accentuée; sous l’influence de certaines affections vésicales, l’urine prend parfois une odeur ammoniacale ou putride.

Au moment de leur émission les urines au lieu d’être claires peuvent être troubles , lorsqu’elles renferment du mucus, des sels en excès, du pus, du sable ou du sang. Le trouble urinaire peut aussi tenir au mélange à l’urine de sécrétions vaginales ou utérines.

Les urines, normalement limpides, deviennent épaisses et visqueuses , si elles contiennent du pus.

Pour apprécier Yacidité ou Y alcalinité des urines, on emploie le papier de tournesol : le papier de tournesol bleu placé dans des urines normales, c'est-à-dire acides, prend rapidement une teinte rouge; le papier de tournesol rouge placé dans ces mêmes urines ne se modifie pas; trempé, au contraire, dans des urines devenues anormalement alcalines, il prend une teinte bleue.

Recherche de l’albumine. — De nombreux procédés sont employés pour déceler la présence de l’albumine dans l’urine; ils reposent tous sur la précipitation de cette substance au moyen de la chaleur ou d’un acide.

1° Recherche par la chaleur. — Après avoir filtré les urines, on en verse dans un tube à essai bien propre 6 à 8 centimètres cubes, on tient le tube par son extrémité inférieure et on chauffe le liquide jusqu’à ébullition sur une lampe à alcool près de la limite supérieure en agitant très légèrement. Un trouble se produisant, il est facile de l’apprécier grâce à la comparaison qu’on peut établir entre les urines chauffées et les urines non chauffées. Ce nuage peut être dû soit à l’albumine qui se coagule à 70° environ, soit à la précipitation de certains sels, phosphates et carbonates terreux.

Pour différencier les sels de l’albumine, il suffit à' acidifier les urines en y laissant tomber une ou deux gouttes d’ acide acétique ou de vinaigre ; si ce sont des sels, le nuage disparaît et les urines redeviennent claires; le trouble per-

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siste, au contraire, si c’est de l'albumine. Dans les cas où l’albumine est très abondante, il se produit un véritable coagulum en niasse et les flocons tombent lentement au fond du tube.

2° Recherche à froid par les acides. — On emploie un verre conique, dit verre à expérience, dont on remplit à peu près la moitié d’urine filtrée, puis on verse lentement presque goutte à goutte de Y acide azotique le long des parois du récipient pour qu’il descende au fond du verre et refoule l’urine. S’il y a de l’albumine, il se produit à la jonction des deux liquides un disque blanchâtre opaque dontl’épaisseur varie avec la quantité d’albumine, c’est le cercle opaque de Haller.

Il existe encore d’autres procédés; nous ne citerons que le réactif de Tanret, qui permet de déceler des quantités très minimes d'albumine. Après avoir mis l’urine dans un tube à essai, on verse deux ou trois gouttes de réactif ; s’il y a de l’albumine il se produit aussitôt des flocons blanchâtres qui tombent lentement au fond du tube. Pour être certain que ce précipité est constitué par de l’albumine, il est indispensable de s’assurer qu'il ne disparaît pas par la chaleur.

Dosage clinique de U albumine . — Le seul procédé exact pour connaître la quantité d’albumine contenue dans un litre d’urine consiste à isoler cette substance et à la peser, mais un chimiste seul peut avoir recours à cette méthode. En clinique , on se sert du tube et du réactif d'Esbach, liquide composé d’acide picrique et d’acide nitrique. Le tube porte des graduations; vers le milieu du tube se trouve tracée une ligne près de laquelle est la lettre U, plus haut une autre ligne ayant comme indice la lettre R, entre le fond de tube et la lettre U sont gravées des lignes superposées près desquelles se lisent les chiffres 1, 2, 3, 4, 5, G, 7. On verse dans le tube de l’urine jusqu’à ce que son niveau atteigne la ligne U, puis on le remplit jusqu’à la lettre R avec le réactif; on bouche avec le bouchon en caoutchouc et

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on mélange les deux liquides en retournant le tube plusieurs lois. On attend vingt-quatre heures; le tube étant placé verticalement, l'albumine se dépose au fond sous forme d’une masse blanchâtre, on lit alors sur l’échelle graduée le chiffre en regard duquel est situé le niveau supérieur du dépôt; s’il correspond, par exemple, au chiffre fi, on dit qu’il y a 5 grammes d’albumine.

Recherche du sucre. — On emploie pour cet usage la liqueur de Fehling ou liqueur cupro-potassique, dont la coloration bleue est due au sel de cuivre qu’elle renferme. La réaction cherchée est basée sur la transformation de ce sel par oxydation en oxyde de cuivre rouge. On verse dans un tube à essai 2 ou 3 centimètres cubes de liqueur de Fehling qu’on chauffe jusqu’à ébullition pour s’assurer de sa bonne qualité ; on ajoute alors une quantité à peu près égale d’urine, dont on chauffe la partie supérieure; s’il n’y a pas de sucre, aucune modification n’est constatée; si au contraire les urines en renferment, on obtient une coloration verte , orangée, rouge, en même temps qu’un trouble.

Quant à la recherche quantitative, elle est faite au moyen

liqueur de Fehling titrée.

Recherche delà bile. — Verser 20 centimètres cubes environ d’urine filtrée dans un verre à expérience et y ajouter 10 centimètres cubes d’acide nitrique nitreux en le faisant couler le long delà paroi du verre qu’on incline légèrement. Celui-ci tombe au fond et au niveau de la séparation des deux liquides il se forme, si les urines renferment des pigments biliaires, des zones colorées,' la coloration verte de l’une d’elles caractérise la présence des pigments biliaires (réaction de Gmelin).

Recherche du pus. — On remplit à moitié un verre à expérience d’urine qu’on acidifie au moyen de 1 acide acétique, on laisse reposer cette urine acidifiée une heure ou deux. On décante ensuite pour ne garder que quelques centimètres cubes dans lesquels on verse de l’ammoniaque

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eu excès. En battant le mélange vigoureusement avec un agitateur, on obtient une masse compacte et fi lan le.

Examens microscopiques. — La recherche du sang, du pus et des micro-organismes nécessite l’emploi du microscope.

UTÉRINE (DYSTOCIE)

La dystocie ayant pour unique origine le muscle utérin est relativement rare, surtout depuis qu’on a abandonné l’usage du seigle ergoté pendant l'accouchement. Par dystocie utérine nous entendons en effet une dystocie du travail déterminée par une rétraction du corps de l’utérus, qui emprisonne la totalité ou une portion seulement du fœtus.

Un grand nombre d'observations publiées sous l’étiquette de dystocie par rétraction de l’anneau de Bandl sont en réalité des cas de rétraction des fibres musculaires du corps utérin. Pendant les derniers mois de la grossesse l’utérus est constitué de deux portions : l’une épaisse, très riche en libres musculaires, est le corps de l’utérus ; l’autre, beaucoup plus mince, fait suite au précédent, c’est le segment inférieur qui se continue en bas avec lecol. L’union deces deux portions est formée par le changement brusque d’épaisseur de la paroi utérine, la fin de la musculature du corps semble former un anneau, qui a reçu le nom d’anneau de Bandl. Vu cours du travail il arrive souvent que la musculature du corps l’emporte sur celle du segment inférieur; la première douée d’une force bien supérieure paraît active, alors que la seconde prend les apparences delà passivité. Cette inégalité n’est due qu’à la différence de constitution.

Chaque fois que le corps utérin se rétracte sur le fœtus et qu’on introduit la main dans la cavité utérine, on rencontre à une certaine distance de l’orifice cervical, distance qui est d’environ 10 centimètres, mais qui varie avec le degré de distension du segment inférieur très élastique, une

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sorte (le cercle contracté, l’anneau de Bandl ; celui-ci n’est en réalité que la limite inférieure delà musculature du corps. 11 n’est jamais rétracté isolément, car il n’a pas une existence propre.

Nombreuses sont les causes capables de déterminer cette rétraction utérine ; l’administration de seigle ergoté mise à part, nous devons placer en première ligne la rupture prématurée, spontanée ou artificielle, des membranes. Viennent ensuite tous les obstacles s’opposant à la descente du fœtus, qu'ils soient d’origine maternelle : rétrécissement du bassin, tumeur utérine ou juxta-utérine, ou d’origine fœtale : présentation anormale, excès de volume partiel ou total, etc.

C’est surtout dans la rupture prématurée ou précoce des membranes que cette variété de dystocie se manifeste le plus nettement. Sous l’influence de l’écoulement du liquide amniotique, le muscle utérin se rétracte et s'applique sur le fœtus. A chaque contraction les deux tiers supérieurs de celui-ci sont pour ainsi dire englobés et enserrés par la musculature du corps, qui le retient plutôt qu’il ne le chasse. Vussi r accouchement traîne-t-il en longueur, la dilatation ne progresse pas, car la partie fœtale, qui se présente, appuie mal ou n’appuie pas du tout sur l’orifice cervical.

11 ne faut pas confondre cette rétraction utérine avec la consistance ligneuse de l’utérus qui accompagne l’hémorragie rétro-placentaire, consistance due à une sorte d’infiltration œdémateuse et sanguine de la paroi utérine.'

Traitement. — Il est rare que l’accouchement se termine spontanément dans cette variété de dystocie du travail, aussi est-on obligé d’intervenir.

S’il n’existe pas d’obstacle au passage du fœtus par les voies naturelles, on pratiquera suivant la présentation une application de forceps s’il s’agit d’un sommet, une extraction manuelle dans le cas de présentation du siège. Ces interventions seront toujours précédées d’une anesthésie complète au chloroforme. Une injection sous-cutanée d’un centi-

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mètre cube de la solution de morphine suivante peut rendre de grands services :

Chlorhydrate de morphine 0,10 centigr.

Eau distillée bouillie 10 grammes.

Lorsqu’il existe un obstacle d’origine maternelle, rétrécissement pelvien, ou d’origine fœtale, présentation anormale, l’opération césarienne est le seul mode d’intervention qui permette d’extraire le fœtus vivant, à la condition qu’il n’ait pas trop souffert avant l’opération.

La version par manœuvres internes est contre-indiquée dans cette variété de dystocie ; elle est non seulement souvent impraticable, mais encore dangereuse pour la mère, rupture utérine.

Si le fœtus est mort, il faut recourir à une opération mutilatrice : basiotripsie ou embryotomie.

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