VACCINATION
La vaccination est l’introduction sous la peau d’un virus appelé vaccin dont l’évolution donne naissance à une affection légère, la vaccine. Le sujet vacciné est à l’abri de la variole pendant une durée variable qui est d’environ une dizaine d’années. En temps d’épidémie la grossesse n’est pas une contre-indication à la vaccination de la femme.
Dans la pratique, on fait usage de la pulpe conservée dans la glycérine ; la vaccine humaine ou de bras à bras est actuellement abandonnée; quant au vaccin pris directement sur les génisses, on ne l’emploie que dans les instituts spéciaux.
Les instruments, dont on se sert pour vacciner, sont la lancette ordinaire ou une lancette spéciale portant sur une de ses faces une légère rainure médiane aboutissant à la pointe, qui est souvent en forme de fer de lance. On peut prendre également une aiguille ou une plume métallique,
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mais on donnera la préférence à une plume spéciale, Je vaccinostyle. Tous ces instruments doivent être stérilisés par l’ébullition ou par le flambage avant de s’en servir.
L’opération peut être pratiquée dans toutes les régions du corps, mais le lieu d’élection est la face externe et supérieure du bras; chez les petites filles on vaccine parfois sur le mollet afin d’éviter les cicatrices disgracieuses du bras qui persistent pendant toute la vie.
Dans quelques cas on profite de la vaccination pour faire disparaître certaines taches rouges ou violacées de la peau, véritables tumeurs érectiles, en inoculant le vaccin à leur niveau.
Le bras ayant été savonné dans toute sa partie supérieure et externe, on le saisit par-dessous avec la main gauche, la main droite tient la lancette, sur laquelle le vaccin a été déposé près de Ja pointe, et l’enfonce dans l’épiderme obliquement et superficiellement. La pointe est soulevée en même temps qu’on la retire, de la sorte on l’essuie contre les lèvres de la plaie. On peut faire plusieurs piqûres à chaque bras ; deux sur le même bras suffisent le plus souvent. Chez les petites fdlcs, ces deux piqûres devront être faites à 2 centimètres d’intervalle sur une même ligne horizontale au niveau de la partie médiane du deltoïde.
Vers la lin du troisième jour apparaît au niveau de chaque piqûre une tache rose reposant sur une base indurée ; le quatrième jour, la rougeur est plus apparente, elle est circulaire et déprimée à la partie médiane, le cinquième jour la papille se transforme en vésicule aplatie, transparente, elle s’agrandit les jours suivants par sa périphérie qui prend une teinte nacrée. Le septième jour le tissu cellulaire souscutané s’enflamme et le huitième jour le bouton atteint sa maturité. Au niveau de chaque piqûre on voit une large vésicule, à contours arrondis, de la dimension d’une lentille ; la surface légèrement rugueuse est ombiliquée au centre, la couleur est blanchâtre et plus transparente à la
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périphérie ; les bords surélevés sont entourés d’une aréole rosée ou rouge. Le neuvième jour la transparence disparaît, la vésicule se tranforme en pustule et une petite croûte noirâtre commence à apparaître à son sommet. La chaleur est mordicante et le bras lourd, douloureux; quelquefois il existe une inflammation ganglionnaire plus ou moins accentuée et un léger accès fébrile. Le dixième jour la phase inflammatoire s’accentue et le bourrelet s’aplatit, le onzième jour l’inflammation s’atténue avec le commencement de la dessiccation , qui s’étend du centre à la périphérie. Les jours suivants la pustule est transformée en une croûte noirâtre, qui se dessèche peu à peu et ne tombe spontanément qu’au cours de la troisième ou quatrième semaine (20 ou 25e jour). 11 reste une cicatrice gaufrée, d’abord rose puis bleuâtre, qui devient plus tard blanchâtre et ne s’efface jamais.
L’éruption de la fausse vaccine diffère de la précédente par la rapidité de l’apparition de la vésicule (2e jour) et de la suppuration (3e ou 4e jour), la croûte se détache au bout de cinq à six jours et ne laisse pas de cicatrice. Cette fausse vaccine se produit chez les individus qui sont déjà vaccinés ou qui ont eu la variole, elle est également due à l’emploi d’une pulpe vaccinale de mauvaise qualité.
La vaccine généralisée est une éruption pustuleuse diffuse, due à des inoculations secondaires produites par le grattage ou apparaissant spontanément.
À la suite de la vaccination on peut voir survenir différents accidents : phlegmon, adénite suppurée, érysipèle, gangrène, septicémies diverses, ils sont déterminés par l’emploi d’une lymphe impure ou à’ instruments septiques.
Enfin rappelons que la vaccine prise sur un enfant atteint d’hérédo-syphilis a amené le développement d’un chancre vaccinal au point inoculé, c’est pour cette raison que la vaccination de bras à bras a été rejetée pour être remplacée par le vaccin de génisse.
Les enfants nouveau-nés doivent être vaccinés dans les trois premiers mois de leur naissance ; eu temps d’épidémie
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il faut les vacciner le plus tôt possible. Dans les maternités la vaccination est pratiquée au cours de la première semaine si l’état général est bon. L’immunité étant limitée, il est prudent de la renouveler tous les cinq ou six ans.