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Traitement prophylactique

Il ne suffit pas au praticien de savoir traiter l’avortement compliqué ou non, il lui faut encore en rechercher l’étiologie afin d’instituer une thérapeutique préventive.

Nombreuses sont les causes qui peuvent interrompre la grossesse dans les premiers mois; 50 p. 100 des cas sont dus à une intervention criminelle; leur prophylaxie est beaucoup plus d’ordre social que d'ordre médical, aussi laisserons-nous de côté ce chapitre qu’il serait trop long de développer ici. Un certain nombre d’avortements sont accidentels, parmi ceux-ci quelques-uns auraient pu être évités si certains conseils avaient été donnés à la femme dès le début de sa grossesse. Il faudra en effet lui proscrire les voyages en chemin de fer, les longues courses en automobile, les fatigues de toutes sortes, les injections vaginales faites sans précaution et sans nécessité (1), on devra aussi la mettre en garde contre la constipation.

Enfin un certain nombre de fausses couches et particulièrement de fausses couches à répétition sont déterminées soit par des affections chroniques ou par des intoxications lentes des générateurs, soitpar des lésions locales de l’utérus, ce sont presque tous des avortements évitables. En appli-

(1) Nous avons en effet constaté à plusieurs reprises des avortements qui avaient pour origine une injection vaginale. Tous les cas semblent calqués les uns sur les autres; vers le cinquième mois de la grossesse en prenant une injection avec un bock placé à un niveau élevé et une canule perforée à son extrémité, la femme a ressenti une douleur aiguë suivie d’un écoulement sanguin et d’avortement dans les vingt-quatre heures.

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quant un traitement approprié à chacun de ces cas il est possible de placer la femme dans des conditions qui lui permettront de mener à terme une grossesse nouvelle.

a) Thérapeutique préventive avant tout début de grossesse.— Les affections, qui provoquent le plus fréquemment l avortement, sont la syphilis et les intoxications, et au point de vue local, l’endométrite et les lésions du col, particulièrement les déchirures anciennes.

Il faut toujours penser à la syphilis chaque fois qu’une femme fait une fausse couche dont la cause immédiate n’est pas très apparente, surtout si le fœtus a été expulsé mort. L’enquête doit porter non seulement sur les antécédents de la mère, mais encore sur ceux du père ; elle sera faite isolément et très discrètement pour n’éveiller chez la femme aucun soupçon. Celte affection reconnue soit par l’aveu de l’un des deux, soit par la découverte de stigmates caractéristiques, on prescrira aussitôt le traitement, qui sera facile à appliquer si l’homme est seul en jeu. Il sera par contre plus difficile à instituer si la syphilis existe également chez la femme et est ignorée d’elle.

Il ne faudra pas hésiter dans ce cas à prescrire un sirop composé, dans lequel entreront le mercure et l’iodure de potassium, ou de préférence à recourir à la voie sous-cutanée qui permet de laisser ignorer à la patiente la nature du médicament employé. Les injections mercurielles pourront être faites en laissant croire qu’il s’agit de cacodylate de soude destiné à remonter l’organisme affaibli.

Toute grossesse nouvelle devra être interdite avant six mois de traitement, que la syphilis soit paternelle ou maternelle, et, comme nous le verrons plus loin, ce traitement devra être continué pendant toute la durée de la gestation.

Chaque fois que l’avortement reconnaîtra pour cause une intoxication par le plomb, par le tabac (ouvrières travaillant dans les manufactures), par le sulfure de carbone, par l’oxyde de carbone (cuisinières), il faudra conseiller un changement de profession permanent ou passager.

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Quant à l’endométrite, qui détermine l’expulsion prématurée de l'œuf, elle agit en faisant de la muqueuse utérine un mauvais terrain qu’il faut modifier. I ne thérapeutique locale s'impose, dilatation du col, pansements intra-utérins, curettage.

Parmi les lésions cervicales susceptibles d’entraver la gestation, il faut accorder une place très importante aux déchirures profondes du col ; une opération plastique est seule capable de redonner à cet organe sa constitution normale.

b) Thérapeutique préventive à appliquer au cours de la grossesse. — Chez certaines femmes l’avortement est déterminé par une sorte d’irritabilité de l’utérus. Dans ces cas, il ne faut pas craindre d’exagérer tous les préceptes d’hygiène de la grossesse, dont nous avons déjà parlé. On défendra les voyages et même les déplacements peu importants, les courses en voiture de toutes sortes, les stations debout prolongées (dans les magasins particulièrement), le coït; quelquefois même on est dans l’obligation d’ordonner le repos horizontal au lit ou sur la chaise longue pendant une grande partie de la grossesse.

Chez d'autres les fausses couches paraissent dues à une congestion exagérée de l’utérus aux époques menstruelles, aussi devra-t-on chaque mois leur imposer le repos pendant une semaine et leur interdire le coït et les bains à ce moment.

Certaines affections chroniques, comme celles du cœur et des reins, nécessitent un régime spécial, régime lacto-végétarien ou régime lacté absolu.

Toutes les manifestations de l’auto-intoxication gravidique, albuminurie, vomissements dits incoercibles, etc., devront être traitées dès leur apparition par l’application du régime approprié.

Enfin chaque fois qu’on constatera de la rétroversion de l'utérus gravide, il faudra surveiller avec grand soin le développement de cet organe et le réduire s’il avait tendance à s’incarcérer dans la concavité sacrée.

Pendant la grossesse, il est parfois nécessaire de recourir

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à une intervention chirurgicale dans la cavité abdominale et au voisinage de l’utérus, appendicite, ablation d’un kyste de l’ovaire; quelquefois même cette intervention porte sur l’utérus lui-même, torsion du pédicule d’un fibrome sousséreux. Dans ces cas il y a indication absolue à pratiquer une injection sous-cutanée de 1 centimètre cube d’une solution à 1 p. 100 de morphine, immédiatement avant l’opération et pendant les trois ou quatre jours qui suivent. Le chirurgien devra également éviter de manipuler l’utérus au cours de l’intervention.

Enfin chaque fois que la syphilis aura été constatée chez l’un des générateurs, le traitement devra être institué pendant toute la durée de la grossesse ou continué, s’il avait déjà été mis en œuvre avant le début de la gestation.

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