BAINS
I. — Bains chez les adultes. — La femme habituée à prendre son bain tous les jours pourra continuer cette pratique pendant la grossesse, mais elle devra autant que possible s’en abstenir aux époques correspondant aux périodes menstruelles.
D'une façon générale elle prendra toutes les semaines un bain simple ou alcalin à la température de 34, 33, 36 ou 37°; elle ne doit éprouver en se plongeant dans l’eau ni sensation de chaleur ni sensation de froid. La durée sera de dix minutes environ. Certains bains médicamenteux sont parfois nécessaires pendant la gestation, aussi croyons-nous utile de donner leur composition.
1° Bain alcalin :
Carbonate de soude 250 à 500 grammes
2° Bain dC am id on :
Amidon 300 grammes
Délayer cette quantité d’amidon dans quatre litres d’eau qu’on mélangera ensuite à l’eau du bain.
3° Bain savonneux :
Savon blanc
1 kilogramme
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Dissoudre à chaud dans six litres d'eau qu’on verse ensuite
dans la baignoire.
4° Bain de sel :
Sel gris 5 kilogrammes
5° Bain de son :
Son 1.500 grammes
Faire bouillir dans huit à dix litres d’eau pendant dix minutes, passer et verser le liquide obtenu dans l’eau du bain.
6° Bain sulfureux :
Trisulfure de potassium solide 100 grammes
Faire dissoudre dans un litre d’eau chaude et mélanger à beau du bain.
7° Bain de tilleul :
Tilleul 1 kilogramme
Faire infuser dans dix litres d’eau bouillante pendant un quart d’heure en couvrant le récipient, passer le liquide (pi on verse ensuite dans l’eau du bain.
II. — Bains chez les nourrissons. — Le premier bain donné à la naissance (voir Nouveau-Né) sera composé uniquement d'eau bouillie, le récipient (baignoire, bain-de-pied, grande cuvette, baquet) "sera flambé ou ébouillanté.
Les autres bains ne seront donnés qu’après la chute du cordon et la cicatrisation complète de la plaie ombilicale.
La température variera de 33 à 36° suivant les saisons et le poids de l’enfant ; chez les prématurés et les débiles elle pourra être de 36 à 37°.
La durée sera de trois à cinq minutes.
L’enfant sera baigné de préférence le matin au moment de sa grande toilette ; chez ceux qui dorment mal, le bain sera donné avec avantage le soir entre 6 et 7 heures.
Bains médicamenteux chez les nourrissons.
1° Bain alcalin :
Carbonate de soude
50 à G0 grammes
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
2° Bain d'amidon :
Amidon 100 grammes
Délayer dans un litre d’eau et mélanger au bain.
3° Bain salé :
Sel gris
500 à 1.000 grammes
4° Bain sinapisé :
Farine de moutarde 200 grammes
Placer la farine dans un sachet de toile, plonger le sachet pendant cinq à dix minutes dans Veau froide et l’exprimer ensuite dans l’eau du bain.
5° Bain de sublimé :
Bichlorure de mercure 1 à 3 grammes
La baignoire devra être émaillée ou en bois.
0° Bain sulfureux :
Monosulfure de sodium Carbonate de soude . .
Sulfate de soude. . . .
Chlorure de sodium . .
Eau
15 grammes
2 gr. 50
Verser dans le bain au moment d’y plonger l’enfant 100 gramme de gélatine ayant macéré une heure dans de l’eau froide et fondue ensuite dans une casserole d’eau chaude.
7° Bain de tilleul :
Tilleul 100 grammes.
Faire infuser dix minutes dans deux litres d’eau et verser l’infusion dans le bain.
BASI0TRIPSIE
Nous n’avons l’intention de décrire en détail ni le basiotribe ni son manuel opératoire, l’un et l’autre sont ample-
fi
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ment décrits dans tous les traités d’accouchements ; par contre nous insisterons sur les indications de cette intervention et sur certains points spéciaux du manuel opératoire.
Il existe deux modèles du basiotribe dont le premier type est dû à Tarnier, c’est cet ancien modèle que nous recommandons particulièrement au praticien peu entraîné aux manœuvres obstétricales. Ce n’est que très rarement qu’il aura l’occasion de faire une basiotripsie ; il lui faut donc un instrument simple à manier, d’application facile toujours identique, le vieux basiotribe Tarnier réalise cet idéal. On demandera seulement au constructeur de munir le perforateur du capuchon amovible, qui permet de le transformer en crânioclaste.
Vvec cet instrument, les règles d’application se simplifient, puisque, quelles que soient les variétés de position de la tète, qu’elle vienne première ou dernière, on introduit toujours les différentes pièces dans l’ordre suivant : perforateur, branche gauche et enfin branche droite.
Indication de la basiotripsie. — On ne doit jamais entreprendre une basiotripsie sans être certain que le fœtus est mort ou tellement compromis qu’on puisse le sacrifier sans arrière-pensée. Prenons comme exemple pour préciser le cas où le fœtus, à la suite de tentatives brutales, répétées et infructueuses d’extraction au forceps, présente une fracture du crâne. La constatation d’une telle lésion par le toucher simple ou manuel contre-indique toute opération capable défaire courir à la mère des risques sérieux.
La règle générale, que nous venons de poser, s’applique à la majorité des cas, elle comporte cependant des exceptions:
1° Lorsqu’une femme et son entourage refusent formellement toute intervention sanglante, doit-on la laisser mourir d’une rupture utérine imminente en l’abandonnant à ellemême ? Évidemment non. D’autre part, il ne saurait être question de remettre la parturiente entre les mains d’un autre médecin, la solution du problème ne serait que reculée. Que faire en pareil cas? Attendre, car le fœtus ne tar-
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dera pas à succomber, ou, s’il ne meurt pas, la femme vaincue par la douleur finira par accepter ce qu’elle refusait tout d’abord.
2° Il peut arriver que t on soit appelé près d’une femme en travail depuis longtemps, ou trouve une température atteignant 38°,oet 39°, un pouls au-dessus de 100; le bassin est très rétréci, le liquide amniotique a une odeur infecte, néanmoins le fœtus estvivant.il faudrait faire une opération de Porro, car ni le forceps ni la version ne permettraient l’extraction de l’enfant par les voies naturelles. S’il n’est pas possible d’opérer la malade chez elle ni de la transporter dans un hôpital ou une maison de santé, mieux vaut faire une basiotripsie sur l’enfant vivant.
Mais, fort heureusement, de semblables circonstances se rencontrent rarement et dans l’immense majorité des cas on n’aura pas à pratiquer cette lamentable opération qu’est le broiement d’un enfant vivant.
La basiotripsie est indiquée toutes les fois que la tète première ou dernière est retenue en un point quelconque de la filière génitale et qu’il est impossible d’attendre ou d’espérer son expulsion spontanée sans danger pour la parturiente.
L’obstacle, qui peut arrêter la tête, est d’origine maternelle ou fœtale.
Du côté de la mère , ce sont les viciations pelviennes, les obstructions du bassin par tumeur d’origine quelconque, les rigidités du col quelles qu’en soient la nature et la cause.
Du côté du fœtus, l’excès de volume total ou partiel, la dystocie par accrochemcnt des fœtus dans le cas de grossesse multiple.
La basiotripsie n’est possible que si l’orifice cervical est assez dilaté ou dilatable pour permettre l’introduction des cuillers; il faut en outre, disent les classiques, que le bassin ait au moins i centimètres et demi dans son diamètre le plus rétréci. Nous devons faire remarquer ici au praticien que dans un bassin rétréci ayant \ centimètres et demi
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de diamètre minimum ou même 5 centimètres et demi le broiement de la tête fœtale à terme devient une opération longue, pénible et par suite dangereuse. Alors même que la tête est bien écrasée, l’extraction du corps du fœtus est des plus difficiles.
Manuel opératoire. — La basiotripsie est une opération douloureuse et qui peut durer longtemps ; il est donc nécessaire delà pratiquer (sauf contre-indication) sous anesthésie générale; aussi est-il indispensable d'être assisté par un confrère au moins.
La malade est placée non pas dans son lit, à moins que celui-ci ne soil liés haut, mais de préférence sur une table suffisamment solide protégée par une couverture pliée en quatre. Sous le siège de la femme on glisse une toile cirée qui descend en formant entonnoir dans un seau de toilette, du papier peut remplacer la toile cirée. La patiente est maintenue en position obstétricale soit par deux aides, soit au moyen du procédé suivant qui nous a souvent rendu service : on place dans le creux poplité un bâton solide, un manche à balai par exemple, puis on attache à chaque extrémité de celui-ci les bouts d’une cordelette qui va passer en anse sous la tête de la table en s’enroulant autour de ses pieds. Tous ces préparatifs une fois terminés, on pousse l'anesthésie à fond tout en aseptisant aussi complètement que possible les organes génitaux et les régions avoisinantes. On sonde la vessie en recueillant un peu d’urine pour l’analyser, on garnit enfin la région du champ opératoire.
L’opération doit toujours être précédée du toucher manuel, qui, grâce à l’anesthésie, donne des renseignements précieux sur les difficultés à vaincre. Avant de perforer la tête, il est indispensable de la faire fixer solidement par un aide expérimenté ou intelligent; il faut en outre laisser dans le vagin une main guide qui jalonne les points de repère maternels. En arrière le médius surveille les parties molles recouvrant le promontoire, en avant le pouce prend contact avec la face postérieure de la symphyse pubienne ; l’index
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reste libre se tient au contact de l’extrémité céphalique cl a égale distance de ces deux points. C'est alors, mais alors seulement, que l’on peut procéder à la péri oral ion aussi près que possible du point repéré par l’index. Il est bon de pénétrer en plein os pour se ménager un oribee toujours béant qu’on n obtiendrait pas en perforant une fontanelle ou une suture. La profondeur d introduction du perforateur est facile à graduer quand on opère sur le sommet, puisque c’est la base du crâne qui doit arrêter la pointe de l’instrument. L’appréciation est plus délicate, quand on se trouve en présence d’une face ou d'une tête dernière. Nous conseillons comme moyenne d’enfoncer le perforateur jusqu à <S ou 9 centimètres à partir de la pointe.
Pour l’introduction des cuillers il faut procéder avec douceur et sans hâte, le petit broiement peut presque toujours être effectué sans le secours de la vis ; pour le grand broiement, il est bon d’aller très lentement afin de donner à la matière cérébrale le temps de s’écouler ; la vis doit être serrée à fond .
L’extraction, même après un broiement parfait, peut être très pénible ; là encore il faut aller doucement. Si la dilatation du col n’est pas complète, il faut se garder de vaincre la résistance de ce dernier par des tractions brutales, mais se servir du cône céphalique comme on se servirait d’un ballon de Champetier et en même temps dilater doucement l’orifice cervical avec un ou deux doigts. Si la masse constituée par la tête broyée paraît encore trop considérable, il est parfois préférable de faire un second broiement perpendiculaire au premier.
Le broiement de la tête dernière est plus facile, si l’on se débarrasse du corps du fœtus; la section du cou ne sera pratiquée qu’après avoir effectué le petit broiement, car on n’a plus à craindre la fuite de la tête.
Lorsqu’on a réussi à extraire la tête venant première, on éprouve parfois des difficultés à entraîner le reste du fœtus ; le mieux est de chercher à abaisser successivement les bras,
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au besoin en les fracturant, le tronc vient alors aisément.
Faut-il après une basiotripsie pratiquer systématiquement la délivrance artificielle? En règle générale, cela est préférable ; mais si l’on se trouve en présence d’un fœtus putréfié, il vaut mieux laisser le placenta se décoller spontanément, quitte à intervenir si le décollement tardait à s’effectuer ou si la patiente perdait du sang. On ne risque pas de la sorte de mettre la main souillée de liquides éminemment septiques au contact des sinus utérins largement béants.
L’opération terminée, il est sage de faire une irrigation intra-utérine avec du permanganate au 1/ 1000e et de mettre en œuvre le traitement préventif de V infection puerpérale (voir ces mots).
De l’emploi du basiotribe comme céphalotribe ou comme crânioclaste. — Il n’est pas toujours facile ou même possible de se servir des trois pièces du basiotribe, il y a parfois avantage à utiliser séparément soit les deux cuillers sans perforateur, soit le perforateur coiffé de son capuchon protecteur et l une des deux cuillers. Dans le premier cas, l’instrument est transformé en un céphalotribe, dans le second c’est un véritable crânioclaste. Ce dernier est surtout appelé à rendre des services comme tracteur ; on a avec lui une prise solide en même temps qu’un instrument tenant relativement peu de place dans le vagin. Pour extraire par exemple un enfant mort en présentation du front, il est commode de saisir le fronlal entre le capuchon du perforateur introduit dans le crâne et la cuiller appliquée sur la
face. Mais ce sont là des modes d'emploi de l’instrument vraiment exceptionnels et d’autre part le vieux modèle, que nous avons préconisé, se prête peu à ces combinaisons, puisque son utilisation comme crânioclaste n’est possible que dans les positions gauches de la tête.
Notons enfin l’application du basiotribe-crânioclaste sur le siège de l’enfant mort comme pince à préhension puissante ; mais son usage dans cette circonstance sera bien rarement indiqué.