TH ÉR A P EU TIQUE Û BSTÉT R I CA L E
hors de cet organe les portions du placenta qui y sont retenues. La délivrance artificielle est alors un véritable curage digital.
Dans certains accidents du travail, la rupture utérine diagnostiquée avant la fin de la délivrance par exemple, il faut après l’expulsion ou l’extraction du fœtus introduire la main dans la cavité utérine pour aller y chercher l’arrièrefaix. 11 arrive parfois (pie celui-ci l’a déjà abandonnée et qu’il est passé dans l’abdomen avec ou sans le fœtus, il sera alors enlevé au cours de la laparotomie que commande cet accident. L 'inversion utérine n’est üne indication de la délivrance artificielle que dans deux cas : ou bien il y a inversion incomplète avec début de décollement et par cela meme hémorragie, ou bien il y a inversion complète. Dans cette dernière forme il y a avantage, une fois l’utérus refoulé dans le vagin, à décoller le placenta, meme s’il est totalement adhérent, pour diminuer le volume de la masse qu’il faut réduire.
Nous aurons encore à intervenir pour d’autres raisons, moins graves en apparence. Après une heure, une heure et demie et même deux heures d’attente, aucune contraction n'est survenue malgré tous les moyens thérapeutiques mis (ni œuvre; le fond de cet utérus impuissant est resté au même niveau, dans ce cas il n’y a aucun avantagea attendre, il faut faire la délivrance artificielle. On agira de même si le placenta est retenu par une contracture de tout, l’utérus, ce qui est rare ; plus fréquente est la contracture du corps utérin seul, confondu souvent avec la contracture de l’anneau de Bandl, ou la contracture de la zone utérine limitant le point d’attache du placenta, eiichatonnement, surtout lorsque celui-ci est fivé dans l’une des cornes utérines.
Dans ces différents cas la main, qui veut pénétrer dans l’intérieur de l’utérus, rencontre presque toujours de grosses difficultés, elle doit vaincre la résistance due à la contracture. Si ('1 le ne peut y parvenir par la douceur et le temps, il ne faut pas hésiter à recourir à l’anesthésie chloroformique.
T 1 1 K R APEUT I QUE O R ST ÉT R ICALE
Le placenta décollé peut ne pas abandonner la cavité utérine parce qu’il est trop volumineux, grossesse gémellaire, gros œuf, placenta syphilitique, ou parce qu’il existe un obstacle qui l’empêche de descendre, fibromes, utérus double, kyste de l’ovaire, thrombus vaginal; parfois c’est simplement la distension du globe vésical, qu’un cathétérisme fait rapidement disparaître. En présence de cette dystocie de la délivrance, qu’un examen méthodique doit révéler, il ne faut pas hésiter à faire la délivrance artificielle.
Enfin, il est parfois utile de recourir à ce mode de délivrance sans attendre une indication après une intervention faite sous chloroforme, application de forceps ou version, si la parturiente est affaiblie par une affection chronique ou aiguë, par des pertes sanguines abondantes ou par un des nombreux traumatismes du travail. Ce sont les mêmes raisons qui interviennent au cours de l’opération césarienne et de la symphyséotomie pour commander Ja délivrance artificielle.