DIARRHÉE
La diarrhée est une complication rare de la gravidité; nous n’avons en vue dans ce chapitre ni les diarrhées, qui peuvent succéder à des phases de constipation et qui sont de véritables débâcles, ni celles qui sont déterminées par le réveil d’une entérite muco-membraneuse ou par l’absorption d’aliments indigestes. Nous n’étudions que la diarrhée reconnaissant pour cause la grossesse elle-même ; elle peut dans ce cas accompagner les vomissements ou alterner avec eux, elle est alors une forme de manifestation toxique, aussi la voit-on apparaître parfois en même temps <pie l’œdème généralisé. Onia considère alors comme un mode d’élimination des chlorures retenus en excès dans l’organisme.
Comme les vomissements, avec lesquels elle a de nombreux points de ressemblance, elle présente tous les degrés, depuis les crises diarrhéiques passagères jusqu’à la diarrhée vérita blemenl i ncoercible.
Tantôt elle suit l’ingestion des aliments, le nombre de selles ne dépasse pas trois ou quatre dans les vingt-quatre heures, et l’état général paraît peu influencé ; tantôt au contraire elle est beaucoup plus fréquente, elle est alors constituée par des matières glaireuses et jaunâtres ou par un liquide verdâtre ou grisâtre, souvent très fétide. Dans ce cas elle s’accompagne de troubles généraux, amaigrisse-
TIIÉRAP kutioue ^obstétricale
ment rapide, teint plombé, yeux excavés, fatigue, pouls rapide ; ces malades accusent parfois une soif extrême et une répulsion pour tous les aliments solides. Enfin des accidents fébriles viennent dans certains cas aggraver la situation.
Traitement. — La thérapeutique doit être mise en œuvre dès le début ; on commencera par désinfecter le tube digestif par des prises répétées de calomel à faible dose, 0 gr. 03 à 0 gr. 05 tous les deux jours. L’alimentation sera purement lactée, mais il arrive parfois que le lait pur ou coupé d’eau de Vichy est, mal toléré par l’intestin et augmente la diarrhée; il peut être remplacé par le képhir n° 3.
En cas d’insuccès, il faut alors recourir à vingt-quatre ou quarante-huit heures de diète hydrique, on prescrira ensuite des bouillies confectionnées avec du bouillon de légumes peu salé et de la farine de riz.
On a également préconisé dans certains cas les bouillons lactiques ou des préparations similaires.
Pour relever l’état général on s’adressera aux injections sous-cutanées de cacodvlate de soude, d’arrhénal, d’eau de mer, de sérum artificiel à faibles doses répétées.
L’alimentation ne sera reprise qu’avec prudence, on donnera d’abord des pâtes alimentaires, des légumes secs, puis plus tard de la viande blanche, le veau excepté.