II. — Action de la gravi dite sur le diabète
La grossesse aggrave presque toujours le diabète, que cette affection soit en pleine évolution avant la fécondation ou qu’clle ne se manifeste d’une façon évidente qu’au cours de la gravidité. L’action se lait rarement sentir dans les quatre ou cinq premiers mois, souvent même un diabète nettement caractérisé voit ses symptômes s’amender pendant cette période, mais ce n’est là qu’un calme trompeur; car bientôt, vers le cinquième ou le sixième mois, ils se réveillent et s’accentuent rapidement, un nouveau coup de fouet semble donné par la fin de la gestation. Il en est de même pour le diabète qui apparaît pour la première fois au cours de la gravidité, qu’il soit déterminé par elle sous l’influence d’une auto-intoxication ou qu’il soit seulement mis en évidence par l’apparition de symptômes jusque-là passés inaperçus. C’est toujours à partir du sixième mois que ces derniers sortent de leur état latent et qu’ils éclatent plus ou moins brusquement. Tantôt ils se révèlent par les signes caractéristiques de l’affection : pblydipsie, polyphagie, amaigrissement, polyurie, glucosurie, tantôt c’est une complication qui attire l’attention : perte de la vue, syncope, paralysie, coma. Lorsque le diabète est antérieur à la grossesse, ses manifestations s’accentuent rapidement vers le sixième mois après avoir subi le temps d’arrêt que nous avons signalé; la glucosurie devient plus abondante, la polyurie augmente, l’amaigrissement fait des progrès plus
TI1ERAPEUTIOIJE OBSTETRICALE
ou moins considérables, la soi l‘ el la faim sont plus vives. Dans les derniers jours de la grossesse, en supposant que celle-ci aille à terme, la marche de l’affection est encore accélérée pour se ralentir au début des suites de couches. Lorsque les premiers symptômes n’apparaissent qu’à la fin de la gestation et restent modérés dans la suite, ils seront aggravés par une grossesse nouvelle; aussi devra-t-on toujours conseiller aux femmes franchement diabétiques d’éviter de redevenir enceintes; quand nous disons franchement diabétiques, nous entendons par là que pour conclure au diabète, il ne faut pas seulement observer de la glucosurie; celle-ci peut être physiologique; il faut qu’à la présence du sucre viennent se surajouter tous les signes déjà signalés : polyurie, polydipsie, amaigrissement, etc.
Il arrive parfois qu’une femme supporte bien plusieurs grossesses et c’est au cours d’une nouvelle gestation que les symptômes s’aggravent et marchent rapidement vers la terminaison fatale. Celle-ci semble en effet précipitée par la gravidité, car la durée moyenne de l’affection, qui en temps habituel, d’après Griesinger, est de trois à quatre ans, n’est plus que de vingt mois environ dans les cas (pii ont été compliqués de grossesse. Quant au mode de terminaison, il n’a rien de particulier, c’est tantôt la cachexie, tantôt le coma, tantôt la phtisie, qui emporte la malade. Quelquefois la fin est hâtée par l’accouchement, surtout si l étal général de la parturiente était déjà mauvais; le travail est en effet pour une femme déjà épuisée un traumatisme
important agissant à la fois par les efforts qu il nécessite, par les troubles qu’il entraîne dans les systèmes circulatoire et respiratoire, et par les pertes sanguines qui l’accompagnent. Aussi a-t-on vu la mort subite ou rapide survenir dans les jours qui suivent la délivrance, mort paraissant déterminée par un véritable état de shock. Dans d autres cas, les jours qui suivent l’accouchement sont marqués par une aggravation considérable de tous les symptômes.
Quant à l’allaitement, son action ne peut être que né-