SANS MODIFICATIONS ANATOMIQUES
Si nous laissons de côté pour le moment l’inertie utérine, <pii s’accompagne fatalement d’un arrêt du travail, nous allons rencontrer un certain nombre de causes qui déterminent un état stationnaire de la dilatation malgré des contractions utérines énergiques. Le col, cpii s’est normalement effacé, puis dilaté, peut avoir acquis les dimensions d’une pièce de 2 francs ou de 5 francs et deux heures plus tard on esl surpris de constater qu’aucun changement ne s’est produit, bien qu'encore une fois l’utérus ait continué à se contracter normalement.
En présence d'un cas de ce genre on doit chercher à en découvrir la raison, d’autant plus que reconnaître la cause c’est du même coup le plus souvent trouver la thérapeutique à mettre en œuvre. Passons donc en revue les différentes circonstances capables d’empêcher les progrès de la dilatation.
Nous signalerons en première ligne, parce qu’elle est relativement assez fréquente, la tension exagérée du contenu ovulaire à laquelle il faut toujours penser. Dans un œuf normal la poche des eaux ou plutôt la partie accessible des membranes donne au toucher en dehors des contractions une sensation de mollesse, les membranes sont facilement déprimées et permettent de se rendre un compte très exact des caractères de la partie fœtale cpii se présente. Dans le cas que nous envisageons au contraire, la sensation fournie par le toucher est complètement différente, les membranes
sont constamment tendues et au moment d’une contraction
elles ne font aucune saillie dans l’orifice cervical au-dessus duquel elles passent à la façon d’un pont. Elles sont, pour colle raison, incapables d’attaquer les bords de l’ouverture
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
inférieure de l’utérus pour l’agrandir, elles ne forment pas de poche des eaux, elles sont donc inutiles et il faudra les rompre. On ne rencontrera pas seulement cette tension des membranes dans l’hydramnios et dans la grossesse gémellaire, mais aussi dans une grossesse normale.
C’est en vertu d’un mécanisme semblable qu’agissent ou plutôt que n’agissent pas les membranes dans les cas où elles manquent d'élasticité . Cette particularité s’observe plus particulièrement dans l’insertion du placenta au niveau du segment inférieur de l’utérus. La portion des membranes voisine de la masse placentaire est habituellement épaissie et rugueuse ; il n’est pas rare en effet d’y rencontrer des cotylédons atrophiés, surtout dans la région qui recouvre le col. Ce défaut d’élasticité les empêche de se laisser refouler dans l’orifice cervical au moment des contractions, d’où insuffisance d’action et par cela même état stationnaire de la dilatation. Ces membranes donnent au doigt qui les explore une sensation particulière, ce n’est plus la tension permanente que nous avons signalée précédemment, car elles peuvent être très dépressibles, elles sont grenues et paraissent plus résistantes et plus épaisses, comme on peut s’en rendre compte en les pinçant avec deux doigts. Cette modification dans leur structure sera encore plus appréciable au moment où on les rompra, car on sera obligé de développer une force plus considérable que d’habitude pour les perforer.
Il arrive aussi que la dilatation reste stationnaire dans les cas où la tête fœtale est très engagée et coiffée directement par les membranes. L’extrémité céphalique bouche d’une façon tellement hermétique l’entrée du bassin que le liquide amniotique ne peut glisser entre elle et la paroi utérine.
L’accolement du chorion et de l’amnios à la tête fœtale est tellement intime qu’ils peuvent être méconnus et qu’on peut croire à la rupture des membranes, si on n’y prête grande attention. On distinguera ces dernières du cuir chevelu par les caractères suivants: au moment d une contrac-