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SUR LA TUBERCULISAÏION PULMONAIRE

hémorrhagiques, c'est-à-dire deux ordres de phénomènes qui appartiennent également à la phthisie et à la dyscrasie alcoolique. J'ai constaté chez deux tuberculeux les récidives fréquentes d'épistaxis^ et chez un troisième une hémorrhagie intestinale. Des observations plus nom* breuses que celles qui ont servi de base à mon mémoire, lu au Congrès de Lyon en 1864, m'ont prouvé que les hémoptysies étaient très-fréquentes ; j'ai écrit dans ce premier travail que les hémorrhagies pulmonaires existaient chez le quart des malades, des observations plus nombreuses, et surtout une enquête plus attentive m'ont prouvé que ces hémorrhagies étaient très-fréquentes chez les alcoolisés.

Il importe de signaler la fréquence de la dégénérescence des reins et l'albuminurie consécutive chez les ivrognes tuberculeux. Ces cas sont au nombre de quatre sur quarante malades, ou de un sur dix, proportion bien supérieure à ce qu'on trouve chez des tuberculeux non alcoolisés.

De ces lésions du sang et du rein, auxquelles s'ajoutent parfois la dégénérescence graisseuse^ amylacée, ou celluleuse du foie, dépendent les lésions assez fréquentes du péritoine que j'ai pu constater chez mes malades. Ainsi, outre trois cas d'épanchement ascitique intrapéritonéal, j'ai constaté chez un malade une inflammation suppurée du péritoine^ et chez un autre une péritonite plastique. Le péritoine et les ganglions du mésentère ne contenaient pas de tubercules.

Les perturbations du système nerveux qui surviennent chez les ivrognes phthisiques ont les caractères de l'alcoolisme chronique; ainsi, j'ai vu deux fois dans les derniers jours de la vie, le délire bruyant, avec hallucinations efî'rayantes; chez trois autres malades ce même délire survint dans le cours de la maladie. D'autres fois les

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malades accusaient des altérations de la sensibilité et de la motilité périphérique identiques à ce que IIuss a fait connaître dans l'alcoolisme chronique.

Quand ces perversions ou diminutions de la motilité ou de la sensibilité périphérique existaient antérieurement chez un alcoolisé, la tuberculose intercurrente ne les exagérait pas toujours. J'ai soigné dans mes salles un alcoolisé atteint de parésie incomplète des membres inférieurs ; le développement de tubercules pulmonaires n'empêcha pas la guérison des troubles du système nerveux. L'évolution de la tuberculose très-lente chez ce malade ne fit reparaître aucun des accidents de la parésie antérieure.

La persistance des excès alcooliques pendant le cours de la tuberculose, accélère-t-elle sa marche ? Je l'ignore. Launay a prétendu que la persistance des excès aggravait beaucoup la maladie. Je n'ai vu que peu d'ivrognes qui continuaient à boire pendant la phthisie, et ces malades présentaient tous la forme chronique. Je n'en conclurai pas que l'usage de l'alcool ralentissait la marche de la phthisie; ne pourrait-on pas plutôt se demander si l'absence d'accidents fébriles ne permettait pas à ces malades de continuer leurs excès ; tandis qae les fébricitants doivent y renoncer dès le début de l'affection. On connaît Fhistoire de ce malade de Stokes, qui connaissant l'issue fatale et prochaine de sa tuberculose, résolut de calmer ses angoisses morales par une ébriété répétée, et qui trouva dans les excès alcooliques l'oubli de ses maux et la guérison de sa maladie.

Je ne traiterai pas la question de Tutilité des boissons alcooliques dans le traitement de la tuberculose, ne me suis occupé que de l'influence de l'abus des^boissons alcooliques ; l'emploi thérapeutique de l'alcool est étranger à mon travail. Mon expérience clinique m'a convaincu

que l'alcool est incontestablement utile dans certaines formes, et à certaines époques de la tuberculose pulmonaire .

Conclusions. 1** L'abus des liqueurs alcooliques ne provoque pas le développement de la tuberculose pulmonaire.

2° La phthisie est assez rare chez les alcoolisés.

3" La tuberculisation miliaire n'est pas plus fréquente chez les alcoolisés que chez d'autres malades.

4° Les ivrognes ne succombent pas plus rapidement ; la phthisie peut être latente ; il est plus fréquent d'observer une marche lente qu'une évolution rapide de la maladie.

5° L'alcoolisme augmente chez les tuberculeux la fréquence des accidents intestinaux^ hémorrhagiques, des complications du côté du péritoine. La fréquence de ces accidents trouve sa raison d'être dans la coexistence des dégénérescences amylacées et graisseuses du foie ou des reins.

Le délire revêt souvent la forme de l'alcoolisme chronique. Les accidents nerveux périphériques préexistants peuvent guérir malgré l'apparition de la phthisie.

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