‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 11 sur 57 · CONVULSIONS DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

CONVULSIONS DE L'ENFANCE

première enfimce, et il est rare que, dans ce cas, il n'y ait pas un côté du corps pins faible que l'antre, le côté paralysé prenant moins de déTeloppement. Il CBl probable qu'alors les convulsions ont été accompagnées ou suivies de pro* fondes lésions des centres nerveux.

Messieurs, ces accidents consécutifs aux convulsions, quoique n'étant pas très-rares, lejsont cependant, relativement à l'extrême fréquence de l'éclampsie, el nous pouvons répéter ce que nous disions il y a un instant, que, d'une ■mière générale, celle-ci est habituellement sans gravité. Toutefois les cas malheureux auxquels j'ai fait allusion en plus d'une circonstance, et dans lesquels la mort a été la conséquence immédiate des attaques, ces cas se reooootrent trop souvent encore pour que vous ne soyez pas prévenus de la possibilité de cette redoutable terminaison. Elle est à craindre , non-seulemeiit à la suite d'accès multipliés et très-rapprocliés les uns des antres, mais encore dès une seule et première attaque.

La mort arrive alors, soit par asphyxie, c'est le fait le plus ordinaire, soit par syncope, soit enfin par épuisement nervesx.

L'aspbysic peut être la conséquence des convulsions internes ; elle peut sarvenir après les grandes attaques.

Dans le premier cas elle se produit de deux manières très-distinctes.

Elle peut être immédiate; l'enfant meurt dans un accès de suffocation; il meurt comme étranglé, ou comme si on lui eût violemment et brusquement serré la poitrine dans un cercle de fer. C'est là^ je vous l'ai dit, ce que nous observons dans l*asthme tbymique, dans la convulsion du diaphragme, lorsque la contraction tonique, se prolongeant outre mesure au delà d'une minute et demie, deux minutes au plus, enraye complètement les mouvements respira* toires et suspend les fonctions d'un appareil dont l'exercice est immédiatement nécessaire à l'entretien de la vie.

C'est ainsi qu'a succombé sous nos yeux un jeune enfant dont je vous ai phis d'une fois entretenus et dont Thistoire détaillée trouve ici sa place.

Cet enfant, âgé de onze mois, avait été amené à l'hôpital Necker, où il fut couché an n*^ 12 bis de la salle Sainte-Julie, dans le service que je dirigeais à cette époque. U était atteint de diarrhée chronique, qui s'amenda sous l'In-^ loence de l'administration du calomel et de l'opium associés, à petite dose. En dehors de cela, ce petit malade, qui était allaité par sa mère, ne nous avait présenté rien d'extraordinaire, lorsqu'une nuit il ftit pris tout à coup, sans accident précurseur, sans aucun symptôme préalable, d'une attaque d'édarop* aie. La convulsion occupa le bras droit, et fut d'ailleurs légère. Cependant l'inspiration était accompagnée d'une espèce de sanglot assez semblable à celai de la coquehiche. Ces accidents qui se reproduisirent à des intervalles asses rapprochés, persistaient encore à l'heure de la visite. Ils se répétèrent h différentes reprises pendant que j'étais dans la salle ; et chaque accès durait moins d'une minute, sans qu'il y eût d'oppression notable.

Après avoir vu les antres malades, je revins vers l'enfant, que je fis tenir par

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une infirmière et meure complètement nu,, afin de bien l'examiner. A peine y était-il que tout ci coup, sous nos yeux, il fut saisi d'un mouvement coavulsif tonique du bras droit, en môme temps que de roouTements respiratoirei rapides accompagnés du bruit dont nous avons parlé. Huit oa dix secondes M s'étaient pas écoulées que la rigidité tétanique avait envahi les bras, les jambes, le tronc tout entier, rigidité tétanique analogue à celle que l'on observe dan le premier stade d'u n accès d'cpilepsie. Les parois de la poitrine étaient roîde et immobiles; nous ne voyions aucun mouvement du diaphragme; la rcs piration était complètement inten-ompue. Nous observions le malade ave une grande anxiété, attendant impatiemment un mouvement clonique, b moindie agitation musculaire, lorsque après moins d'une minute d'immobilil^ absolue, nous vîmes la peau, qui jusque-là avait conservé sa coloratioi naturelle, bleuir, la face devenir turgescente; la langue, tuméfiée, sortir deli bouche, en i)oussant un peu d écume; l'urine s'écouler en grande abondance Nous essayâmes d'exciter les mouvements en pressant et frictionnant la poL trinc; nos efforts furent inutiles, l'enfant tombait dans la résolution : il étâ mort.

A l'autopsie, nous trouvâmes la pie-mère légèrement injectée ainsi que li substance grise, et le cerceau p eut-étrc un peu plus mou que d'habitude, dr constance que pouvait expliquer la température élevée de la saison. L'exama le plus minutieux ne nous fit découvrir aucune autre altération. Le thymus un peu plus gros qu'il ne l'est ordinairement, n'offrait ni induration, ni traci d'injection, et ne comprimait en aucune façon la trachée. Dans les pou mons, rien qu'une congestion vive de sang noir, et les bronches contenu un peu d'écume. Un des ganglions bronciiiques était légèrement tuméfié i ramolli.

L'autre mécanisme suivant lequel les convulsions internes prodnisent l'a pbyxie est tout différent. C'est lorsque, la convulsion étant complète» h mouvements alternatifs de contraction et de relâchement des muscles respi rateursse succèdent à des intervalles si rapprochés, qu'ils ne permettent ph k la cage thoracique, et par suite au poumon, de se développer suffisamnien c'est lorsque, le spasme de l'orifice supérieur du larynx se répétant presqi sans interruption, le libre passage de l'air dans le larynx» la trachée et & bronches, est intercepté. L'hématose ne se fait plus régulièrement, parceqo d'une part, l'appareil respiratoire ne reçoit plus une quantité snflbante d'i air réparateur; parce que, d'autre part, il ne se débarrasse plus de celui qv ayant perdu son oxygène, est devenu impropre à la respiration. Celle-d c alors insuffisante, incomplète, et l'asphyxie survient comme chez les indivîdi qui succombent à des affections organiques du larynx, à l'angine iaryi^ œdémateuse par exemple.

La mort par les poumons est encore la conséquence des grandes atla ques , conséquence beaucoup moins immédiate que dans les deux c précédents. Il se passe ici, suivantja juste remarque de M. Duclos, qoeiqi

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diose d'analogue à ce qui se produit si fréquemment à la suite de quelques tracbéotomies pratiquées dans la période extrême du croup. Il semble qa*une fois que Touverture faite à la trachée aura donné une libre entrée à l'air dans le poumon, on a paré aux accidents que Ton voulait comktttre. Cependant Tasphyxie continue, ou du moins nous ne sommes plus ■attres d'empêcher les effets que les troubles de l'hématose trop longtemps prolongés ont amenés dans l'économie, effets que les belles expériences de H le docteur Faure nous ont si clairement démontrés. L'individu est frappé à mort, et, tout en enlevant l'obstacle mécanique qui a primitivement produit l'asphyxie, nous sommes désormais impuissants à opérer une résuru

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Or, après des convulsions qui pendant plusieurs heures se sont répétées presque sans interruption, et surtout après ce qu'on a appelé l'état de mal, les enfants succombent d'une manière analogue. Ces mouvements convulsifs répétés amènent une perturbation considérable dans la respiration et dans la circulation. Le visage se congestionne, devient d'un rouge livide ; l'oppression arrîTe et va en augmentant ; l'accès est à peine terminé, qu'un second commence pour être suivi d'un troisième, de telle sorte que la respiration et la circolation n'ont pas le temps de reprendre leur régularité. Aussi, lorsque Tattaque étant passée, le calme lui succède, lors même que la respiration paraît régulière, c'est un calme trompeur, et le malade succombe en quelques beores, sans qu'aucune convulsion se soit de nouveau produite, sans oppression notable, sans qu'aucun symptôme grave se soit manifesté. Il meurt, si je pois ainsi parler, non par asphyxie, mais des suites de son asphyxie.

La congestion , qui est la conséquence et non la cause de l'éclampsie, ia congestion cérébrale y lorsqu'elle est portée à un très-haut degré, peut avoir one certaine gravité. Mais, tandis que cet accident a été longtemps et est encore ooosidéré par quelques-uns comme le plus commun, comme le plus habituel, il ne se présente au contraire que très-exceptionnellement.

La mort par asphyxie, voilà donc celle qui survient ordinairement alors qoeles convulsions se terminent fatalement. Cependant on ne peut pas ne pas admettre que, dans quelques cas, les individus sont emportés par une syncope ; qu'on explique celle-ci par l'ébranlement considérable éprouvé par le système nerveux, ou qu'on l'explique par une convulsion affectant l'organe central de la circulation de façon à empêcher ses mouvements.

Messieurs, rien n'est aussi difficile, à mon avis , que de formuler d'une manière générale le pronostic des convulsions de l'enfance. Ce pronostic est subordonné à une foule de circonstances. Ce que nous venons de dire vous montre déjà que les convulsions internes sont beaucoup plus redoutables que les grandes attaques convulsives occupant presque exclusivement les membres; que ponr les premières, il est encore des distinctions à établir entre les con<vulsiony incomplètes, dans lesquelles la période de contraction tonique se montre seule et persiste outre mesure, et la convulsion complète avec sçs

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