‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 16 sur 57 · DANSE DE SAINT-OUY · texte numérisé non relu

DANSE DE SAINT-OUY

llmôt tous les symptômes cérébraux disparurent; U n'y eut point de nouvelles ■lalearBarticQlaîres. I/appétit était reveno, on put donner quelques aliments. 1a Jeune fille entrait franchement en convalescence ; toutefois son yisa^c piriiit encore une singulière expression, et, bien qu'il n'y eût plus de conTulikM choréiques, cependant il y avait toujours une légère incertitude des Mifements volontaires. La guérison fut complète.

^ Dans ce cas, messieurs, la danse de Saint-Guy ayant ouvert la scène mor- IUe« peu après nous voyions apparaître le rhumatisme articulaire aigu précédé iPieddents do côté du cœur, puis survint cette grave complication du rhumaflttn cérébral. ^

•* Le rhumatisme chez les enfants est plus commun qu'on ne le croit Inde- / fdamment des causes qui l'amènent chez les adultes, et qui n'épargnent pas / fhf to jeunes sujets que les autres, il en est une h laquelle ils sont plus que ^^ tftaitres exposés ; je veux parler de la scarlatine. Dans nos conférences sur cette ^ ^fmie exanthématique, j'ai longuement insisté sur la coïncidence du rhuma* taM avecla scarlatine, et je vous ai dit qu'il était assez commun, moins Mpendant chez les enfants que chez les adultes où cela s'observe dans un tiers 4m caa« de voir des affections rhumatismales survenir dans la période aiguë ^k fièvre éruptive ; mais comme le rhumatisme ne se traduit pas par les j^fBiptOines généraux qui le caraaérisent habituellement, comme les malades 1f9n plaignent peu d'ailleurs, comme il reste borné le plus ordinairement à iMe 00 quatre articulations, principalement à celles du poignet, il est souvent méconnu. Toutefois, ai-je ajouté, en interrogeant avec soin les sujets, en «nminant attentivement leurs articulations, en exerçant sur elles une certtSat pression, on constate les douleurs articulaires qui apparaissent du trolao huitième jour de la maladie, quelquefois plus tard. Ces accidents expliquent, ai-je dit encore, les endocardites, les péricardites, complicttioiui qui se montrent dans le décours de la scarlatine : la péricardite un peu ploB rarement que l'endocardite. En vous signalant enfin la danse de Saint- / Guy parmi les acddenis consécutifs de la scarlatine, en vous faisant observer qoe cette affection était tout entière sous la dépendance du rhumatisme concomitant, je vous avais indiqué la loi posée par MM. Boti*el et G. Sée, et sur hqnelle je devais plus particulièrement revenir ici. .^

Les émotions morales vives sont des causes déterminantes de la dansé de Siint-Goy, et parmi elles la peur est assurément la plus puissante.

Vous en avez eu un exemple chez cette jeune fille de seize ans couchée an B* 30 de la salle Saint-Bernard. Toujours bien portante antérieurement, n'ayant jamais eu de douleurs rhumatismales (et en auscultant attentivement ton coeur nous ne trouvions aucun signe de lésion cardiaque), elle était tombée Bidade quinze jours auparavant. En descendant le soir son escalier qui ■'éliit pas éclairé , elle se sentit saisir par un homme et fut tellement effrayée, qn*elle eut une attaque de nerfs et qu'aussitôt elle éprouva les accidents doDt vous la voyiez affectée. La danse de Samt-Guy, portée chez elle iun

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assez haut degré, |)ou\ail êlre offerte comme un des types de h mahdk.

Plusieurs d'entre vous se rappellent une autre jeune fille do dix-sept ans, qic M. le professeur Jobert fit passer dans mon service, au mois de décembre IMO. Elle avait un anus contre nature à la région ombilicale, qui venait de nèceaittr une opération chirurgicale. Celle malade, toujours irès-uervcose, et d*aD canfi* tère fort bizarre, fort épouvantée de celte opéralion, avait été immédiateimt prise d'une danse de Saint-Guy qui fut très-grave, accompagnée de délire et qui ne guérit que lentement.

Le début de la danse de Saint-Guy est rarement brusque» ainsi qu'îli'aélé chez ces deux jeunes malades ; dans l'immense majorité des cas, la malaie s'annonce par des phéfiomène» précurseurs qm^ passant souvent inaperçus, eil pu laisser croire que les mouvements choréiques s'étalent prodaits d'emUéCi

C'est du côté des fonctions intellectuelles que ces accidents prodrooiifn se manifcsteuL L'enfant se fait remarquer par un changement de caradèRs kla gaieté de son âge succèdent une tristesse, une morosité qui ne loi élaial pas habituelles , il devient capricieux, agité; pour le motif le plus futile oak voit verser d'abondantes lannes ; il est irascible, sa timidité naturelle s'exagèni il recherche l'isolement et fuii ceux dont il prtageait naguère les jeux. El même temps il devient incapable de fixer longtemps son attention ; son aptitude au travail diminue, sa mémoire faiblit, et ces troubles intellectuels, qa n'échappent point aux mères elles-mêmes toujours si portées à exalter ta qualités de leurs enfants, augmentent encore à mesure que la maladie bit ds progrès. J'aurai à revenir tout à l'heure sur ce point important

D'ordinaire aussi le malade se plaint de malaise, de céphalalgie, dedonleon vagues dans les membres, d'anxiété précordiale. I.es fonctions digestivci perdent de leur régularité accoutumée; l'appétit est diminué» la digestion phi difficile : il y a de la constipation. L'agitation convulsive s'annonce déj^ pr un besoin continuel de déplacement, par des inquiétudes dans les janiba; cette agitation se prononce de plus en plus, et enfin les convulsions choréiqna se produisent ; la danse de Saint-Guy est déclarée.

Les symptômes de la maladie confirmée se montrent tantôt dans les membres supérieurs, tantôt dans les membres inférieurs, tantôt les uns cl les autres sont pris h la fois. Quelquefois c'est la face qui devient grimaçante, mais le plus souvent ce sont les extrémités su|)érieures qui sont les premières affectées. Il est surtout très-rare que la danse de Saint-Guy soit d'emblée généralisée.

Ordinairement, je le répète, elle débute par un seul côté et gagne progre»vement l'autre, envahissant le tronc, le visage. £u quelques cas très^rares, die reste localisée pendant toute la durée de la maladie, et une malade de noire salie Saint-Bernard vous a offert un exemple de cette hémichorée. Chez die c*est le côlé droit qui en était le siège, tandis que le plus babituellemeat b chorée unilatérale affecte le côté gauche. Les chorées généralisées ont cependant toujours quelque chose de la forme uui'.atérale, en cesons que la prédomiiiaoce

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