DANSE DE SAINT-GUY
II esi plus ordinaire que certains malades conservent une susceptibilité ner« ?euse, une sensibilité morale exagérées.
Ces troubles de Tinnervation se manifestent encore du côté des appareils de la vie organique, et c'est à eux qu*il faut rapporter l'anxiété à la région précordiale, les palpitations du cœur éprouvées par les sujets. Ces palpitations sont accompagnées d'un bruit de souffle doux s'entendant à la baseducœnr, se propageant dans les vaisseaux du cou, bruit de souffle anémique qu'il ne faut pas confondre avec le souffle rude caractéristique de l'endocardite rhumatismale dont je vous ai parlé. Il dépend de la chlorose qui, ainsi que je vous Tai dit, si elle n*a pas précédé le développement de la danse de Saint-Guy, k complique souvent et peut être considérée comme l'effet du retentissement que la perturbation du système nerveux a sur la nutrition. La chlorose est d'ailleurs caractérisée par la décoloration des téguments, par les vertiges, la céphalalgie, les douleurs névralgiques, les bourdonnements d'oreille, quelquefois par de la bouffissure du visage, et, chez les jeunes filles, par la dysménorrhée et même par la suppression des règles.
Les troubles des fonctions digestives qui se sont manifestés dès le début persistent ou reparaissent, et consistent en des accidents gastralgiques. Il arrive un moment oii l'appétit, devenu d'abord capricieux, se perd, où les digestions sont pénibles, et où il survient un véritable embarras gastrique ; de plus, la constipation que je vous ai signalée est un phénomène habituel depuis longtemps noté par Sydenham.
Les émotions morales augmentent l'intensité de l'agitation convulsivc, et c'est là une circonstance dont le médecin doit être prévenu, sous peine de se méprendre sur la gravité réelle des accidents, lorsqu'il est pour la première fois appelé auprès d'un choréique qui n'est pas encore accoutumé à sa vue.
Chose remarquable, et qui n'a contre elle aucun fait contradictoire, ces mouvements couvulsifis, quelque désordonnés, quelque violents, quelque per« sistants qu'ils soient lorsque l'individu est éveillé, sont complètement suspendus par le sommeil, durant lequel le malade est dans une tranquillité ausi parfaite que s'il était bien portant.
Toutefois^ dans les cas graves, le sommeil est parfois agité, de courte durée et interrompu par des rêves pénibles; dans des cas plus graves encore, l'exaltation excessive du système nerveux produit l'insomnie, et celle-ci devenant à son tour une cause d'excitation plus grande^ le malheureux malade n'a plus un instant de repos; il est pris, alors, d'accidents cérébraux, de délire, de phénomènes comateux et tombe dans un état d'épuisement qui va le conduire au tombeau. Lorsqu'il sera question du traitement, je vous dirai les moyens de combattre cette funeste complication qui, si vous u'intenenez pas à temps, va prendre une telle intensité, que bientôt elle sera irrémédiable; je vous dirai que ces moyens, d'une utilité réelle et incontestable, cessent d'être utiles et d^Yf^ût être remplacés par d'autres une fois que la maladie a repris ses allures is»
tCWiSBAV; 2* cdit. — H. il
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cuillerée i dessert, et tous arrivez graduellemeot, chez les adolescents, jasqa*à 200 grammes de sirop, 10 ceoiigrammes de principe actifl Mais encore une fois; messieurs, retenez bien ceci, c*est an lait capital ! Commencez toujours par de faibles doses, surVeillez leur action, et avant d*aller plus loin, mainteoei-y les malades pendant deux jours. Il est d*autant plus essentiel de surveiller la médication que le médicament doit être porté à des doses sufiBsantes pour que son action se traduise par des effets physiologiques. Il est nécessaire aussi de prévenir les parents ou les personnes qui entourent le malade de ce qui doit arriver.
Au bout de très -peu de jours et lorsque vous avez commencé à augmenter les doses primitives, le malade éprouve, dans certains nooments de la journée, vingt minutes, une demi -heure après avoir pris son sirop, un peu de roideur dans la mâchoire, du mal de tête, des troubles de la vue, un peu de vertige, et quelques roideurs dans les muscles du cou ; il se plaint de démangeaisons dans les points de la peau qui sont recouverts de poils, au cuir chevelu ; ces démangeaisons s étendent aux parties glabres et quelquefois il survient une éruption prurigineuse. Si Ton augmente les doses du médicament, les roideurs se généralisent, occupent les membres les plus affectés de convulsions, qui, vous le savez, sont aussi les plus paralysés. £n même temps se produisent en quelques cas, des secousses musculaires, et souvent lorsqu'on a affaire à des hystériques, des spasmes, des convulsions. Ces secousses se produisent surtout lorsque le malade est surpris, lorsqu'on lui donne un ordre qui devance subitement sa volonté, et elles peuvent être telles, que les individus soient précipités à terre. Je me rappelle une jeune fille de dix-huit ans, traitée pour la danse de Saint-Guy, daus la salle Sainte-Anne, à l'hôpital Nccker : la religieuse de service lui ayant adressé la parole au moment où elle ne s'y attendait pas, elle fut prise de ces contractions tétaniques et lancée en avant comme par un ressort Ces contractions tétaniques sont douloureuses, principalement quand les individus veulent y résister et rester sur leurs jambes ; mais il su£Bt de coucher les malades à plat sur le dos pour calmer presque immédiatement tout cet orage.
Ix)rsque ces effets physiologiques se manifestent, il faut bien se garder d*angmenter les doses^ car la strychnine, comme toutes les prépa;*alions de noix vomique, est un de ces médicaments qui, en \ertu de leur longue portée thérapeutique toute spéciale, et d'une sorte d'accumulation d'action des plus remarquables, sont susceptibles de déteniiiner des accidents tout à fait imprévus, alors même que, administrés à doses modérces, ils avaient pu ne donner lieu jusque-là qu'à des effets à |)oine appréciables.
S'il im|)orte donc que le médecin ne se laisse pas effrayer ])ar les phénomènes physiologiques qu'il doit chercher à obtenir, et qui, (]uelque incommodes qu'ils soient, ne peuvent avoir de gra\ ité qu'autant qu'ils sont portés trop loin, ce qui n'arrive jamais tant que le sirop est administré convenablement, il importe aosû d'être préveon que la tolérance pour ce m^cament, ooc-senlement variç
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i*à 6centigraiiiiDesdaiis les vingt-quatre heares, sans amener de roideurs
HtHiiqnes, cahna sensiblement les accidents, et bientôt la malade pot boire
presque sans difficolté. Cependant l'extrémité da pouce de la main
Ite était devenue le siège d'une tourniole qui guérit rapidement, mais deux
"tenrs après la cicatrisation, et alors que les phénomènes convulsifs s'étaient
^MMUemem amendés, l'enfant fut prise d'une ûèvre intense avec diarrhée ;
JÊÊêêMî on constata l'existence d'un phlegmon difFusde la main, phlegmon qui,
^noitts de vingt-quatre heures, envahit tonte la face dorsale dn poignet, de t-bras et nécessita plusieurs incisions.
' Dès le début de la chorée, on avait eu soin de prendre les plus grandes prépour prévenir les excoriations que l'agitation faisait craindre. Couchée sur des matelas, la jeune fille était constamment gardée à vue par lîeurs personnes; plus tard, quand ses convulsions furent devenues pk» fMentes, on avait enveloppé ses membres de coussinets et, ainsi garnie, on Rvratl revêtue de la camisole de force.
le phlegmon dn membre supérieur semblait marcher vers une bonne ter- Mnaîson ; la suppuration diminuait, les parois du foyer tendaient à se recoller, k fièvre était tombée, l'amendement obtenu dans les accidents convulsife se itanitenait, lorsque de nouveau la fièvre et la diarrhée reprirent avec une plus ghmde véhémence. Un nouveau phlegmon survint au membre inférieur, trahissant en deux jours le jarret, la cuisse, la jambe droite, et cette fois, éMvnt résister au traitement qu'on lui opposa. La suppuration devint de ilmvaise nature, la peau se décolla dans une grande étendue, la plaie s'ulcéra 0i cfeosa les parties molles en mettant à nu les tendons. De plus, de nombreuses ^Hyctènes remplies de sérosité trouble et purulente se développèrent sur le Ml, le tronc, les membres, principalement sur les bras, les unes ayant le Amnètre d'une lentille, les autres plus larges ; des ulcérations se montrèrent Mr les lèvres, sur la langue, jusque dans le pharynx. La fièvre augmenta dThitensité, accompagnée de symptômes typhoïdes, et la malade succombait Crois semaines environ après l'apparition du premier phlegmon.
Ainsi, dans ce cas, comme le fait observer mon honorable confrère, la morif tf été la conséquence de l'épuisement nerveux produit par une agitation Meessive, qu'augmentait encore l'insomnie, car la pauvre enfant avait à peine fHtre heures de sommeil, et d'un sommeil interrompu, dans le courant des fi^;t*quatre heures; cet épuisement était augmenté par l'état d'inanition où toit tombée la malade qui ne pouvait pas s'alimenter ; enfin par hi vaste snppni«tion des érysipèles phlegmoneux dont elle fut atteinte, érysipèles phlegmo- ■an, qui, ainsi que les phlyctèncs, avaient eu eux-mêmes pour point de départ llaiynaniie consécutive à cet épuisement nerveux.
Dans quelques cas la mort arrive par l'elTet des complications rhumatisdo oceur, comme le prouve le fait suivant qui s'est passé dans notre
Le 9 février 1861, entrait dans la salle Saint-Bernard une jeune ienmw de
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vingl-qaatrc ans; clic nous racontait, et sa mère confirmait son dire, quek 1*"' janvier elle avait eu, avec sa belle-sœur et son mari, une querelle aaa vive dont elle fut vivement émue : bientôt on s'aperçut qu'elle était pis irascible que de coutume. Le 15 janvier, elle n'était plus entièrement roaitroB des mouvements de sa main droite, de telle sorte qu'elle éprouvait qoekpe difficulté à coudre et à repasser ; à ce désordre de la motilité qui augmetti rapidement dans tout le membre droit, s'ajouta une certaine agitation fonfie la malade marchait. Elle continua cependant de vaquer aux soins de son nénage, allaitant son dernier enfant qui était âgé de cinq mois. — Dans lesderniers jours de janvier, le désordre dans les mouvements du côté droit 4 corps était devenu plus grand, et fit chaque jour des progrès appréciaUSi Quand cette jeune femme entra dans nos salles, les mouvements étaient pki désordonnés dans son bras et sa main du côté droit qui sans cesse étaicM agités d'une façon saccadée ; sa marche était incertaine et elle s*appuyail ii« stinctivcment contre le mur ou contre son lit quand elle voulait se tenir deboal; sa sensibilité était normale partout où nous l'explorions , son intelligeDce était intacte ; les mouvements choréiques des muscles de sa face et surtout de sa lèvres donnaient à sa physionomie quelque chose d'étrange. De plus, il y avait dans sa façon de parler une précipitation notable et une extrême versatilité dm ses idées qui ^emblaient d'ailleurs fort nettes; ainsi , lorsque nous lui proposâmes de lui enlever son enfant qui courait le risque d'être jeté à terre lonqu'elle le tenait dans ses bras, elle se mit à pleurer, mais se consola facilement en demandant qu'on le remît à sa famille, pour réclamer un instant après qa'oa le lui laissât encore. Déjà depuis plusieurs mois elle ne dormait plus que qna* tre à cinq heures par nuit, et ne faisait même que sommeiller, se plaignant d'éprouver dans les membres des engourdi^8ements qui se dissipaient seolement lorsqu'elle s'a^ilail, ou cin'ellc se levait et marchait. Jamais elle n'avait eu de douleurs rhumatismales, nous ne trouvions aucun bruit de souffle ai cœur; d'aillrurs, elle disait s'être toujours bien portée jusqu'au V^ janvier. Au dynanomètrc elle donnait 2/i kilogrammes pour la main droite et 18 poar la main gauche.
Los doux premiers jours de son arrivée à l'Hôtel- Dieu, nous lui fimn prendre deux cuillerées de sirop de strychnine. L'agitation continuant, doos eômes bientôt recours au sirop d'opium administré d'heure en heure afii d'obtenir du sommeil, et bien que la dose d'extrait d'opium ainsi donnée se fôi élevée, le premier jour, à r>5 centigrammes, nous n'obtînmes pas plus de quatre heures d'un sonuneil interrompu. Les jours suivants, la dose d'opiaia fut augmentée progressivement sans bénéfice. Le 9 février, l'agitation était toujours extrême, la malade poussait des cris, se roulait dans la salle aflnde trouver de la fraîcheur ; son intelligence n'était pas troublée en ce sens qu'elle répondait nettement aux questions qu'on lui adressait. Mais son agitation, sa parole brève, saccadée, sa physionomie singulière, les mouvements coulinads des muscles de son visage, une insomnie complète depuis tn»is joun, lémoi-
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lient d*une grande excitation cérébrale. Le 9 février, la dose d*opium fut »re portée plus haut, au sirop diacode on ajouta des gouttes de laudanum, telle sorte que, de neuf heures du malin à six heures du soir, cette jeune prît d'heure en heure la valeur de deux grains (1 0 centigrammes) d'ex* it thèbaîque ; on diminua un peu ces doses dans la soirée. A minuit, elle lormit après avoir ainsi absorbé à peu près 1 gramme, 1*% 10 de ce nar-- [oe. Le lendemain matin, sa respiration était calme, son pouls battait i20« avec une grande régularité et une certaine force, ses' pupilles étaient res- ; elle dormait encore d*un sommeil profond, dont nous ne cherchâmes Il ^ la tirer. Cependant vers midi et demi la respiration parut subitement : on entendait un peu de râle trachéal ; puis la respiration cessa brus* lent d'être appréciable, et la malade qui paraissait toujours dormir était sans agonie, sans avoir eu de nouvelles convulsions. L'autopsie fut faite le mardi 12 février, quarante-quatre heures après la
'î Le cerveau et la moelle ne présentèrent aucune modiûcatton notable. Il y «tait seulement un peu d'injection des méninges cérébrales ; sans sérosité fondante dans les ventricules. Les substances blanches et grises à la périphérie et dans les centres avaient leur coloration et leur consistance normales.
La pie-mère put être enlevée sans arracher la substance cérébrale ; il n'y mit point de taches opalines dans les scissures inierlobaires. ' Les poumons n'offraient d'autres lésions que des cicatrices dans les sommets ; il B*y avait pas d'engouemenL
Le cœur avait ses rapports habituels, ses dimensions et sa coloration normales. Dans les cavités droites et l'artère pulmonaire il n'y avait ni caillots Ihrinenx ni concrétions cruoriques, les orifices étaient intacts et libres. L'endbcarde présentait une coloration rose plus marquée que de coutume dans ki cavités droite et gauche. L'orifice aorlique était libre, sans altérations des vahroles sif^moldes. L'oriûce milral avait ses dimensions normales; mais, vers •OD bord libre et sur sa surface auriculaire, la valvule mitrale était couverte de petites concrétions polypeuses, roses et jaunâtres, agglomérées^ mûriformes, très-adhérentes, demi-transparentes, ne se laissant point écraser par la pression. Examinées au microscope (600diam., Nachet), ces concrétions étaient composées de granulations amorphes et de rudiments fibrillaires de tissu conjouctif.
11 y avait là une endocardite valvulaire qui ne s'était révélée pendant la vie pir aucun bruit de souffle, car nous avions seulement noté du claquement Yiif ulaire sec.
Du côté des organes situés dans la cavité abdominale nous ne trouvâmes rien qui méritât d'être signalé.
11 y avait seulement de nombreuses ecchymoses sur les bras et les jambes, ctOD commencement d'eschare au sacrum.
Messieurs, ainsi que pour les autres névroses, Vanatomie pathologique ne apprend presque rien relatiyemeiU aux altérations ma^ériellps des centres
i96 »^ CHORËES»
Pour éviter les détails de cette longue observation, je vous dirai que cette dose fut maintenue pendant deux jours ; puis, Tagitation ayant reparu, nous fûmes obligé de la porter à 1 gramme (20 grains), à 1 gramme 25 centigrammes (25 grains) et même à 1 gramme 50 centigrammes (30 grains). Celle dernière quantité fut même donnée en deux fois, mais je dois dire que si la première moitié fut parfaitement tolérée, la seconde fut rendue par le vomissement. On y maintint cependant pendant trois autres jours la malade ; elle la supporta parfaitement Les accidents redoutables que nous vouliops combattre cédèrent complètement enfin : sous l'influence de cette médication le sommeil revint naturel et parfaitement calme ; les mouvements choréiques étaient bornés à très -peu de chose, et la jeune femme se trouvant relativement bien, demanda à quitter Tbôpital le 17 octobre, vingt-sept jours par conséquent après son eutrée.
Vous voyez, messieurs, à quelles doses énormes on peut administrer Topium dans ces chorées graves. Chez une autre femme, à l'Hôtel-Dieu, j'avais donné 75 centigrammes de sulfate de morphine, mais je ne me souviens pas d'en avoir jamais poussé la dose aussi loin que chez ma malade de l'hôpital Necker.
A ce propos je vous répéterai que, aussi bien dans la danse de Saint-Guy que dans toutes les névroses graves, que dans les autres cas où il est indiqué, on me paraît trop s'effrayer de l'opium à hautes doses. On oublie trop le précepte donné par Sydenham dans sa lettre à Robert Brady et sur lequel il revient dans son admirable lettre à Guillaume Cole au sujet des varioles, lorsqu'il dit : « La dose du remède doit être mesurée et répétée proportionnellement à l'intensité des symptômes [Remedii doms et repetendi vices cum symptomatis magnitudine omnino sunt conferendœ). Une dose suflBsante pour calmer un symptôme faible, ne le sera plus assez pour calmer un symptôme violent, et celle qui, dans certains cas, mettrait la vie du malade en danger, l'arrachera dans un autre à une mort certaine {Quœ euim drms remissiori symptomati coercendo par est, ea ab alto fortiore mperabitur^ et quœ alias œgrum in manifestum vitœ discrimen conjiciet, eumdem ab orci faucibus liberabit), »
Je vous ai souvent cité l'histoire de ce marchand brossier qui me consultait en 18^6 pour des douleurs nocturnes osléocopes excessives. Il était arrivé à boire 200 à 250 grammes, grammes entendez bien ceci (1/6 de kilogramme, 1/2 livre), de laudanum de Rousseau, préparation qui contient trois jk)is plus d'extrait d'opium que le laudanum de Sydenham. Il le buvait devant moi, à plein grand verre. Ce malheureux homme me racontait qu'étant ^ Engbien, les eaux sulfureuses avaient tellement exagéré ses douleurs, que pour mettre un ternie à ses souiïrances il résolut de s'empoisonner. A cet effet, il pril, en une fois, 750 grammes de ce laudanum de Rousseau, c'est-àdire soixante-quinze grammes, plus de deux onces et demie d'extrait gommeux d'opium. // dormit trois heures !
BANSfe DE SAINT-GUÏ. *W
Il y a ane vinguine d'années, je mandais M. le professeur Andral en (ttltation auprès d'un jeune homme de mes amis affecté d*nnc névralgie Itement douloureuse. Nous lui conseillâmes de prendre de Topium par ilei de 5 centigrammes, ne donnant pour limite aux doses qu*il devait irber que la sédation de ses douleurs. Il prit vingt-quatre pilules dans de douze heures, c'est-à-dire 1 gramme 20 centigrammes (2^ grains) Lirait gomroeux. Il fut guéri n'ayant éprouvé qu'un léger narcotisme, et ird'hui qu'il n'a plus besoin de semblable remède, il ne saurait pas plus i*an antre en supporter sans inconvénients des doses même assez modérées. ▼oQS n'ignorez pas que, dans le typhus cérébro-spinal, M. le docteur administre l'opium à doses d'autant plus élevées que les phénomènerveux sont plus intenses. Il débute par 50 centigrammes et même tin gramme d'extrait gommeux qu'il fait prendre en une seule fois, il continue toutes les demi-heures des doses fractionnées de 5 et 10 ceniromes, jusqu'à ce que le malade soit plongé dans la somnolence. Par ces exemples, vous voyez que lorsqu'on administre l'opium, c'est la dose du médicament que ses effets qu'il faut considérer. C'est là ce l'entendait Peyrilbe, lorsqu'il disait que, à un homme éveillé comme quatre, fnil donner de l'opium comme cinq pour qu'il dorme comme un. Ainsi, dans les formes graves de la danse de Saint-Guy, lorsque l'agitation ûve et l'insomnie le commandent, il faut administrer l'opium Urga lu. Ne croyez pas cependant que ce traitement soit toujours infaillible. Il l*a quelquefois fait défaut ; mais dans ces cas les malades avaient non plus .^ÉODkment de l'agitation convulsive pousséeh l'extrême, accompagnée de délire Hmis fièvre, mais ils avaient du délire fébrile, des accidents nerveux étrangers jÊk h cborée, ordinairement du rhumatisme cérébral, et l'opium restait impuis- ^iim pour les combattre et pour les modérer, comme dans le cas si triste que f ?|b yoos ai rapporté dans le cours de cette leçon. ' ' Enfin, messieurs, les moyens hygiéniques jouent un grand rôle dans le tnitement de la danse de Saint- Guy. Ainsi une alimentation substantielle, régulière et tonique; un exercice convenable en plein air, c'est-à-dire suffiwuki pour faciliter les mouvements organiques de réparation en évitant la fatigne, et pour prévenir les récidives; les bains frais, la natation sont formellement indiqués.
Dans les cborées intenses, il faut prendre des précautions pour empêcher In malades de se blesser dans leurs mouvements désordonnés. Leur lit doit être 'ioflbaniment yaste, bien matelassé et fermé sur les d)tés par des planches rembourrées pour prévenir les chutes. Dans ces cas extrêmes où les malheureux enfants se déchirent, s'usent la peau par les frottements continuels aux dbraps mêmes qui les recouvrent, dans ces cas où l'agitation est telle qu'ils sont Jetés hors de leur lit, par-dessus les planches qui les bordent, on arecoum à la cimieotede force pour les maintenir; mais, loin de diminuer les dangers qu*i| Ipm redooter, on ep au^epte les chfinces, les fntraves devenant ^ teuf
108 DES DfTEBSE5 ESPÈCES DL CH0RÉE5.
|onr caïue de ces excoriatiorts qai se coDTertisâest bieotôc ea d'effroyables phies.
Je laisse donc à mes malades toute liberté d'action, mai» je les mei» dans des cooditioDs telles qu'ils sont dans l'impoî^ibilité de ïe bie:!6«:r. Lorsque je pris uu Mnice à l'bôpîtal des f^nfaiiis. j'iinaginai. pour arriTer à ce but, une sorte d'appareil dont on ae >ert encore aujourd'hui. Cet appareil se comjK^e tout simplement d'nne grande cai>se de b^iis blanc ou de ch^ne. d'eniiron 3 mètres de longueur, sur l'^^ôO de largeur it \-,l't de hauteur e: garnie dans son fond et sur ses côté^ de matelas vpais et mous. LVufant plaré iuut nu dans ce lû-caisse peut ^e liirer à tous >e> écarts «an> qu'on ait rien à redouter. Afin de le prémunir contre le fmid. on le couire. Mjït en jetant do draps ior lui, soit en fermant a\ec des couverture> la partie supérieure de l'aj^reil, ioil enfin, ce qui e»t le mie'j\, en n.ettani des houifr^ d'traii cliaude entre les parois de la cais^ et les matelas qui la zarni^.'-enL Dans les familli-s [^lu fnrtQuées, au^si bien que chez les gen.^ riclie>, ces lit>-caL^>e> sont faciles à se procurer et [k-u coûteux à établir.
Il est, en outre, un moyen assez simple, qui, dans les cas très-graves, rend de réels services, je \eu\ {-arler de rernmailloterneni. Celte méthode conseillée depuis qnelqut-s années, e>t. à ni'»n s«.'n>, trop rarenii nt emp!"\.''e. E!lt^ coDsisle à entourer les membres inférieure et supérieurs du loalade de bandes roulées avec soin et bien garnies de ouatt- de cot« ii dans les parties où la cb«^^ est nécessaire; les deux jambes raj pnKhées, les deux bra> allongés le long du corps, sont maintenus fixes pr de nouveaux tours de bande. Je n'ai pas besoin de dire que, pour assujettir les bras, les bandes devant pa5>er autour du tronc. le médecin ne devra pas les serrer de manière à gêner les inouf e^le^t^ de la respiration. Il est ordinairement nécessaire de réappliquer l'appareil deux fiiis CD f ingt-quatre heure». Le fait est que, dans le plus grand nombre de cas, le repos forcé dans lequel sont maintenus les muscle» apai>e l'excitation extraordinaire de certains malades atteints de danse de Saint-Gu\. Bien entendu, celte méthode n'est mise en usage que dans les fonues très-graves.