‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 19 sur 57 · DES DIVERSES ESPÈCES DE CHORÉES · texte numérisé non relu

DES DIVERSES ESPÈCES DE CHORÉES

Cknrta saliatorin. — Chorécs «y«tôinatuiue> on rh>thniiqiio>. — Tio diiuioiircuv ^chort*^ Wfi'ra/gicn^. — Tics iinQ lioiiloiiri'iii. — Cr.aiipO'> «li-^ c« ri^ain" .'"«"/•••/ ^-.'npt'^rum. .fpn.ime fùficti'jfiufi , Ji; M. liiiclu-iiiic «l».- B«iuli'-nc .

Messillks,

J'avais, il y a peu (!«• lemp»» encore, avec un de mes plusèminonts confrères, une discussion de diap!no>tic ii prnpo> d'un iii;il.i(k' .-itTciiè. depuis plus d'un ,iii de mouiemenls cliuréique^, aiïecliori dan^ laquelle mou honorable et ^a\ani

DES I^)y|^^SE§ ESPACES DE ÇHORÊE^. 199

collègue pensait voir 1<| chorée,— ; et par là il eniendait la danse de $2|int-Guy, — tandis que je reço^n«^i>sais une chorée assurément, qiais fion pas la çhoréc de Saint-Guy.

Or voici sur qqoi je me fondais. En interrogeant sqr les a)lures de |a maladie le père du ipalade et le malade lui-même, jeune garçon de ^ouze â| treize ans plein d'intelligence, j'apprenais qu'au niilieu de ces convqlsions cf^préiques, les moqvemçnls volontaires conservaient une certaine régularité ; ainsi l'enfant me disait qu'il n'avait rien perdu de son agilité l^abitgelle, qq'jl ffanchiss^it saqs difficulté et aussi bien que ses camarades les obstacles par-dessus lesquels il lui fallait sauter; qu'il montait sans peiqf les escaliers trois à trois, quatre à quatre; qu'il n'était en rien gêné pour jouer à la pordc ; qu'eiilip il n'éprouvait aucune gène pour se servir de sçs mains, qu'il s'en senai^ ^u§si aisément que personne pour manger, et même pour boire ; toutes choses, Yoqç le voyez, que ne peuvent faire les individus atteints de |a danse de Saint-Guy.

Sous l'influence de je ne sais quel trouble de l'innervation, cet enfant était pris de mouvemei^ts bizarres, de cpntractions musculaires involon^ires qui le jetaient en ç)vau(, comme s'il eût été lancé par un ressort, le faisaient sauter à sept ou huit pieds de la place qu'il occupait lors(|u'iI était debout, ovi le faisaient se lever brusquement, mécaniquement si je puis ainsi dife, du siège où il était assis, mais ne tombait pas. Dans ce désordre des fonp^op^ locqmptrices, il y avait pne sorte d'barmonie ; et si toutes les puissances ni^sculaircs étaient soustraites ^ Tempire (le la vq|qnté, toutes du moins entraient si(nidtanép)en( pn jeu.

Voilà donc, messieurs, une espèce de chorée bien djflerente de |a ^anse de Saint-Guy, et à celle-là on a donné le nom de chorea s^ltcUoria.

J'en voyais un autre exemple chez un jeqnc garçon encore, quj. il y a quelques années, était amené par son père à ma consultation. Tandis que ce- Ipi-ci commençait à me raconter l'histoire de son fils, cet enfant se lève brusquement poussé pour ainsi dire par un ressort qui se serait détendu, s'élance sur un meuble avec une agilité et une souplesse merveilleuses, puis il revient à sa place, et s'y rasseoit tranquillement. Par ce seul fait \\ venait de me mettre sous les yeux ce que son père allait m'exposer moins clairement. Sa maladie durait depuis quelque temps; il avait été pris tout à coup de ces singuUers accès, sans que son intelligence eût présenté encore le plus petit dérangement. Dans l'intervalle il était aussi tranquille que possible. Il guérit.

Bien que, ainsi que chez ces deux enfants, il n'y ait souvent dansi cette maladie aucun trouble apparent des facultés intellectuelles, la chorea saltatoria me semble, cependant, devoir se rattacher à la grande classe des vésanies auxquelles appartenaient le tarentisme et la choréomanie épidémique du moyen âge, La chorea saltatoria n'est peut-être qu'une variété des chorées systématiques ou rhythmiques qui comprennent la chorea festinans ou procursivo^ la chorée rotatoire, la chorée vibratoire.

Pans la chorça festinans, les individus sont entrsjinés irrisistiblproept à

courir eo atant, sans pouroir toojoars érîter les ofattades; oa bies, an onh traire, 3i reculer sans ce»e, obétanat ^ me foroe contre bqpdle ib nesanraîent lutter.

H ne faot pas confondre cette diorée procorare af ec les accidents semidéiiraots qui entraînent les malades, malgré enx, an début de ceruuns accidents cérébraux, ou à la suite d*attaques d^épiepsie.

Je TO}ais en juillet 1861, afec mon honorable confrère M. le doctewDucos, un aoden militaire igé de près de soixante ans. H se promenait, arec son frère , sur ks bords du canal Saint-Martin, quand tout ^ coup, sans que rien cAt pu faire préroir ce qui arrif ait, il se mit à marcber avec tue Téiodté extrême et presque k courir. En vain son frère l'appela pour arrêter sa course; son aflore se précipitait, fl entait k peine les obstades qui se présentaient à lui, et ce fut à grand'peîne que, après plus de dix minutes, on panrint i le contenir, il balbutiait, présentait un dsped étrange, et, quelques insunts plus lard, il avait une bémiplégie légère produite par une bémonbagie cérébrale. Il est assez probable que la première impression produite sur l'encé* phale par la déchirure, arait été le trouble intellectuel manifesté par cette course insensée.

Le cas le plus curieux de eharea festinans que f aie obserré, est celui d*un n^ociant fort recommandable du HaTre, qui, au mois de mai 1860, Tint me consuUerl il était dans mon salon d'attente af ec quelques personnes, et lorsque son tour Tint, il se lera et se mit à trotter jusque dans mon cabinet, d'une si étrange façon qu'il excita l'hilarité de ceux qui attendaient aTec luL H aTait le corps roide, penché en aTaot, les deux bras étendus le long du tronc et des cuisses, le regard fixe ; il courait rapidement sur la pointe des pieds, et à tout petits pas, comme on homme qui Tondrait en fûre un jeiL ArriTé près de moi, il s'arrêta court et s'assit sans pdoe. J'en avais assez tu pour reconnaître Tétrange névrose dont il était atteint Le malade me raconta alors que ces accidents avaient débuté d'une manière presque insensible ài peu près une année auparavant; il ne pouvait plus sortir, se sentait affaibli physiquement et moralement, et c*est ài peine s'il était capable de gérer les aflaires de sa maison. La parole était un peu embarrassée. On aurait pu croire, au premier abord, à une paralysie générale commençante; mais avec un peu plus d'attention on reconnaissait la chorée procnrsive. Quand il m'eut ainsi raconté son histoire, je le fis lever et l'engageai à marcber à pas lents en appuyant tout le pied. Il eut quelque peine à partir, il semblait fixé au sol, pourtant il fit le premier pas et parcourut plusieurs fois mon cabinet à pas lents. Par un eiïort de volonté, il était donc maître de ses mouvements, ce qui n'arrive ni dans la paralysie générale, ni dans le tremor senilis, ni dans la danse de Saint • Guy, ni dans l'ataxie locomotrice. J'interrogeai la sensibilité cutanée, elle était intacte; j'essayai les forces aTec le dynamomètre de Bnrq, elles n'étaient pas diminuées: nous YcrraM nlwi tef4 ^œ dans la paraljfsis agitons dont, à la fin derimie iW fane im A cufen «xenple au n* 2 de la

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