‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 25 sur 57 · HYDROCÉPHALE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

HYDROCÉPHALE CHRONIQUE

réduit à une sorte de lame où Tceil nu a, pour ainsi dire, peine à reconnaître b substance cérébrale dont le microscope retrouve du reste les éléments. Les membranes, la pie-mère, l'arachnoïde , la dure-mère elle-même participent à cet amincissement, et vous comprenez à quel point il doit être porté dan» ces cas d'épanchements constitués par 15 et jusqu'à 25 kilogrammes (30 et 50^ livres) de sérosité.

L'hydrocéphale, bien qu'emportant presque «infailliblement ceux qni en: sont afiectés, peut prendre une marche très-lente ; et il y a un instant je vôcis parlais d'individus qni ont vécu, quatre, cinq, dix et même, d'après les exemples de Franck, soixante-douze et soixante-dix-hnit ans. En dehors de ces exceptions qni ne sont pas d'ailleurs très-rares , cette affection dure babitoellement un ou deux ans, à moins que, an début, elle n'ait revêtu nn caractère d'acuité, auquel cas la mort arrive promptement

Mais à quelle déplorable existence sont condamnés les malheureux dont les jours se prolongent ! quel triste spectacle ils donnent à ceux qui les enloorent! et quelle cause d'affliction continuelle ne sont «ils pas pour leurs parents ! Tant qu'on les porte dans les bras , ils peuvent à peine supporter le poids de leur tête ; plus tard , quand ils commencent k marcher, et ils marchent toujours beaucoup plus tard que les autres, ils sont vacillants ; le mal faisant des progrès, ils ne peuvent plus se tenir debout, ils sont obligés de garder le lit.

A celte impossibilité de la station debout ou assise, il y a plusieurs raisons. D'une part, le poids énorme de la tête qui ne se maintient plus en équilibre sur le tronc; d'autre part, la cécité qui accompagne l'hydrocéphale et qui, empê» chant les enfants de se diriger, les empêche aussi de marcher; enfin une sorte de paralysie déterminée par la compression exercée sur le centre encé»phaliquc. Je dis une sorte de paralysie, parce qu'en effet la paralysie n'est pas |)ortée au degré que Ton serait peut «être en droit d'imaginer. Chez le petit malade de notre salle, bien que l'épanchement intra-ventriculaire doive être • considérable, h en juger par le volume de la tête, il n'y a aucun symptôme de paralysie, les mouvements des jamlies et des bras s'exécutent facilement , la vessie chasse librement l'urine qu'elle contient ; c'est qne la botte osseuse cri- • niennc s'étant prêtée au développement du cerveau, celui-ci a échappé I la compression. Mais torsque l'hydrocéphale a atteint un tel degré que les parois du crâne ne peuvent plus être distendues, il arrive un moment où la compression est inévitable et entraîne, avec l'abolition des fonctions de cet organe, la perte de la motilité.

Alors même que la maladie reste stationnaire pendant un temps très-long, l'intelligence subit un arrêt de développement ; elle s'affaiblit, et cet affaibUssement conduit ordinairement à une imbécillité à peu près complète.

Le pronostic est donc, dans tous ces cas, des plus sérieux, et toujours la médecine est impuissante à guérir ou même à soulager les malades.

Les méthodes de traitement n'ont pourtant pas manqué.

3M HYMOCÉPfiiLK GBIOMIQUS.

JUk m plaçant au poiot da vue de rinflamroatioo subaiguê qui prodait Tépanchemeot, on a corneille les purgalilk, lea préparatmna de caloniel» et jnaqn'aai émisaiona aangnines. On a vanté les diorétiques, les sudorifiques, laa aialasogoea. On a fait grand brait de la compresaion méthodiquement eiareée aor le crâne; je l'ai motHOiême longtemps employée, mais aujourd'hui je l'ai complètement abandonnée, en raison d'un fait qui s'est passé sous mes yeux*

On m'amenait un jour dana mon cabinet un enfant de cinq mon atteint d'une hydrocéphale chronique ayant les proportions de celle que vous voyea aujourd'hui. J'espéraia, k l'aide d'une compression exercée au moyen d'un bandage composé de bandelettes de sparadrap diachylon, pouvoir m'opposer a« développement de l'épanchement; au bout de huit jours je me rendis chez les parents du petit malade poqr enlever mon appareil et en appliquer un nouveau. Le volume de la tête avait sensiblement diminué; mais cinq k àx semaines après mon second pansement, l'enfant mourut subiiemeoL Tout à coup il s'était mis à crier au mopnent où il prenait le sein, un flot de liquida a'élait échappé par les fosses nasales, en même temps que la têie s'aflaissait à la bçon d'une vesaie qui se vide. Qu'étaît-il arrivé? Le développement de l'épanchement étant gêné à la partie supérieure du crâne par la compression eiarcée sur celui-d, la base avait cédé, comme elle cède lorsque, pour séparer les 08 de la tête, les anatomistes la remplissent d'eau et de haricots qui, en se gooflantf produisent la désarticulation. Chez mon petit malade, c'était donc la basa du crâne qui avait cédé â la compression du liquide ; il s'était fait une désarticulation, et la sérosité ayant trouvé une issue du côté de l'ethmoîde, a'élait écoulée par les ftissea nasales ; la mort avait dès lors été la conséquence du changement subit qui s'était produit dans les conditions anatomiques du cerveau.

La ponction au niveau des sutures et des fontanelles a été pratiquée par des chirurgiens célèbres ; on l'a même répétée plusieurs fois chez le même individu, niia beaucoup d'entre ceux qui, d'abord, l'avaient préconisée ont fini par proacrikre cette opération , dont les avantages ne compensent pas les graves ineonvénienta; dana ces derniers temps, on a fait un grand éloge de la médication par riodore de |H)tassium. Depuis déjà quelques années, j'ai moimême eaaayé, sinon les mêmes moyens, du moins un moyen analogue, c'est* à-dire des lotions sur la tête avec la teinture d'iode ; je donne simultanément i'iodnre de potassium à l'intérieur, en commençant par la dose de 10 centigrammes, que je porte graduellement à 20, 25, 30 et môme UO centigrammes, suivant la tolérance Le but que je me propoae en presciivant des lotions de teinture d'iode est de favoriser la résolution de l'épanchement, guidé en cela par les succès que l'on obtient, à l'aide de ces mêmes lotions, dans les épanchementa des membranes séreuses de la plèvre, de l'abdomen ou des articulations.

HtliVU^^ AliTMINK* 3|i

Page 1