‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 26 sur 57 · XLVI. - HÉMIPLÉGIE ALTERNE · texte numérisé non relu

XLVI. - HÉMIPLÉGIE ALTERNE

Bile 6«t le plus tonirent totui la dépendance dtuie lésion de la protn- ' béranoe» maie elle n'en egt paa le signe abeoltu — Ife doit paa étM eoofondneaYeo la paralysie glosso^laryngée*

Messieurs,

Lorsqu'un individu est frappé d'hémiplégie, b paralysie occupe les membreft et la face du même côté. Il est toutefois des exceptions I cette règle générale, et c'est à ces cas, rares il est vrai, dans lesquels, la face étant paralysée d'in o5tét les membres le sont du côté opposé» que M. le docteur Gubler a proposé '■ de donner le nom ^'hémiplégies alteme$. • >

Tout récemment, messieurs, en septembre 1861, je voyais en consultation, . avec mon honorable ami et collègue M. ledoctenr HiUairet, une jeune fille de Clermont-Ferrand, âgée de sept ans, qui, quelques mois auparavant, était tombée en arrière avec violence et s'était heurtée contre un meuble. Le coofi avait porté sur l'occipital et sur la partie supérieure de la nuque. Elle éprouf a presque immédiatement de la pesanteur de tête et de k aomnolence, et, après quelques jours, tout allait bien. Bientôt reparut une dooleur occupant à la fois, la région frontale et l'occipuL Les parents remarquèrent une certaine hésitatiiNI dans la marche, en même temps qu'une irascibilité particulière accompagnée de grimaces.

Trois mois après l'accident, on constata de la faibiease dans tout le cM gauche du corps, en même temps qu'une hémiplégie faciale très-prononcée à droite» C'est dans cet eut qu'elle nous fut adn^sée, à Paria, par notre konoraUe confrère M. le docteur Bourgard. Nous jugeftmea que la protnbéraMi annulaire et que le commencement du bulbe étaient intéreasés^ et nous ni pûmes que porter un pronostic bien grave.

Dans ce cas, messieurs, nous dûmes nous en tenir à une simple hypothèsi, car, ayant perdu la malade de vne, nous ne pûmes acquérir lea prenvat matérielles de l'exactitude de notre diagnoatic. Ce diagnostic noua aviorta cru, toutefois, pouvoir l'établir par analogie, en tenant compte dea bits que M. Gubler a rapportés pour démontrer les relations existant, généralement, entre Thémiplégie alterne et les lésions de la protubérance annulaire.

Il n'en a plus été de même pour la malade qui était couchée au n* ê de k salle Saint-Bernard, où die aucoombait à une affeaion cérébrale qui avait également déterminé une hémiplégie alterne. L'autopaie en a été faite devant voua; mais, ici les résultats de l'examen cadavérique ne furent paa teb qn# noua nous attendions à lea trouver, et doua semblèrent en ooniradieUM avec I4 loi ^ue mon savant collègue k rhû|Htal Beapjen nvik fonmléf.

252 HâlIPLÊGIE ALTEKNE.

Tous Toos rappelez notre malade; c*était une domestique âgée de trente ans. Elle entrait à THôtel-Dien ponr un violent mal de tête qui ne datait que de quelques jours et n*était pas plus spécialement locali>é dans un point que dans on aotre. Elle était sans Gèvre, se sentait de l'appétit, et n'accusait aucun autre phénomène morbide que la céphalalgie. Les règles étaient arrivées depuis quelcpies heures, et cette jeune femme nous dirait que les maux de tète dont elle se pbignait se répétaient habituellement au moment de ses époques menstruelles. Le lendemain, à l'heure de notre visite, rien de nouveau n'était survenu qui pût attirer notre attention; toutefois, bien que la malade répondit nettement aux questions qu'on lui adressait, nous nous apercevions d'un certain air d'hébétude, d'une certaine paresse intellectuelle dont le mal de tête pouvait d'ailleurs rendre compte.

L'absence de tout symptôme fébrile, le bon état des fonctions en général, ne commandaient pas une intervention médicale active; nous avions jugé à propos de rester dans Texpeclation , quand , dans la journée, se manifestèrent des accidents nouveaux qui, le soir, effrayèrent à bon droit mon chef de clinique. La malade était tout à coup devenue paralytique. Le bras droit et la jambe droite étaient dans la résolution, mais le mouvement n'était pas complètement aboli ; la sensibilité tactile était conservée. Ix)rsqu'on pinçait ou lorsque seulement on chatouillait les membres affectés, la patiente les retirait encore* moins facilement et moins vivement, à la vérité, qu'elle ne retirait le bras et la jambe gauches. La tête était inclinée du côté gauche, le visage tourné à droite; le muscle stemo-ciéido-mastoîdien gauche était en contraction, le droit dans le relâchement

Il y avait donc une hémiplégie; mais celte hémiplégie qui affectait les membres et le tronc dn côté droit, occupait, à la face, le côté opposé. On constatait, en effet, une singulière expression du visage dont les traits étaient tirés à droite, c'est-à-dire du côté correspondant à la paralysie des membres. La bouche était déviée, la commissure des lèvres plus élevée de ce côté que de l'autre, tandis qu'à gauche la joue était plus flasque que la droite. En outre, la malade, qui répondait nettement aux questions qu'on lui adressait, disait ne plus voir de l'œil droit, tandis que, de l'œil gauche, la vue était conservée ; les papilles demeuraient également contractées. L'hémiplégie faciale gauche coîncidant avec cet affaiblissement de la vue du côté droit, était évidemment portée à un moindre degré que la paralysie des membres.

Le mal de tête était toujours aussi violent II n'y avait point de fièvre. La malade demandait à manger, mais sa langue était couverte d'un enduit saburrai jaunâtre. On prescrivit un vomitif. Cependant, le lendemain matin, k» accidents, loin d'avoir diminué, avaient pris une plus grande intensité. Les mou- Tements étaient plus empêchés et la sensibilité était plus obtuse que la veille. La paralysie faciale, qnoique moins profonde que celle des membres, s'était prononcée davantage, sans toutefois avoir pris les proportions qu'elle présente dans les cas où elle se lie à une lésion affectant exclusivement le nerf de la

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