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» da pouls était accompagnée d'une sorte de spasme vasculaire, indéfinissable, » mais très-remarquable.
• Pendant tout son séjour à Reims, le malade n*a rien éprouvé qui ressem- » bUt à du délire, pas plus que la moindre envie de mordre. Il existait scu-
• lement une vague terreur instinctive et une tendance marquée à l'expansion.
• Il n'y avait point de préoccupation relative à la nature réelle de la maladie, » de souvenir de la morsure. L'imagination ne paraissait donc avoir aucune
• part étiologique dans les tristes symptômes que nous avions observés, ù
M. B... voulut revenir à Paris. Pendant le trajet de Reims à Paris, l'agitation était très-grande, la soif très-vive, et l'on ne réussissait à la calmer passagèrement qu'en introduisant dans la boucbe de petits morceaux de glace ; mais il est très-probable que le malade, qui crachait sans cesse, ne pouvait déglutir la glace fondue; aussi se plaignait-il de ressentir une constriction et une grande chaleur dans la gorge. Pendant le voyage, il y eut de fréquentes érections, avec éjaculation spermatique. L'hyperesthésie des organes génitaux causait une douleur très-pénible.
Ce fut dans ces conditions que le malade arriva à Paris dans la soirée ; je ▼ous ai dit dans quel état le trouva mon chef de clinique lorsqu'il fut appelé. Il conseilla l'entrée immédiate à THôtel-Dieu, et le lendemain matin 24 janvier, c'est-à-dire trois jours et demi après le début des accidents, nous avons pu constater, avec notre regretté collègue Legroux :
L'extrême agitation, qui était telle que beaucoup de personnes'avaient pensé que nous avions aiïaire à une attaque de manie aiguë ;
L'aspect étrange du malade et l'impossibilité où il était de déglutir de l'eau; plusieurs d'entre vous se rappellent assurément la pénible scène à laquelle nous avons assisté lorsque ce malheureux essaya de boire devant nous : il voulait le faire, il saisissait avec force le gobelet rempli d'eau : « Je veux boire, je boirai, » disait-il; puis résolument il approchait le gobelet de. ses lèvres. Mais aussitôt que l'eau avait franchi ses lèvres, la figure prenait une expression de souffrance extrême, et bientôt tout le corps était sigité d'un ▼iolent tremblement convulsif. Puis il ajoutait : « Je ne puis pas boire, faitesmoi donc boire. »
Le calme ayant succédé à cet accès, nous pûmes constater la rougeur du ▼oile du palais, du pharynx, et une grande sécheresse de la langue. En même temps vous remarquiez, messieurs, que la barbe de cet homme était souillée d'une salive écumeuse, et que sans cesse il crachait autour de lui.
Les parties latérale et inférieure de la langue furent examinées avec soin, le éult docile et n'avait nul désir de mordre; il nous fut cependant de découvrir la présence de ces tumeurs auxquelles on a donné -M ifpau Mais de leur absence il ne nous était permis de rien con- • wnNNii plus tard que les lysses ont été seulement observées IfetfiBGiibatioD par ceux mêmes qui les ont décrites, et qu'elles I fM m mcNitrent les symptômes de la rage confirmée.
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Nous recommandâmes uuo surveillance attentive, el ce fut tout, Teipérience nous ayant appris que notre impuissance était absolue ï Tendrait de cette cruelle maladie.
Dans la journée, le malade reçut la visite de sa femme et de ses amis; il était toujours très-agité, la présence des siens lui faisait peine. Cet homme demandait qu*on tentât tous les moyens pour le guérir ; il devait être sauvé, disait-il, si Ton panenait à le faire boire.
Dans l'après-midi, à quatre heures et demie, mon chef de clinique, assisté de plusieurs élèves, put introduire une sonde cesophagienne par les fosses nasales, la sonde pénétra dans Testomac, et en toute hâte on versa, dans Tentonnoir qui surmojitait la sonde, à peu près 200 grammes de bouillon. La moitié du liquide versé avait déjà pénétré dans l'estomac ; lorsque tout â coup le liquide ne coula plus, un spasme violent de l'œsophage et du pharyux com* primait la sonde flexible et s'opposait à l'introduction du liquide : bientôt le spasme envahit les muscles de la respiration, la face devint bleuâtre, les yeux ouverts restèrent fixes; on enleva rapidement la sonde; le malade^ qui était assis sur une chaise, se laissa glisser à terre comme un corps iuerte, on pensa qu'il était mort; cependant on jeta de l'eau sur la figure du moribond, on lui tira la langue hors de la bouche, que l'on tint ouverte en abaissant fortement la mâchoire inférieure, puis on imprima aux parois thoraciques des mouvements ailematifs de compression. Une inspiration sifllante se fit entendre, OB continua à presser sur la poitrine, bientôt la respiration se rétablit, et le malade rejeta au loin une certaine quantité de salive ou d'écume bronchique.
Pendant cette crise, il y avait eu érection du pénis avec éjaculation. Le malade ne parut nullement effrayé de se voir couché par terre; il savait qu*il venait de courir un grand danger, mais il se croyait sauvé. On profita du calme où se trouvait B... pour rengager à se mettre au lit; on lui persuada qu'il était prudent de l'attacher dans son lit pour qu'il ne tombât point II se laissa faire et nous témoigna vivement sa reconnaissance ; il nous serrait les mains et voulait embrasser ceux qui, disait-il, l'avaient sauvé. Dans la soirée, le malade eut plusieurs accès convulsifs, et à dix heures et demie il succombait subitement, après s'être violemment agiié pendant quelques secondes.
L'autopsie fut faite dès le lendemain matin. Le cadavre offrait une rigidité extrôme ; la face était bleuâtre, et toute la partie postérieure du tronc et des membres présentait des sugillaiions nombreuses. Le cerveau et les organes parenchymateux étaient hypérémiés. La muqueuse buccale pharyngée et laryngée était le siège d'une injection très-marquée. — Les glandes salivaires furent extraites et envoyées à Alfort, ainsi que de la salive recueillie pendant la vie. M. Reynal, qui s'était chargé d'inoculer le liquide salivaire à des chiens, nous ût savoir que Tinoculation avait èlé faite sur les chiens sans résultat
Notons, messieurs, que la jeune enfant et le domestique qui avaient été mordus n'avaient point présente les symptômes de Thydrophobie rabique au moment où succombait M. B. .. De plus, le chat mordu à la même époque
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était eocore dans la maison, et n'aurait présenté dans ses habitadea rien qui autorisât à supposer que le virus rabique lui avait été inoculé; cependant il fut conseillé de faire abattre cet animal le soir même.
Alaintenant que vous connaissez tous les détails de cette observation, résumons-en les faits principaux.
Un homme est mordu par un chien à la fin du mois de septembre 1860. Une petite Glle et un adulte sont en même temps mordus, ainsi qu*un chat, par le même chien, et à la fin de janvier 1861,1e maître seul de la maison offre les symptômes de la rage. Avant cette époque, M. fi.. . était triste, et sa tristesse était attribuée à des pertes d'argent ; il quitte Paris pour trouver de la distraction, et tout à coup, quelques heures après un déjeuqer fait avec appétit, cet homme éprouve une soif très-vive, fiientôt il est pris d'un frisson général, et à partir de ce moment il perd l'appétit et ne peut plus boire de liquides. En même temps, il est en proie à une agitation extrême. Ces faits sont observés pendant trente-six heur^ environ. On constate une hypereslbésie généralisée. A partir de ce moment, le malade ne peut se laver les mains ni la figure, la moindre tentative de ce genre détermine aussitôt une grande agitation et an frisson violent, il en est de même lorsqu'il veut peigner ses cheveux ou •a barbe; il craint de toucher son corps avec ses mains. Il est probable que l'hyperesthésie qui existait alors déterminait par action réflexe, an moindre contact de la peau, des convulsions qui se traduisaient par un frisson généralisé. 11 y avait de rares moments de calme. Puis à l'hyperesthésie de la peau vient s'ajouter une excitation très-vive et souvent répétée des organes génitaux ; de nombreuses érections avec éjaculation spermalique augmentent encore l'agitation du malade. Trois jours après le début des accidents, l'habitude extérieure du malade inspire la terreur; le malade est agité, il parle avec une loquacité extrême, sa parole est brève et saccadée, il ne peut boire, il a cependant une soif très-vive, et lorsqu'il essaye de boire, il est pris immédiatement de convulsions cioniques, puis de spasmes. L'hyperesthésie persiste, ainsi que le satyriasis, toute la journée du 24 janvier, les accès convulsils se multiplient, et le malade succombe, quatre jours après le début des accidents, sans avoir présenté aucun trouble de l'intelligence, aucune hallucination de la vue ou de l'ouïe.
Il nous fut impossible de retrouver la moindre trace de h morsure sur les mains de M. B..., et cependant les symptômes ne permettaient aucun doute quant à la nature de la maladie , et le chien qui avait mordu avait lui-même succombé à la rage. Chez M. B..., on n'avait observé que deux périodes dans sa maladie : Tune de tristesse et de mélancolie, pendant laquelle il s'était déterminé à quitter sa maison et à chercher loin de Paris quelques distractions ; l'autre période peut être dite d'agitation^ elle a commencé par une soif vive et des frissons ; puis bientôt est survenue l'horreur de l'eau et les convulsions qui 'ont persisté jusqu'aux derniers moments de la vie. Un fait important k noter, à côté de l'hyperesthésie généralisée, c'est le satyriasis^ qui e^t rarement oonaigné
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dans les observations d'hydrophobie rabique, ainsi que vous pourrez le Térifier en parcourant les nombreuses observations de l'ouvrage de Ch. Andry (i) et l'article de MM. Trollict et Villermé dansie Dictionnaire en soixante volumes. Cependant Boerhaave mentionne le priapisme parmi les symptômes de la rage chez l'homme (2), et Van Swieten, dans ses Commentaires (3), rappelle que ce symptôme a été décrit par Galien, et qu'il a été observé par beaucoup d'auteurs. Il raconte môme Thisioire d'un portefaix hydrophobe qui, pendant les trois derniers jours de sa maladie, avait des pollutions involontaires et continuelles ; et cet homme, dit Van Swieten , perdit en même temps la semence et la vie : Semen et animam simul efflavit.
De son côté, M. le docteur Peter a observé des éjaculations répétées chez un soldat admis eu 1862 à Thôpital militaire du Gros-Caillou, dans le service de M. Worms. Cet homme avait un priapisme presque continuel, et les éjaculations étaient accompagnées de sensations voluptueuses et de paroles lascives. Bientôt après, le malade en plein délire reprochait avec amertume aux médecins les maléfices à l'aide desquels « ils lui soutiraient ainsi, disait-il, le principe même de l'existence. ■ Ce soldat avait été mordu quarante jours auparavant par un très-petit chien qui s*était introduit au poste et qui ne paraissait pas malade. L'aiïeclion avait débuté par un spasme épouvantable éprouvé au moment où cet homme allait se laver la figure. Amené à l'hôpital ayant encore toute sa raison, le malheureux évitait avec soin de faire aucune espèce d'allusion à la morsure dont il avait été victime, aussi bien qu'à la nature de la maladie dont il était atteint et qu'il semblait soupçonner. C'est là un fait bien remarquable, et que je veux mettre en évidence devant vous, que la persistance avec laquelle les enragés cachent, dans le récit de leurs souffrances, la cause probable de celles-ci. On dirait qu'ils reculent devant l'affreuse vérité et craignent de se l'avouer à eux-mêmes ou de la faire connaître aux autres. Ici ce n'est que par le récit d'une cantinière qu'on apprit le iait delà morsure. Due des particularités de ce cas, qui se termina par la mort en trente-six heures, fut l'exaltation sensorielle la plus exquise : des lilas en fleur qui se trouvaient à près de 30 mètres de distance offensaient son odorat ; l'ébranlement communiqué à Tair par le fait de l'ouverture d'une porte, lui fouettait désagréablement le visage et le faisait sursauter dans son ItL
Chez les femmes, on remarque quelquefois de la nymphomanie, et dans une observation publiée par M. le docteur Bricheteau, en Tannée 4861, ce symptôme fut constaté chez une jeune femme qui mourut hydrophobe. Notons que le fait n'a été relaté que dans la période d*excitation de la rage ; toutefois, nous devons faire remar(|uer que le malade qui fournit Toccasion de cette conférence avait, dans la période de tristesse et de mélancolie, fait preuve
(1) Hcrhrrchr.t sur ïn rnf/f\ iioiivollc l'tliliiui. Paris, 1781.
(2) Vnn Swieton, Commentaria in Borrhnavf nphori.'tmos, § 1138, Rahies cnnina^ Pnri», 1758, t. IIl, p. 550, 1771.
(3) 1(1., ibût., p. 556.
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d*appétits véuériens qat avaient d'autant pins surpris , que le malade» depuis bngterops, s'était montré d'une grande frigidité.
Dans tous les livres où l'on traite de la rage, vous trouverez de nombreuses observations de cette maladie ; je veux cependant vous rappeler ici qudques* uns des cas que j*ai observés moi-même.
£u 1823, alors que j'étais l'élève de Bretonneau, on amenait à l'hôpital de Tours un jeune enfant, fils d'un menuisier de la ville; cet enfant avait sept ans. A sa vue, Bretonneau n'hésita pas à reconnaître un malade affecté de rage. Le petit malade ne pouvait rester tranquille dans son lit, il avait une agitation extraordinaire ; tout objet brillant lui causait de l'épouvante, une ser« viette dépliée devant lui déterminait un accès, tout l'effrayait ; trois ou quatre heures après son entrée à l'hôpital , l'enfant mourait. Trois mois auparavant, l'enfant avait été mordu par un chien enragé.
C'était la première fois que je voyais un enragé, aussi l'impression produite devait-^lle rester gravée dans mon esprit.
Quelques années plus tard, j'étais attaché, à titre d'interne, à l'hôpital de Charenton, M. Calmeil et moi nous accompagnions Esquirol dans la visite des malades, lorsque l'on me prie de voir un homme qui venait d'entrer ^ l'infirmerie, et qui, au dire des gens du service, avait un aspect étrange. C'était un garçon terrassier d'une vingtaine d'années : tout l'effrayait, et sur sa figure se lisait la terreur ; je me rappelai notre petit garçon de l'hôpital de Tours, et je revins vers Esquirol et lui dis que dans son service venait d'entrer un enragé. Il ne pouvait rien avaler, la vue des objets brillants déterminait chez lui une terreur étrange.
Nous apprenons du malade lui-même, qui avait conservé toute son intelU'gence, que cinq mois auparavant il avait été mordu à la jambe par un chien, mais cette morsure ne l'avait point inquiété, M. Esquirol le fit conduire dans un ciibanon ; le pauvre garçon nous demandait pardon des peines qu'il nous causait; il était souffrant, disait-il, depuis deux jours seulement,. il n'avait pu dormir la nuit précédente. Sur la recommandation d'Esquirol, le malade est attaché dans son lit, il se laisse faire, on lui offre h boire, mais il est pris de spasmes affreux et de convulsions aussitôt qu'on approche le verre de ses lèvres. Le pouls était plein, l'excitation grande ; c'était à l'époque où la doctrine de Broussais comptait de nombreux prosélytes : une saignée est ordonnée, et pendant que je tenais le bras du malade^ il crachotait : j'eus le visage couvert de la salive de cet homme. On lui met une serviette sur la tête, aussitôt le malade s'effraye, un accès convulsif commence, la saignée cesse de couler, et le malade succombe. Doit-on accorder une part étiologique à la saignée pour expliquer la rapidité de la mort, ou bien le malade a-t-il succombé dans un spasme des muscles respirateurs, comme cela s'obsene le plus souvent chez les malades arrivés au second degré de l'hydrophobie rabique?
En 1851, dans le service de M. Récamier, à l'Hôtel- Dieu, Bonnet (de Lyon), et moi nous voyions un homme jenne encore qoi, par son aspect^ Texpresnaa