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Ses caractères sont différents suivant les individus et suivan t les âges — Le corysa, mais un corysa spécial, peut être l'expression de la maladie et en constituer la seule manifestation. -^ Il en est de même du catarrhe qui, étant habituellement un des éléments de l'asthme, se manifestant à la fin de l'accès, peut être, en quelques cas, exclusivement prédominant, présentant toujours alors un caractère particulier. — Causes occasionnelles de l'asthme ; elles 'manquent souvent ; quand elles existent, elles sont extrêmement variables et quelquefois très-singulières. — Influences des milieux, des climats» des saisons, des températures. — Opinion des auteurs sur la nature de l'asthme. » Dyspnées symptomatiques d'une affection du cœur, des gros vaisseaux , d'un emphysème pulmonaire^ d'un catarrhe bronchique. — Ii'asthme est une névrose et la manifestation d'un état diathésique, goutte, rhumatisme, etc. — C'est aussi la manifestation de la diathèse tuberculeuse. — Traitement,
Messieurs,
Par un de ces singuliers hasards que rien ue saurait eipliquer, nous avons en à la même époque dans nos salles plusieurs individus atteints A^asihme essentiel ou idiopathique^ maladie qui, bien qu'elle soit commune, s'observe rarement dans les hôpitaux.
Cette aiïection, je le dis tout de suite, indépendante, comme l'indique répitbèled'ié/topâ/At^ti^, de toute espèce de lésion organique susceptible d'être démontrée, cette affection essentiellement spasmodique se manifeste par des attaques consistant en des accès de dyspnée et d'oppression, attaques qui reparaissent à des époques plus ou moins régulières, plus ou moins rapprochées, et dans l'intervalle desquelles les fonctions respiratoires reprennent ordinairement leur r^'gularilé accoutumée,
Un individu jouissant de la plénitude de la santé se couche aussi bien portant que d'habitude et s'endort tranquillement Une heure, deux heures après, il est brusquement réveillé par un accès d'oppression des plus pénibles. Il éprouve dans la poitrine un sentiment décompression et de resserrement, une gêne considérable ; sa respiration est difficile et accompagnée d'un sifflement laryngo-trachéal pendant l'inspiration. Cette dyspnée, cette anxiété augmentent Le patient se lève sur son séant ; appuyé sur les mains, les bras ramenés en arrière, la face bouffie, quelquefois livide, rouge, violacée, les yeux saillants» la peau couverte de sueur, il est bientôt obligé de se jeter hors du lit; et si Tapparlement qu'il habile n'est pas suffisamment élevé de plafond, il court ouvrir sa fenêtre pour chercher au dehors l'air qui lui manque : cet air libre
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et frais le soulage. Cependant l'accès dure une heure, deux heures, plus encore ; puis l*orage se calme. Le visage reprend sa coloration naturelle et se dégonfle. Les urines, d'abord claires et assez fréquentes, deviennent plus rares, plus rouges et laissent quelquefois déposer un sédiment. Ënfm, le malade se couche et reprend son sommeil violemment interrompu. Le lendemain, il se met à ses affaires, mène sa vie habituelle, n'ayant souvent que le souvenir de ses souffrances passées; mais quelques-uns aussi conservent une sensation plus oa moins vague de constriction dans la poitrine, susceptible d'augmenter par les mouvements du corps qui peuvent alors rendre la respiration plus difficile et plilft laborieuse. D'autres se plaignent après le repas de flatulences de Testomac et d'assoupissements auxquels ils ne sont pas accoutumés. Le soir, presque à la même heure, l'accès se répète, absolument semblable à celui de la veille, cédant comme lui pour revenir encore le lendemain, et revenant ainsi pendant trois, quatre, cinq, dix, vingt et môme trente jours : ces accès constitilent la véritable attaque d'asthme, laquelle se termine quelquefois par un certain degré de catarrhe bronchique, qui, après avoir duré plus ou moins longtemps, cède facilement et de lui-même. Cette attaque, dont les retours ne sont subordonnés à aucune règle, ne se renouvelle, chez quelques individus, qu'après quatre, cinq années; chez d'autres, elle se renouvelle tous les ans, et plus souvent encore.
Vous en rencontrerez dont les accès presque continuels pendant plusieurs semaines, pendant des mois entiers, ne leur laissent, pour ainsi dire, aucune trêve. Le jour, un exercice un peu plus violent que de coutume, une marche un peu plus accélérée, une émotion morale, une contrariété enti-aineront la gêne de la respiration, portée presque jusqu'à la suffocation, et une anxiété pénible. Dans la soirée, les crises reviennent régulièrement avec une plus ou moins grande force, sans que rien en ait sollicité le retour. La nuit, les accidents sont tels que les malheureux malades, ne pouvant rester couchés sur le dos ou sur le côté^ en raison de la dyspnée qu'ils éprouvent, sont obligés, pour trouver le sommeil, de prendre les positions les plus variées, quelquefois les plus étranges. Celui-ci, accroupi sur son lit, la tête appuyée sur les genoux, ne peut dormir que dans cette posture gênante ; celui-là est forcé de rester dans son fauteuil, ou de faire disposer son lit de façon qu'il y soit complètement assis; un troisième ne dormira qu'à la condition de demeurer debout » accoudé sur un meuble ou contre le chambranle de la cheminée.
Que l'asthmatique soit couché, qu'il soit levé, c'est généralement pendant la nuit que ses attaques le prennent, et généralement aussi c'est dans les premières heures de la nuit qu'elles surviennent. A cette règle générale, il y a toutefois des exceptions ; car, ainsi que toutes les maladies nerveuses, l'asthme a ses fantaisies , il a surtout ses personnalités très-accusées. Chaque individu reprenant ses attaques à certaines heures qui sont habituellement les mêmes, il en est qui les auront, non dans la première, mais dans la seconde partie de la nuit.
ftihsl pbdi' tiioi, ((tii deptiis lbbgiem(M en isuid affecté, Inès attaques me pfenaient autrefois vers trois heures du matin ; à ce moment j*étais in?ariablèmëiil réveillé en sutsaut par une oppression, et j'entendais lé timbre de ipa pendule sonner les itols coups.
Ghet d'autres, les attaques, ad lieu d'être "nocturnes ^ sont diumei.
Ma mère, de qui je tiens sans doute mon asthme, avait ses accès de huit à dit heures du matin ; le reste de la joutliée, elle conservait iine activité qui ne lui fit jamais défaut, et ses nuits étaient bUAne^.
J*ai connu le maître tailleur d'un régiitlent de carabiniers, tenant alors garnison à Saumur, qtii était régulièrement pris h tMis heures de l'aprèsftnidi. Les accès revenaient si bien à la même heure qu'en raison même de ce moment de la journée adquel ils se produisaient, je crus à une affectiod palustre, à une fièvre intermittente larvée Je donnai le sulfate de quinine, inais inutilement.
On pourrait sans doute trouver beaucoup d'exemples d'asthme diurne analogues à ceux-ci, riéanmoins ils constituent l'exception et n'infirment eu rien la règle, que les attaques reviennent généralement la nuit.
Messieurs, en quelques cas, au lieu de se manifester d'emblée par des accès d'oppression, la singulière maladie que nous étudions débute par du coryza. Subitement, et souvent sans être exposé à aucune des causes qui produisent d'habitude les rhumes de cerveau, le malade est pris d'étemuments d'une extrême violence et d'une étrange opiniâtreté. Son nez coule abondamment ; ses yeux se gonflent et sont remplis de larmes; puis, après quelques heures, ces accidents cessent aussi rapidement qu'ils étaient survenus, et, dans la soirée, le plus ordinairement dans la nuit, l'asthme se déclare franchement avec ses caractères habituels. Quatre, cinq, six joui*s de suite, davantage encore, et presque toujours à la même heure, la même scène se répète pour se terminer de la même façon.
Dans d'autres cas, tout l'accès est exclusivement constitué par ce coryza retenant par paroxysmes, indépendamment de toute espèce de cause appréciable, ou sous l'influence de certaines causes aussi variées, aussi bizaires que celles qui, je vous le dirai tout à l'heure, provoquent le retour des accès d'asthme francs.
Une dame qui, à la fin dd mois de janvier 1863, venait me consulter pour un asthme survenant chez elle dans des circonstances singulières que j'aurai à vous rappeler^ me racontait qu'habitant Narbonne, elle était sujette, non plus à des accès de suflbcation, mais à de violents rhumes de cerveau dont elle était prise dès que soufilait le vent de mer, et qui diiraient de vingt-quatre h quarante- huit heures.
Elle ajoutait qu'un de ses enfants, âgé de cinq ans, avait également, pendant huit à neuf mois de l'année, des coryzas qui commençaient par d'interminables étemuments, et qui lui survenaient alors qu'il s'exposait à recevoir en plein visage, soit les premiers rayons du soleil, soit le contact d'un air frais.
Cette année encore, le 19 mai 1863, je voyais dans ohmi cabinet on grareor de Paris, demeurant rue Saint-Martin, qui, depuis cinq ans, à partir du mois de mars, époque à laquelle il va tous les dimanches à la campagne, était pris d'accès d'éternumenls, accompagnés de larmoiement, se répétant deux, trois, quatre fois par jour. Ces accidents duraient ainsi pendant deux et trois mois, et dans leur intervalle la santé générale n'était en rien troublée. Cependant ce malade avait eu, il y a dix ans, des accès d'asthme; maintenant encore il en était repris au mois de février de chaque année. Ces accès ne survenaient que dans la nuit. Très-hémorrhoîdaire jusque il y a cinq ans, il n'avait eu ses éternuments qu'à partir du moment où ses flux hémorrhoîdaires avaient cessé de reparaître. Jamais il n'avait eu d'accès de goutte, et bien que, sauf un peu de pityriasis du cuir chevelu, il n'eût jamais été affecté de dartres, cependant, depuis cinq ans, il avait tous les deux ou trois mois une espèce de légère éruption eczémateuse qui durait douze ou quinze jours ; quand cette éruption se montrait, il n'avait pas ses éternuments.
Combien de fois, à des individus affectés de ces étranges coryzas, et qui jamais n'avaient éprouvé du côté de l'appareil respiratoire aucun accident qui parût légitimer mon diagnostic, ne m'est-il pas arrivé de prédire que tôt ou tanl ils auraient de l'asthme, et de voir à quelque temps de là ces mêmes individus revenir me dire que mes prévisions s'étaient réalisées?
Un fait qui, quelque singulier qu'il puisse sembler, quelque inexplicablequ*il soit, n'en est pas moins d'observation, c'est que, tandis que les attaques d'asthme surviennent plus particulièrement la nuit, ce coryza, que je considère comme une des manières d'être de la même maladie, sunient le jour^ et le plus souvent dans la première moitié du jour. Il en était ainsi, vous vous le rappelez, chez un homme qui est resté assez longtemps au n'' 5 de notre salle Sainte-Agnès.
Messieurs, l'asthme, dans quelques cas encore, revêt la forme catafThale, la bronchite qui, je vous l'ai dit au commencement de cette conférence, termine quelquefois et habituellement même Tattaquc, semblant être la seule manifestation de la maladie.
Cela s'observe principalement chez les enfants, bien que cela ne soit pas excessivement rare chez l'adulte.
Au mois de janvier 1861 , j'eus occasion de donner des soins à une dame de province qui, deux, trois fois par an, était prise de rhume d'une violence don^ je n'ai jamais vu d'exemple. L'orthopnée était continuelle avec des exacerbatîons nocturnes vraiment épouvantables. Cependant riniensité de l'oppression n'était nullement en rapport avec les phénomènes révélés par l'auscultation. On n'entendait, en effet, que des râles sonores, et à peine quelques râles muqueux fins et disséminés ; mais on ne percevait aucun bruit d'expansion vésiculaire. Ces accidents duraient quelquefois un, deux, trois mois, sans interruption, n'offrant qu'à de rares intervalles, des lueurs d'amélioration de trèscourte durée, jusqu'au moment où ces longues attaques cessaient a.ssez
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brosquement, ne laissant après elles aucune trace appréciable des troubles qu'elles avaient causés.
C'est chez les enfants» je le répète, que cela s*observe principalement. Chez eux, l'asthme affecte des allures tellement singulières, que souvent il est méconnu. Je crois avoir été un des premiers à signaler, sinon son existence chez les sujets du jeune âge, du moins les formes étranges sous lesquelles il se ma • nifeste. S'il en est qui sont asthmatiques absolument à la façon des adultes, c'est l'exception, et, pour mon compte, je ne me rappelle en avoir rencontré qu'un seul cas.
C'était chez un jeune Moldave âgé de cinq ans; il avait des attaques d'asthme très-nettes, très-franches, coîncidaiit avec un peu d'emphysème pulmonaire. En consultant les ascendants, je n'avais trouvé les traces d'aucune maladie héréditaire, goutte ou rhumatisme. Deux ans après ma première visite, on nie ramena mon petit malade; il avait un accès de goutte aiguè la plus franche, la plus légitime, caractérisée par de la rougeur, de la tuméfaction, de la douleur au gros orteil. C'était aussi le premier exemple de goutte que je voyais attaquant un individu aussi jeune; le seul d'ailleurs que j'aie observé. L'arthritis goutteuse envahit les genoux, et rien ne ressembla moins au rhumatisme articulaire aigu. Pendant cette attaque de goutte, le malade n'eut pas un seul accès d'asthme. Les choses se passaient suivant les règles ; car, ainsi que je vous le dirai, goutte et asthme sont souvent les manifestations d'une même diathèse, et leurs attaques peuvent alterner chez un môme indi< vidu. Il eu fut donc ainsi chez mon jeune Moldave.
Cette forme de l'asthme, qui est celle de l'adulte, se présente donc exceptionnellement chez l'enfant. Chez celui-ci, je le maintiens encore, la forme catarrhale prédomine et offre de nombreuses variétés. Des faits vous en diront plus que la meilleure description.
Un de mes confrères, homme de vigoureuse constitution, avait deux enfants dont la santé était très-délicate. Leur mère était hystérique, mais une de ces hystériques raisonnables chez lesquelles le système nerveux trisplanchnique est plus affecté que le système nerveux de la vie de relation.
Un des enfants fut pris un jour d'une maladie de l'appareil pulmonaire présentant tous les symptômes de la broncho-pneumonie. Les accidents survinrent d'une façon pour ainsi dire foudroyante, et revêtirent tout de suite des caractères alarmants. Il y avait une heure qu'ils avaient débuté, lorsqu'on me manda en consultation. Je constatai, à l'auscultation, l'existence de râles souscrépitauts excessivement nombreux; la gêne considérable de la respiration me donnait à craindre une suffocation imminente. Je conseillai un large vésicatoire volant qui fut immédiatement appliqué sur la poitrine. Trois jours après, le petit malade était complètement guéri. Ma médication avait eu un succès trop merveilleux, et surtout ce succès me paraissait avoir été trop rapide pour que je lui attribuasse tout l'honneur de la cure. Je m'estimais trop heureux du résultat obtenu, lorsque, à quelques mois de là, les mêmes accidents se rqpro-
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duisirent ; Us ne durèrent que quarante-huit heures, et cédèrent sans qdft iloitt * eussions fait une médecine active. Cette fois, plus encore que la première. Je me demandai si nous avions eu réellement affaire à un katarrhepériprieumoniqùe. Je me rappelais ce qu'était la broncho-pneumonie dans le jeune âge. Tandis que mon expérience m'avait appris que tant à l'hôpital que dans la pratique de la ville, je n'avais jamais perdu d'enfant atteint de|1heumonie lobaire franche» que cette maladie cédait généralement , pour ne pas dire toujours, sans l'intervention de l'art ; je savais aussi qu'il n'en était plus de même de la pneumonie catarrhalc^ je savais que si elle est grave à tout âge, elle était, dans li première enfance, redoutable à ce point que, sur quarante-deux malades qoe j'avais traités à l'hôpital, j'en avais vu succomber quarante, quel qu'eût été le traitement employé pour la combattre. Donc, en considérant que le fils de mon confrère avait été guéri d'une aussi terrible maladie, la première fois en trois jours, la seconde en deux fois vingt-quatre heures, je doutai de l'exactitude de mon diagnostic, ou du moins je cherchai à le compléter, en me reportant aux antécédents héréditaires. En réfléchissant à ce qu'était la mère, je me dis qu'assurément, dans ce cas, l'élément nen^eux avait dû tenir le rôle capital, s'il n'avait pas occupé toute la scène. Aussi, lorsque trois mois après, je fus encore appelé pour voir ce petit malade qui, après avoir joué comme d'habitude, éprouvait tout à coup, vers dix ou onze heures du soir, un accès aussi fonnidable en apparence que les premiers, je conseillai de faire brûler dans sacliambre du daturn stramonium^ me bornant cette fois à attaquer uniquement l'élément spasmodique. Le lendemain l'enfant était sur pied.
Sa maladie avait donc été une véritable névrose de l'appareil pulmonaire, compliquée d'une sécrétion bronchique dont l'existence nous avait été ré-^ vélée par les râles muquenx sous-crépitants fins; elle s'était en cela comportée de la même manière que beaucoup de névroses qui. j'aurai le soin de vous lé dire en d'autres occasions, sont fréquemment accompagnées de sécrétions anomales et exagérées. Eu définitive, j'avais eu affaire h d(»s accès d'asthme.
C'était la première fois que je me trouvais aux prises avec de semblables accidents chez un jeune sujet, ou plutôt c'était la première fois que je reconnaissais leur nature; car, rappelant alors mes souvenirs, il m'en revenait en mémoire un certain nombre d exemples dont j'avais été témoin sans comprendre leur signification. Combien de fois, messieurs, n'est-il pas arrivé aux médecins les plus instniits, les plus intelligents, les plus attentifis, de regarder, sans les voir, des maladies qu'un autre, meilleur observateur, plus attentif encore, mais aussi peut-èire plus heureux, mieux servi pas les circoastances, a découvertes et saisies après eux ! Que de phénomènes dont nous cherchons en vain l'interprétation, jusqu'à ce qu'un jour, mieux éclairés, et sans doute aussi mieux inspirés, nous en saisissions la portée ! Ainsi, pour revenir à notre sujets c'était la première fois que je comprenais un fait que j'avais jusqu'alon méconnu, et que, sous cette kmm rfngdière, je recoanalssan l'asthme, que je n'avais point encore M ^
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je suis en relation avec un magisirat dont la femme et les nièces étaient le type le plus bizarre du tempérament nerveux. Sa fille, sujette aux affections catàrrliales, est amebée à Nice où elle passe l'hiTer; Au mois de mai, elle est prise d'un catarrhe tellement violent, que sa famille alarmée la ramène à Paris dès qu'elle est eu état de supporter le toyage. Â son arrivée elle est reprise des mêmes accidents. Kous soilimes aussitôt appelés, M. Blaclie et moi, et nous trouvons la petite malade avec une dyspnée considérable; l'asphyxie nous parait imminente. Cependant Tobservation que je vous ai citée précédemment nous revenant en mémoire, et tenant compte des antécédents héréditaires de l'enfant, nous ne nous effrayâmes pas de cette situation si grave eit apparence ; nous prévîmes que ce violent incendie s'éteindrait facilement. Nous ordonnâmes des fumigations de datura stramonium , et, pour calmer l'imagination des parents, pour répondre à leur attente, nous conseillâmes une potion dont l'action devait être insignifiante. Notre pronostic se réalisa. Deux heures après l'emploi du datura, les accidents se calmaient. Le lendemain, la malade était guérie, et à notre visite, la famille nous recevait en nous manifestant sa reconnaisfance et sa joie, accordant sans doute tout l'honneur de la cure à l'efficacité de notre potion. Depuis cette époque, cette jeune fille a été plusieurs fois reprise d'accidents analogues, qui, chaque fois, ont été calmés parles fumigations de datura.
Instruit par ces exemples, mon attention éveillée sur ce sujet, cette forme de l'asthme ne m'a plus échappé lorsqu'il m'est arrivé de la rencontrer, et je l'ai rencontrée souvent, du moins relativement à la rareté même de la maladie chez les enfants; mais encore'est-il qu'il est peu d'années que je n'en aie observé un ou deux cas.
Dans ces faits que je viens de vous rapporter, les accidents ont eu une marche très-rapide ; le plus généralement, vous les verrez avec une moindre intensité, persister sept, huit, dix et douze jours, alors surtout que l'on n'intervient, ni assez à temps, ni assez activement pour lutter contre eux. Mais, dans tous ces cas, sous le catarrhe qui double l'élément nerveux au point de le masquer» le fond de la maladie est toujours le même et n'a pas changé de nature.
Cela est si vrai que, si vous arrivez à propos avec des moyens capables de lutter contre l'élément spasmodique, la maladie marche uno tenùre et cède plus facilement que ne le fait un catarrhe pulmonaire franc, alors même que, dans le premier cas, le catarrhe a pris plus d'intensité et s'est manifesté par des symptômes en apparence plus formidables que dans le second.
Sans doute, quand l'élément catarrbal a dominé plus longtemps, l'asthme est plus difficile à reconnaître» mais encore est-il caractérisé par des accidents pnrticaliers à allures bizarres. D'une part, ce sont des accès d'oppression, de suffocation, revenant d'une façon intermittente, principalement pendant la mdt ; persistant souvent, même après que le catarrhe a cédé, avec une violence ^ ne concorde guère avec l'amendement des phénomènes inflammatoires. 9*iitre part, les troubles générain, le mouvement fébrile qui accompagnent ce
catarrhe, sont peu prononcés et ne sont nollement en rapport avec l'inteonté des manifestations locales.
EnGn les accès, quelque épouTantables qu'ils aient été, cèdent en génénl avec une surprenante rapidité, pour revenir, il est vrai, i des intervalles plot ou moins éloignés : ils cèdent sous l'influence des médications quelquefois les plus insignifiantes, et c'est alors que la médecine hahnemanienne obtient les merveilleux succès dont elle prétend en vain se faire honneur. Cependant une médecine vraiment active est très-souvent nécessaire aussi pour venir complètement à bout des accidents. £n pareilles circonstances, chez les adultes aussi bien que chez les enfants, Tipécacuanha donné au début 2i doses vomitives, h belladone ou Tatropiue, l'essence de térébenthine administrées les jours suivants selon les rt'gles que je vous formulerai, m'ont rendu des senices extraordinaires et tout à fait inattendus.
Dans ces cas où l'élément catarrhal est prédominant, dans ceux, assez communs, où un rhume léger contracté par un refroidissement a été le point de départ de l'attaque d*asthine, on serait tenté de subordonner entièrement la gène de la respiration à l'inflammation des bronches, de rattacher tous les phénomènes que l'on observe à Taflection organique, 2i la bronchite ; ce serait uoe grave erreur. Sans anticiper davantage ici sur ce que j'aurai à vous exposer plus longuement lorsque nous discuterons la nature de l'asthme, je vous répéterai, ce que je vous disais il y a un instant, que l'élément s^pasmodique est le fond de la maladie. Cet élément spasmodique est si peu sous la dépendance de l'élément inflammatoire catarrhal, que le même individu qui aurait été pris d'une attaque à l'occasion d*un léger rhume, venant à contracter une bronchite plus sévère, une bronchite capillaire, même une pneumonie, n'aura souvent pas le plus petit accès d'asthme durant tout le cours de sa phlegmasie.
J'ai dans ma clientèle, et au nombre de mes anciens amis, un riche capitaliste qui, depuis Fàge de vingt-cinq ans , est sujet à d'épouvantables attaques d*asthme. £n 1831, elles étaient si continuelles, si violentes aussi, que, pendant sept mois, le malade n'avait pas couché une seule fois dans son lit, forcé qu'il était pour trouver un peu de sommeil de passer la nuit debout, appuyé sur sa cheminée. En 18^0, il prit, au sortir du théâtre, une bronchopneumonie des plus graves qui mit un instant ses jours en danger. Pendant toute la durée de cette maladie, il n'eut pas un -seul accès d'orthopnée. toi qui, aujourd'hui encore, ne peut dormir dans son lit qu'autant que ItfS matelas en soient disposés sous forme d'une espèce de fauteuil, reposait durant tout le temps de cette fluxion de poitrine, parfaitement étendu sur le doSw Maintenant, bien que les rhumes présentent chez lui des caractères particuliers et le rendent extrêmement souffrant, jamais, pendant toute la durée de ces rhumes, il n'a ses accès d'asthme.
En définitive, si, dans les cas auxquels je fab allusion, la bronchite joue son rôle dans le dèvehpiMnieat de TasthoM, elle n'agit qu'À titre de cause oceastORMlff • f« i suptis !'<«<--•>— '^ dans des cooditioiis ipé-
ASTHME. Ml
claies en dehors desquelles son Intenention eût été complètement insuflBsante pour produire les mêmes eiïets, et ceux-ci, c'est là le point sur lequel je ?eux insister, ceux-ci ne sont nullement en proportion de celle-là*
. £u égard à ses causes occasionnelles^ Tasthme a d'ailleurs, comme ses ma^ nières d*être, ses personnalités et ses fantaisies.
Le plus souvent, survenant sans causes appréciables, dans d'autres cas, et ces cas sont fréquents à leur tour, ses attaques sont occasionnées par des causes parfaitement déterminées, variables à l'infini suivant les individus, à peu près toujours les mêmes chez un même individu, mais dont la singulière influence ne saurait être expliquée.
Permettez-moi de vous citer quelques exemples.
La dame dont je vous pariais tout à l'heure à propos du coryza, me disait que, née d'une mère asthmatique, elle était asthmatique elle-même et que, depuis l'âge de dix ans, elle n'avait jamais pu se trouver dans un endroit où l'on remuait de la paille de maïs sans être immédiatement prise de ses accès. Il y avait cinq à six ans qu'elle n'avait pas éprouvé la plus petite atteinte de son mal, lorsqu'à la fin de l'année 1862, elle en eut une attaque qui dura un mois, et fut, cette fois encore, déterminée par la même cause. Pendant un voyage qu'elle faisait à Bagnères-de-Luchon, elle en avait été subitement prise, au moment où elle se trouvait dans sa chambre où l'on préparait la paillasse du lit de ses enfants, paillasse faite avec de la paille de mais.
On me citait récemment un individu qui ne pouvait passer devant la boutique d'un cordier sans être aussitôt pris d'un accès d'asthme ; soit l'odeur, soit, ce qui me parait plus vraisemblable, la poussière du chanvre suffisait pour provoquer les accidents.
L'attaque d'asthme la plus sévère que j'aie jamais éprouvée s'est produite dans la circonstance suivante.
Je soupçonnais mon cocher de quelques infidélités; pour m'assurer du fait, je montai un jour dans le grenier, où je fis mesurer devant moi la provision d'avoine. En me livrant à cette opération, je fus pris, tout à coup, d'un accès de dyspnée et d'oppression tel, que j'eus à peine la force de r^;agner mon appartement ; mes yeux hors de leurs orbites, mon visage pâle et tuméfié, exprimaient l'anxiété la plus profonde. Je n'eus que le temps de me débarrasser de ma cravate, de me précipiter vers la fenêtre et de l'ouvrir pour chercher un peu d'air frais. Habituellement je ne fais pas usage de Ubac, je demandai un cigare dont j'aspirai quelques bouffées : huit ou dix minutes après, cet accès
était calmé.
Qu'est-ce qui l'avait occasionné? c'était assurément la poussière de l'avoine que Ton avait remuée et qui avait pénétré jusque dans mes bronches. Mais assurément aussi, cette poussière n'avait pas suffi à elle seule pour déterminer un si extraordinaire accident, ou du moins la cause était complètement hors de proportion avec l'effet produit. Cent fois dans les rues de Paris, ou sur nos boulevards, cent fois sur les grandes routes» je m'étais trouvé au milieu d'une
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almoiphère de pouirière bien antrement épaisse que celle j'avais alors aa très -court instant respirée, et jamais cependant je n'avais rien éprouvé de semblable. Il avait donc fallu que cette cause eût quelque chose de spécial ; elle m'avait en outre surpris dans des conditions particulières. Sous l'influence de rémotion morale que déterminait chez moi l'idée d'un vol domestique, quelque peu important que fût ce vol, mon système nen eux était él)ranlé, et une cause très-petite en elle-même avait agi sur lui avec une excessive intensité.
Vous trouverez dans les auteurs des faits analogues au mien et aux précédents.
L'annotateur de Cullen raconte avoir connu un homme fort et replet qui avait un accès d'asthme lorsqu'on battait du riz dans le voisinage de la maiwn qu'il habitait.
Quelques-uns d'entre vous se rappelleront une malade que nous avons eue au n^ 6 delà salle Saint-Bernard, où elle était entrée pour se foire traiter de douleurs rhumatismales. C'était une femme âgée de quarante-trois ans, d'un embonpoint remarquable , et son histoire , au point de vue qui nous occupe, présentait une particularité dont vous avez été frappés. Née d'un père encore parfaitement bien portant, d'une mère qui avait succombé à une hydropisie probablement symptomatique d'une affection du cœur, en nous en rapportant aux détails qui nous étaient donnés, notre malade avait toujours joui d'une excellente santé jusqu'à l'âge de vingt-trois ans. Mariée à cette époque, elle fut prise d'un asthme dont les attaques se reproduisirent à divers intervalles pendant deux ans, cessèrent après l'allaitement de ses enfants pour ne plus reparaître désormais. Ses accès sunenaient régulièrement vers dix ou onze heures du soir, duraient toute la nuit et la laissaient dans un état de gène et d'oppression qui persistait jusqu'à midi ; à partir de cette heure elle en était quitte, et le reste du jour elle vaquait comme d'habitude à ses occupations. La particularité dont vous avez dû garder le souvenir, c'est que lorsque cette femme se trouvait dans sa chambre au moment où l'on secouait son lit de plume, elle était immédiatement prise de ses attaques, qui n'étaient jamab plus véhémentes qu'aloi-s qu'elles survenaient sous l'influence de cette cause qui m'a été signalée par un certain nombre d'asthmatiques.
Voici d'autres observations non moins curieuses :
Un pharmacien de Tours, asthmatique à un faible degré, avait des attaqua toutes les fois que, dans son officine, on remuait la poudre d'ipécacuanha. Ce n'était pas seulement quand on pulvérisait cette racine, il suflBsait qaVM en pesât de la poudre pour que le pharmacien dont je vous parie en renendl les cfTeis se traduisant immédiatement par des accès d'oppression tables qui duraient une demi-heure. Les choses en étaient arrMea I i^ que, lorsqu'on avait à manier ce médicament, il se falaak piéli Il pouvoir se retirer aussitôt dans son appartement Ai aucune autre poussière ne produisait chez lui de pareib
J*ai connu encore uu pharmacieD, é^bji à Saiotr^ermaip en Utje^ cliei lequel les accès d*asthme, dont i) fpt affecté toata 9^ yie, survenaient fibsolqwent dstns les mêmes circonstancesL
Un médedn, M. le docteur ftlassina, a publié dans la Gn^^^^deê hàpUauv son histoire qui est en tout semblable à celle-ci.
Cette singulière action de la poudre 4*îpécacuanb«| avait été observée ^t signalée depuis longtemps. Cullen rapporte que la femm^ d'un apothicaire était prise d'asthme chaque fois que Toii pulvérisait de cette racine dans \^ boutique de son mari, et alors même qu'en ce moment elle se trouvlt dans l'endroit le plus reculé de la maison. Mprray, autant que ma mémoire m*est fidèle, a consigné une obseryatioa analpgoe dans son Apparatus medic^. minum.
Un pharmacien de la Chaossée-d*Afitin racontait dernièrement que nonseulement la poudre d'ipécacuantia, mais encore la farine de lin, la poudre de scammonée, lorsqu'on les pilait dans son oflScine, lui occasionnaient de violents accès de son asthme qui commençaient invariablement par du corysa.
Ce ne sont donc pas seulement les pq^ssières, mais ce sont aussi les odeurs de certaines substances qui, sur certains asthmatiques, produisent ces singnliers effets.
Floyer (1 ) parle d'une dame ^ qqi la pips faiUeodeur occasionnait des accès.
Il m'est arrivé à moi encore d'avoir mes attaques lorsque je restais quelques instants dans une chambre où l'on avait laissé un bouquet de violettes; et je sais d'autres personnes pour lesquelles le parfum d'autres fleurs est la cause des mêmes accidents.
On pourrait, sans aucun doute, multiplier ces faits, si l'on voulait se donner la peine de les chercher; mais ces quelques exemples suffiront pour vous donner une idée de la variété et surtput de la bizarrerie des causes occasionnelles de l'asthme.
Les influences qu'exercent sur le développement de l'asthme les rondidUions de milieu^ de climat, de saisons, de température, dans lesquelles vivent les individus qui en sont aflectés, sont non moins intéressantes ïi connaître et non moins singulières.
Il y dix ans, un jeune homme vint de Saint- Orner pour me consulter. Sujet à de fréquentes attaques d'asthme, il profitait d'uQ instant de répit pour faire le voyage. Dès son arrivée à Paris, il éprouvait pne amélioration sensible, ses accès étaient moins violents^ f\ après deux ou trois jours, il en était à peu près quitte. Cette guérisoi^ me pamisaçtit trop merveilleusement rapide pQur n'être pas le U^t ^ qiiflqiie vAQuence spéciale ; je me demandais si le fUljl^gMOffllt de di^ n'en ét^t j^ \% c^qse : l'événei^ent devait bientôt jusliliB m^nf*fiiinM .liiiMlii f|M) trmiemmes îdj; durant ce temps, il
m frmdre congé 4e PlKiii et m'apnonceir
i6k ASTtiMË.
qu'il partait pour Versailles. Ce voyage devait être l'épreuve cjue j'atlendaist et la conGnnalion du jugement que j'avais porté. Dès la première nuit qu'il passa dans cette ville, qui est aux portes de Paris, il eut une attaque des pins (ormidables ; le lendemain matin il ne se trouvait plus dans son état de santé habituel, et le soir un nouvel accès revenait comme la veille. Le surlendemain il reprenait la route de Saint>Omer en repassant encore par la capitale. Ce qui m'avait fait prévoir que ce voyage à Versailles serait l'épreuve que j'attendais, c'était ce que le malade m'avait raconté. L'asthme, m'avait-il dit, l'avait pris à l'âge de dix-neuf ans; il habitait a!ors sa ville natale; deux ans après, son père l'avait amené à Londres pour ses affaires de commerce : k partir de ce moment, tout en vivant au milieu des brouillards de la Tamise, qu'on incrimine peut-être d'une façon exagérée, il n'avait jamais ressenti les atteintes de sa maladie. Et cependant, durant ces deux années de séjour en Angleterre, il avait vécu de la vie de jeune homme, menant de front le travail et le plaisir, s'exposant, sans y prendre jamais garde, à toutes les intempéries des saisons, à toutes les causes habituelles du catarrhe. Durant ce temps, bien qu'il ait eu des rhumes, jamais il n'avait eu d'asthme, et même ces rhumes avaient constamment cédé plus promptemcnt qu'ils ne cédaient lorsqu'il demeurait en France. Il revient à Saint-Omer ; 5 i)eine réinstallé dans celte ville, il est repris de ses accidents d'autrefois ; enOn, après deux ans de souffrances, il se décide à venir me trouver. Je lui prescrivis un traitement actif, et je le renvoyai dans son pays. À quelques mois de là, on m'écrivait que rien n'était changé dans sa situation. Je l'engageai à revenir à Paris; on me répondit (|u'il lui était absolument impossible de se mettre en route, tellement était grave son état ; j'insistai néanmoins sur la nécessité de quitter Saint-Omer. II se rendit à mon conseil et se fit porter jusqu'à la gare du chemin de fer : avant son arrivée à Paris, son oppression avait déjà notablement diminué, et quelques jours après, ainsi que cela avait en lieu lors de son premier voyage, la guérison était de nouveau complète. J'étais suffisamment éclairé sur ce qu'il y avait à faire; il était inutile de répéter une troisième fois l'expérience. Je défendis donc au malade le séjour de Saint-Omer, et je rengageai à retourner à Londres. Je dois dire pourtant qu'il n'a pas suivi mon conseil ; je l'ai revu eu 1863, il était resté dans son pays et il était parfaitement guéri, depuis cinq ans.
Un ancien avocat, mon camarade, mon ami de jeunesse, passe d'ordinaire trois ou quatre mois chaque année dans ses propriétés du Calvados. Parfaitement |X)rtant à Paris, il est à peine dans sa terre qu'il est pris d'accès d'asthme, survenant habituellement vers dix ou onze heures du soir. Son oppression est telle qu'il est obligé de rester jusqu'au jour à sa fenêtre, malgré le froid qui commence à se faire sentir pendant les nuits d'automme. Le lendemain matin il en est quitte, et peut reprendre dans la journée le cours de ses occa* pations.
z^ J'ai donné mes soins à deux frères jumeaux, tous deux si extraordinaii^-
AstHMe. 385
ment ressemblants, qu'il m'était impossible de les reconnaître, à moins de les Toir Tun à côté de l'autre. Cette ressemblance physique s'étendait plus loin : ils a?aient, permettez-moi l'expression, une ressemblance pathologique plus remarquable encore. Ainsi, l'un d'eux, que je voyais aux Néothermes à Paris, malade d*une ophthalmie rhumatismale, me disait : ■ En ce moment mon frère doit avoir une ophthalmie comme la mienne. » Et comme je m'étais récrié, il me montrait, quelques jours après, une lettre qu'il venait de recevoir de ce frère, alors à Vienne, et qui lui écrivait en effet : « J'ai mon ophthalmie, tu dois avoir la tienne. « Quelque singulier que ceci puisse paraître, le fait n'en est pas moins exact; on ne me l'a pas raconté, je l'ai vu, et j'en ai vu d'autres analogues dans ma pratique. Or, ces deux jumeaux étaient aussi tous deux asthmatiques, et asthmatiques à un effroyable degré. Originaires de Marseille, ib n'avaient jamais pu demeurer dans cette ville^ où leurs intérêts les appelaient souvent, sans être pris de leurs accès; jamais ils n'en éprouvaient à Paris. Bien mieux, il leur suffisait de gagner Toulon pour être guéris de leurs attaques de Marseille. Voyageant sans cesse, et dans tous pays, pour leurs affaires, ils avaient remarqué que certaines localités leur étaient funestes, que dans d'autres ils étaient exempts de tout phénomène d'oppression.
C'est là, messieurs, une règle assez générale, et il était nécessaire de vous faire connaître ces faits; j'en tirerai grand parti lorsque je parlerai delà nature de l'asthme.
Un de nos confrères, M. le docteur E. Vidal, m'en racontait un autre qu'il avait lui-même observé, et qui trouve jusqu'à un certain point ici sa place. Il connaît un capitaine au long cours asthmatique depuis plusieurs années. Toutes les fois que ce marin va au Pérou chercher un chargement de guano, les accès se calment et cessent dès qu'il est arrivé aux îles Cincha, où le guano se recueille ; puis son mal, dont il n'éprouve plus alors aucune atteinte, dont il pourrait se croire radicalement guéri durant le temps de la traversée d'Amérique en France, revient aussitôt qu'il a quitté son bord et qu'il ne se trouve plus dans l'atmosphère émanée du guano. Ce fait n'est que jusqu'à un certain point analogue aux précédents, car il s'explique bien moins par le changement de climat que par une autre influence. Vous savez, en effet, ce qu'est le guano, et combien est pénétrante l'odeur ammoniacale qu'il répand. Or, je vous dirai, à propos du traitement, le rôle que l'ammoniaque joue quelquefois pour calmer les accès d'asthme.
On désigne en Angleterre sous le nom de hay fever (Gèvre des foins) une affection qui, en une certaine mesure se rattacheà la maladie dont nousparlons. Vers la fin de mai, dans le courant de juin et même à une époque plus avancée de Télé, on voit certaines personnes prendre tout à coup un coryza accompagné d'éternuments violents, puis de toux et d'oppression survenant surtout la nuit. Cette affection bizarre dure quelquefois avec une opiniâtreté désespérante, jusqu'au moment où les malades changeant de résidence leurs accidents cèdent aussi subitement qu'ils étaient arrivés. J'avoue qu'ayant eu occasion d'observer
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plusieurs individus atteints de hay fever^ je n'ai jamais pu distingaer cette maladie de l'asthme à retours périodiques, retours qui, je vais vous le dire, ont lieu bien plus souvent en été qu'en hiver. Je me demande encore jiuqa'à quel point les émanations qui s'échappent des foins nouvellement coupés entrent pour quelque chose dans la production des accidents de ce hay fever^ et si l'influence de la saison n'est pas ici beaucoup plus active.
L'asthme, en eiïet, est une maladie d'étés en ce sens que ceux qui en sont atteints en sont bien plus souvent pris dans les saisons chaudes, de mai à novembre, que dans les saisons froides, de novembre à mai.
De même l'asthme est une maladie plus commune encore dans les pays équatoriaux que sous les zones tempérées ou dans les climats froids. Le fait est d'autant plus remarquable, que chacun sait combien les affections tboradques sont relativement rares dans les pays chauds où les maladies du foie et de l'appareil digestif prédominent sur toutes les autres.
Relativement à ces influences de température, considérons ce qui se pasM ici sous nos yeux.
Tandis que l'individu sujet au catarrhe redoute le froid, qui devient £MÛle* ment l'occasion du retour de ses accidents, et a soin habituellement de se bien couvrir; tandis que l'hiver il sort peu de chez lui et reste conûné au coin de son feu, l'asthmatique, au contraire, recherche le grand air; il a borreor des petits appartements ; les plafonds peu élevés semblent peser sur sa poitrine. Quelque riche qu'il soit, vous le trouverez généralement logé dans une chambre sans rideaux ou garnie de rideaux d'étoffe légère ; sous les larges tentures de laine ou de soie il est écrasé, oppressé, il étouffe; en plein hiver il loi faut souvent, comme en été, les fenêtres ouvertes : en un mot, il a besoin d'une grande masse d'air. Que le besoin soit réel, qu'il soit le fait de l'imagination des malades , que ce soit, si vous voulez, une sorte de manie, vous sera I même de faire ces observations, et je devais vous les signaler.
Messieurs, après vous avoir rapidement indiqué quelques-unes des droonstances sous l'influence desquelles les attaques d'asthme se produisent, je vaîi examiner avec vous les opinions qui ont eu et ont encore cours dans la sdeoœ sur la nature de cette singulière maladie. Je vais vous parler des théories professées par mes honorables collègues BIM. Roslan, Louis et Beau. J'essayeni de les discuter, et je vous donnerai, chemin faisant, ma manière de voir et ma façon d'interpréter les faits.
Si M. le professeur Hostan admet aujourd'hui l'existence de l'asthme ncfveux essentiel, il ne Ta pas toujours admise. Il fut un temps où il ne croyait pas ^ cette névrose bizarre de l'appareil respiratoire, et où il la regardait rnmi toujours symptomatique d'une affection du cœur ou des gros vaisseaux, D^ miné par le souvenir des reourquables travaux qu'il avait entrepris ^ ca sojet SOT l'ai^hme des vieillards, alors qu'il était médecin de l'hospice de la Salpltrièfc, il n'élahliaait «ocone diSéraioe entre l'astlune et la dyspnée. Bonr W
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ces deux mots étaient synonymes ; pour moi il est loin d*en être ainsi L'asthme est, à mes yeux, une aiïection spéciale, complète; c'est une manifestation, une manière d'être particulière d'une maladie générale, ayant des expressions locales très-diverses, se traduisant tantôt par des accès de dyspnée, d'oppression, par ces coryzas bizarres, par ces catarrhes particuliers qui, j'ai pris soin de vous le dire, peuvent constituer tout Taccès ; mais pouvant se traduire aussi par des attaques de goutte ariiculaire ou de goutte vague, par des attaques de gravelle, par des attaques de rhumatisme, par des affections hémorrhoidaires.
Ce n'est pas l'oppression qui fait Taslhme, car il faudrait appeler ainsi nooseulement les dyspnées symptomatiques des maladies du cœur ou des gros vaisseaux, mais encore la gêne de la respiration qui se montre si violente et va jusqu'à la suffocation chez les individus atteints d'oedème de la glotte, chez tes enfants pris de croup, chez les tuberculeux, chez les malades affectés d'albuminurie. Or, il n'est personne qui n'évite une semblable confusion. Entre la dyspnée et l'asthme la différence est immense. Si l'asthme est une dyspnée de forme et de nature spéciales, tout accès de dyspnée n'est pas de l'asthme. Avez-vous jamais vu, chez un individu en proie à une maladie de l'appareil central de la circulation, les accès de dyspnée occasionnés par cette maladie être diminués par l'exercice ? N'étes-vous pas tous les jours témoins du contraire ? A volonté, pour ainsi dire, vous pourrez provoquer un accès d'asthme, et pour parler plus régulièrement, un accès de dyspnée, chez tout homme affecté d'une lésion un peu sérieuse du cœur. Une marche plus rapide que d'habitude, l'action de monter un escalier, suflBsent pour déterminer une oppression plus ou moins considérable, portée en quelques cas jusqu'à la suffocation. Toutefois, je dois le dire, ces accès d'asthme symptomatique peuvent survenir aussi indépendamment de ce genre de causes occasionnelles; chez quelques-uns, ils surviennent à propos d'une émotion morale un peu vive; et même, chez d'autres, ils peuvent se manifester indépendanoment de toute cause appréciable.
Rappelez -vous une malade qui a succombé il y a quelques jours dans nos salles à une hypertrophie du cœur compliquant un anévrysme de la crosse dq l'aorte. Vous l'avez vue à plusieurs reprises dans d'épouvantables crises de dyspnée survenant tout à coup, se répétant fréquemment jour et nuit dans les derniers temps, et se répétant sans cause occasionnelle.
Si la dyspnée symptomatique peut se manifester ainsi que l'asthme essentiel indépendamment de toute cause appréciable, il importe^ pour les distinguer l'un de l'autre, de considérer quelle est leur marche.
L'accès d'asthme se comporte d'une façon analogue à un accès de fièvrOi c'est-à-dire que, débutant avec une certaine lenteur, quelquefois, il est vrai, assez brusquement, il arrive peu à peu à son apogée, comme toute affection névrosiquc ; puis il décroît de même, pour s'éteindre petit à petit, laissant alors Tindividu qui l'a éprouvé dans un état de parfaite santé, pendant un temps plus ou moins long, jusqu'au retour d'une nouvelle attaque.
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Est-ce là la marche, est-ce là la forme de la dyspnée symptomalique d'ane maladie du cœur ? Noo, assurément; son invasion est ordinairement brusque* et jamais elle ne se tait complètement, jamais l'oppression ne cesse aussi absolument qu'elle le fait après l'asthme. Toujours imminente, elle ne laisse pas l'indiTidu^ après la crise, dans l'état de parfaite santé où se trouve l'asthmatique. Celui-ci, lorsque son accès est passé, n'est plus exposé à son retour à propoB de la moindre émotion, d'un exercice un peu plus violent que d'habitude. Jusqu'au moment où il sera arrêté par une autre attaque, sunenue sans qu'il sache souvent pourquoi, il reprendra sa vie et ses occupations ordinaires, aussi libre de ses actions que s'il n'était pas malade. Toutefois, s'il a de l'emphysème pulmonaire consécutif, il sera habituellement oppressé, ce qui est trèsdifférent des attaques d'aslbme. L'individu atteint d'une affection du cœur restera toujours sous le coup d'un accès à venir, que réveillent les moindres causes.
Sans doute, et il est nécessaire d'en être prévenu , de véritables attaques d*asthme peuvent compliquer les affections du cœur et des poumons.
Examinons ce qui arrive alors, et entrons à ce sujet dans des considérations plus générales, sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir plus d'une fois.
Une femme est atteinte d'une affection carcinomateuse de l'utérus; elle éprouve des douleurs de reins, des douleurs dans le bas-ventre, qui aagmentent à l'époque des règles, au moment de la digestion ou lorsqu'elle va à la garderobe. Une autre n'accuse aucune douleur; mais une troisième aura des névralgies utérines ou sciatiques réapparaissant chaque jour, rigoureusement à la même heure, avec une périodicité si régulière, qu'elle en prévoira le retour à quelques minutes près. Chez deux dames que j'observais. Tune avec Récamier, l'autre avec mon ami le docteur Lasègue, ces crises duraient cinq à six heures. Chez cette dernière, elles se répétèrent durant plusieurs années. Les douleurs étaient atroces. Dans son paroxysme la malade se roulait, se tordait sur le plancher de sa chambre. Dans l'intervalle des accès, elle ne se plaignait que d'une sensation de chaleur du côté de l'organe affecté. Dans ces différents cas, qu'il y ait ou non des douleurs permanentes, que ces douleurs soient intermittentes, la lésion n'en est pas moins toujours la même; mais, dans le dernier cas, sur elle s'est greffée une affection névralgique : le cancer s'est compliqué de la névrose douloureuse dont il n'exclut pas l'existence, i
De même, messieurs, de ce qu'un individu est affecté d'une maladie de c«eur, cela n'exclut pas chez lui la possibilité de l'asthme. Quelques malades supportent les affections les plus sérieuses des organes centraux de la circulation, sans en éprouver d'accidents relativement graves, tandis que d'autres, avec des lésions beaucoup moins prononcées que les premiers, sont tourmentés par des troubles pathologiques formidables; chez d'autres encore, unenéTrose peut s'enter sur l'affection organique ; en un mot, chacun a, permettez-moi 1 expression, sa manière de porter la maladie. Chez celui-ci, l'économie sera-
blera îodiiïérente à la lésion; chez celoi-Ià, rincîlabilité du système nerveux se traduira par des phénomènes revenant par paroxysmes , phénomènes de nature particulière, suivant la nature de chaque individu. Ce sont là des faits faidispensables à connaître, et vous comprenez de quelle importance il est, dans la pratique de la médecine, de savoir démêler Télément nerveux de Télément organique qu'il complique.
Ce que je dis pour l'asthme, ce que j'ai dit pour les névralgies accompagnant des lésions utérines, s'applique encore à beaucoup d'autres états pathologiques.
La malade dont je vous parlais plus haut, et qui avait un anévrysme de l'aorte compliqué d'hypertrophie du cœur, nous avait présenté tous les symptômes les mieux caractérisés de l'angine de poitrine. Or, qu'est-ce que cet angor pectorts? Dans un grand nombre, dans le plus grand nombre des cas, c'est une névralgie symptomatique d'une aflection du cœur et des gros vaisseaux, comme chez cette femme; mais, dans quelques cas, c'est une névrose parfaitement indépendante de toute affection organique des organes centraux de la circulation, indépendante même de toute autre lésion matérielle appréciable ; c'est une véritable névralgie épileptiformc ; c'est quelque chose d'analogue au vertige épileptique ; c'est une manière d'être de cette forme redoutable de l'épilepsie dont je vous ai entretenus très-longuement Comme dans l'épilepsie, l'invasion est brusque, la marche rapide, la cessation soudaine, et il n'est pas très-rare que des malades qui ont autrefois éprouvé des accès û*angor pectoris prennent plus tard de véritables attaques du mal comitial.
Les névroses peuvent donc se greffer sur des maladies organiques ; mais elles en restent indépendantes, et celles-ci ne sont plus que l'occasion de leur développement. Elles en sont indépendantes, puisque la lésion organique, n'en étant pas d'ordinaire accompagnée, ne saurait être regardée comme la condition essentielle de la production des accidents nerveux dont nous parlons. Pour revenir à l'asthme, si nous le voyons survenir chez des individus affectés de maladies du cœur ou des poumons, c'est que la lésion organique a été l'occasion de sa manifestation.
Pourtant, messieurs, je ne voudrais pas laisser dans votre esprit une idée que je n'ai pas et que je semblerais avoir d'après ce qui vient d'être dit Dans l'asthme, la lésion peut ne pas exister d'une manière appréciable pour l'anatomiste; mais il n'y en a pas moins une modiGcation dans l'étal des tissus, soit que cette modification réside dans l'axe cérébro-spinal , soit qu'elle ait son siège primitif dans l'appareil respiratoire : modification qui peut-être n'en altère pas la texture plus qu'une surcharge électrique n'altère le verre et le métal d'une bouteille de Leyde.
M. Rostan accepte encore que l'asthme peut se rattacher à l'existence de \ emphysème pulmonaire ; ce sont là aussi les idées de M. Louis. Cette opinion se présente sous un côté plus spécieux. En effet, rx)mme on rencontre presque toujours de l'emphysème chez les asthmatiques, on a pu en conclure que cotte
lière des asthmatiques pour dire que, chez eux, il se fait dans les bronches mie accumulation de cette sécrétion excessivement plastique ; qu'on ne doit pas, par conséquent, être étonné de l'oppression éprouvée par les malades, les produits de cette sécrétion plastique jouant dans les tuyaux bronchiques le rôle de soupapes, absolument comme les fausses membranes dans le croup, comme les corps étrangers qui pénètrent dans les voies aérifères. Les râles ronflants et sonores que Ton entend alors en auscultant les malades sont produits par la vibration qu'éprouve la colonne d'air en franchissant l'obstacle mécanique que lui opposent ces mucosités épaisses qu'elle rencontre.
Ainsi que la précédente, cette théorie offre quelque chose de spécieux ; cependant il me paraît facile de la combattre et de la renverser.
Supposons un individu atteint de croup : les productions pseudo-membraneuses ont envahi les bronches, et bien que l'obstacle à la circulation de l'air dans les poumons soit bien autrement grand dans ce casque dans celui dont il était question tout à l'heure, les accès d'oppression éprouvés par le malade ne ressemblent en rien aux accès d'asthme.
Voyez encore ce qui se passe chez cet homme couché au n*" 19 de la salle Sainte- Âgnès^ et qui est affecté d'un catarrhe chronique avec sécrétion bronchique mucoso-purulente des plus abondantes. Evidemment, ces mucosités purulentes, que le malade rend en quantité assez considérable pour en remplir plusieurs crachoirs, ces mucosités s'accumulent pendant un certain temps dans les bronches ; néanmoins, si nous avons noté de la dyspnée, celte dyspnée n'a aucun des caractères qu'elle nous présente chez les asthmatiques. Mais, dira-t-on, dans ce fait que vous opposez à notre théorie, la sécrétion catarrhale mucoso-purulente a son siège dans les grosses bronches, et alors * il n'y a pas d'obstacle au passage de l'air, parce que le calibre desœnduits est assez large pour que, nonobstant la présence de ces mucosités, Tair puisse circuler assez librement. A cela je réponds que la sécrétion, et consécutivement l'accumulaiion des mucosités, se font aussi bien dans les dernières ramifications bronchiques que dans les grosses, et la preuve on est fournie par la production des râles muqueux à bulles unes que nous entendons en appliquant l'oreille sur la poitrine du malade. £n considérant l'abondance de l'expectora* tion, il est incontestable qu'à un moment donné, l'oblitération des bronches est bien autrement complète chez cet homme qu'elle ne l'est chez ceux qoi ne rendent que quelques petits crachats perlés ; et cependant, je le répète, k malade n'éprouve rien d'analogue aux accès d'oppression qui caractérisent l'asthme.
Admettons que dans l'asthme ces crachats muqueux, perlés, soient la cause de la gêne de la respiration, on nous accordera bien que celte sécrétion a mis quelque temps à se faire ; or, Tinvasion des accès d'asthme a lieu avec une rapidité qui n'est guère en rapport avec l'existence de cette cause mécanique. Lorsque nous voyons un accès survenir spontanément sous l'influence d*une émotion morale, par l'action de quelques grains de poussière, et d'une
poussière de nature particulière suivant les individus, chez celui-ci la poudre d*ipécacuanba, chez celui-là la poussière émanée de Tavoine, etc. , est-il présumable que ces diverses causes, suflSsantes pour éveiller la susceptibilité nerveuse du malade, le soient assez pour provoquer aussi promptement la sécrétion muqueuse? D*un autre côté, il vous arrivera souvent de trouver chez les asth-< roaliques, comme chez les emphysémateux, des râles muqueux ronflants et très-sonores, sans attaques d'asthme, ou lorsque Tattaque n'est point encore venue, ou bien quand elle est passée.
De plus, il est des personnes qui, sujettes à ce que Laennec désignait sous le nom de catarrhe sec aigu, rendent par l'expectoration ces mêmes crachats perlés, et les rendent avec une extrême diflSculié, après des efforts de toux des plus violents. Ces personnes accusent une sensation de gêne, de picotement à l'orlûce du larynx et dans toute la poitrine ; mais cette sensation de gêne ne rappelle en rien la dyspnée de l'asthmatique.
EnGn, comme contre-partie de ce que je viens de vous dire^ le catarrhe, qui accompagne habituellement l'asthme, peut manquer, et il est des cas, en petit nombre à la vérité, dans lesquels vous n'en trouverez aucun symptôme, aucun signe, que vous examiniez, que vous auscultiez vos malades, soit au début, soit pendant, soit à la fin de leurs accès.
Ainsi, au point de vue de l'étiologie de l'asthme, la théorie du catarrhe est aussi inadmissible que celle suivant laquelle les troubles de la respiration seraient exclusivement symptomaliques d'une aiïection du cœur ou des gros vaisseaux, que celle de l'emphysème. Au point de vue thérapeutique, ces différentes opinions ne sont pas plus acceptables. Lorsqu'il sera question du traitement, je vous dirai qu'une inspiration de fumée de datura stramouium ou de vapeurs nitrées suffit quelquefois pour faire cesser tout à coup les accidents. Or, je vous le demande, en serait-il ainsi en admettant que ces phénomènes fussent sous la dépendance exclusive de lésions matérielles et de causes méca* niques ?
Le docteur Duclos a établi que chez presque tous les asthmatiques, il y avait une diathèse herpétique : c'est un fait que j'ai pu constater aussi de mon côté, non aussi généralement que le dit mon confrère de Tours, mais chez un bon nombre de malades. Or, quand l'asthme prend pendant quelques jours la forme continue dont je vous ai parlé plus haut, avec sécrétion exagérée des bronches, M. Duclos estime qu'il se fait sur la membrane muqueuse pulmonaire une poussée eczémateuse analogue à celle que nous voyons si souvent sur d'autres membranes muqueuses ou à la peau.
Cette théorie explique jusqu'à un certain point l'allure bizarre de cette forme d'asthme ; mais elle ne donne pas plus que les autres la clef de l'intermittence ou de la rémiltence de la dyspnée, qui restent toujours là pour témoigner de la présence de l'élément nerveux.
Quelle est donc en définitive la nature de l'asthme ? Quand on considère l'ensemble des faits que je vous]ai rapidement et brièvement e);posés, on est
tenté de comparer cette affection à d'autres maladie spasmodiques de Tappa-» reil palmonaire. La coqueluche, dont je vous entretiendrai dans une prochaine conférence, se prête tout d'abord à cette analogie.
Un individu prend un catarrhe bronchique qui, pendant sept on huit jours, n*a d'autres caractères, en apparence, que ceux du catarrhe le plus simple ; puis surviennent des quintes convulsives que rien ne peut maîtriser ; elles reviennent toutes les deux heures, toutes les heures ; quelquefois elles sont plus rapprochées encore; elles durent à peine une minute, une minute et demie. Dans les intervalles, le malade n'éprouve rien que ce qu'on éprouve dans le rhume le plus ordinaire; son expectoration ne présente rien de particulier. Vous avez donc affaire dans ce cas à un catarrhe, mais à un catarrhe auquel s'est ajouté un élément nerveux qui va vous permettre tout de suite de caractériser l'espèce de la maladie. Cet élément catarrhal existe ; que si quelquefois il existe seul^ dans d'autres circonstances, rares à la vérité, l'élément spasmodlque se montre et persiste à l'exclusion de l'autre.
Il en est de même pour l'asthme. Si le plus souvent il est accompagné de tous les phénomènes du catarrhe, et quelquefois d'un catarrhe violent, dans un certain nombre de cas ces phénomènes font absolument défaut.
On est donc en droit d'admettre, avec YfiWis et avec Gullen, que l'asthme est une affection nerveuse; que les accès de dyspnée qui le caractérisent sont probablement le résultat d'une constriction spasmodique des bronches qui, en rétrécissant [passagèrement le calibre de ces conduits, s'oppose à la libre circulation de l'air dans les poumons et cause tous les accidents.
Les travaux de Reisseisen, que sont venus confirmer d'autres plus récents, ceux en particulier de M. Gratiolet, qui a eu l'occasion d'étudier l'anatomie du poumon sur l'éléphant mort à la ménagerie, ont démontré Tcxistence d'un appareil musculeux dans les rameaux d'un diamètre inférieur à celui des bronches où les cerceaux cartilagineux cessent d'être visibles. De quel droit refuserait-on à ces conduits musculaires d'être le siège de spasmes, quand on en admet la possibilité dans d'autres organes ayant une même structure anatomique ? De quel droit nierait-on ces spasmes bronchiques, lorsque personne ne conteste les spasmes vésicaux, intestinaux, les spasmes de l'estomac, les spasmes de l'urèthre ?
Si la physiologie conduit à priori à concevoir leur existence, on ne peut plus se refuser à y croire lorsqu'on étudie les faits pathologiques. Considérci ce qui se passe dans un accès d'asthme. Le malade éprouve un sentiment de constriction dans la poiirine. Les efforts énergiques de ses muscles inspirateurs sont impuissants à accomplir l'acte de la respiration. Il semble qu'il y ait, et il y a évidemment, en effet, un obstacle à l'entrée de l'air dans les bronches; car si vous auscultez l'asthmatique pendant son accès, vous n'entendrez ni le bruit d'expansion pulmonaire, ni le bruit respiratoire bronchique que vous allez entendre, une fois l'accès passé. Et cependant les muscles sont assez violemment en action pour faire le vide dans la poitrine, où l'air ne pénètre
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pas ; ce qui s*oppose à cette introduction de l'air est donc ufl obstacle placé dans les tuyaux bronchiques et non à l'orifice du larynx, puisque Tair traverse la glotte et arrive librement dans la trachée. Or, cet obstacle qui existe dans les ramifications bronchiques n'est pas produit par des sécrétions morbides, comme nous avons essayé de le démontrer; il est donc le fait d'une contrac* tion spasmodique des bronches elles-mêmes.
Quelques médecins, tout en reconnaissant la nature nerveuse de l'asthme, ont imaginé une autre théorie que celle du spasme pour expliquer la dyspnée. Ainsi, Bretonneau croyait que cette gêne de la respiration était occasionnée par une congestion violente des poumons. Suivant lui, il se passait chez les asthmatiques quelque chose d'analogue à ce qui se passe dans l'accès d'épliepsie à forme congestivc. Si chez quelques individus, en effet, l'aura épileptique est seulement douloureuse, si c'est une sensation pénible qui, partant d'un point du corps, du pouce par exemple, monte rapidement vers la tête et est plus ou moins immédiatement suif ie de l'attaque convulsive, chez d'autres l'aura est accompagnée d'un mouvement congestif qu'il nous est souvent permis d'observer. SU part de la main, celle-ci se gonfle, les doigts sont violemment serrés par les bagues qu'ils portent Ceci dure une, deux, trois minutes, et l'attaque épileptique arrive. Cette congestion est aussi essentiellement nerveuse de sa nature que celle qui produit la rougeur de la face pendant une émotion morale. Bretonneau admettait que dans l'asthme il se fait une semblable congestion ; et que l'afflux des liquides dans le poumon oblitérant les vésicules pulmonaires^t les ramifications bronchiques, devient cause de la dyspnée, et amène consécutivement la sécrétion muqueuse que l'on observe généralement en effet à la fin des accès. Vous savez, messieurs, que Culleu faisait intervenir aussi la turgescence des vaisseaux pulmonaires dans la production de l'asthme ; mais à l'inverse de ce que professait Bretonneau, cette turgescence, pour Cullen, était la cause et non l'effet du spasme.
Malgré tout le respect que j'ai pour les idées de Bretonneau, mon premier et mon excellent maître, j'ai toujours combattu cette manière de voir. Je n'ai jamais pu comprendre cette aura, tandis que je comprends le mécanisme de la constriciion spasmodique senle, et bien mieux encore je ne comprends pas que les choses se passent autrement.
Ainsi, messieurs, Tasthme est une affection nerveuse, c'est une névrose, et j'ajouterai pour mieux définir son espèce, c'est une névrose diathésiqne, c'està-dire qu'il est très-rare que cette affection ne se lie pas à l'existence d'une diaihèse. Je vais chercher à vous le démontrer par des faits.
Laissez-moi entrer, à ce sujet, dans quelques détails qui ne seront pas sans intérêt.
Un individu prend de l'asthme vers l'âge de quarante ou cinquante ans. Jusque-là il n'en avait éprouvé aucune attaque. On a cherché inutilement à rattacher ces accidents à une cause occasionnelle; mais en remontant dans les antécédents^ on apprend que |e m^ilade a eu, dans sa jeunesse, des accidents
d'une autre espèce qui étaient évidemment les manifestations d*une diathèse; ou bien c'étaient des affections herpétiques ou dartreuses, des éruptions le pli» souvent eczémateuses; ou bien il était sujet à des douleurs de rbumatisoie; ou bien encore, dans un âge plus avancé, il avait eu, soit des attaques de goutte, soit des bémorrboîdes. Rien n'est plus fréquent, en effet, que ces mutations des affections herpétiques, rhumatismales, goutteuses ou hémorrholdaires en asthme, et depuis longtemps elles avaient été indiquées. Truka (1), Musgrave (2), en ont rapporté, chacun de son côté, des exemples; et pour ce qui est de la goutte, j'ai connu une personne chez laquelle des attaques d'arthritis alternaient très-régulièrement avec des attaques d'asthme : tantôt des attaques de goutte se succédaient, tantôt c'étaient des attaques d'asthme ; d'autres fois, une attaque de l'une survenait après une attaque de l'autre, mais jamais le malade n'eut à la fois goutte articulaire et asthme.
Ainsi, dartres, rhumatisme, goutte, bémorrboîdes, j'ajouterai gravelle, sont des affections que l'asthme peut remplacer, et qui réciproquement peuvent remplacer l'asthme ; ce sont des expressions différentes d'une même diathèse. Il en est encore une autre que je ne dois pas omettre : c'est la migraine.
Beaucoup de gens sujets à des migraines périodiques sont ou ont été goûtteux, rhumatisants, bémorrhoïdaires, dartreux, ou bien sont nés de parents qui l'étaient ; ou bien encore vous verrez le contraire se produire, c'est-à-dîre des affections dartreuses, hémorrhoîdaires, des attaques de rhumatisme ou de goutte succéder à des migraines périodiques. Entre autras exemples de ces mutations diathésiques, en voici un, le premier qui ait. frappé mon attention au commencement de ma carrière médicale.
J'étais lié d'intime amitié avec un major anglais qui depuis longtemps était sujet à des migraines revenant avec une telle périodicité, de deux mercredis l'un, qu'il savait, à une heure près, quand il allait être pris. Ses attaques étaient si régulières dans leur marche et dans leur durée, que, chose plus ex* traordinaire encore, il pouvait dire quand elles finiraient. Elles duraient en effet quelques heures, et ensuite le laissaient dans un état de parfaite santé. Il enavait éprouvé les premières atteintes pendant son séjour aux Antilles ; depuis cette époque, elles n'avaient jamais manqué d'avoir lieu, et les choses en étaient là quand je fis sa connaissance à Paris. Gomme il en était très -fatigué» il me demanda un jour de l'en débarrasser à tout prix. C'était en 1824 ; j'ignorais alors ce qu'était la migraine. Prenant avis de quelques-uns de mes confrères, je conseillai à mon malade des pilules écossaises à haute dose. Sous l'influence de ces purgatifs répétés, ses attaques perdirent de leur périodicité ; mais sa santé fut loin de s'en trouver mieux. Auparavant, aux accès finis succédait chez lui un état de bicn-étre contrastant singulièrement avec le malaise qu'il éprouvait quand ils étaient près de venir. Il en était d'ailleurs pour loi
(1) Historia hœmorrhoidum. ^mdobonXj 1794.
(2) Traité de la goutte.
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comme pour tous ceux qui sont sous Tempire d'une diathèse goutteuse ou hémon hoîdaire, et que leurs attaques, précédées souvent de cet état de malaise indéGnissable, soulagent au point que ces crises paraissent en vérité des maux nécessaires.
Mon malade s'étant installé à Fontainebleau pendant la belle saison, j'allais le voir et passer quelques jours avec lui de temps à autre. Un matin, il me fit réveiller pour me montrer son pied dont il souffrait cruellement. Je constatai une tuméfaction avec rougeur considérable : c'était un accès de goutte aiguë bien franc. Ne sachant pas encore combien ces manifestations demandent à être respectées, ignorant que la migraine et la goutte sont sœurs, subissant, malgré moi et malgré les principes que j'avais reçus dans ma première éducation médicale, l'influence des doctrines de Broussais alors en pleine vigueur, je vis l'indication d'intervenir avec la médication antiphlogistique : des sangsues, des cataplasmes émollients arrosés de laudanum furent appliqués sur la partie douloureuse. L'arthrite céda; mais, à partir de ce jour, le malade perdit sa belle santé d'autrefois. Une seconde attaque fut une attaque de goutte molle, atonique, et non-seulement la santé générale fut altérée, mais encore le moral^ Tintelligence, furent affectés d'une façon déplorable. Le major n'eut plus sa vivacité d'esprit, sa gaieté habituelle ; il devint lourd, maussade, ennuyeux ; enfin il eut une attaque d'apoplexie, et deux ans après il succomba, emporté dans une seconde attaque.
Il est inutile d'accumuler ici les observations analogues que je pourrais vous rapporter, je me bornerai à vous en citer encore trois qui ont plus spécialement trait à notre sujet.
Le 15 juillet 1861, un jeune homme de trente ans, habitant ordinairement le département des Gôtes-du-Nord, venait me consultera Paris. M. le docteur Blondeau se trouvait par hasard à ce moment dans mon cabinet et nous vîmes le malade ensemble. Il offrait toutes les apparences d'une brillante santé et disait qu'il n'y pas avait eu de goutteux dans sa famille. Dans son enfance, de dix à quinze ans, il avait eu aux jambes une dartre humide qui disparut assez brusquement pour revenir dix ans plus tard. Mais à partir de l'âge de dix-sept ans jusqu'à vingt et un ans, il avait été tourmenté par de fréquentes attaques d'asthme nerveux qui, nous disait-il, en raison de leur violence, le mettaient quelquefois aux portes du tombeau. La saignée était alors le seul moyen qu'on eût de le soulager.
 vingt et un ans, il fut pris d'accès de goutte régulière, et depuis lors il n'eut plus d'asthme. Cependant, comme il supportait impatiemment ses donleurs de goutte, et qu'il voulait à tout prix en être débarrassé, il eut recours à cet effet aux préparations de colchique, et aux arcanes funestes, tels que le sirop de Boubée, les pilules de Lartigue, la liqueur de Laville,^ remèdes si eflicaces mais si dangereux aussi. Il fut délivré de sa goutte, mais, en moins de trois ans, sa santé s'était profondément altérée, et il était arrivé à une caducité précoce. Il alla alors à Tours consulter Bretonnean qui lui
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d'une même diathèse, peuvent se remplacer les unes les autres ; à mesure que vous avancerez dans la pratique de votre art, vous n'aurez que trop souvenl occasion de vérifier l'exactitude de cette proposition.
Enfin, comme toutes les aflections diatbésiques, l'asthme se transmet directement par l'hérédité.
Un homme qui est resté longtemps dans nos salles nous ofîre un type asset complet pour servir à la démonstration de tout ce que je vous ai dit.
Ce malade, âgé de trente et un ans, est sujet à des attaques d'asthme depuis l'âge de treize ans. Jusque-là il n'en avait ressenti aucune atteinte. Vivant au milieu d'enfants de son âge dont il partageait les jeux, courant comme eux,^ livrant, sans en éprouver la moindre gêne, aux mêmes exercices du corps, sa première attaque survint sans cause appréciable. Il en fut pris à trois heures de l'après-midi, et sa crise dura pendant quatre à cinq jours. A en juger par les renseignements qu'il nous a fournis, elle revêtit la forme d'un catarrhe assez intense pour donner des inquiétudes à sa famille et aux médecins qui furent consultés.
Cinq ans après, les accidents prirent une forme plus régulière, survenant, non plus dans la journée, mais toujours après minuit, vers une ou deux heures du matin. Déjà ici vous retrouvez la circonstance sur laquelle j'ai tant insisté relativement à l'heure d'apparition des accès. Le malade nous a dit, et vous l'avez entendu le répéter sans que j'aie provoqué son dire, que généralement ces crises étaient très-violentes, lorsqu'au moment de se coucher il remuait la paillasse de son lit, et il attribuait ce fait à l'action de la poussière qu'il soulevait autour de lui pendant cette opération. Ordinairement l'attaque se composait d'un seul accès, et six mois se passaient sans qu'elle revînt. Aujourd'hui elles reviennent toutes les six semaines et durent trois jours, c'est-à-dire que pendant ces trois jours, cet individu éprouve dans la poitrine une gêne continuelle, un sentiment de constriction qui le mettent dans l'impossibilité de travailler, et que la nuit l'accès reprend une nouvelle intensité, se calmant habituellement au petit jour, mais quelquefois aussi s'exaspérant à ce moment
Une particularité sur laquelle j'appelle votre attention, et que le malade nous a encore de lui-même parfaitement indiquée, c'est que les matières de l'expectoration présentent des caractères essentiellement diiïérents avant et après Faccès. Durant sa crise, il n'a pas d'expectoration ; tandis qu'avant, il rejette de petits crachats^ épais, globuleux, qu'il compare au germe de l'œuf de poule. Vous reconnaissez là les crachats perlés. Après l'attaque, ces crachats sont muqueux, purulents ; vous les avez vus dans le crachoir, et ils ne différaient en rien de ceux que rend un individu affecté du catarrhe le plus franc Ce fait de crachats perlés rendus avant l'accès^ alors par conséquent qu'il n'y a ni gêne ni oppression, pas d'asthme à proprement parler, tandis que te dyspnée n'est accompagnée d'aucune expectoration, et qu'une fois calmée, survient l'expectoration catarrhale, ce fait est un exemple de plus à opposer à la théorie de mon honorable collègue M. Beau.
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Bans cette observation, vous retrouvez encore ce que je vous ai dit des formes différentes de la maladie dans l'enfance et dans Tâge adulte, et vous allez retrouver aussi ce qui a trait aux mutations diathésiques. Cet homme, en effet, né d'une mère goutteuse, d'un père épileptique, a été lui-même, pendant un certain temps, sujet aux migraines.
Dans l'intervalle de ses crises d'asthme, il pouvait faire les exercices gymnastiques les plus violents sans être oppressé. C'est lui qui plusieurs fois Ct avec ses camarades la gageure d'aller à pied de Paris à la place d'armes de Versailles, en suivant pendant dix-huit kilomètres la voiture publique dont la marche, comme vous le savez, est assez rapide. Il peut donc courir près de sept quarts d'heure, monter vivement la côte assez roide de Sèvres et de Chaville, et arriver au terme de cette singulière pérégrination, sans être plus essoufflé que celui qui viendrait de parcourir, au pas gymnastique, un demi-kilomètre. Vous vous rappelez que pendant ses accès il avait tous les signes physiques de l'emphysème vésicuiaire des poumons : bruit inspirateur presque nul, expiration forcée et plus longue que l'inspiration, râles ronflants, résonnance exagérée de la poitrine. Lorsque depuis quelques jours l'asthme était passé, nous retrouvions une inspiration longue, pleine, facile, un murmure vésicuiaire parfaitement normal ; une expiration plus courte que l'inspiration, s'accomplissant sans efforts musculaires, et une résonnance générale de la poitrine moindre que pendant les attaques. (Chez les enfants et chez les adultes atteints de coqueluche, vous constaterez de même souvent des signes d'emphysème vésicuiaire qui disparaîtront rapidement lorsque la névrose elle-même aura disparu.)
Enfin, rhistoire de ce malade est encore complète, eu égard à ce qui touche au traitement de l'asthme. Lorsque les accès surviennent, notre homme sort du lit, fait chauffer de l'eau et prend immédiatement un bain de pieds qui le soulage habituellement ; d'autres fois, il est obligé de se mettre à la fenêtre, quelque temps qu'il fasse, pour respirer l'air frais de la nuit et calmer ainsi son anxiété. Si l'asthme était un catarrhe, pareil moyen de traitement réussirait-il ? Le datura a été chez lui d'un faible secours, et il a éprouvé de grands inconvénients de l'emploi de l'ammoniaque, dont il sera question tout à l'heure. L'arsenic au contraire l'a beaucoup soulagé. Ici vous voyez l'asthme avec ses fantaisies thérapeutiques, ainsi que plus haut vous l'avez vu avec ses fantaisies pathologiques.
Comme toutes les névro.ses, en effet, cette maladie cède souvent à des moyens très-différenis, suivant les individus, et ces moyens, l'expérience seule apprend aux malades et aux médecins quels ils peuvent être. Nous avons dit que d'ordinaire les asthmatiques recherchaient l'air frais ; il en est d'autres qui, au contraire, ne se soulagent de leurs accès qu'en se mettant le dos devant un feu bien flambant. Notre malade calmait les siens par un bain de pieds chaud. S'il nous fallait citer ici les moyens plus ou moins bizarres auxquels certains individus ont recours pour faire cesser leurs attaques, nous aurions une liste TRorssKAr, 2* édit. — ii. 20
longue è épaiser. J'ai conna une personne, le frère de l'ancien chancelier de notre dernière ciiambre des pairs, qui, lorsqu'il était pris d'asthme, faisait allumer dans son appartement quatre, cinq ou six lampes Carcel, et se troufait immédiatement soulagé. Un autre, sujet à des accès diurnes, se faisait mettre sur son cheval, et ne parvenait à calmer ses crises qu'en partant immédiatement an grand trot contre le vent.
Ce sont là assurément des faits singuliers, exceptionnels^ mais il était important de les signaler, car ils sont une nouvelle preuve de la nature essentidlement nerveuse de la maladie.
Abordons maintenant la question du traitement.
Dans certains pays où l'asthme est une maladie commune, ce traitement était autrefois abandonné aux empiriques. Dans les Indes orientales, c'était nn remède populaire qne de se guérir de ses accès en fumant les feuilles d'une espèce végétale qui n'était autre que le datura métel. Le docteur Andersen, médecin à Madras, recommandait l'usage de cette plante ; il en remit à uil officier anglais qui, en 1802, en apporta en Europe, et en donna au docteur Sîms (d'Edimbourg). Celui-ci, en ayant reconnu les bons effets, essaya d'y substituer le datura stramonium. Ses essais réussirent, et aujourd'hui l'usage de la stramoine est vulgarisé dans le traitement de l'asthme.
Ce que nous disons du datura stramonium peut s'appliquer aux autres espèces de datura, au ferox, au fastuosa comme au métel ; mais c'est au premier qu'on a le plus généralement recours. De tous les remèdes administrés pour combattre les accès d'asthme, c'est celui qui réussit habituellement le mieux. On fume ses feuilles desséchées, seules ou mêlées à de la sauge, soit dans une pipe, soit roulées dans du papier sous forme de cigarettes, ou bien encore on les brûle dans la chambre du malade. Ce moyen cependant ne soulage pas tous les asthmatiques ; il est bien souvent sans effets chez ceux qui font un usage habituel du tabac à fumer. Cela se comprend, lorsqu'on réfléchit que le tabac est une solanée vireuse, de la famille par conséquent dn datura, et que l'accoutumance à la nicotine peut empêcher l'action du principe stupéfiant de la stramoine. Je connais pourtant des fumeurs de tabac que le datura calme, ce qui prouverait alors que celui-ci a une action spécifique différente jusqu'à un certain point de celle de la nicotine. Bien que l'un et l'autre ne se remplacent par conséquent pas complètement, H est néanmoins des asthmatiques qui, n'ayant pas rhabitude d'en faire usage, modèrent leurs accès en fumant du tabac. Je suis du nombre, et je vous ai raconté que dans une attaque il me suffisait souvent d'aspirer quelques bouffées d'un cigare pour faire cesser ma dyspnée.
D'une manière générale, toutes les solanées vireuses, datura, tabac, jusquiame, belladone, possèdent donc plus ou moins les mêmes propriétés ; elleft entrent toutes dans la confection des cigarettes Espic, qui ont joui longtemps, dans le traitement de l'asthme essentiel et du catarrhe pulmonaire complique d'accidents nerveux, d'une renommée que la ([uatrièine page des feuilles
Asimiit. Mi
publiques cherche encore aujourd'hui à exploiter. Vous en troureréB la formule dans les IlTres que tous nei entre les mains ; eHes se prépaiH^ èf là manière suivante :
Ffuilles choisiM de beUadone . . , , . . • « 30 cantiframnat*
Feuillet choisies de jusquiame , , . fb *«>
Feuilles choisies de stramoiue , 15 —
Feuilles choisies de phelloûdre aquatique 05 —
Extrait gommeux d'opium 13 miUii^ainmes.
Eau distillée de laurier-cerise q. s.
Les feuilles, séchées avec soin et mondées de leurs nervures, sont hachéies et mêlées exactement L'opium est dissous dans Teau de laurier-cerise; la solution est également répartie sur la masse. En outre, le papier qui va servir à confectionner les cigarettes a été préablement lavé avec la macération dans Teau de laurier-cerise des plantes ci-dessus indiquées^ puis convenablement séché.
On comprend TeOScacité et le succès d*un semblable médicament. Toutefois, messieurs, quand on prescrit aux asthmatiques Fusage du datufà ou des autres solanées, il importe essentiellement d'eu proscrire Tabus, sotis peine de voir s'épuiser prompteroent l'action de ces moyens thérapeutiques. C'est lorsque l'attaque est violente, et seulement alors, qu'il faut y avoir recours. Le malade fumera deux cigarettes au moment de l'accès, et non sept, huit, dix, comme beaucoup sont tentés de le faire. Lorsque l'individu ne peut pas ou ne sait pas fumer, on y supplée en brûlant du datura dans sa chambre, et en le mettant ainsi dans une atmosphère de fumée médicamenteuse.
Je le répète, il en est de cette médication comme de toutes, comme de toutes celles surtout qui s'adressent aux affections nerveuses; on doit grandement tenir compte des individualités. Tel asthmatique sera soulagé par le daiura^ tel autre par la belladone; celui-ci par la jusquiame, celui-là par le tabac ott par le mélange de ces différentes plantes. Il en est aussi, et le malade dont Je vous ai rappelle Thistoire assez au long est du nombre, qui ne peuvent pas supporter les solanées ; pour ceux-là d'autres médications doivent être employées, et il en est parmi elles qui ont été préconisées ajuste titre.
Je vous indiquerai les fumigations arsenicales, les fumigations depapitl^ nitré.
Pour les premières, on prépare une solution d'un gramme d'arsénite de potasse à2im quinze grammes d*eau distillée. Avec cette solution, on imbibu une feuille de papier non collé, jusqu'à ce qu'elle soit épuisée. Le papier étant parfaitemnt desséché, on le divise en vingt parties égales qui renferment par conséquent chacune environ 0'^05 d'arséulte. Chaque morceau de papier est plié sous forme de cigarette. Le malade, après l'avoir allumé, en aspire là fumée que, par une lente inspiration, il fait passer jusque dans les bronches» On ne doit en aspirer que huit à dix bouffées, une seule fois par jour*
Mk ASTHME*
Le papier nitré est fait de la même façon, en employant une sointion à demi satarée de nitrate de potasse, que l*on épuise en imbibant le papier non ooUé qui est divisé en un certain nombre de morceaux pour être roulés en cigarettes. '
Si le malade ne sait pas fumer, le papier arsenical ou nitré est chiffonné en une sorte de boule que l'on allume, et dont la fumée est reçue sous un entonnoir, ou plus simplement sous un cornet de papier dont Tasthmatique place Textrémité dans sa bouche, de façon à en aspirer ainsi les bouffées.
J*ai quelquefois associé les fumigations nitrécs aux fumigations de daturaoa de belladone, soit en faisant rouler des feuilles de ces plantes dans le papier imprégné de sel de nitre , soit en donnant le datura qui avait été préalablement imbibé de la solution nitrée.
Parmi les moyens à Taide desquels on peut combattre les accès d*asdinie, il en est un qui tour à tour a été vanté et proscrit d'une façon trop absolue, car, employé dans une juste mesure, il a rendu de réels services : je veux parler des applications S'ammonta^ti^ sur la partie postérieure du pharynx.
Cette médication est celle de Ducros (de Sixi). Appelé auprès d*un asthmatique, ce médecin portait sur la partie postérieure du pharynx un gros pinceau trempé dans un mélange à parties égales d'eau et d'ammoniaque liquide.
Esprit bizarre et rempli des théories médicales les plus étranges, Ducros avait été conduit à adopter cette pratique par cette singulière idée que le fond du pharynx était le centre d'où émanait toute la puissance nerveuse dont il cherchait ainsi à modiûer l'action. Quelque singulier que fût son point de départ, il obtint quelques succès de sa médication. Ceux qu'il obtint, notamment chez madame Adélaïde d'Orléans, sœur du roi Louis-Philippe, le mirent nn instant en grande réputation à Paris. Des expériences tentées par d'autres médecins, par M. Rayer, par moi-même, montrèrent en certains cas l'eflBcacité du moyen ; mais en d'autres circonstances, je n'eus pas, pour ma part, à m'applaudir de son application, des accidents formidables étant survenus au monieut de l'opération. Aussi, messieurs, tout en reconnaissant les avantages de cette médication, dois-je vous avenir de ses dangers.
Deux faits me sont restés pour toujours gravés dans la mémoire.
Un homme, de colossale constitution, vint un jour me consulter pour se faire traiter d'un asthme dont il était tourmenté; il m'était adressé par mon confrère et ami A. Lebreton. J'essayai de le traiter par la méthode de Ducros; mais dès la première tentative, au moment où je venais d'introduire dans le fond de i'arrière-gorge le pinceau chai-gé d'ammoniaque étendue d'eau, survint un accès d'orihopnée épouvantable. Le malade se dressa tout à coup sur ses jambes, comme s'il eût été lancé par un ressort, et se précipita vers la fenêtre dans un état de suffocation \éntablement effrayant. 11 ciui qu'il allait mourir, et je ne vous cache pas que ce fut aussi mon sentiment. Cependant le calme se rétablit ; mais ni le patient ni moi ne nous souciâmes de répéter l'expérieoce.
A quelque temps de là, une dame, que j'ai eu depuis occasion de revoir,
vint également me trouver. Je tentai de nouveau sur efle les applications d*ammoniaque ; mais cette fois j'opérai avec la plus grande précaution. Néanmoins, à peine le pinceau touchait-ii le pharynx, qu'un accès de suffocation m*empêcha d*ailer plus loin. Les résultats du traitement n'en furent pas moins heureux, car cette malade resta deux mois sans avoir d'attaques, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.
Ënfm, nbtre individu de la salle Sainte-Agnès vous a raconté que lui-même avait été soumis à cette médication, et que la seule fois qu'on l'expérimenta sur lui, il avait été pris d'un accès d'oppression tel qu'il se crut sur le point de mourir. De plus, à partir de ce moment, il eut des attaques d'asthme tous les quatre jours, revenant à l'heure où l'opération avait été faite, tandis qu'auparavant il n'avait d'attaques que tous les trois mois.
La méthode de Ducros ne guérit donc qu'un petit nombre de malades, bien qu'un grand nombre la supportent sans inconvénients. Ducros l'appliquait journellement, sans avoir jamais, disait- il, observé ces fâcheux effets. Les exemples que je viens de vous citer vous montrent que l'on ne saurait agir avec trop de prudence, car on comprend que la mort puisse arriver au milieu de ces épouvantables crises. Aussi, quand j'ai recours à ce moyen, ai-je soin de prendre la précaution que je vous engage de prendre également. Je commence par faire respirer de l'ammoniaque au malade, en lui passant sous le nez un flacon rempli de cette substance, puis je touche le fond de sa gorge, la première fois, avec une solution d'une partie d'ammoniaque pour neuf d'eau. Le lendemain, j'emploie une sointion au huitième, et j'arrive progressivement à la solution au tiers, jusqu'à ce qu'enfin l'habitude étant acquise, je prenne la solution à parties égales.
Il est encore une autre manière d'appliquer cette médication , c'est de tenir l'asthmatique dans une atmosphère de vapeurs ammoniacales, que Ton fait dégager en laissant dans la chambre des assiettes remplies d'alcali volatil.
Le procédé imaginé par M. Faure diffère en quelques points de celui que je viens de vous indiquer, et vous m'avez vu l'employer chez un de nos malades, couché au n*" 22 de la salle Sainte- Agnès.
Cet homme avait eu, il y a quatre ans, un asthme qui chaque nuit revenait à la même heure et durait à peu près deux heures. Il était resté plus de trofo ans et demi sans attaques, lorsque , dans le courant du printemps de 1860, il fut repris de nouveau de ses accidents. Les accès nocturnes se reproduisirent comme par le passé ; mais le jour il restait de la dyspnée, et lorsque It poitrine fut examinée, nous constatâmes tous les signes de l'emphysème vésiculaire. Toutefois il n'y avait jamais de crachats |)erlés ; l'expectoration ressemblait à du blanc d'œuf un peu épaissi par la chaleur.
Nous eûmes recours aux inspirations ammoniacales faites suivant le procédé de M. Faure. Dans un bol, on versait à peu près une cuillerée à bouche d'ammoniaque liquide. Le malade plaçait sa bouche à environ 30 centimètres de ce vase, et il inspirait des vapeurs pendant un quart d'heure.
Cette petite opération était répétée quatre fois en TJngt-quatre heures. U (allait toutefois prendre la précaution de boucher les narines du patient avec un peu de coton ; sans cela il ne pouvait supporter Todeur de Tammoniaque.
Vous avez vu que, dès le premier jour, les attaques nocturnes ont disparu, la dyspnée du jour a presque entièrement cessé, et après quatre jours de ce traitement si simple, la guérison semblait complète.
C*est problabiewent à ces vapeurs que certains asthmatiques doivent d'être soulagés par le seul fait de leur séjour plus ou moins prolongé dans les endroits où il y a un dégagement de gaz ammoniac. Je vous ai cité comme eiemple ce capitaine de navire (|ui était exempt de toute attaque lorsqu'il naviguait sur son bâtiment chargé de guano, ou lorsqu'il habitait sur les îles où cette substance se récolte.
Les antis/wsmodiques, Téther, soit sous forme de sirop, soit en capsules, trouvent aussi leur indication au moment des accès.
Quelquefois, et je vous ai dit dans quels cas spécialement, j*ai obtenu de bons résultats d'un wmiVi/ donné à propos; celui que je préfère à tout autre est ripécacuanha, que je prescris de la façon que vous savez.
Messieurs, après vous a^oir indiqué quelques-unes des médications propres à combattre l'asthme pendant les accès, il me reste à vous dire ce qu'il faut faire pour prévenir le retour des attaques. Malheureusement ici l'intervention de la médecine est bien souvent inefficace, car nous pouvons moins pour guérir radicalement le mal que pour en modérer les symptômes. Voici cependant une des méthodes de traitement qui, dans un certain nombre de cas, m'ont paru les plus avantageuses. Elle se compose de la série des moyens suivants :
1** Dix Jours de suite, chaque mois, le malade prend le soir, en se couchant, d'abord une, puis, trois jours après, deux, et les quatre derniers jours, quatre pilules ainsi composées :
^ Extrait de beUadonc 1 ccntij^'Aminc.
Poudre do racine de beUadonne. 1 —
F. s. a. une pilule.
Ou bien encore un, deux, et jusqu'à quatre granules d'atropine d'un milligramme.
2"" f.cs dix jours qui suivent, on remplace les préparations belladonées par le sirop de térébenthine, à la dose d'une cuillerée à bouche prise trois fois par jour, et mieux par trois capsules d'essence de térébenthine.
3*" Les dix derniers jours du mois, le malade est mis à l'usage des cigarettes arsenicales.
Enfin, comme complément du traitement, le malade prend tous les dix jours, le matin à jeun^ un paquet de U grammes de poudre de quinquina calisaya qu'il délaye dans une infusion de café torréfié.
L'usage interne et longtemps continué de la belladone ou de l'atropine adyninistrées selon les formules et suivant la méthode que vous ai indiquées» m*a
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toDJours para constituer la base du traitement S'il n*est pas nécessaire que les malades éprouTent à un haut degré les effets physiologiques de ces paissants médicaments, il faut que, pendant longtemps, l'économie soit tenue sous leur domination. Le quinquina, la térél)enthine, les inspirations de vapeurs arsenicales, sont toutefois un très-utile complément
Cette médication, quelque beaui résultats qu'elle m'ait donnés et me donne encore chaque jour, est loin d*ètre infaillible ; atantageiise à certains asthmatiques, elle reste complètement inefficace chez d'autres, on est alors forcé de recourir aussi à d'autres moyens.
M. Duclos (de Tours) vante d'une manière générale la fieur de soufre comme un agent thérapeutique < d'une prodigieuse puissance » dans le traitement préventif de l'asthme. Il la prescrit « à la dose quotidienne de 50 centigrammes à 1 gramme, suivant l'âge du malade, à prendre en une seule fois, le matin, soit à jeun, soit au moment de déjeuner. Cette dose est continuée cinq ou six mois, pendant vingt jours chaque mois, puis pendant un an ou dix-huit mois ou deux ans, pendant dix jours chaque mois. » Il est impossible, ajoute-t-il, d'imaginer un traitement plus simple et plus facile. Dans tous les cas dans lesquels il l'a employé, la maladie a été modifiée : et il a obtenu un grand nombre deguérisons (1).
M. Duclos insiste sur la nécessité de donner la fleur de soufre de préférence àtoute autre préparation sulfureuse, le choix, suivant lui, n'est*pes indifférent: tandis qu'il a eu à s'applaudir de l'emploi de ce médicament, il avait constamment échoué, alors qu'auparavant il prescrivait l'usage des eaux sulfureuses, telles que les eaux de Baréges, de Bonnes et de Cauterets. A ce propos, il fait remarquer, avec juste raison^ que, parmi les agents de la matière médicale, il y a des analogues et non pas des succédanées ; 'que l'eau sulfureuse n'est pas plus la fleur de soufre, que le quinquina n'est le sulfate de quinine, que l'opium n'est la morphine.
Pour ma part, j'ai eu aussi à enregistrer des succès obtenus avec le soufre dans le traitement de l'asthme; toutefois, je ne saurais partager les illusions que mon savant confrère de Tours semble se faire sur l'infaillibilité du remède dans tous les cas donnés. L'indication du soufre me paraît précise, son utilité est incontestable, alors que l'asthme se lie à la diathèse herpétique, mais, si en exagérant la portée des faits, si en concluant du particulier au général, on s'imagine que cette indication se présente toujours absolument la même, on s'expose à de cruels mécomptes.
Messieurs, dans les circonstances analogues à celles où lesoufre est réellement utile^ c'est-à-dire alors que la névrose de l'appareil respiratoire est l'expression de l'herpétisme, V arsenic administré à l'intérieur m'a rendu et me rend journdiement des services signalés. Il n'y a rien là, du reste, qui doive sur-
(1) Recherches nouvelles sur la nature et le traitement de fasthme (Bulletin général de thérapeutique, 15 tvril 1861, t. LX, p. 299).
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pm «driK ë%KÀi tïi**MQ parier dts macsHin d'itrttsik. oa irifrphtrn. r«ii f'tttc/xitjvr (fLiiKè diilrr«ot«fr ouitrbe» ë«r rAUenaoDf. dào^la hatsçe Autriche et tti Sttne. Vmj» tsif z qw: duK ce» ptf^. les pi}«UK' e^ niêxDt. j^atbi 1» y» 4m lil^i. W f/tn0(jiàSj^ (k-^cb!««»«^é)K'. obt ili&bitiKk de :*re^rY p.osMn fo» ^ wutÙBf'. k fuarfia à j»tiQ. d'àbcird uk peliie quoii:ê««ivÎTïfaiit â «■ Itm tufjtiM^ d'uo dnui'Çnin. pa» prvjznesûieiiHfl! d<rî^ quanûtr» p. os fortes de ofl'^ wbKUxKff iti»^!oeQWr. L« d'^abi^ bat qri'.k «< profKtseci d'ata<sDdne« ca a(W|>U't Oïiite pntiqse. c>il. d'oiM' part de «« doQ!.* r le !• ir.: frai> ci m cer- Uio d«sr^ û'tmÏMD^yuii: d'aotre |:»2rt, de s<r re::drt. ssniDi U-Qr eipressâoB, piiM KfA^.'UU, c'm-âh-djre, de l»ciiiter ]eor rt::«{Nn!k«o pnkdaot lairarcheasceadaote. K diMioe kiozoe eiconi jo qo'ik ont à faire à p!«d dans k< timotaciKS, îli prsiuetït OD p" tt rjjorœaa d'arveoic de ia grobiMrard'aDe pciiie kDtJ!« qn'is latMeot Piodre peu à peu daos iear IX'Dcbe. L'effet en e<>t surpreoaDt: ils ami* tebt aÎMOKiit k» baoïf-ors qu'il» neauraieot gniir qu'aiec U plus grude peifKr îan» orite pr^cautioa. NoQ-seuI*rT.eDt le» mançeors d'aivnic en font Ofage pour cox. mal'» encore \\s en dooneoi habituellement à leurs anîoian doineMÂqoes, i leur» cfaetanx, à ceux «nrtoLt qui senent aui charrois dans la
Or, WÊÊÊUml^ prafil ca ofaserfitions, des médeciD> se mhic demandé 5â celle
d looie spéciale de larsenic sur les (oocti^iis de la re$pî-
êlrc Biilisée pour cumbattre certains tixNibles de c«5
le docteur KoepI, on des pmnii rs, eni Tidée
d'essayer la liqueur de Fowler (dont la base est l'arséniate de potasse) sur quelques individus atteints d'asthme, et ses essais eurent, en un assez grand nombre de cas, les heureux résultats qa*il en attendait. L'expérience a été renouvelée par d'autres avec un égal succès; et, quant à moi, depuis plusieurs années déjà que je les emploie, les préparations arsenicales administrées à l'intérieur m'ont rendu, dans le traitement de l'asthme nerveux, de réels services. Le plus habituellement, je prescris Vanéniate de soude dans une potion ainsi composée :
' !^ Arséniate de soude ô centigrammes.
Eau distiUce 100 grammes.
Teinture de cocheniUe q. s. pour colorer la liqueur.
Le malade prend, chaque jour, an commencement de ses deux principaux repas(précaution utile pour que le médicament soit bien toléré par quelques estomacs susceptibles), iine cuillerée à café de cette liqueur, représentant environ 2 milligrammes et demi d'arséniate de soude.
Je prescris encore Vacide arsénieux sous forme de pilules que je fonnnle ainsi :
^ Acide arsénieux 25 centigrammes.
Amidon 5 grammes.
Sirop de gomitae q. s.
Pour faire selon Fart, en mêlant exactement et par petites portions, une masse pilulaire que l'on divise en 100 pilules, dont chacune contient par conséquent aussi 2 milligrammes et demi d'acide arsénieux. Le malade doit également en prendre une avant ses deux repas. Pour les individus pusillanimes que l'idée d'absorber de l'arsenic peut eiïrayer, je décore le médicament du nom de pilules de Dioscoride.
Quelle que soit la préparation, dont, suivant la tolérance du malade, j'augmente ou je diminue les doses, j'en continue l'usage durant plusieurs mois de suite, le suspendant, généralement, pendant huit ou dix jours chaque mois.
Il est enGn une autre médication curative de l'asthme, dont je dois vous dire quelques mots. Depuis quelque temps, vous m'avez vu donner Viodure de potassium à ces deux hommes de notre salle Sainte-Agnès qui présentaient un type si complet de l'asthme spasmodique; l'histoire de cette médication est assez curieuse.
Il y a deux ou trois ans, un journal de médecine français empruntait à un recueil étranger (1) une note dans laquelle il était dit qu'on vendait, à Boston, comme antiasthmatique un remède secret dont l'iodure de potassium constituait le principal ingrédient L'auteur de cette note, le docteur Horace Green
(i) Formules favorites des praticiens américains, par Horace Grccn (de New-York) , traduit en français par M. Noirot (1860) (Schmidfs Jahrbûcher der gesammten medicin, BandllA, n«li2>.
ajoutait s*être servi de ce remède avec le plas grand succès, notamment daoï. les cas d'asthme compliqué de bronchite; et il publiait sa formule.
^ ILali bydroiod (iodure de potaMiam). . . 8 nrrammes.
Decoct. polfgal» (décoction de polygala) iOO —
Tinct. lobelise (teinture de lobelia). ) o«;
— opiicamphor. ( — d'opium camphré) j
A prendre deux ou trois cuiUerées à soupe par jour.
Sur ces entrefaites, un autre médecin, M. Âubrée, actuellement établi pharmacien à Burie (Charente-Inférieure), écrivit à TAcadémie pour réclamer la priorité de la découverte; en même temps il m'écrivait aussi pour m*attribuer 1 honneur de la médication qu'il avait imaginée et qu'il employait depuis quinze ans, ou tout au moins pour me faire partager cet honneur. Voici ce qu'il me disait dans cette ^lettre que j*ai conservée :
« Il y a une quinzaine d^années, habitant alors une petite ville du départe- D ment de THérauli (Pézenas), un malade d'un village voisin (Yalleros) vint » me consulter pour une névrose bien caractérisée des organes de la respira- )) tion, il était porteur d'une consultation de vous. Vous lui ordonniez des • frictions avec la teinture d'iode sous les aisselles, à Tépigastre et dans le dos. » En même temps, vous lui prescriviez, pour l'intérieur, une solution de » 5 grammes d'iodure de potassium dans 250 grammes d'eau distillée édui- » Corée avec du sirop simple. Je le soumis à votre traitement et il se trouva » mieux dès le deuxième jour. Cet homme, enchanté, vint me revoir quelques 9 jours après, il n'était cependant pas encore parfaitement guéri. Je fis cesser » les frictions et je lui ordonnai la même solution, mais à double dose, c'esl- » à-dire à 10 grammes. Le sifflement disparut complètement, la respiration » reprit sou rhythme habituel et, depuis lors, il n'éprouva plus aucune atteinte » de .«ia maladie. »
M. Âubrée, encouragé par ce premier essai, expérimenta de nouveau, snr un grand nombre de malades, le même médicament sous la forme d'un élixir antiasthmatique ^ ainsi composé :
^ Racine de poiygala. . . 2 grammes.
Faites bouillir dans :
Eau 125 —
Pour réduire par la coction à. . . 60 —
Passez la décoction à travers une étaminc, et ajouter :
Iodure de potassium. . 15 grammes.
Sirop d'opium 120 —
Eau-de-Tie 60 —
Ck>lorcz la liqueur avec :
Teinture de cochenille. . q. s.
Filtrez.
Le malade prendra, chaque jour, trois cuillerées à bouche de cet élixir, le
AATHME. Aél
matin à jeun, dans ie milieu de la journée el le soir, jusqu'à cesaatioD de Tasthme. Quelques individus supportant mal le médicament, ce qui n*est pas élonnant, car les doses indiquées représentent à peu près 3 grammes d*iodure de potassium et U centigrammes d'extrait d*opiuui, M. Aubrée prescrit comme une condition indispensable de donner après chaque cuillerée ime pastille de chocolat qui aurait pour eiïet de neutraliser Faction irritante de Tiodure de potassium sur l'estomac. Il prétend avoir ainsi guéri, et rapidement guéri en trois ou quatre jours, douze individus. *
Depuis cette communication de AI. Aubrée, et depnis que l'on connaît Tarcane de quelques guérisseurs j'ai essayé bien souvutit l'iodure de potassium, en modifiant la formule de la façon suivante :
Le malade prend chaque jour immédiatement avant son dtner une cuillerée à café d'une potion ainsi com^iosée :
lodurc de potassium. . 10 grammes.
Eau distiUée 200 —
Jedoisdire que, dans un grand nombre de cas, j'ai obtenu des succès qu'aucune autre médication ne m'avait donnés; d'un autre côté, car il ne faut pas s'aveugler volontairement, j*ai vu le médicament non-seulement échouer, mais encore aggraver très-notablement tous les accidents. lien a été ainsi chez nos deux malades de la salle Sainte-Agnès.
L'un do ces malades trouvait au contraire un soulagement immédiat dans les inhalations de chloroforme, U avait été réduit à y recourir par l'opiniâtreté désespérante de ses accès ; ie bien-être qu'il en avait éprouvé l'avait engagé à y revenir, et il avait fini par en abuser à ce point qu'il en consommait en un jour jusqu'à 500 grammes. Il épuisa ainsi toutes ses ressources pécuniaires en altérant tout à la fois profondément sa santé. Des accidents du côté du foie se déclarèrent, caractérisés pardes ictères violents, qui se reproduisirent, à plusieurs reprises, pendant le temps que cet homme resta dans nos salles, bien qu'alors il n'eût jamais employé qu'une dose relativement faible, à peu près 125 grammes au plus, de chloroforme dans le couranldes vingt-quatre heures. De plus, à l'époque où il en absorbait des quantités si eflroyables, il avait fini par tomber dans un état de manie aiguë analogue au delirium tremens et force avait été de suspendre ces dangereuses inhalations. Leur influence sur les accès d'asthme étaient d'ailleurs aussi rapides que possible : en moins d'une minute les accès étaient complètement calmés, pour recommencer, il esttrai, peu après, $\ bien qu'il fallait reprendre de nouveau le chloroforme.
J'ai vu, du reste, chez certains asthmatiques dont les crises étaient beaucoup moins violentes que celles de notre malade, j'ai vu quelquefois de légères inhalations de chloroforme suflBre pour faire cesser entièrement l'accès, an même titre que, chez d'autres, quelques bouffées de la fumée d'une cigarette ^e datura produisent des effets soudains et complets. '
Si j'ai tant insisté, messieurs, sur le triitei|ii6iit de l'asthn^e, c'est ^ue ce
1 -" m i re -«aarT » riifer'ai::* -erau^ -e t- iiidrim ^ sot iifiraaiuiiKfni>îir. ooicb ni m kiitr* nu larsû <r.** caK iKt muâiiioK niMï 1 •fxriii*'-' au:nn fCe ^ ^riiir,« nmu» m uaiv-a» "Ikt o* * smnÉft ma» --lUffi-».
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afitunsiniiiiH tpfjius ' ui» it* «îfir m imr ■ii£> f bmr ~is arr'« in i«iXH iiuiuii* i«un II* itiii ^ i-fit Tint?-. > m rfiiîj*eilîa ii* iP'Tnn^ iisiH u^ âfliutK i «tn ip'fMuiHr- 'fliôii"^ ÊH TiTn2=3iun £11 dnifr s K >tn* f iiiifc ir- imr vtvr-. ** xuaiu. • .►*tii. im* w^ cf * rninin»*' nf fiuiLi jÊàuu* Lt ' lui!»-"" *•■■ •■••:*• ^ui»'" Liiiiif -t'-ji^ji nif '-iir « «e tir» nu* tHfînit: iinjÇt*?in> *j1i^ i i-vîii Zm^ î*l inf v«iih aTuiPitî.
iniifiT b•sri^lft^lf»^ m *iiuf [i*fniaiiD*ri re-ampinieii" ••iir* «'■*=. Li "Miu la'siii: £k« :2idv> h: 'J2Nlll1^Hp^ D* 'siïrimi*.. h ^ub a ôr
Tini»* Cl*?) âti!i ci^ nfitaCHîf nu i «''^aifnc uinair c" siTTuni»^ trsni 'i» ismi •-^r'.aiu- la-" :. ;ijit|i>r ciii*. Liu»- l' nu "«t i» *t ••;ii»*nr r»iissinini*.îir inn-ni" ''iyr: ùMi *»;-» Tiut i iniir. tiiî? -i vin^^ilair h niUiïp*Tii-?u" as iffCL ' Ci**-*s *n srnt^îpr i a irinr* *":.]i»î-»*!ii!-* ll*^ siifos. m i^ r-*"Tr *'»i )ae *»ùi»-* II* •..* min-fl le TTiii«iiieir Mii'vwir ti 'îfiiai:'*. nrif rf^w «eui* Uni ••:-» HOi' ruiD*. Z i *sr ja- -i *»lw. ti* --n* ai^'iiu* » rfc wli* iir^iii» •:w*rwiu: î ::*îin-::. nu u* :Ma»-iaitn i»- i rsm-«. X\ KS îpnr: la*: 'jin*' Hnnnar iï^ni*meui*f:r iin itersiniiif^ (kuc s rsnrKmc '.ifimuf la p r:r âifiicin if» ii*n ; ^h^-î^ leur «nr ?!air«ir^. *. .fjifaiBaïc ^a '.iiuia m iifii'jf*r 4iui«*?'i*?u* nu. si:»t t 0**^ ■nainufv i is imt* nl7M55l^ls^ ae^
UL i laoïJoir }'d^it. *n m oêi**-*» :*^niumr. on iui».'« en i :i^s i ."Hnanil»rTÉiit. »f 1 •nr i»- §* thu* :»**.r ■!•.:•- l' fnrrmi^ua ^aiuar k t-tîu» m'S r*fi;c uiLt H^ miiu^iiçu^ m Auin-Inr!. m î ius^r. i ihï*c '^ z '.Htt^^u ta BMfrir-L.UM& *i.::uTiniii*.
i :«*!ni:ii' nii*. "*ia:'^*niHar i s lauHTr u* ù itrsiiiK* n**. ' 'ii iiiiïinf .. î « ar ii-i :-:iuti::r'iiî ni ï ^v "i* iihîi difii^i^ d; ?niu:iriiiiii!r NrlI^ i^^tat^ ::iiiiiii i:i iiii*'TH u*^ uii:r'û*ii u* ?"îr->. nu • "n i:i!Ui JtfuMiii ^tznt linii tiî auiiiui-T ?*aiir-â'iii«r* r^ar -îiiiJMH'Ii*Mie?i» :•• *e^.uiH«. T m jri»i*-r-^'ir «f.ii'',t liii >\n ne' iif v"* r* tn in'-riiu*'- i •*: m ii* s« rmu^ D*. -T»!!»"-!*»**! ii;i:!!-ii -iitî. rMnmif m »t >a*. si;* «î îiirr ch a >
Àr» Ht |KiUKr n'i srtai: rw OKr.
COQUELUCHE. ftiS
un — COQUELUCHE.
§ 1. Catarrhe pulmonaire spécifique.— Elle est contagieuse.— Ne frappe qu'une fois le même individu. — Période d'incubation. — Période de début.— Elle débute comme un rhume qui a quelquefois un caractère particulier et peut quelquefois constituer toute la maladie.— La fièvre du début dure sept, huit, dix, douze, quinze jours. -^ Période d'état oupériode convulsive. —Inspiration caractéxîstique. — Expulsion de mucosités bronchiques.— Vomissements.— Les accès sont plus fréquents la nuit que le jour. — Troisième période. — La durée totale de la coqueluche est très-di£Qcile à limiter. -^ Elle est en raison directe de la durée des prodromes.
Messieurs,
A propos de deux enfants que vous avez en ce moment dans notre salle de nourrices, j'essayerai de vous faire Thistoire de la coqueluche, en m*efforçant de vous en donner une description qui puisse facilement se graver dans voire esprit et vous être de quelque utilité pratique.
Il n*est personne d*entre vous qui ne sache que la coqueluche est caractérisée par des accès revenant par quintes plus ou moins fréquentes, plus ou moins prolongées, et dans lesquelles plusieurs mouvements brusques et sac- cadés d'expiration avec toux bruyante sont suivis d*une inspiration longue, anxieuse et si£Qante, qui a quelque chose de pathognomonique.
La nature de la maladie a été diversement appréciée. Pour les uns, c'est une névrose; pour les autres^ c'est un catarrhe. En réalité, c'est l'un et l'autre, car l'élément névrose et l'élément catarrhe se retrouvent toujours. Pour moi, comme pour un grand nombre de médecins, et en particulier pour mon collègue M. G. Sée, qui en a fait l'objet d'un remarquable travail, la coqueluche est une maladie d'une espèce à part, c'est un catarrhe pulmonaire spécifique. Je dis que c'est un catarrhe, parce que, en effet, ainsi que je vous le disais il y a un instant, l'élément catarrhal existe invariablement ; c'est donc un caractère qui doit servir à désigner le genre de la maladie. L'élément nerveux qui s'y ajoute, les phénomènes nerveux qui l'accompagnent et qui appartiennent exclusivement à la coqueluche lui impriment son cachet de spécificité, que vous allez retrouver maintenant dans tout ce que nous allons dire de ses causes, de son mode de transmission, de sa marche, de sa durée, de ses symptômes enfin.
£t d'abord, messieurs, indépendamment de ce que cette maladie peut régner épidémiquement, elle est encore évidemment et éminemment contagieuse. C'est là un fait accepté par tous. Or, ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire en pUisieiirs occasions, du moment qu'une maladie est (ransmissible de
orsque, antérieurement, ils avaient été affectés de rhumes, ils en avaient été quittes après une ou deux semaines, tandis que ce catarrhe durait deux, trois» quatre mois. Ils l'avaient contracté en même temps que leurs frères, leurs sœurs, ou d'autres individus au milieu desquels ils vivaient, avaient pris une coqueluche bien franche. Comme ceux-ci, ils avaient eu au début des accidents fébriles pendant trois, quatre, cinq, six, huit, dix jours. L'expectoration avait présenté chez les uns comme chez les autres les mêmes caractères; les uns et les autres avaient des vomissements après leurs quintes. Rien donc ne manquait, si ce n'est la forme spéciale de la toux. Loin donc de contester la nature de la maladie, il faut y voir une preuve nouvelle de son analogie avec les maladies spécifiques, et, en particulier, avec les Gèvres éruptives. Ne voyonsnous point celles-ci, et j'ai longuement insisté sur ce point en faisant leur histoire, ne voyons-nous pas celles-ci manquer quelquefois de Télément qui semble en être et qui en est, en effet, le plus Caractéristique? Ne voit-on pas des rougeoles, des scarlatines surtout, sans éruption ? Or, de ce que ce symptôme spécifique fait défaut, allons-nous contester la valeur des autres? Pourquoi donc en serait-il autrement de la coqueluche?
Le catarrhe initial est généralement accompagné de fièvre^ et ce mouvement fébrile a plus de vivacité et dure plus longtemps que dans uu simple rhume. Il est rare, vous le savez, messieurs, à moins qu*il ne s'agisse d*un catarrhe capillaire, il est rare, dis-je, que pour uu enfant comme pour un adulte, la fièvre du début d'une bix)nchite simple persiste au delà de quarante-huit ou soixantedouze heures. Chez les enfants atteints de coqueluche, il est au contraire très-commun de voir la fièvre initiale persister sept, huit, dix, douze et même quelquefois quinze jours. Aussi, lorsque je vous disais tout à l'heure que la coqueluche commençait comme uu simple rhume, j'aurais dû ajouter que le catarrhe initial n'a de caractère commun avec le catarrhe ordinaire que celui que nous offre la toux; il en diffère essentiellement par les phénomènes qui l'accompagnent, et cette toux elle-même, je vous le rappelle, se distingue encore, par certains côtés, de celle de la bronchite simple. Ainsi, dès sa première manifestation, la coqueluche prend des allures qui témoignent déjà de .sa spécificité.
La seconde période commence, c'est la période de spasme^ la période de toux convulsive; c'est, si l'on veut, la période d'état.
Permettez-moi ici, messieurs, une petite digression à propos de l'étyraologie de ce mot coqueluche. Il nous vient du moyen âge. Suivant les uns, la maladie tire son nom du capuchon, du coqueluchou {cucuilio) dont se couvraient jes individus qui en étaient atteints ; d*autres prétendent, au dire de Sprengel» que le mot dérive de coquelicot, paixe que le sirop de cette plante fut employé pour la première fois contre la coqueluche ; d'autres encore le font dériver de coq, parce que le siiDement laryngo-trachéal qui termine les quintes représenterait quelque chose d'analogue à la voix d'un jeune coq. En Picardie, on l'appelait et on l'appelle encore aujourd'hui la toux qui houpr, d'od les Anglais
COQUELUCHE. 6i7
ont fait le hooping-coug/u Quelque singulières que soient ces dénoniioationSt quelque peu scientiGque que soit celle de coqueluche^ elles ont cet immense avantage d*élre parfaitement comprises de tous et de présenter tout de suite à Tesprit Tidée d'une affection spéciale.
Pendant la première période de la coqueluche, le malade avait une toux se répétant nuit et jour d'une manière incessante. Dans la période convulsiTe, cette toux est moins fréquente; au lieu de revenir toutes les deux secondes, par exemple» elle revient toutes les deux minutes; mais* en même temps oo voit survenir de véritables accès avec des secousses de toux plus nombreuses. D'abord il n'y en avait qu'une; puis, à mesure que la maladie avait marché, le nombre avait augmenté, si bien que déjà, sur la fin de la période catarrhale^ on pouvait en compter cinq, six ; maintenant le malade en a dix, douze, quinze, vingt de suite sans reprendre haleine. Cette toux de coqueluche a quelque chose de tellement spécial, qu'on ne saurait la méconnaître; dans aucune autre espèce de catarrhe vous ne trouverez rien d'analogue, et la toux nerveuse hystérique en diffère essentiellement*
Quand les malades sont capables de rendre compte de leurs sensations, ils se plaignent souvent d'une douleur assez vive au devant de la poitrine, d'uncba* touillement, d'un picotement dans le larynx et dans la trachée qui les sollicitent à tousser. En vain essayeraient-ils de résister à ce besoin, ils ne réussiraient qu'à retarder la crise sans jamais pouvoir l'empêcher. Alors la toux convulsive fait explosion ; tandis que dans un simple rhume, tandis que dans une autre affection des voies respiratoires dont la toux est une manifestation, l'individo reprend plus ou moins facilement haleine après quelques secousses, dans la coqueluche il n'en est plus ainsi. Une inspiration qui précède l'accès est suivie d'une série de mouvements expirateurs qui, se succédant lentement d'abord, se répètent, ainsi que je vous le disais tout à l'heure, un grand nombre de fois^ chassant tout l'air contenu dans la poitrine sans donner au malade le temps de respirer ; les veines du cou et de la face se gonflent, les paupières se tuméfient, les yeux s'injectent de sang; une sécrétion abondante de larmes a lieu ; les joues, les oreilles sont congestionnées, et cette congestion s'étend à toute la surface du corps, qui se couvre d'une sueur abondante. Le malheureux patient, dont les actes respiratoires sont si violemment gênés, tombe dans un état de pâmoison qui va quelquefois jusqu'à la syncope complète. Enfin, les mouvements convulsifs des muscles expirateurs se calment; un effort d'inspiration se produit, accompagné du sifflement caractéristique dû peut-être ao resserrement) spasmodique du larynx, dont les muscles sont également entrés en convulsion. Cette inspiration est le signal d'un instant de repos ; mais cette trêve eut de courte durée, et bientôt les mêmes accidents se reproduisent Cette seconde explosion de toux se termine encore de la même façon par une inspiration, plus longue cette fois que la première, et il y a ainsi plusieurs reprises après lesquelles le malade est comme épuisé de fatigue. Généralement, pendant ses accès qui peuvent durer quelques minutes, il rejette un liquide
•novMEAV, 2» édit. — ii. 27
glaireux, filant, incolore, en quantité considérable, et à la fin il vomit onUnairement des mucosités et des matières alimentaires.
Mais ces vomissements manquent assez souvent aussi. Chez quelques indi*- Tidus, et, dernièrement encore, chez Tenfant d*un de mes élèves^ j*ai tu dm quintes de coqueluche se terminer par un ou deux étemuments.
Lorsque ces quintes sont très-?iolentes, ellesdonnent fréquemment lien à des accidents sur lesquels j*aurai à insister et que je vais tout de suite vous signaler. Ce sont des épistaxis, des hémorrhagies sous-cutanées, des hémorrbagies par les membranes muqueuses, des hémoptysies ; ce sont des congestions cérébrales auxquelles il faut attribuer une certaine part dans la production des convulsions qui quelquefois emportent les enfants.
• Mais avant de m*arrétersurces complications, voyons encore comment les malades se comportent pendant les quintes.
Un enfant est au milieu de ses jeux : quelques minutes avant que la crise arrive, il s*arrétc ; sa gaieté fait place à la tristesse; s*il se trouvait en compagnie de camarades, il s*ccarie d'eux et cherche à les éviter. C*est qu*alors, ^rmettez- moi, messieurs, cette expression, c'est qu'alors il médite sa crise. Il la sent venir ; il éprouve cette sensation de picotement, de chatouillement dont je vous parlais. D'abord il essaye de faire avorter la quinte; au lieu de respirer naturellement à pleins poumons comme il respirait tout à rhenrc, il retient sa respiration ; il semble comprendre que l'air, en arrivant h pleine voie dans son larynx, va provoquer cette toux fatigante dont il a la triste expérience. Mais, je le répèle, quoi qu'il fasse, il n'empêchera rien. Il ne pourra tout au plus que relarder l'explosion. S'il crie, s'il pleure, s'il est sous l'cmpÎTS d'une émotion qui excite son système nerveux, cette explosion sera pluspromfiCe. La quinte a lieu. Aussitôt vous voyez le malade chercher autour de lui un point d'appui auquel il puisse se cramponner. Si c'est un enfant à la mamelle, il se précipite dans les bras de sa mère et de sa nourrice. Plus avancé en âge, s'il est debout, vous le voyez trépigner dans un état d'agitation convulsivc. S'il est couché, il se dresse vivement sur son séant pour s'accrocher aux rideaux, aux barres de son lit. Il sort de là le visage bouffi^ et cette bouffissure du visage, qui persiste quelquefois pendant trois semaines, peut, en quelques cas, suffire à elle seule pour qu'un médecin exercé soupçonne l'existence de la coque* luche.
Ces quintes se répètent dans le courant des vingt-quatre heures un nombre de fois très- variable. Vn fait remarquable, c'est qu'en général, elles sont plus fréquentes la nuit que le jour, ou, d'une manière plus exacte encore, elles sont plus fréquentes de six heures du soir à six heures du matin que de six heures du matin à six heures du soir. Doit- on chercher à l'expliquer en disant que la nuit les enfants ne sont pins sous rinflucncc de l'excitation de la journée, qui occupait, qui distrayait le système ncneux ? Que celte explication soit juste ou fausse, le fait n'en rcsUî pas moins, et rnérilc d'être signalé. Toutefois, dans certains cas, l'inverse a lieu elles enfants ont plus de quintes le jour quels nuit/
GO0UELUCH£. 419
J'ai TOulu conaattre à qael chiffre pouvait 8'éle?er le nombre dei quintes dans les vingt-quatre heures; il est facile, en effet, de le savoir. Voici comment je procédais dans mon service de nourrices à l'hôpital Necker. Je chargeais la mère du malade de piquer, à chaque crise, une carie avec une épingle» et en additionnant ces trous, je savais le lendemain à ma visite combien il y avait eu de quintes depuis la visite de la veille. J'ai pu, de cette façon, conc!urtr« d'après le relevé d'un assez grand nombre de faits, que dans une coqueluche de moyenne intensité, un enfant en avait une vingtaine dans le courant de vingt-quatre heures ; que, dans les coqueluches plus violentes, il en avait de quarante à cinquante; dans les coqueluches plus sévères encore, soixante» quatre-vingts, et jusqu'à cent. Nais lorsque ce nombre dépasse quarante» le pronostic prend de la gravité : d'où il est permis de formuler cette proposi« tion, que, toutes choses égales d'ailleurs, plus nombreuses sont les quintes, plus est grand le danger de la maladie ; bien plus , on peut affirmer d'une fiiçon à peu près certaine que, lorsqu'elles se répètent au delà de soixante fois dans les vingt-quatre heures, l'enfant atteint de coqueluche succomlMra enlevé par les accidents concomitants auxquels j'ai déjà fait allusion et dont je vous parlerai tout à l'heure.
Quand la maladie est arrivée à sa /rotWmep^tWe» les quintes deviennent de plus en plus rares, de moins en moins longues, de moins en moins intenses* Le sifflement caractéristique de l'inspiration finale s'affaiblit peu à peu et cesse complètement. Toutefois, lorsque, par une cause quelconque, l'impression du froid, une émotion morale, l'eniant qui était resté plusieurs jours sans tousser» reprend des quintes, il les reprend absolument semblables à celles de la se-* conde période. Dans cette période de déclin, les mucosités bronchiques que le inalade rejetait par l'expectoration, après chaque quinte, sont remplacées par des crachats opaques, épais, verdâtres, quelquefois puriformes, présentant tous les caractères de l'expectoration franchement catarrliale.
Une question de la plus haute importance est celle de la durée de la eoquê* luehe. Presque à chaque pas que nous faisons» j'insitte chaque jour» mes^ sieurs, sur la nécessité absolue de bien connaître la marche naturelle des maladies. £n mainte occasion, dans cette enceinte» je vous ai dit, et je vous répéterai cent fois encore, que cette grave question dominait toute la médecine pratique, parce que, en effet, la connaissance exacte de la marche naturelle des maladies pouvait seule nous permettre d'apprécier la valeur des médics' tiens que nous employons. Je vous al montré les fièvres ëruptives iveé lesquelles, suivant la judicieuse remarque de mon collègue, M. Sée, la coqueluche a de si frappantes analogies ; je vous ai montré d'autres maladies, telles que l'angine phlegmoneusc, faisant leur évolution dans une période très-nettement délimitée, et je vous ai dit que si la mort pouvait arriter avant le terme ÛU par la nature, soit par le fait de complications intercurrentes, soit par le <Ut d'une intervention intempestive et maladroite du médecin, leur durée n'éttlt en rien abrégée par le iraitetn^t A cOté de ces maladies I pModis Si «i» Js
TOUS en ai montré d'aatres, telles que la dothiénentérie, dans lesqaelles, bien que leur évolation fût également fatale, la dorée ne pouyait être exactement précisée ; la coqueluche est de ce nombre. Rien n*est aassi difTicile que d'indiquer sa durée d'une manière rigoureuse. Quelqaefois, en eiïet, elle se guérit en huit jours, quelquefois en moins de temps, et je me rappelle un petit malade de Thôpilal Necker chez lequel elle ne dura que trois jours. C'était au milieu d'une épidémie qui régnait alors dans mes salies, la presque totalité des enfants avaient pris la coqueluche. Celai«là présenta tout à coup les symptômes d'un catarrhe violent qui, le lendemain, fut accompagné de quintes convulsives , répétées et très-caractéristiques. Les quintes se reproduisirent pendant trois fois vingt-quatre heures et le quatrième jour nous ne constations pins que les signes d'un rhume ordinaire. Ce petit malade resta quelque temps dans nos salles, et bien que, je le répète, il se trouvâtjau milieu d'une épidémie de coqueluche, il en fut quitte pour ce qu'il avait eu.
Des cas aussi heureux se présentent bien rarement dans la pratique : le plus ordinairement la coqueluche met au moins six semaines à faire son évolntion» et généralement elle dure de cinquante à soixante jours. En opposition aux cas exceptionnels dans lesquels elle guérit en huit jours et moins encore, il en est d'autres dans lesquels elle persisie plusieurs mois et même une année. Pour juger de l'efficacité d'un traitement quel qu'il soit dans la coqueluche, il faut donc tenir compte de cette marche naturelle de la maladie ; il ne sera possible de conclure à l'utilité réelle d'une médication qu'autant qu'après l'avoir expérimentée sur un assez grand nombre de malades, elle aura amené la guérison en moins de six semaines, ou tout au moins qu'elle aura diminué et la fréquence et la force des quintes.
Une remarque intéressante, c'est que la durée générale de la maladie est en raison directe de la durée des prodromes : plus courts ont été ces prodromes, moins longtemps dure la coqueluche; plus prompte a été l'ascendante du catarrhe convulsif, plus prompte aussi est sa marche rétrograde. De sorte que, tout en admettant d*assez nombreuses exceptions à cette règle, on peut, d'après la marche de la coqueluche à son début, juger, jusqu'à un certain point, de l'allure qu'elle prendra ultérieurement.
g 2. Gomplicatioiis. — Bronchite capillaire. — Gatarrhe péripneumoni-
que.— Pleurésie. — Gongestion pulmonaire.— Phthisie pulmonaire.—
. Emphysème vésiculaire, interlobulaire. — Vomissements. — Diar-
, rhée. — Hémorrhagies. — Rupture du tympan et hémorrhagie par
Toreille.- Gongestion cérébrale.— Convulsions.- Traitement.
Les complications qui surviennent dans le cours de la coqueluche sont de plusieurs sortes. Les unes sont inhérentes à la nature même des deux éléments principaux de la maladie qui, pour nous, est un catarrhe spécifique caractérisé par les phénomènes nerveux particuliers que vous connaissez ; or, dans certaines circonstanGes» réiéroent catarrbal, prenant une acuité, une intensité
COQUELUCHE. tM
exagérées, il survient un état inflammatoire qui modifie la marche régniière de la maladie, et introduit des complications qui peuvent devenir redoutables.
Lorsque la coqueluche est régulière, on n'enten d, en auscultantla poitrine, quand Taccès est imminent, qu'un bruit respiratoire faible, probablefiient à cause du spasme des bronches : il y a, en même temps, des râles muqueui, ronflants et sonores. Après les quintes, ou bien le murmure vésîculaire est normal, ou bien, ce qui est le plus ordinaire, on entend encore quelquesrâles muqneux à grosses bulles, et des rbonchus sonores. Lorsque les accidents du catarrhe se développent, la fièvre s*allume ; l'oppression est considérable; l'oreille perçoit des râles muqueux fins, bientôt sous-crépitants, puis dtt soufile bronchique, signes de la bronchite capillaire, du catarrhe péripneumonique qui s'est développé. Quelquefois aussi cela s'observe principalement chez les individus qui ont passé la première enfance et chez les adultes, .la matité, l'absence de tout bndt respiratoire, et l'existence du soufile et de l'égophonie, indiquent l'existence d'un épanchement, d'une pleurésie qui est survenue. Ces phlegmasies pulmonaires, pleurales, sont les causes les plus fréquentes de la mort des malades.
Les phénomènes qui se présentent alors témoignent une fois de plus de la spécificité de la maladie. Si, comme le prétendent quelques médecins, celleci n'était rien autre chose qu'une bronchite intense ; si les manifestations nerveuses de la toux convulsive étaient sous la dépendance de l'élément inflammatoire, ces manifestations devraient être d'autant plus exagérées que la bronchite serait elle-même plus aiguë, et réciproquement, leur diminution, leur cessation devraient coïncider avec la diminution des accidents inflammatoires. Or le contraire a lieu. Aussi, quand chez un enfant atteint de coqueluche, qui avait cinquante à soixante quintes dans le courant de vingt-quatre heures, vous verrez ces quintes cesser tout à coup, bien que la maladie soit encore en pleine période d'état, méfiez-vous, gardez-vous d'en tirer bon augure, car vous allez vous trouver en face d'une complication inflammatoire ; les phénomènes convulsifs n'ont aussi promptement cessé de se manifester que parce que la fièvre les a fait taire: l'élément nerveux a été abattu par l'élément inflammatoire.
Si, dans le cours de la coqueluche, se déclare une affection fébrile; si le malade est pris de rougeole, de scarlatine, de variole par exemple; s'il survient un phlegmon donnant lieu h une réaction générale et à un mouvement de fièvre, cette fièvre résout le spasme, suivant l'expression hippocratique, spasmos febris accedens solvit, ei les accidents dépendant de l'élément nerveux cessent pour un instant. En l'absence d'une pyrexie exanthématique, en l'absence d'une affection phlegmasique qui pourrait vous expliquer l'état fébrile et vous donner raison de la cessation des quintes, méfiez- vous, je vous le répète; auscultez attentivement la poitrine, et vous trouverez des signes de bronchite capiUaire, de catarrhe péripneumonique, des râles sous-crépitants
AS2 coQCELoan.
fiat« do sooflle ; toq* irooTercz des ugnes d'pa épanchetnent plearélifBe, da
fovllk et de ïéçjftçhonk.
I/éi^menc nf^rreux e^t si pen sods la d^endancede rék^aieoc inflammaloire* que loriqoe tous i errez lesqoioles refenir nombreo^ies comine autrefois, fooi pool ei préf ûir d*avaoce que rexamen stéthoscopiqoe de Tapparetl pol* monaire «ou moQtrera qoe raflection plilcgmasique a rttroci^.
C«» deai élérneots catarrbai et neneax de la coqueluche sont donc très* iadépeodants l'un de Tautre. Quand la maladie &uit son cou» régulier, ib ■larcbeot paral!tkment ; mais lou^ les voyez se séparer quand l'un, par nne cause ou par une autre, lient ï s'exagérer et à prendre des allures dillérentct de cirllei qu'il doit aïoir.
Kt ne croyez pas, messieurs, que ceci s'obsene seulement dans b coqueloche; les rnénies faits se reproduiront pour d'autres maladies à éléments composés ; les mêmes remarques je vous les ai faitii» à propos de l'asthme, j'eotendH l'asthme essentiel. Que dans le cours de celte affection sunriennent une bronchite, une pneumonie, une pleurésie, les accès de dyspnée cèdent, et bien que le mahde ait alors plus d'oppression que n'en auraient d'autres individus, il est repfrndant moins oppressé qu'il ne l'était auparavant ; il l'esl da moins d'une autre façon que lorsqu'il avait ses accès d'asthme.
Je vous ai dit qu'il fallait vous méfier de la cessation des accidents spasme* diques dans la coqueluche; c'est qu'en effet les accidents inflammatoires qui les font taire sont plus graves, toutes choses égales d'ailleurs, dans le cours de cette maladie que lorsqu'ils surviennent dans des circonstances ordinaires.
I<es efforts d'expiration pendant les quintes produisant nécessairement un certain degré de congestion pulmonaire, le catarrhe capillaire, la pneumonie, la pleiiréMC elle-même, auront une gravité d'autant plus grande, guériront d'autant plus lentement et d'autant plus difficilement, que la coqueluche, pouvant durer cpiatre, cinq, six mois et davantage encore, le retour des quintes eni|>é(-hera la parfaite ré.Nolution d'un état congeslif que hs efforts de toux tendent h entretenir et qu'ils peuvent aggraver.
La perHJstance, la ténacité des accidents inflammatoires favorisant révolution dCH manifestations diathé.^'ques, vous coni|)rendrez comment la coqueluche devient si fréqiierniiM'Mt l:i canscorrasionnelledii développement de la p/tt/tisie jiuhii'inuirviUv'i les enfants qui portent en eux la diatbèse tuberculeuse; mais je ne .saurais admettre, comme Ta prétendu un médecin d'un mérite incontestabh*, que; la spéciricisé de la coqueluche joue ici un rôle, l'élément inflammat(»in; me paraissant entrer seul en ligne de compte dans le développement delà tul)er('uli>alion.
A la suiK* de \ioIentes (pilules d<^ coquelu: ho, les vésicules pulmonaires pcu\enl se rompre, el l'air |)eui s'éjMancher dans le lissu cellulaire inierlobulaire. Les maIa(leséj)rou\enialorsdansriulervallc de leurs quintes une oppreshion e\iraordinaire : (|uel(|uef()is aussi cet vmpliyspme inUrlubulnire s'oiend au tisiu C( llulaire sous-cuiané. L'air épanché entre les lobules du poumon s'io-
filtre le long des racines des bronches, et produit un emphysème sons^cutané qui, gagnant plus ou moins rapidement le long delà trachée, apparaît d*abordl la région cervicale qni se tnméGe considérablement et où la pression de la main détermine nne crépitation caractéristique. Cet emphysème sous-cutané, en remontant et en descendant vers le tronc, peut envahir tout le corps. C'est % messieurs, un accident grave, généralement mortel. Bien qu'heureusement très*rare, bien que MM. Rilliet et Barthez n'aient pas cru devoir le mentionner parmi les complications de la coqueluche, il mérite cependant d'être signalé.
Quant à Temphysème pulmonaire vésicnlaire^ il existe presque constam* ment lorsque Ton a l'occasion de faire l'autopsie d'enfants morts de la coqueluche. Il est la conséquence nécessaire de la violence de la toux. Lorsque la coqueluche a cessé, les vésicules pulmonaires reviennent peu à peu sur ellesmêmes, et il ne reste plus traces de la lésion. Il en est d'ailleurs ainsi dans Tige adulte, lorsque l'emphysème a succédé è une bronchite très-opiniâtre, qui se guérit à la fm. Mais lorsque la coqueluche frappe des personnes avancées en fige, comme j'en ai vu plusieurs exemples, elle détermine un emphysème vésicnlaire irrémédiable, et, quand elle est guérie, l'oppression persiste désormais jusqu'à la fin de la vie.
Pendant les quintes, les malades perdent souvent leurs urines et ont même des garderobes involontaires, les sphincters ne pouvant lutter contre la violence des efforts qui s'exercent sur la vessie et sur le gros intestin. C'est encore sous Tinfluence de ces efforts de toux que se produisent les hernies, genre d'accidents fréquents chez les individus atteints de coqueluche.
On a cherché à expliquer par la même cause (par la contraction énergique et convulsive du diaphragme pendant l'effort) les vomissements qui, je vous l'ai dit, surviennent après chaque quinte.
Nous avons vu que cet accident pouvait être considéré comme inhérent à la maladie que nous étudions. Il semble si bien en être la crise naturelle, qu'en général l'accès de Coqueluche, quel que soit le nombre de quintes dont il se compose, n'est ordinairement terminé qu'autant que le vomissement a eu lieu. C'est donc un phénomène ti*ès-habituel ; il n'en a pas moins en quelques circonstances de graves conséquences. Supposez qu'on enfant ait un grand nombre de quintes dans les vingt>quatre heures, trente, quarante par exemple ; que ces quintes reviennent par conséquent toutes les demi-heures environ, les vomissements se répétant après chaque quinte, le malade rejetant tous les aliments dès qu'il les a pris, sa nutrition va nécessairement en souffrir. Aussi n'cst-il pas rare, lorsqu'on n'a pas soin de diriger le traitement, suivant la méthode que je vous indiquerai, en vue de combattre cette redoutable complication, n'est-il pas rare que ces vomissements incoercibles emportent les malheureux enfants, qui meurent littéralement de faim.
Les troubles de la nutrition» en privant le sang de ses matériaux réparateurs, entrent vraisemblablement pour quelque chose dans la prodoctlon des himat''
t2& COQUELUCHE.
rhagiei auxquelles soot sujets les individus atteints de coqueluche ; toutefo» k gêne apportée dans la circulaiion veineuse suffit jusqu'à un certain point pour les expliquer. Les vaisseaux se congestionnant pendant les efiforts de toux, cette congestion, d*abord passagère, finit, à force de se répéter, par deve* nir permanente, et peut être portée jusqu'au point que le sang en nature ou que ses éléments les plus fluides s'échappent des capillaires.
De ces diverses faémorrhagies , la plus commune est Véptstaxis, Il est assez fréquent en effet de voir les enfants saigner du nez au milieu d*une quinte de coqueluche. Lorsque cet accident ne se répète pas souvent, il n'a aucune gra« Yité; mais il n'en est plus de môme lorsque, survenant dès le début de la maladie et avec une certaine abondance, les épistaxis se reproduisent régulièrement. D'abord le sang ayant toute sa plasticité, Thémorrhagie n'a lieu qu'au moment où la congestion vasculaire se fait elle-même ; la circulation reprenant son cours, la perte de sang s'arrête également ; puis, lorsque cette hémorrhagie s'est répétée plusieurs fois, le sang ayant perdu, par ce fait même, de sa plasticité, l'épislaxis a lieu non plus seulement au moment où la face se congestionne, mais elle continue pendant quelque temps après. La plasticité du sang diminuant encore, l'individu étant progressivement de plus en plus anémique, le saignement du nez devient de plus en plus abondant, et se prolonge de telle sorte qu'il faut nécessairement une intervention médicale pour l'arrêter. Vous comprenez, messieurs, que ces hémorrhagies soient des complications extrémement sérieuses, non pas que je croie qu'elles tuent souvent les malades, mais parce qu'elles les prédisposent aux accidents nerveux, aux convulsions qui ne s'observent nulle part plus fréquemment que chez les enfants épuisés par les pertes de sang.
Il peut y avoir aussi des crachements de sang, lesquels ont, en quelques cas, il est vrai, pour source la membrane muqueuse de la bouche, les gencives, le pharynx, l'arrière-cavité des fosses nasales, mais en d'autres cas, la surface des bronches. Ces hémoptysies sont un accident assez commun, quoiqu'on ait prétendu le contraire ; quelques auteurs ont même dit que, restreintes dans de justes limites, elles étaient un symptôme de favorable augure. Sans partager celte manière de voir, j'admets que ces hémorrhagies bronchiques n'ont en général aucune espèce de gravité, et qu on ne doit pas s'en préoccuper.
En vous esquissant rapidement le tableau d'une quinte de coqueluche, je vous ai dit que, sous Tinflucnce des violents efforts de toux, la face se congés* tionnait, que les yeux s'injectaient de sang, et qu'une sécrétion abondante de larmes avait lieu. J'ajoute maintenant que l'injection des vaisseaux de l'œil peut être poussée à ce point que des hémorrhagies se fassent par la conjonctive. J'ai vu pour ma part un petit enfant de deux ans, atteint d'une coqueluche grave, pleurer des larmes de sang.
Chez une jeune femme, un nœvus maternus placé au-dessous de l'œil gauche était Iç ^e d'un écoulement de sang qui formait de petites goutte-
leltes pendant chaque quinte. Cette singulière bémorrhagie persista pendant tout le temps que dura la coqueluche, qui fut d'ailleurs d'une très-grande bénignité.
Cette tendance aux bémorrhagies donne souvent lieu à des ecchymoses souscutanées. Une petite fille de neuf à dix ans eut, pendant le cours d'une violente coqueluche, un épanchement de sang qui occupa le tissu cellulaire sous-con^ jonciivûl, le tissu cellulaire des paupières, et qui, passant par les phases ordinaires de sa résolution, colora les parties affectées successivement en rouge foncé, en rouge violacé, en brun et en jaune verdâtre. Vous rencontrerez certainement des faits analogues.
L'hémorrhagle par les oreilles est un accident plus rare, et M. Triquet en a rencontré deux exemples, sur deux enfants qui lui ont été amenés à son dispensaire, pendant Thiver de 1860; la mère avait remarqué un écoulement de sang par l'oreille durant un accès de toux déterminé par la coqueluche.
L'examen du conduit auditif et de la membrane du tympan permit de constater une déchirure linéaire de la cloison un peu au-dessous du manche du marteau. Dans ces deux cas, cette déchirure avait lieu d'un seul côté, et c'était le côté gauche dans chacun d'eux.
L'un des enfants était âgé de six ans, l'autre de cinq ans.
De son côté, en Angleterre, M. Gibb vient d'observer cet accident quatre fois, sur des enfants âgés de quatre à neuf ans (1).
Ces quatre cas de rupture du tympan s'étaient manifestés dans le coursd'une épidémie de coqueluche qui avaient atteint deux cents enfants de six à neuf ans.
Or, chez ces quatre sujets et chez les deux que M. Triquet a observés, l'inspection a toujours fait voir une rupture linéaire de la membrane du tympan.
Chez deux des malades de M. Gibb, la rupture existait des deux côtés, et dans un cas la plaie de la déchirure était triangulaire ou cordiforme.
Sur les huit ruptures, quatre avoisinaient la circonférence de la membrane, deux la traversaient par le milieu, et dans un cas la plaie avait trois lambeaux, de 1 à2 millimètres d'étendue en longueur ; un petit caillot de sang interposé entre les lèvres de ces petites plaies indiquait positivement la source de l'hémorrhagle qui provenait de la déchirure de la membrane muqueuse ou tunique interne de la cloison tympanique. Toutes ces déchirures se sont cicatrisées par adhésion immédiate, dans l'espace de quelques jours, excepté dans le cas de plaie à trois lambeaux. Dans ce cas, la plaie triangulaire ne se réunit pas, et donna lieu à une suppuration prolongée et à une surdité rebelle.
On comprend facilement le mécanisme de cet accident.
L'air chassé avec violence, dans les efforts de toux convulsivede la coqueluche, pénètre par la trompe d'£ustachi , dans la caisse du tympan. La
(1) British Med, Joum,, et Umdon Gaz,, nov. 1861.
tS6 GOQUELUGHB.
preiBion eiercée par la colonne d*air, sarmontant h réantance de b cMaoi tympanique, la déchire dans le point le plus faible, sitaé au-de&ioiMda manche du marteau, ou bien la décolle à sa circonférence ; et la déchirure de la membrane moqueuse qui double la cloison, est la source de Thémorriiagit qui a lieu par Toreille, dans des cas rares, je le répète, mais cependant bîeii certains, ainsi que l'inspection Ta montré.
En vous parlant de ces accidents hémorrhagiques, je suis naturellement conduit à vous parler des convulsions qui, je vous Tai dit tout à l'heore, mk sont souvent la conséquence indirecte, lorsque les pertes de sang, ayant été très-abondantes et très-répétécs, ont plongé Tindivldu dans un état d'anémie qui éveille singulièrement la mobilité nerveuse.
Les attaques d'éciampsie peuvent encore être la conséquence directe, sinon des hémorrhagies elles«-mémes, du moins des causes sons l'influence desquelles ces hémorrhagies se produisent. Elles se rattachent peut-être alors à la congestion cérébrale, et semblent être liées à une modification particulière imprimée à l'appareil encéphalique par la fluxion sanguine provoquée parles quintes de coqueluche.
Il n'est pas un d'entre vous qui n'ait éprouvé, après un violent effort un peu soutenu, cette sensation de vague, d'étonnement, qui est évidemment le résultat de la congestion passagère subie par le cerveau. Ce phénomène de l'effort, se reproduisant dans la coqueluche à des intervalles très-rapprochés, finit par amener des accidents plus sérieux. Ainsi les malades, lorsqu'ils peuvent rendre compte de leurs sensations, se plaignent souvent d'éprouver, après de violentes quintes de toux^ une céphalalgie quelquefois si vive, qu'ils ne peuvent s'empêcher de crier; à ce mal de tête succède un état d'hébétude comparable à celui causé par une commotion cérébrale, et qui persiste plus ou moins longtemps. Chez quelques-uns, de véritables symptômes de congestion cérébrale se manifestent J'ai donné mes soins h une dame qui tombait dans cette sorte d'anéantissement qui suit les attaques d'épilepsie; de plus, cette dame eut à plusieurs reprises un commencement de paralysie, un affaiblissement prononcé de l'un des bras. Vous comprenez, messieurs, que cette perturbation apportée dans les fonctions du cerveau puisse chez les enfants se traduire par des convulsions.
Ces convulsions peuvent se manifester d'ailleurs indépendamment des hémorrhagies, et indépendamment de la congestion. Elles se rattachent alors à l'élément nerveux qui donne h la coqueluche son caractère spécifique ; la surexcitation nerveuse qui se traduit habituellement, déjà, par les quintes convuisives, s'étendant à tout le système, soit en raison de la faiblesse constitutionnelle de l'individu, soit en raison de la faiblesse acquise, loi^qne les forces du malade ont été épuisées par la longue durée de la maladie, par les troubles de la nutrition, ou par toute autre cause.
Ces accidents nerveux, qui consistent quelquefois aussi en du délire, en une agitation excessive, sont d'autant plus fréquents, d'autant plus graves,
GOQUBLUCBB. 4S7
qoe lat eofanu sont plus Jeanet ; ils sont presque fatalement mortels lorsqu'ib coïncident avec les complications phlegmasiques dont je voas aï parlé.
Messieurs, le traitement de la coqueluche est chose extrêmement difficile, parce que la médecine s'adresse à une maladie qui ne cède qu'avec une peine infinie aux différents moyens que nous avons à lui opposer. Je n'admets paa, toutefois, que l'on soit tout à fait impuissant ; et, contrairement à l'opinion de J. Frank, qui dit qu'on peut faire mourir le malade atteint de coqueluche avant le terme de sa maladie, mais qu'on ne peut le guérir jamais, je crois qu'en un assez bon nombi^e de circonstances, une médication bien entendue en abrège notablement la durée.
Je ne passerai pas en revue les différents remèdes préconisés contre elle, chaque auteur a sa formule, et il me paraît hors de propos de dresser devant vous la liste de tous ces prétendus spécifiques ; je vous indiquerai seulement quel(|ues«unes des médications qui semblent être de quelque utilité, me réservant d'insister spécialement sur celle qui, suivant moi, jouit d'une incontestable efficacité.
Aucun moyen, dit Laennec (1), n'est plus utile, au début de la coquduche, que les vomitifs répétés tous les jours ou tous les deux jour^ pendant une ou deux semaines. Les enfants supportent, d'ailleurs, le vomissement beaucoup mieux que les adultes. Laennec préférait môme chez eux Véméiiquê à Vipéea^ cuanha, et il en donnait pour raison l'extrême inégalité de force des ipéca* cuanhas que l'on trouve dans le commerce et qui appartiennent à des plantes diverses. L'éméiiqoe, d'ailleurs, ajoute-t-il, à raison de sa solubilité, est bf^ucoup plus facile à fractionner en doses aussi petites que peuvent le demander
l'âge et la faiblesse de l'enfant.
D'autres préfèrent au tartre stibié et à l'ipécacuanha, soit le sulfate dezine, soit le sulfate de cuivre, estimant que, Indépendamment de leur action vomi* tive, ces médicaments agissent comme antispasmodiques.
Sans admettre celte double action des sels de zinc on de cuivre, c'est au sulfate de [cuivre que je donne la préférence lorsque je veux faire vomir un enfant, parce que c*est, à mon avis, le vomitif le plus sûr que je connaisse. Je le préfère h l'ipécacuanha, parce que, ainsi que le disait Laennec, l'ipécacuanha est souvent infidèle; je le préfère au tartre stibié, parce que le tartre stibié a quol(|uefoiH de graves Inconvénients. Avec quelque prudence qu'on le manie, suivant les individus et suivant les prédispositions du moment, son action outrepasse les effets qu'on en attendait. En quelques circonstances, il a provoqué des évacuations exagérées, vomissements et diarrhée, il a amené des accidents cholériformes et jeté les malades dans un état d'adynamie véritablement alarmant.
J'ai donc plus volontiers recours au sulfate de cuivre, que j'administre de ta façon suivante : je fais préparer une solution de 25 à h5 centigrammes pour
(1) Traité de VauêcuHaiiim médiûie, â* édition. Paris, 1837, t. lY, p. 928.
Uê COQCfiLCCHB.
«0 eofnit* d*an gramme poor un adulte, dans 100 grammes d*^ et je prescris de le donner pr caillerée à dessert, iSBies ks ds jaaqa*^ ce que le malade ait Tomi.
Ce mode d'administration des vomititi, par doses fnctîOBiiées^ ce Toas me Toyez constanrnient adopter, quel qne soH le OMdicaiiieni pkiie, quelle que soit Tindication de la médication Toiiiiiî««. En u je n*ai point à redouter d*aUer au delà du but qoe je me prapne d'i Dans la période de début de la ooqueliKbe et dans b périoàe d'énL la toux est accompagnée de menaces de suffocation, la MBdkatmp est de quelque secours, et j*ai tu, en plusieurs ciicQa5iaBce&. qu'ette très-notablement le nombre des quintes.
Les antispasmodiques deraient nécessairement occuper vne ptan Évtante dans la thérapeutique d'une maladie où Irlémcttl Mrrenx jnorviè très-marqué ; aussi soyons-nous entrer daus un grand Konfart- de la valériane, le casiorèum, le musc, Tasa fœtida, laccomne Toiyde de zinc, etc. ; mais ces différents médicaments, ci d'une ttérale la médication antispasmodique, m ont toujours para c'ime vâJât contestable.
Les narcotiques et les stupéfiants sont d'une bien autre effiradté. eu eax, la belladone^ ï laquelle je faisais allusion tout à I1mre^ oc a» Vatropine^ est, suivant moi, le remède le plus héroïque das le la coqueluche.
Touteffiis, pour que la belladone produise les effets qu'on doî« en il est néc4rtihiire de l'administrer suiiant une certaine mêdiode, dam Ymmtance eiit UrWr que, si %otts négligez de la soÎTre, tous n'animerez pv p^* guérir la CfW{o«rlttcbe, quelque fortes que soient d'aillems les dosss cameni, qoe t<mi n'arriverez ï guérir les fièvres palustres, qneUei^ les dM«% d«? quiuquiu», si ces doses ne sont pas adminisims que je tou« indiquerai un jour.
Avant de poser la formule du traitement, il imporie, fait capiul ; le voici :
Le principe des solauées n'agit sur les névroses qn*à une do»
élevée, et celte action |Kmste pendant uu certain temps; mais, et i
l'action thérapeutique ne soit dépassée, le médicament doit être doonc^
à une dose probablement inférieure à celle qui est nécessaire pour exe?
influence favorable ; pui^ uMte dose doit être progressivement
portée à un degré où un commencement d'acûon roédicatrice sei
voir. Dès que ce réwlut est ol)t«iiu, il suffit géntraîemenl de mumm: J
mémo taux la dose quosidienne p^iur voir grandir ses effeiç. Si, panr«aB-
lércr les Ixins réi»uluii, on %* hàuit déieur celle qui le- auraiî pranaib «.
surtout, si Ton vouUti U n'iii^rer dïnb Ut rnême jour, on pounaii&n-£
émerveilliî du hucr^r* t^tam en aurait obtenu; mais bientôt une
incommode du ^-mlar. mi^^â^ iv^\M . rapidement accru, da» *
COQUELUCHE. ft29
* cdJigerait à rabaisser, ce qui aurait pour résultatde laisser le mal se re|»rodulre ^ et échapper à la puissance de la médication.
Ces principes généraux bien entendus, la formule du traitement est la sui« Il Tinte:
> Pour un enfant du premier âge, tous faites faire des pilules contenant cbafe cône un derai-cenUgramme (un dixième de grain] d'extrait de belladone et mi i demi-centigramme de poudre de belladone. Pour un enfant au-dessus de quatre I ans et pour les adultes, les pilules contiendront un centigranmie (un cinquième I et grain) d'extrait et un centigramme de poudre. Vous recommandez au pbar« I macien que ces pilules ne soient pas argentées.
Comme il est des enfants qui ne savent pas avaler les pilules, même lors- I qu'on les leur donne dans des conûtures, dans du miel ou dans de la bouillie, I TOUS les délayez dans une petite quantité de sirop, et l'on porte ainsi sur la I langue le médicament, qui est alors facilement pris. I Le matin, à jeun, on administre une de ces pilules, et de même le jour sui- I faut Vous avez eu soin de faire compter le nombre des quintes à l'aide du I procédé que je vous ai indiqué, et qui consiste à piquer une carte avec une épingle ; il est nécessaire de compter à part les quintes du jour et celles de la nuit il vous est facile alors déjuger des effets de la médication, en comparant le nombre des quintes de la veille avec le nombre des quintes des jours précédents. Je suppose que Tcnfant qui avait primitivement trente*cinq quintes dans le courant des vingt-quatre heures n'en ait plus que trente après l'administralion de la belladone, évidemment le remède aura agi ; je suppose encore que le nombre des quintes n'ait pas changé , mais qu'au lien de se i*eproduire en quatre ou cinq accès, elles se soient reproduites seulement en deux ou trois ; je suppose enfin que les accès et les quintes qui les composent soient restés aussi multipliés, mais que ces quintes aient été moins violentes : dans tous ces cas, en définitive, il y a eu une modification réelle, et dès lors on doit se borner à administrer la même dose. Si au contraire les quintes sont restées aussi nombreuses et aussi fortes , vous donnez une pilule de plus, et vous donnez les deux du même coup. C'est là, messieurs, un point capital. Quelles que soient les doses de belladone que vous administriez, il est essentiel que ces doses soient prises en même temps. Si vous avez été forcés de les pousser jusqu'à dix, douze, le malade devra les prendre le matin à jeun, à la même heure, et non pas à des intervalles éloignés, dans le courant de la journée. Mais, avant d'élever ces doses, il faut attendre deux ou trois jours ; et suivant que l'amélioration s'est ou non manifestée, vous vous y maintenez ou vous les augmentez progessivement, à moins cependant qu'il ne survienne des accidents toxiques, auquel cas, bien entendu, on doit nécessairement s'arrêter.
Les quintes ont notablement diminué de nombre et d'intensité : de trente, par exemple, elles sont tombées à dix ; on continue alors de donner pendant sept ou huit jours les doses de belladone sous l'influence desquelles cette amélioration parait avoir été obtenue. Si le mieux se soutient, vous diminuer
CM (XKHntttKStt I
kÉteeidii mêÊkÈÊÊÊÊÊit m lilvatt qm (Mgrauioii iii?erM k h piDgfMiw croissante, c'est-à-dîre qne vom AiM pifMdrê une pUnle de moiMt paU^ deux, pois trois. Les quintes reprennent-eDes , tons retenet k la dose soSsanté pour les (aire cesser. EnGn, lorsque ces qnintes étant déâmtifeiMM calmées, on est en droit d'espérer h gaériwn, il fint cependant dettfcer encore la bdladone pendant sit à hnit Jours atant de suspendre compHiemeai b médication.
' Depuis que i*atroplne est entrée dans le domaine de la thérapeuiiqne» on II substitue k la Miadone, et cela avec d'autant plus d'anntagéqne cet alcaMie a toutes les propriétés de la plante, et qu*il a de plus une tittté dé compeattlei qpi*on ne trouve pu toujours dans les préparations oflidnales de belladone. . Je fais préparer pour les enhnis trte^jeuncs une mixture contenant a ceotigmmme de sulfate neutre d'atropine pour 200 grammes d'eau diatilMei' 5 grammes, c'est-à-dire une cuillerée k café de la solution, répondront dooé eiaclemeot k un quart de milligramme de sel d'atropine. Le médicamenl est donné d'abord k la dose d'une cuillerée k café, et succeasifemeot k des dosée plus élevées, en observant exactement les règles que j'ai indiquées tout | riieure dans l'administration de la belladone.
Il importe cependant, messieurs, de vous mettre en garde contre ce que Ji pourrais appeler les fausses récidives. La coqueluche, en effet, est iroe maladie qui semble revenir, alors qu'en réalité elle est radicalement guérie. Un «noii après la cessation déOnitive de tous les accidents', un enbnt peut avoir, al pleure, s'il se met en colère, une quinte analogue aux quintes de coqueluche | bien plus, six mois, un an après, s'il prend un catarrhe, les mêmes phénomènel pourront se montnn*. Ife concluez pas k iroe récidive de ooqtieloche. Si ht toux en prend encore le caractère, c'est que l'économie, c'est que le systêflN nerveux se souvient, permettei-moi l'expression, de sa mauvaise bdûtnle passée.
La médication rinulsive appliquée an traitement de la cnqueluche, kê applications de ffésicatMre$ sur la poitrine, les frictions avec l'huile de crotottt avec l'essence de térébenthine, sont loin d'offrir les avantages qu'on a prétend* en avoir obtenus. Je ne vous en dirais rien, si je ne vouhis m'élever de touM mes forces contre les dangers d'un moyen thérapeutique auqud son inventeur a donné un grand retentissement : je veux parier des frictions avec la /MN mode d^ Antenrieih. Chez les enfants attehits de coqueluche, et surtout vuM la fin de la seconde période, alors que l'expectoration commence -k devetlf mucoso-puriforme, Autenrieih faisait frictionner la région épigastrique tMM fois par jour avec gros comme une noisette de la pommade qui, vous le saveti contient du tartre stibié incorporé k l'axonge dans diverses proportionsL Cnt frictions étaient continuées jusqu^à ce que se développassent des pustules qui UentOt devenaient des ulcérations. Cette apparition des pustules, non-seule» Inent sur la poitrine, mais encore sur d'autres parties du corps, et notammelt Mn* la ftce Interne des cuisses et aux parties génitales diei les garçofie fotmWlf
chez les filles, cette apparition des pustules était, pour Antenrieth, la manifestation d*une saturation de réconomie par le médicament, satoraticNi qui! fallait toujours chercher à produire.
J*ai eu maintes fois occasion, messieurs, de vous exprimer mon opinion sur cette prétendue saturation stibiée, soit que nous envisagions ses manifestations dn côté de la bouche, soit que nous les considérions du côté de la peau. L'éruption qui, dit-on, la caractérise, est reflet de l'action générale dn médicament et non le résultat de l'action irritante locale des préparations stilriées mises en contact avec le tégument externe ou avec les membranes muqueuses. Hais cette éruption est si bien l'eflet d'une action locale, que d'une part, lorsqu'on donne ces préparations antimoniales sous forme pilulaire au lieu de les administrer en potion, de façon à empêcher un contact prolongé avec la membrane muqueuse buccale et pharyngienne, il ne se développe pas de pustules; que, d'autre part, l'émétique étant pris h l'intérieur à très-hautes doses, comme il est donné dans le traitement des pneumonies par exemple, suivant la méthode rasorienne, on ne voit jamais d'éruption stibiée se faire dn côté de la peau.
Quoi qu'il en soit de cette prétendue saturation stibiée, et pour revenir an traitement de la coqueluche par la pommade d'Autenrielh, cette médication a les plus graves inconvénients sans présenter aucun avantage. Horriblement douloureuse, bien autrement que l'application des vésicatoires, elle donne quelquefois lieu à une inflammation qui, ayant son point de départ autour des postules, gagne le tissu cellulaire pour s'étendre profondément et amener des accidents sérieux. Entre autres faits, je vous rappellerai celui qu'a raconté M. Blache dans l'article Coqueluche du Dictionnaire de médecine. Chez une malade âgée de six ans, l'emploi de la pommade stibiée produisit les désordres les plus déplorables. Des ulcérations profondes succédèrent ant pustules} Tune d'elles, située à la base du sternum et ayant près de deux pouces de diamètre, avait mis à nu et complètement détaché de l'os les extrémités des cartilages costaux, qui flottaient au milieu d'une abondante suppuration qu'oa' chercha en vain à tarir. Bieutôt survinrent des signes de résorption poralente» et la malade succomba avec une diarrhée oolliquative que rien ne put arrêter.
Ce qui a pu en imposer à Autenrieth, c'est que, dans quelques cas, le» accident convulsifs de la coqueluche se calment après Tapplication de la pom* made stibiée; ils se calment alors sous l'influence de la réaction fébrile que provoque l'inflammation cutanée, mais pour repanttrc dès que cette inflammation se sera éteinte.
Indépendamment de ces inconvénients immédiats, les frictions stibiées et ont encore d'autres qui, bien que moins graves, n'en doivent pas moins être connus du praticien. Les pustules et les ulcérations qui leur ont succédé laissent après elles des cicatrices indélébiles qui peuvent simuler les stlgmaM de la scrofule. Quelque futile que soit en apparence cette considération, voiM en comprendrez la valeur, et vm» apprédeM m Jom* l\itBHé éé Mm» Mi
4S3 C0Q1)£U)GHB«
petits détaib ditia lesquels je ne craiiis pis d'entrer dans le cours de mon onseignemeiit, lorsque roccasi<m s*en présente.
Pour terminer, il me reste à tous paâtar do traitement des complications de la coqueluche.
Nous avons ?n que le vominemeni en était une sonrent très-^érfense» puisque» dans quelques cas» il pouTait entraîner la mort par inanition. 11 esc donc indispensable de savoir alimenter les malades, et la première règle dont il but se souvenir est de leur donner à manger de façon qu'ils puissent garder les aliments. Or» l'eipérience seule vous édairera sur ce point II est en effet des individus qui ne vomissent que dans la journée; il faut par conséquent attendre le soir pour leur faire prendre leurs repas. Lorsque les vomissements se répèlent nuit et jour» il fout donner à manger aussitôt après la crise» parce qu'on est alors plus loin de celle qui suivra. Quelque répugnance que témoigoe l'enfont» on doit le contraindre» et lui faire prendre de préférence des aliments solides» qui sont beaucoup moins facilement rejetés que les liquides.
Lorsque vous administrez la belladone ou l'atropine» sous l'influence de cette médication» les quintes s'éloignent Or» grâce à ces intervalles de rqws, on est plus à même de faire prendre au malade une alimentation réparatrice; de plus» la belladone» alors même qu'elle n'éloigne pas les quintes» empêche le vomissement en diminuant leur intensité. Dans qudques circonstances exceptionnelles» malgré l'emploi de ce médicament» la tolérance pour les aliments ne s'établit pas. Ayez alors recours aux préparations opiacées que vous associez à très-petites doses aux préparations atropiques. Dès que l'enfont vient de vomir» et immédiatement avant de le foire manger» donnez-lui une goutte on mime une demi^outte de laudanum de Sydenham. Forcer les malades de s'alimenter aussitôt après qu'ils ont vomi» administrer l'opium à faibles doses, sont des stratagèmes thérapeutiques d'une importance plus grande que je ne saura» vous le dire.
En égard aux conséquences qu'elles peuvent avoir, les hémorrhagiei^ les hémorrfaagies nasales surtout» car ce sont les plus graves dans la coqueluche» doivent être combattues dès qu'elles se produisent Parmi les moyens que nous avons il notre di^Kwilion, il en est un dont les heureiu effets» bien qu'inex|dicables» n'en sont pas moins réeb : c'est celui qui consiste à foire iever le bras du côté correspondant à h uarine qui est le siège de Tépistaxis. J'aurais à vous énumérer un grand nombre d'hémostatiques : les poudres» les liquides astrin» gents; les injections d'eau acidulée avec les acides sulfurique» nitrique» chlorr hydrique; les applications du froid sur le front» sur la nuque; tous les moyens enfin que vous connaissez, et en tête desquels je place les injections faites dans le nez avec de l'eau aussi chaude que le malade peut la supporter. Dans des cas exUrêmes» et lorsque les hémorrhagies auront résisté à tout ce que vous aurez fait jusque-là» le tamponnement» soit à l'aide des vessies de caoutchooc de BL Gariel» soit à l'aide de la sonde de Belloc» sera votre dernière ressource rJioz les adultes, ce tamponnement n'a aucun inconvénient; mais chez ke
COQUELUCHE. ftS3
enfants, l'opération pourrait déterminer une agitation excessive qui augmentera la violence et le nombre des quintes de coqueluche. Il faut donc n*y avoir recours qu'à la dernière extrémité. En môme temps que vous agirez directement sur la partie qui est le siège de Thémorrhagie, vous pourrez chercher à la combattre par l'administration de remèdes donnés à l'intérieur : les boissons acidulées, la limonade sulfurique, des potions avec l'eau de Rabel ; les préparations de ratanhia, de matico, de gomme kino; en un mot, tous les agents thérapeutiques vantés en pareils cas, et dont le plus puissant est à coup sûr le quinquina en poudre.
Quant aux graves complications inflammatoires qui surviennent du côté de la poitrine, le catarrhe capillaire, la pneumonie, la pleurésie, elles réclament un traitement spécial sur lequel je n'ai point à insister ici.
TROVSSEiU; 2* édit, — B» ^^
Mb ANGINE DE POITRINE.
UV. — ANOmE DE POITRINE (ANGOR PECTORIS).
Angine de poitrine symptomatique d*ane affection organique du cœur ou des gros ▼aisseaux.'^ Dans ces cas, les lésions organiques ne sont encore que l'ocoasion du développement de la névrose. — Angine de poitrine essentielle, liée à tine diathèse rhumatLsmale ou goutteuse. —Elle peut être l'expression du mal comitial, et constituer alors, Boit une variété de la névralgie épileptiforme, ce qui est le cas le plus fréquent , soit tine variété de l'aura epileptica. —Angine de poitrine liée à la maladie de (Graves. — Son invasion est brusque, ses symptômes sont variables. — Elle peut entraîner la mort subite. — Son traitement.
Messieurs,
Malgré de nombreux travaux publiés sur Tangine de poitrine, Thistoire de celte aiïection est assez mal connue ; les différentes opinions émises sur sa nature ont assez peu éclairé la question pour que je veuille, à mon tour, vous faire connaître mes idées relativement à cette singulière névralgie.
Une femme, qui a succombé il y a quelque temps, dans notre salle Saint- Bcniard, à un anévrysme de Taorte, nous en a offert un remarquable exemple.
Ses accès, d'abord assez éloignés, se sont rapprochés les uns des autres dans les derniers jours, et il en est peu d'entre vous qui n'aient été témoins d'une de ces horribles crises.
Tout à coup, sans cause déterminante appréciable, aussi bien quand elle restait immobile assise sur son lit, seule position qu'elle pût garder, que lorsqu'elle faisait un mouvement, cette femme était prise d'une poignante douleur; partant de la région précordiale, elle irradiait à la base de la poitrine où elle produisait un sentiment de constricrion que la malade comparait à celle qu'aurait exercée une ceinture de fer violemment serrée, descendait dans les lombes, remontait dans la région cervicale, gagnait le bras gauche et s'étendait jusqu'à l'extrémité des doigts. Nous voyions alors la peau de la main et de l'avant-bras devenir d'une extrême pâleur à laquelle succédait presque immédiatement une coloration violacée, bleuâtre, très-prononcée. La douleur passée, le bras et la main restaient encore engourdis pendant quelques instants. Celte douleur était telle qu'elle arrachait des crisà la malheureuse patiente, qui, les traits du visage contractés, se dressait sur son séant, et semblait craindre la suffocation, bien que sa respiration se fît d'ailleurs assez librement. La crise durait quelques secondes, pour se répéter, ainsi que je vous le disais, à des intervalles d'autant plus rapprochés que la maladie à laquelle cette femme devait succomber approchait elle«mémc de la terminaison fatale.
AHCDIB DE K)ITRINE. tS5
Ici, messieurs, nous avions affaire à ane angine de poitrine sympComatiqiie d*nne lésion matMelle. Tel était aussi le cas chez an malade pour lequel M. le docteur Périer me faisait dernièrement l'honneur de me demander mon avis»
C'était un intendant militaire, âgé de cinquante-dnq ans; ses crises^ dont il faisait remonter le début à sept ans, étaient surtout caractérisées par une sensation d'engourdissement accompagné de fourmillements siégeant dans la peau de l'aisseile gauche et s'étendant graduellement à tout le côté correspondant de la poitrine. Souvent il éprouvait des élancements douloureux comparables à ceux des névralgies, mais ces élancements étaient calmés lorsqu'il pressait son dos contre un point d'appui résistant, contre un meuble par eiemple.
Depuis six ou huit mois, il lui était survenu un peu d'oppression habituelle. Une marche un peu rapide, un exercice un peu violent, provoquaient le retour des accidents, et il suffisait même qu'il eût donné beaucoup de signatures dans son cabinet, ce à quoi l'obligeaient ses fonctions, pour que les douleurs reparussent,
En examinant les organes thoraciques, nous constations tous les signes d'un anévrysme de l'aorte. Les battements du cœur étaient violents, sans bruits anomaux; plus haut, en avant, nous entendions un bruit de souflDe double, éloigné, que nous retrouvions dans toute l'étendue du côté gauche de la poitrine en arrière, prédominant le long de la colonne vertébrale, au niveau de la crête de l'omoplate. Là aussi le plessimètre nous donnait une matité qnt l'on percevait en percutant profondément Le murmure vésiculaire était, d'ailleurs, parfaitement pur dans toute l'étendue de l'appareil pulmonaire.
Ces deux faits, messieurs, sembleraient venir à l'appui d'une opinion soutenue par un certain nombre de médecins, que Vangor pectoris se lie à l'existence de lésions matérielles appréciables du cœur, des gros vaisseaux ou d*organes voisins. Vous savez , en effet, que Heberden qui, le premier, a donné à celte affection le nom sous lequel on la désigne, et dont il nous a laissé une assez Jwnne description, vous savez, dis-je, que Herberden^ et, après lui, Parry, Kreysing, fiums, J. Frank, etc., faisaient dépendre l'angine de poitrine d'une ossification des artères coronaires ; tandis que d'autres mettaient en cause l'hypertrophie du cœur avec dilatation , les ossifications des valvules amiculo-ventriculaires ou aortiques, la péricardite, l'accumulation de la graisse sur cette membrane dans la cavité du médiastin ou sur le cœur luimême , le déplacement de cet organe , sa compression par une tumeur ou par le développement anomal d'un des viscères de l'abdomen , la dilatation anévrysmatique de l'aorte, son inflammation, un abcès formé dans le médiastin, l'ossification des cartilages des côtes, etc.
Que l'affection dont nous parlons coïncide avec l'existence de ces différentes lésions, qu'elle soit souvent, le plus souvent peut-être, symptomatique, comme on le dit, de maladies organiques du cœur ou des gros vaisseaux, je ne le conteste pas; mais d^à, d'une part» la mnlliplidté de ces lésioai hH douter de
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leor Taleor étiologique; d'autre part, la fréquence des cas dans lesquels ces lésions existent sans que le malade éprouve rien d*analogue aux accès d'aDgine de poitrine, et, par opposition, les histoires incontestables d'individus ayant présenté, durant leur vie, tous les symptômes caractéristiques de Tanginesans qu'à l'autopsie on ait rencontré aucune altération anatomique à laqudle ou pût les rattacher, démontrent que Vongor pectoris n'est pas essentiellement liée à la présence de maladies organiques.
De l'absence de ces altérations organiques appréciables, de l'extrême variabilité des phénomènes dont j'essayerai de vous tracer le tableau, on doit conclure que Vangor pecioris est une névrose ; pour mieux préciser, c*est une névralgie. Quant à son siège que les uns ont placé dans le diaphragme» les autres dans les muscles respiratoires, la plupart dans le cœur, cette névralgie occupe ordinairement les nerfs cardiaques émanés du pneumogastrique, d'où elle irradie dans les ner£s des plexus cervical et brachial.
J'ai parmi mes clientes les plus anciennes et les plus intimes, une dauie de quarante-sept ans qui, dans son adolescence, a eu une chlorose fort opiniâtre accompagnée de douleurs névralgiques très-vives et très -variables dans leur siège. Depuis quelques années elle a des douleurs rhumatoîdes très-mobiles, occupant tantôt les membres, tantôt les viscères , et des troubles nerveux étranges qui ressembleraient à de l'hypochondrie si la personne dont je parle n'était d'ailleurs parfaitement sensée. J'ajouterai que la santé est excellente si on l'envisage au point de vue de l'exercice des fonctions de la vie organique. Depuis deux ans elle s'est aperçue que lorsqu'elle monte un peu rapidement un escalier, elle est prise subitement d'une douleur aiguë derrière le sternum, irradiant rapidement dans l'épaule gauche et dans tout le bras, où il se produit un très-léger engourdissement La malade s'arrêle et tout cesse en moins d'une minute. J'ai ausculté son cœur, ses poumons, avec le plus grand soin, je dirais avec la sollicitude la plus dévouée, et cela à plusieurs reprises, au moment même où elle venait d'éprouver un de ses plus forts accidents, et jamais, absolument jamais, je n'ai perçu dans le rhythme du cœur, dans les bruits valvulaires, dans la région de l'aorte , dans les poumons, le plus petit signe, le plus petit phénomène différent de ce que l'on trouve dans l'état normal, à cela près d'une accélération notable des battements cardiaques.
Tout récemment encore, au moment où je me préparais à vous parler de l'angine de poitrine, je recevais dans mon cabinet un homme de quarantecinq ans qui avait les apparences de la plus florissante sauté. Il avait mis plus de dix minutes à monter jusqu'à ma porte ; arrivé dans mon antichambre, il se laissa tomber sur un banc, pâle et dans un état qui épouvanta mes serviteurs. Quelques minutes suffirent pour que tout rentrât dans rordrc.
Quand, une demi-heure plus tard, ce malade vint s'asseoir dans mon cabinet, en voyant son visage fleuri je ne me serais guère douté de ce qui s'était passé si récemment. Il me raconta alors que, il y a quinze ans, il avait eu une vérole très-grave, dont il avait été mal guéri. Trois ans plus tard il eut une névralgie
ANGIMB U£ POITRINE. 2^37
scialicpie (rès-?iolente et très-rebelle, et plus tard, des douleurs dans les membres, dont il ne fut guéri^ après bien des traitements infructueux, qu*aTec Tiodnre de potassium. Plus tard encore il a?ait éprouvé une attaque de goutte au gros orteil. Jamais il n*aYait eu de gravelle ; il n*y avait pas d'antécédents goutteux dans sa famille.
L'angine de poitrine avait commencé il y avait un an. L*attaquc, très-légère d'ailleurs, ne venait qu*à l'occasion d'un exercice très-violent, à de rares intervalles ; bientôt il ne fallut plus de causes aussi actives, et les accès se rapprochèrent ; mais depuis quelques mois, et surtout depuis un mois, sa vie était devenue intolérable. Pour peu que le terrain sur lequel il marchait fût ascendant, à l'instant même il était étreint par son accès et il était forcé de s'arrêter. Le jour qu'il vint chez moi, il arrivait de Lyon. 11 avait passé la nuit en chemin de fer. En descendant du wagon, il dut faire quelques pas dans la cour de l'embarcadère pour aller chercher une voiture. Bien qu'il allât doucement, il fut pris d'une attaque tellement violente qu'il eut une espèce de défaillance qui l'obligea de s'asseoir à terre dans la bouo. Ses compagnons de voyage le relevèrent.
La douleur, chez lui, commençait poignante, derrière le sternum, à peu près à la hauteur des quatrième et cinquième côtes, et un peu dans la régiou du cœur, qui, pendant l'attaque battait plus vivement; immédiatement cette douleur se portait à la base du col^ aux deux bras également avec un engourdissement douloureux qui se propageait jusqu'à l'extrémité des doigts. A ce nioment-Ià il lui semblait que ses deux mains s'enflaient un peu. C'est alors qu'il était forcé de s'arrêter court, la poitrine immobile, craignant de respirer pour ne pas augmenter l'étreinte horrible qui lui brisait la poitrine. Si le mal était plus fort, il avait un vertige et tombait presque en syncope.
L'émotion que lui causa mon examen, le mouvement qu'il fit pour ôter ses vêtements et pour les remettre, suffirent pour lui donner une attaque légère.
Certes il est difficile de rencontrer un cas plus nettement accusé. Aussi, je vous l'avoue, messieurs, j'avais la certitude de trouver une grave lésion du cœur ou des gros vaisseaux. Cependant l'investigation la plus minutieuse ne me permit de rien constater d'anomal dans les organes contenus dans la cavité thoracique. Et comme j'ai déjà dans ma vie vu un grand nombre de faits de ce genre, comme j'ai vu des malades aussi gravement atteints guérir et guérir parfaitement, il faut bien que j'admette que l'angine de poitrine, même dans sa forme la plus véhémente, peut n'être pas l'expression d'une lésion organique. Tout à l'heure, en vous parlant du traitement, je vous rapporterai deux faits de guérison empruntés l'un à M. Duchenne (de Bologne) , l'autre à Aran, qui vous démontreront d'une manière plus péremptoire encore que l'angine de poitrine peut n'être qu'une névralgie essentielle, dans le sens que l'on attache ordinairement à ce mot.
Toutefois je viens d'être récemment témoin, avec mon honorable ami M. le
bi!|8 ANGINE DE POITRINB.
Généralement les facultés intellectuelles restent inlacles au milieu de cet orage ; on a néanmoins cité des faits, très-exceptionnels il est vrai, dans lesqueb les malades avaient un air égaré, une sorte d'extase, et balbutiaient des paroles ÎDÎntclligibles ; enOn il y a quelquefois perte de connaissance, au moment où la douleur cesse, ce qui s*observe surtout quand Vangorpectoris n*est qu'une aura épileptique ; cependant l'excès de la douleur et peut-être un grand trouble des mouvements du cœur peuvent causer la syncope, très-diiïérente de la perle de connaissance qui accompagne Tangine de poitrine épileptique.
Lorsque Tangine de poitrine se déclare pour les premières fois, ses attaques Sont passagères et durent à peine une ou deux minutes ; mais lorsque la maladie est ancienne, les crises peuvent durer plusieurs heures, et même plusieurs jours avec des exacerbaiions.
L*accès se termine soudainement comme il a commencé; toutefois le malade consente quelque temps encore un sentiment d'engourdissement dans les parties qui ont été le siège de la douleur. Si les accès ont été violents et répétés, alors que la maladie est arrivée à un haut degré d'intensité, il reste, pendant uo temps plus ou moins long, un tremblement et une faiblesse soit de tout le corps, soit seulement du membre affecté, et ce sentiment peut persister jusqu'au retour d'un autre accès.
Un individu peut n'avoir qu'une attaque ô!angor pecloris et en être quitte pour toujours. Ces cas sont fort rares, et il est douteux que le diagnostic ait été alors bien exact. Le plus souvent plusieurs accès se succèdent et à des intervalles plus ou moins éloignés, des années, un an, six mois, trois mois, des semaines, se rapprochant ainsi à mesure que la maladie de laquelle l'affection relève (ail elle-même des progrès. Nous avons vu que ces accès pouvaient avoir un retour périodique. Dans l'intervalle, le sujet parait jouir d'une santé parfaite, h moins, bien entendu, que l'angine de poitrine ne se lie à l'existence d'une affection organique, comme une maladie du cœur ou des gros vaisseaux» à laquelle l'état général reste subordonné.
De ce que je vous ai dit de sa coexistence avec les maladies organiques, coexistence qui, ai-je ajouté, se présente peut-être le plus souvent, de ce que je vous ai dit encore qu'elle était une des manières d'être de la forme vertigineuse de l'épilepsie, il ressort évidemment que l'angine de poitrine est une affection des plus graves, en tant qu'elle est le symptôme de maladies qui tôt ou tard ont une terminaison fatalement funeste. Si, eu égard à sa nature, l'angine de poitrine, idiopathique, rhumatismale, goutteuse, comporte un pronostic moins sévère, il ne faut pas se dissimuler que ce pronostic doit être fort réservé. En effet , les exemples d'individus qui ont été emportés dans un accès, ces exemples, quoique rares, se rencontrent encore quelquefois, et parmi ceux qu'on pourrait citer, je vous rappellerai celui de John Hunter, mourant subitement à la suite d'un mouvement de colère qui occasionna le retour d'une attaque d'angine de poitrine à laquelle il était sujet depub huit ans.