INCONTINENCE NOCTURNE DE L*URINE
reparailre, il faut alors recommencer le Irailement, et le continuer alors plot longtemps qu*on ne l'aurait fait si les premières prescriptions avaient été rigoureusement suivies.
En définitive, messieurs, voici les règles de ce traitement Je fais prendre chaque soir, au moment de se coucher, i centigramme d'extrait de belladone, ou bien un demi-milligramme de sulfate neutre d'atropine, qui est administré soit sous forme de pilules, soit sous toute autre forme. Si les accident! deviennent plus rares sous l'influence de cette première dose de médicament^ je la maintiens pendant un certain temps; mais si au bout de ce certain temps, huit ou dix jours par exemple, l'amélioration ne fait pas de progrès, j'augmente la dose de belladone, et j'en fais prendre, toujours le soir, el an même moment, 2 centigrammes. Suivant la même règle et guidé par les mêmes indications, j'accrois successivement ainsi les quantités du remède, que je porte à 3, k, 5, 6, 10, 15, 20 centigrammes et même au delà, selon que l'action thérapeutique est plus ou moins prononcée, selon aussi la tolérance individuelle.
Lorsque l'amélioration a duré un assez long temps pour qu'il soit permis de croire à une guérison radicale ; lorsque pendant trois, quatre, cinq mois il n'y a eu aucun accident, au lieu d'interrompre brusquement la médication, je la maintiens encore, mais en diminuant progressivement la dose du médicament, pendant deux, quatre, cinq, six, huit, dix mois, plus d'un an même, selon les cas, selon les circonstances, lorsque j'ai eu à combattre une inconti* nence nocturne plus ancienne, et par conséquent plus invétérée.
La belladone, administrée suivant les règles que je vous indique, et admi-^ nistrée avec une grande persévérance, est, je vous le répète, l'arme thérapeutique la plus puissante que nous ayons à opposer à l'incontinence nocturne de l'urine, j'entends cette espèce d'incontinence sur laquelle j'ai plus spécialement appelé votre attention et qui dépend d'un excès d'irritabilité de la vessie. La belladone agit, dans ces cas, en diminuant cette excitabilité, cette tonicité exagérée du plan musculaire du réservoir de l'urine ; elle agit donc par ses propriétés physiologiques, qui sont de diminuer la contractilité de ces fibres musculaires, propriétés qui ont été surtout mises en lumière par les expériences que M. le docteur Gomaille a faites sur lui-même.
Tout en revenant encore sur la nécessité d'insister sur ce remède, en en augmentant graduellement les doses, de continuer longtemps après que les accidents nocturnes ont cessé, je vous ferai observer que souvent, lorsque, dans les premiers mois du traitement, la belladone a produit reflet qu'on en attendait, il est opportun d'en suspendre l'usage et de la remplacer quelque temps par des préparations de noix vomique.
Dans les cas où rincx)nlinence nocturne d'urine dépend non plus seule* ment d'un excès d'irritabilité des fibres musculaires de la vessie, mais encore d'une atonie du sphincter vésical, la belladone ne préseule plus les mêmes avantages. Quoique, en quelques circonstances, on en obtienne d'abord nn
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certaia effet, parce qu^en diminuant la tonicité du plan musculaire delà vessie, lorsque cette tonicité est exagérée, le sphincter peut résister plus facilement, c*est contre Tatonie du sphincter qu*il faut lutter pour arriver au résultat que Ton cherche. Or les préparations de strychnine trouveront ici leur indic»* tion. Celle à laquelle je donne la préférence, parce qu'elle me parait d*un maniement plus facile, est le sirop de sulfate neutre de strychnine, dont, ea d'autres occasions, je vous ai donné la formule et dont je vous ai indiqué It mode d'administraUon.
C'est à ce médicament qu'il faut d'emblée avoir recours lorsque rinconU** uence est exclusivement sous la dépendance d'une atonie, non-seulement do sphincter, mais encore de toute la vessie. Cette espèce d'incontinence se reconnaît à ce que, d'une part, elle est à la fois diurne et nocturne; à ce que, d'autre part, chez les individus qui sont affectés de cette infirmité, le jet d'urine est flasque, contrairement à ce que nous avons dit exister chez cent qui sont atteints de l'autre espèce d'incontinence exclusivement nocturne.
C'est aussi la strychnine que nous avons d'abord donnée à notre malade du n° i de la salle Sainte-Agnès ; mais cette médication, tout en modifiant la paralysie, au point que peu de temps après cet homme marchait avec beaacoop plus de facilité et beaucoup plus longtemps qu'auparavant, tout en modifiant, dis-je, la paralysie des membres inférieurs, la médication strjxhnine est restée sans effet sur l'incontinence d'urine. Voyant cela, j'ai eu l'idée de recourir au compresseur de la prostate, dont je vous ai parlé comme d'un des plus puissants moyens que nous possédions pour guérir certaines espèces de sperm»torrhée. Je comptais, à l'aide de cet appareil, agir sur le col de la vessie de la même façon que, dans les pertes séminales, nous agissons sur l'orifice des canaux éjaculateurs. J'ai atteint mon bot ; car bientôt notre malade, averti du besoin d'uriner, ce qui ne lui arrivait pas auparavant, a pu résister à ce besoin et retenir ses urines aussi bien quand il dormait que lorsqu'il était éveillé. Quoique ce fait soit le seul que j'aie à vous présenter de ce genre, il n'en a pas moins sa valeur, et je vous engage à en prendre note.
Indépendamment de ces médications internes et du traitement chirurgical à opposer à l'incontinence nocturne de l'urine, il en est un autre que noos devons faire entrer en ligne de compte, et qui consiste à engager les individus à prendre l'habitude de résister aussi longtemps que possible au besoin d'uriner, lorsqu'ils l'éprouvent dans la journée.
L'incontinence nocturne de l'urine, ainsi que je vous l'ai dit, dépend d'un excès de tonicité et d'irritabiliié des fibres musculaires de la vessie; or, toutes les fois qu'un muscle se trouve dans ces conditions de tonicité, d'irritabilité exagérée qui eu sollicitent le spasme, le meilleur moyen de lutter contre ce spasme est aussi de lutter contre la tonicité du muscle. Il suffit pour cela de porter la fibre musculaire à son degré le plus considérable possible d'extensibilité ; or, c'est par l'habitude qu'on arrive à ce résultat.
Vous savez tous que les gros mangeurs finissent |)ar avoir un estomac plus
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anoplo que celui des autres hommes. Celte amplitude plus grande dé TMomae, occasionnée d*aburd par la présence d'une quantité trop considérable d'ail** nents, finit par en être Indépendante. A force d'être habit uelieinentdistendoei la fibre mojtcuiaire perd sa tonicité, et, à un moment donné, bien que l'estomae soit vide, il ne revient plus sur lui-même. De mOme, une coostipatioo habituelle amène une distension eiagérée du gros intc*slin. Ces disienjiioiit ikag^rées de rintestiti et de l'estomac sont, pour le dire en passant, caniei d'accidents dont j'aurai à vous entretenir longuement un jour, et parmi lesquels je citerai dès k présent les flaïuosités stomacales et intestinales.
Il en est de la vessie comme du tube digestif, comme d'ailleurs do tous lei #rganes creui : par leur distension habituelle , les fibres mosculairrs qai entrent dans la rompnsition de ces apiuireils perdent une partie de leur etmtracilliiéé C'est ca fait qui doit dtre mis k profit dans le cas particulier dont MUS parlons.
Il n'est personne qui ne sache que la vessie des femmes eil plus grande que ^lle des hommes: que cela tienne en partie à ce que naturellement ce réservoir est plus ample chet elles, il est incontestahie aussi que cela lh*nt encore I ce que les femmes, en raison des conditions sociales au milieu desqu(*lles ella Vivent, prennent de bonne heure l'habitude de retenir leurs uiines beaucoup plus longtemps que ne s'y astreignent les hommes. Ceux-ci peuvent cepen« 4ant prendre la même habitude, et il en («st qui restent plusieurs heures sans aiout'rer leur vessie, tandis que d'autres ne savent pas résif^tcr aUK'premiers besoins. 8i. passé un crriain âge, retenir ses urines a des inconvénients, cela n'en a aucun dans la jeunesse et encore moins dans l'enfance. On ne saurait donc trop recommander aux enfants et aux adolescents afTecti's d'incontinence nocturne de prendre Tliabitude de retenir leurs urim^ aussi longtemps qu'ils le ppu\enl lorsqu'ils sont éveillést fleite petite précaution semblera peut-f'tre à certains savants bien insignifiante; elle n'en a pas moins son importance, et vient eu aide au traitement que je vous ai iudlqul
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