‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 42 sur 57 · GLYCOSURIE, DIABÈTE 8IX:HÉ · texte numérisé non relu

GLYCOSURIE, DIABÈTE 8IX:HÉ

» Voici comment M. Schiff a été conduit au but par la rare ingéniosité qui, même par quelques excès, marque ses expériences d*un cachet on ne peut plus personnel.

» Le foie des grenouilles ne reçoit, dans l'état nornuil, qu'une portion du sang veineux abdominal; cette portion lui vient par la veine cave hépatique ; une autre yeine (cave si Ton veut rappeler ainsi) reçoit l'autre portion do sang veineux abdominal etle porte direaemcnt au cœur, sans passer par le foie.

» Pour hypérémier le foie , 11 suflBra donc de faire à celte deuxième veine cave une ligature au-dessus de l'anastomose qui la fait communiquer avec la veine cave hépatique ; au lieu de la moitié du sang abdominal, la totalité du sang devra dès lors passer dans cette dernière , c'est-à-dire dans le foie, y doubler la quantité habituelle du sang, en conséquence l'hypérémier sans le blesser.

• Ainsi fit M. Schiff chez huit grenouilles.

B Deux heures après cette ^imple ligature, cette simple hypérémie méca-nique, Ai. Schiff contemplait le diabète chez les huit grenouilles qu'il avait opérées !

» Cette expérience remarquable est de nature, si l'on tombe d'accord sur son eBicaciiét à faire effectuer un grand pas à la théorie du diabète.

» £n enlevant la rate, M. Schiff a pu ailleurs, et par ce même effet immédiat , hypérémier le foie, et produire par ce seul fait un vrai diabète. 11 a encore produit le môme effet hypérémique, et le diabète consécutif, par l'acupuncture du foie, etc.; mais ces opérations ne sont ni aussi inoffensives, ni aussi simplet que la ligature, et donnent une démonstration moins rigoureuse.

» Est-ce en produisant cette hypérémie que la piqûre du quatrième ventricule agit? M. CI. Bernard et M. Schiff, conduits par deux voies un peu diffé^ rentes, le déclarent

» De 1851, époque à laquelle M. Cl. Bernard fit connaître à la Société de biologie ses recherches sur l'influence du nerf grand sympathique sur la chaleur animale (cette doctrine fut développée en 1855 dans les leçons de physiologie du môme auteur), date l'origine de cette opinion de M. Cl. Bernard, que le grand sympathique exerce sur l'activité de la circulation ou plutôt sur la dilatation des vaisseaux (qui a pour effet d'amener l'afilux sanguin) une influence modératrice. De telle sorte que là où cette influence est diminuée ou perdue, la circulation est sans frein, et comme conséquence, les sécrétions sont activées.

» Ainsi, pour le foie, si l'influence du grand sympathique est abolie. Tin* fluence modératrice cesse de s'exercer sur les vaisseaux du foie, la circulatioo s'y active ; rhy|)érémie, l'hypersécrétion, le diabète, paraissent.

» L'excitation qui, dans l'état normal, met en jeu la sécrétion, l'hypersécré* lion du foie, aurait sa source dans le poumon ; celte activité se propagerait aux pneumogastriques, de là à la moelle allongée, puis à la moelle, enfin aux filets sympathiques du foie.

TiouMEAV, 2* édit. —11. 44

MO âlTOOSUltlt OIABftTE SDClt.

. • Mttt, pour le monmii, renToyont aax oof rages de M. Cl. Bernard, et re? enoBs à M. Scbiff»

I Valeniin a vu, en 1 861 , qu'après la lésion (le certaines parties dn cervetn« tes sécrétions Intestinales sont excitées^ et j*al déterminé déjà, dit M. fkbiiï, en 18&/ii, qoe dit erses parties du ceneau étant ainsi lésées, il en résulte une aog'* mentation de la sécrétkm de la plupart des organes abdominaux ; j*ai démontré qae cette influence a lien par une modification taseulo^motriee, de telle sorte qu'une lésion cérébrale provoquant la dilatation des vaisseaux de lintcsiin et du foie que je signalai spécialement, il en résulte une nnodiGcatioa nécessaire itleorcircolation.

» M. Scbiff, dans des travaux ultérieurs, a cherché à démomrer qoe les lerfe qui (sous le nom de vasculo ou f aso-moteors) régissent la contraction des vaisseaux dans les organes abdominaux, partent des couches optiques et des pédoncules cérébraux, se réunissent dans la moelle allongée, ott ils sont fsftte k cAte avec les nerfs vaso-moteurs du reste du corps, puis descendent dSM le canal antéit>*latéral en s*éloignant les uns des autres; qoittent enfin la moelle, traversent les ganglions du cordon spinal, et en dernier lieuse terminent dans les organes abdominaux, sur les vaisseaux desquels Ils exercent leur action.

• A ces nerb M. ScbilT fait jouer on grand HHe dans la production du diabète.

> La piqûre du quatrième ventricule, dit^l, prodoit le diabète, parce qu'elle irrite les nerfs vaso-moteurs, d où résulte la dilatation (i) des vaisseaux du foie, et comme conséquence Thypersécrétion.

• Irritez ces nerfs (2) par la gah animation, lediabèfe paraîtra par irritation. Il en est de même do diabète que Ton produit en empoisonnant légèrement les grenouilles par la strychnine ou Topium, et en les nrminlenam dans tro état tétanique prolongé; de même d*on diabète dont M. Scbiff a vu les grenouilles subitement atteintes ptir les temps d'orage.

t Coupez, au contraire, les conlons antérieurs de fa moelle dans lesquels ils passent, rirriiation ne sera plus portée au foie ; dès lors, la communication étant rompue, la piqûre atissitôt deviendra inefficace. C*est ce que l'expérience rifèle.

» Éthérisez profondément les grenouilles, vous rendrez insensibles ces mêmes nerfs vaso-moteurs, qui ne porteront plus l'irritation h leur extrémité terminale et vasculaire ; la piqûre, dès lors, deviendra également inefficace.

(i) Plttsieun physiologistes trouveront cet effet assez problématique. — L. C. et W.

(2) L'idée qu'un seul point du système nerveux est apte à produire le diabète êst donc erronée. La piqûre du quatrième ventricule n'a rien <le spécifique^ dit M. Scbiff, mais toute lésion intéressant les nerfs vaso-moteurs^ depuis leur origine dans le pédooetilc cérébral Jusqu'au point où ils pénètrent dans les organes abdominaux, peut produire le diabète. Le noyau de l'hypnglnssc de Stitliii^' est le point le plus convcaable, parce que les nerfs vaso-moteurs y sont roncenlrés dans im e«paof trèf^tféri.

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• Si ranimai atait été piqué aa contraire avant Téthérisation', c*est-à<-dire avant Tétat d'insensibilité, il y aurait eu irritation portée, et à son réteil, ranimai serait diabétique. Cette remarque a une grande importance (i).

» Tel est, selon M. Schiff, le rôle des vaso-moteurs.

» M. Schiiï répète souvent que la piqûre du quatrième ventricule n*a rien de spéciûqne ; il montre qu'il n'est même pas nécessaire de blesser une partie du cerveau ou de la moelle allongée pour produire le diabète, car ce physiologiste produit d'une manière immédiate cet état morbide par une blessure de la moelle épinière elle-même.

« Cette blessure remarquable consiste à couper les cordons postérieurs de la moelle cervicale des mammifères, en respectant les cordons antérieurs.

> M. Schiff explique le phénomène en disant que le fait de la section détermine dans la partie supérieure des cordons postérieurs une irritation (identique avec celle que détermine la piqûre du quatrième ventricule) : cette irritation est transportée d'une manière réflexe aux origines des ner£i vasomoteurs dans le cerveau ; ceux-ci, dont la continuité est partout intacte, car ni le cerveau, ni la moelle allongée, ni les cordons antérieurs de la moelle cervicale n'ont été lésés, la transmettent an foie.

» Le diabète prodoit par la piqûre du quatrième ventricule et les lésions analogues, lésions dont la dernière est la plus remarquable, est, suivant M. Schiff, d'une espèce spéciale : c'est le diabète irritatif (2).

n Quelque singulier que cela paraisse d'abord, nous pencherions à croire que ce diabète, quoique le plus commun, n'est point celui que les praticiens redoutent à cause de sa résistance à tous les traitements et de sa ténacité ; il est, en effet, toujours très -passager.

» La piqûre du quatrième ventricule ou les lésions expérimentales analogues ne produisent jamais un diabète durable au delà de quelques heures ou d'im jour !

» On pourrait dire que le propre du diabète fugace est d'être irritatif; c'est

(1) Combien de chirurgiens n'emploient, hélas! l'élhérisation que pour éparfneri mi à l'oiKToteur les ennuyeui et gênants débats du patient, ou à celui-ci une vulgaire douleur ! et repoussent bien loin l'idée que réthcrisation puisse préserver 1m patients des suites souvent terribles des opérations ! Quelques-uns, toutefois, admettent que le tétanos ou Tépuisement nerveux peut ôtre moins fréquent; Tépuisement, le tétanos, se lient en efTet à Tidée de la douleur, mal qu'ils croient seul atteindre !

Mais tout un champ nouveau s'ouvre par l'expérience de M. SchifT, si nous ne noufl trompons point étrangement. L'éthcr peut préserver d'autres nerfs que les nerfs sensibles ! car la môme lésion produit ou non le diabète, suivant que l*animal est soustrait od s<mfnis h, l'action àt l'étlier. Que de conséquences à scruter! — L. C. et J. W.

(2) M. Cl. Bernard a en des résultat* en déMccord tvtc ceux 46 M Schiff. Gela lieaC^ dit ce dernier, à ce qu'il a fait la section tu-dessoiu du plexus liraeUali.(t<t. OMPf • cit*, p. 8.)

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ea effet la loi coiuinuiie pour tous les irritants, d'épuiser bieulôt leur action ; l'irritabilité s'émousse vite et s'épuise.

» La paralysie, au contraire, a des effets durables.

» S'il existe un diabète paralytique, il devra donc être durable.

» C'est l'espèce de diabète que M. Schiff dit avoir découverte.

» Le diabète paralytique se produit quand on coupe les cordons antérieurs de la moelle épinière, c'est-à-dire le faisceau des nerfs vaso-moteurs.

• La section doit être faite, soit au niveau de la quatrième vertèbre cervicale, soit en un point plus rapproché du bulbe.

» Les vaisseaux du foie, privés des nerfs vaso-moteurs, se laissent alors distendre, gorgerde sang, hypérémier; les animaux deviennent diabétiques.

» I^ diabète remarquable ainsi produit est bien différent du diabète irritatif, toujours si fugace, car il dure des jours, des semaines.

» M. Schiff a pu ainsi conserver un lapin diabétique pendant neuf jours ; d'autres animaux le furent douze, quatorze jours, f^ mort seule, provoquée par les suites de la vivisection du système nerveux, arrêtait ce diabète !

j» M. Schiff a pu conserver un rat pendant vingt jours ; il ne cessa pas un instant de présenter du sucre dans ses urines.

9 Tel est , expérimentalement , le diabète paralytique, dont la ténacité donne l'image du diabète clinique et rebelle.

» C'est à l'espèce paralytique que l'on peut rapporter le diabète expérimen* tal consécutif à la destruction des centres nerveux, le diabète gangreneux, etc.

» L'attention s'attache vivement, on le voit, dans l'ouvrage de M. Schiff, sur la distinction de deux espèces de diabète, et l'étude du ferment.

« Tel est un très-incomplet aperçu sur ce travail vraiment digne d'intéresser les physiologistes et les praticiens, ceux surtout dont l'ardeur laborieuse s'exerce à prendre dans l'étude de la physiologie, de ses lois physiques, chimiques ou vitales, les grands enseignements dç la médecine. »

Messieurs, ce ne sont pas seulement des lésions locales du système nerveux qui influencent la production du sucre dans le foie ; des perturbations générales, ainsi que M. Cl. Bernard l'a démontré dans ses expériences, agissent de la même façon.

Il en est de même des excitations portées sur la glande hépatique, soit |>ar l'intermédiaire du tube digestif, soit plus directement encore. Ainsi M. Leconte, professeur agrégé de notre Faculté, a provoqué des diabètes artiGciels en empoisonnant des chiens avec l'azotate d'uranium donné à petites doses. D'un autre coté, M. Harley, en injectant dans les rameaux de la veine porte une substance irritante, telle que l'ammoniaque étendue ou de l'éther, a vu que l'injection, arrivant au foie, y déterminait une excitation locale et directe, et, au bout de quelque temps, il a constaté que le sucre apparaissait dans les urines de l'animal sur lequel il avait opéré. Enfin, je vous ai rapporté, d'après M. Cl. Bernard, un cas de diabète accidentel survenu chez un individu consécutivement à un coup reçu sur la région du foie^ et j'ai observé le même

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fait chez un homme qui avait reçu un coup de pied de cheval dans le flanc droit

Toutefois, si Texcitation nécessaire pour stimuler la sécrétion de la glande dépasse un certain degré et arrive jusqu'à Tirritation, des phénomènes inverses se produisent : la sécrétion du sucre est diminuée dans des proportions considérables ; et c'est là un fait de pathologie générale sur lequel j'ai appelé votre attention en plus d'une circonstance.

C'est à cette excitation portée au delà des limites convenables pour la production des phénomènes que nous étudions, qu'il faut attribuer la diminution de la sécrétion du sucre sous l'influence d*un état fébrile, des maladies aiguës qui, survenant dans le cours du diabète sucré, suspendent momentanément, ainsi que je vous l'ai dit, la glycosurie.

En définitive, messieurs, sécrétion exagérée du sucre dans le foie , telle est la cause, celle que les anciens auraient appelée la cause prochaine du diabète sucré ; et il n'est plus besoin d'aller la chercher dans les réactions chimiques qui se passent soit dans le tube digestif, soit dans les vaisseaux sanguins, réactions de la chimie vivante bien différentes d'ailleurs que celles que Ton est maître de produire dans les verres à expérience et auxquelles on a eu la prétention de les assimiler.

Ces faits physiologiques trouvent leur application à la pathologie de la ma* ladie que nous étudions. L'influence des lésions locales du système nerveux, ou des excitations portées directement sur le foie, nous rend compte de la pathogénie des diabètes symptomatiquesdes affections cérébrales ou des affec* tions hépatiques dont je vous ai parlé. Dans les cas où l'anatomie pathologique ne nous dit rien, et ces cas sont encore les plus nombreux, il nous est permis de supposer que le diabète est sous ladépendance d'une perturbation du système nerveux retentissant sur la sécrétion hépatique. Si la nature de cette perturbation nous échappe, elle se traduit du moins par des symptômes variés : troubles gastriques, troubles de la sensibilité, de la motilité, des facultés intellectuelles ; accidents du côté des appareils des sens, des organes de la génération. Ces faits trouvent aussi leur application dans le traitement du diabète sucré.

Encore une fois, messieurs, je ne saurais trop insister sur ce fait, que b glycosurie doit être considérée à la fois comme maladie et conune symptôme, de même que l'albuminurie peut être la conséquence de la néphrite dite aibumineuse.ou seulement un épiphénomène commun à beaucoup de maladies, sans qu'il existe même de lésion des reins.

Ainsi que l'albuminurie, la glycosurie peut, par exemple, survenir dans les maladies du foie, du pancréas, des poumons, du cerveau, de la moelle on dn grand sympathique.

L'observation a permis d'établir que, dans ces cas, il pouvait y avoîf lésion organique du foie, du cerveau ou des poumons, tiotdia que -4 d'autres, il n'y avait point de lésion matérielle apprédabie, oa i|Qt» âV^

MO GLTOOSUBIB, DIABfcTB ftOCRi.

Je ne saurais donc assez m'élevcr, messieurs, contre Tabos da régime exdu8i>emenl animal dans le traitement du diabète, de même que je ne saurais assez m*élever contre Tabus des alcalins que, dans ces derniers temps surtout, on a voulu donner comme les ipéci figues par excellence de la glycosurie.

Si le régime exclusivement anlmalisé diminue immédiatement la soif et Fabondance de la diurèse, il finit bientôt par inspirer aux malades un insupportable dégoût, et leur santé, qui avait paru refleurir, se trouble de nouveau, eC se trouble plus gravement qu'auparavant; tandis que si Ton se contente de diminuer dans une grande proportion l'usage des féculents, si l'on permet, comme je viens de le dire, les végétaux verts et les fruits, l'appétit et les forces 88 soutiennent, et bien que la quantité de glycose rendue par les urines soit assez considérable, la santé est à peine troublée. J'ai depuis plus de dix ans des diabétiques en traitement, qui certes ne sauraient pas qu'ils urinent de la l^ycose, si de temps en temps l'analyse chimique ne le leur dénnontrait

Quant au pain, je vois peu d'inconvénients à ce que les malades en prennent en petite proportion, et à ce sujet je tiens un grand compte du goût des individus, me gardant bien d'en interdire l'usage à ceux, et vous en rencontrerez beaucoup, qui ne sauraient manger sans prendre du pain. Je conseille le pain de froment ou de seigle, et non le pain de gluten, d'un goût si peu agréable, et qui, prescrit en vue d'une théorie chimique, n'offre en réalité aucun avantage.

Pour obtenir une régularisation plus parfaite des fonctions digestîves, les moyens pharmaceutiques peuvent nous venir en aide.

Les alcalins sont assurément efficaces. Déjà, dans le siècle dernier, on avait reconnu leur utilité : c'était l'eau de chaux qui était alors prescrite aux diabétiques comme un moyen d'apaiser leur soif ardente et de diminuer la sécrétion du sucre. Aujourd'hui les remèdes alcalins sont variés à l'Infini, soit que nous donnions le carbonate de chaux, le bicarbonate de soude, la magnésie, etc. , etc , sous forme de poudres; soit que nous ordonnions les eaux minérales naturelles, telles que les eaux de Vicliy, de Fougues, etc , qui contiennent C(*s principes alcalins en quantité plus ou moins considérable (1).

Mais de l'utilité incontestable de ces médicaments dans le traitement du diabète sucré« il ne faudrait pas conclure qu'ils agissent en tant qu'alcalins, e'eaC-à-dire en opérant dans l'économie les mêmes réactions que nous leur voyons produire dans nos expériences de laboratoire.

Vous savez en effet que les sucres de la seconde espèce, qui comprennent le sucre de diabète, sont détruits par les alcalis caustiques, la potasse, la soude, la chaux, etc, et changés en acides bruns particuliers, avec une rapidité d'autant plus grande que ces alcalis sont plus concentrés et la température plus élevée.

Sur ce fait certains chimistes ont fondé toute leur théorie de la glycosurie

(i) Voy. Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale. Paris, 850, t. Il, p. 563, 965.

GLTœSUEIS, DIABÈTfi SUCBÉ. 697

et du diabète sucré. Si chez Thomme bien portaut, disent-ils, le sucre ne se retrouve pas dans les urines, c'est que la matière sucrée qui, suivant eux, tire son origine tout entière des substances alimentaires, est détruite dans le sang, habituellement assez alcalin pour opérer cette transformation; taudis que h glycosurie dépend de ce que le sang n*est plus assez alcalin pour que la destruction du sucre ait lieu. Je ne me serais pas arrêté à vous rappeler cette théorie chimique, victorieusement combattue par M. Cl. Bernard, si elle n*avait eu un trop grand retentissement, si dans les premiers temps de son apparition elle n'avait pas causé un certain engouement dont on est bien revenu ; les chimistes eux-mêmes l'ont d'ailleurs réfutée. Ainsi, M. le professeur Poggiale, pharmacien en chef de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, a démontré en premier lieu, que la glycose requérait, pour brûler au contact des alcalins^ une température de 95 degrés ; or, déjà ce fait renverserait à loi seul la théorie dont je viens de parler. En second lieu, M. Poggiale a vu qu'en injectant dans les vaisseaux simultanément de la glycose et un sel alcalin, du carbonate de soude ou de potasse, la quantité de glycose rendue par les urines de l'animal était exactement la même que lorsqu'on injectait de la glycose seule.

L'explication chimique fait donc ici défaut, comme elle fait du reste défaut toutes les fois que nous voulons l'adapter aux phénomènes de la chimie vivante. Mais le fait clinique reste, que les alcalins sont d'une incontestable utilité dans le traitement du diabète sucré. Ils agissent en tant que modificateurs puissants de l'appareil digestif, dont ils régularisent les fonctions ; ils agissent non en guérissant le diabète, mais en replaçant les malades dans des conditions particulières de nutrition en vertu desquelles la production anomale exagérée du sucre n'aura plus lieu. Ceci ressemblerait presque à un paradoxe; je m'explique. Il arrive pour le diabète, sous Tinfluence des alcalins, ce qui arrive pour la gravelle, par exemple. Ce n'est point en alcalinisant les urines, c'est en régularisant les sécrétions rénales que ces médicaments agissent.

En acceptant la théorie de Talcalinisation du sang dans le diabète, il faudrait donner des alcalins en aussi grande quantité que possible, et continuer iudéliniment leur emploi. C'est là, messieurs, que l'erreur serait le plus préjudiciable aux malades.

Je ne saurais trop insister sur ce point, que les alcalins, administrés uniquement à titre d'adjuvants, doivent être donnés à doses modérées, seulement pendant un certain temps, huit à dix jours de suite chaque mois, et pas davantage.

D'autres médications peuvent être associées à celle-ci : ainsi les remèdes toniques, la rhubarbe par exemple, à la dose de 15, 20, 25 centigrammes, peuvent être donnés à chaque repas, pendant huit autres jours du mois.

Vous avez vu dans les salles de mon regrettable collègue Legroux un glycosurique qui avait été soumb à l'usage des préparations arwnicales, en même temps qu'on lui faisait Caire de l'hydrothérapie. Sous l'influence de ce tniteroent, cet homme avait éprouvé une trèi-notable aiiiéliomkiB.

09S eLTGOSUBIBf DIABÈTE SITCBt.

Cesi qu'en effet V hydrothérapie est également ane très -poissante mMi^ cation dans le traitement dn diabète sacré, comme le sont en défioitive tons les moyens susceptibles de stimuler les fonctions assimilatrices, en agissant sur les grands appareils de l'économie.

Je ne veux pas terminer celte conférence, déjà si longue et si pleine de détails que tous avez peut-être trouvés superflus, sans vous dire deux mots de rinOuence immense de Vexercice. Undiabétique, qui, chaque jour, fait I pied un exercice violent, peut, sans rien changer à son régime, retrouver temporairement la santé qu*il avait perdue. J'ai connu des glycosuriques qui, au moment des chasses, cessaient de boire et d'uriner avec autant d'abon* dance, retrouvaient leurs forces, leur appétit, récupéraient, malgré les fatigues, leurs facultés viriles perdues depuis le début de la maladie. Aussi ne saurait-on jamais assez conseiller l'exercice à ces malades, et l'on peut dire qu'avec an régime convenable, qui pourtant n'a rien de très-sévère, et celte gymnastique quotidienne dont je viens de parler, le diabMc , surtout celui que l'on observe chez les gens gras, constitue plutôt une indisposition qu'une maladie grave.

Avec une hygiène et un régime bien entendus, aidés par l'action des médicaments sagement et prudemment administrés, nous pouvons espérer guérir un petit nombre, et soulager un très-grand nombre de diabétiques. Je parle des malades qui ne sont pas arrivés à la dernière période de la maladie, car, dans cette période consomptive, le mal est au-dessus des ressources de l'art

F0LTDIP8II. 9n

LXIL — POLYDIPSIE,

ObservationB. — Le diabète non sncré peut supveqii» cbiei des indli viduB nés de parente qui avaient été polymdqueB, glycoBiiriqneg on albmninuriqueB, — LeB affectLons cérébrales iQteretiTrenteB peirrent fme oesser la glycosurie comme ralbumiimne.

Messieurs,

11 y a quelques jours sortait de THÔtel-Dien un malade qui était resté phirieurs mois dans les salles de la clinique pour t'y faire traiter d*Qiie polydipsie qui nous présenta un des exemples les plus remarquables peut-être de cette affection. Bien que cet homme ne fût pas complètement guéri, sa situation était assez notablement amendée poor qu'il demandât lui-même à quitter l'hôpitai.

La médication à laquelle nous TaTions soumis aTait consisté dans radminia* tration de l'extrait de valériane rapidement porté à de très-hautes doses. ^ Ce mode de traitement nous avait déjà donné des résaltats encore plus satis* ftisants dans un cas analogue.

C'était cliez un individu que quelques-uns d'entre vous se rappelleront peut-être avoir vu dans notre salle Sainte-Agnès. Comme celui dont nous parlons aujourd'hui, il était affecté de polydipsie avec polyurie. Il buvait chaque jour jusqu'à trente-deux litres de tisane et urinait en conséquence. L'urine, qui fut à différentes fois analysée par M. le professeur Boncbardat, alors pharmacien en chefdcrHôtel-Dieu, n*a jamais présenté la moindre trace de glyoose. Il y avait cela de remarquable dans ce fait, que la peau du visage du malade était assez souvent le siège d'un érythème extrêmement intense, sans mouvement fébrile, qui coïncidait avec une exagération de la soif et de la sécrétion urinaire; cet érythème disparaissait au bout de deux ou trois jours, pour reparaître peu après. La santé était d'ailleurs assez bonne. Nous prescrivîmes l'extrait de valériane, qui fut successivement porté jusqu'à l'énorme dose de 80 grammes (une once) par jour. La soif, la sécrétion urinaire, diminuèrent parallèlement, et la guérison était complète après quatre mois de traitement. Plus tard, nous avons revu cet homme, dont la santé restait fort bonne.

Dans une observation du même genre, rapportée par M. Rayer, le succès de la médication avait été encore plus rapide.

Il s'agissait d*un jeune garçon dévoré par une soif inextinguible et qui urinait en proportion de l'énorme quantité de boisson qu'il prenait Ses urines étaient très-légères, presque comme de l'eau, inodores, incolores, insipides et excessivement abondantes. Ce petit malade ne maigrissait pas du reste, mangeait beaucoup, et jouissait, à cela près^ d'une parfaite santé. Cette polydipiie et cette polyurie toutes simples étiûeiit produites vndsemblaUem ent peruti

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y^ affection nerveuse, et n'avaient d'ailleurs avec le diabète, dont elles différaient sous les rapports les plus importants, d'autre point de ressemblance que l'abondance de la sécrétion urinaire. Sous l'influence de la valériane, administrée, non plus sous forme d'extrait, mais en poudre, ce qui revient absolument au même, les accidents cédèrent dans l'espace de trois semaines à un mois. Plasieurs médications, et la médication par l'opium en particulier, avaient complètement échoué.

En plusieurs occasions, M. Rayer avait employé avec avantage le même traitement dans des cas semblables.

Bien que chez le malade qui nous fournit le sujet de cette conférence, le résultat n'ait pas entièrement répondu à notre attente, le fait n'en mérite pas moins d'être pris par vous en considération.

La maladie dont notre homme était atteint avait débuté, disait-il, quatre ans auparavant, et avait été reconnue dans les circonstances suivantes. Ce garçon, alors âgé de vingt ans, avait été admis dans les salles de chirurgie de qkmi honorable confrère et ami, M. le professeur I^iugier, pour un accident asseï insignifiant d'ailleurs. Il se plaignait quelquefois de douleurs dans la région lombaire, principalement du côté droit, douleurs qui n'avaient aucun rapport avec l'affection chirurgicale qui l'avait fait entrer à l'hôpital et dont il rendait compte d'une manière très-imparfaite. Cependant on s'apercevait qu'il buvait abondamment et qu'il urinait en conséquence. Il buvait en effet déjà alors environ six litres par jour, et suivant son expression, il urinait comme quatre hommes. Ce phénomène appela l'attention de M. Laugier, qui pria Ai, Boachardat d'analyser les urines. On y trouva du sucre, mais en petite quantité. Quelque temps après, le malade passa dans les salles de clinique de M. le professeur Rostan, où il ne resta que cinq semaines. Quand il quitta l'hôpital, la quantité des boissons] qu'il absorbait dans les vingt-quatre heures s'élevait de dix-huit à vingt litres, celle des urines à vingt-cinq litres.

Bientôt il fut forcé de rentrer à l'hôpital de la Charité. Il urinait alors jusqu'à trente-deux litres par jour. Dans le service où il fut placé, on le soumit à une abstinence presque absolue de boisson, et on ne lui donnait, pour élancher la soif qui le dévorait, que de la glace ou du citron à sucer, tout en lui accordant des aliments à la discrétion de son appétit, qui était des plus exagérés. Le malheureux jeune homme se résigna à ce dur régime , qu'il supporta pendant huit mois, bien qu'en soufft*ant parfois cruellement, à ce point qu'un jour il se jeta avec avidité sur son vase de nuit dont il vida le contenu jusqu'à la dernière goutte. Il est vrai de dire que, sous l'influence de ce régime, il avait éprouvé une grande amélioration en ce sens qu'il n'urinait plus que dix litres par vingt-quatre heures. Néanmoins, comme il sentait ses forces diminuer, sa vue s'affaiblir, comme il maigrissait beaucoup, il demanda sa sortie. Il resta un an chez lui ; mais alors des douleurs de reins ayant reparu en même temps que la soif était redevenue très-vive, que les urines étaient irèsaUndantes (il buvait quatorze litres oi eu urinait de dix-huit à vingt), il se fit

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admettre à Tbôpitai de Laiiboisière. Là od constata quelques traces de sucre dans les urines, et Ton institua un traitement dont les préparations de fer, d*opium et de quinquina constituèrent la t>ase , on le mit à un régime trèsanimalisé dont on proscrivit les féculents, remplaçant le pain ordinaire par le pain de gluten. Ce traitement n'eut pas la moindre influence sur la maladie» et ne diminua même pas la quantité, d'ailleurs assez insignifiante, du sucre que contenaient les urines, plus abondantes que jamais. Au bout de deux mois et demi, le malade, n'éprouvant aucun bénéfice de cette médication, quitta l'bôpital, mais pour y rentrer quelques jours plus tard dans les saUes de mon excellent ami iM. le docteur Pidoux.

M. Pidoux lui prescrivit une alimentation composée de cinq livres de viande, dont trois de jambon et deux de viandes rôties ; de pain grillé ; il lui donna un litre de vin en supplément de la ration habituelle que Ton accorde aux convalescents. En même temps, il le mit à Tusage du bicarbonate de soude et de la poudre de valériane, dont il lui fit prendre 1 0 grammes dès le premier jour .

La soif ne tarda pas à diminuer, et la quantité des urines rendues dans les vingt-quatre heures tomba de 29 à 12 ou 11 litres.

L'étonnante facilité avec laquelle cet homme supportait les boissons alcooliques, car, indépendamment de son vin, il prenait encore chaque jour 6 litres de tisane vineuse, engagea M. Pidoux d'essayer de lui donner de l'eau-de-vie. Il but, en deux heures, à une demi-licure d'intervalle, un litre de ce qui est connu, dans le commerce, sous le nom de trois-six; et chaque jour il absorba la même dose, sans paraître en éprouver la plus petite incommodité. Il racontait du reste que, depuis qu'il était tombé malade, il avait acquis cette singulière immunité de pouvoir boire des quantités considérables sans ressentir les plus petits accidents de l'ivresse. Plusieurs fois il avait parié absorber dans une seule séance 20 litres de vin, et il avait gagné son pari sans avoir le moindre trouble nerveux.

Après être resté trois mois dans les salles de M. Pidoux, il se sentit en état de reprendre ses occupations, occupations dures et fatigantes ; il était garçon d'un marchand de chevaux.

Mais cette fois encore l'amélioration ne devait pas être de longue durée, et quelques mois plus tard il entrait dans nos salles.

Je repris la médication par la valériane. D'emblée j'en portai la dose à 10 grammes d'extrait à prendre dans les vingt-quatre heures, et progressivement nous arrivâmes à 30 grammes (une once). Alors de 29 litres d'urine qu'il rendait jusque-là , le malade descendit promptement à 6, sa soif ayant diminué dans les mêmes proportions. Malheureusement la valériane finit par ne pouvoir plus être supportée, et par être vomie aussitôt ingérée. L'appétit s'affaiblit, et cet homme, qui jusqu'alors mangeait quatre fois plus qu'un autre, se contenta des quatre portions d'aliments, qui représentent environ 50 décagramraes de pain, 20 décagrammes de viande, et environ 50 centilitres de légumes. Quelques phénomènes convulsifsse manifestèrent; il fallut suspendre

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^ . la traitement Au bout de quinze jours, les urines étaient redevenues phig abondantes, jusqu'à 16 litres par Tingt-^aatre heures.

Notre bofnme nous demanda d*aller passer quelques jours cbei lui % il reaira le quatrième jour, bu?int 33 litres d*un matin à l'antre, et urinant 37 frt jus* qu'à h% litres dans le même espace de temps. N'osant plus reprendre la ?alé-» riane, j'essayai la belladone à la dose d'un centigramme seulement, et, chose étrange, cet homme qui pouvait boire 20 litres de ?in et on litre d'alcool è 90 degrés centésimaui sans être enif ré, éprouf a de violents accidentt s<Nf9 Tid* fluence d'une si faiMe dose de beUadone, et cbaqne fois que je voulus } i^enir, je constatai les mêmes effets. J'eus alors recours aux préparations de strychnine qui, dans les affections nerveuses, rendent de si grands services ; le sirop de sulfate de strychnine n'étant pas toléré, je donnai la teinture de noii vomiqtie« k laquelle je fus également forcé de renoncer, bien que d'abord la qutatité des ttrines fût descendue sous l'influence de ce médicament, de 37 k i8 litres.

Laissant alors reposer le malade^ je repris enfin la valériane, que je pres« crivisde nouveau à la dose de iO grammes par laquelle j'avais, la première fois, commencé, et je ne l'él^ai plus qu'à 12 grammes. Dans l'espace de vingt-cinq jours, Tamélloration se dessina franchement. La soif avait considérablement diminué, les Urines étaient beaucoup moins abondantes, et quand cet homme nous a quitté, 11 ne buvait plus déjà depuis quelque temps que A, 3 et définitivement 2 litres et demi ; il ne pissait plus qne 5, ft et 3 litres et demi dans les vingt-quatre heures. Notons que chez cet Individu, comme cela s'observe d'ailleurs le plus souvent dans la polydipsie et le diabète, il y avait impuissance complète.

Cette observation présente une certaine analogie avec celle du malade dont je votis ai parlé dans notre dernière conférence sur le diabète sucré, et à l'au^ topsie duquel M. le docteur Luys avait trouvé une lésion du quatrlènoe ventricule. Chez ces deux malades, la polyurie n'a pas été complètement simple, puisque cbeK l'on et chez l'autre, la glycosurie avait existé an début.

Of, il n*en est point ainsi dans la polydipsie proprement dite, dans cette maladie à laquelle on a donné les noms de faux diabète^ diabète insipide, hydromanie, polyurie, urina profluxio.

Ici les urines claires, semblables à de l'eau, ne contiennent jamais de (faces de sucre; leur densité, au lieu d'être supérieure à celle de l'urine normale, au lieu de s'élever k 1,030, 1,0A0 et jusqu'à 1,07/i, descend au contraire k 1,009, 1,001.

Les quantités qui peuvent être rendues dans les vingt-qnatre heures sont toujours beaucoup plus considérables qu'elles ne le sont dans la glycosurie, et tout en excédant la quantité des boissons prises par les individus, elles sorit cependant en rapport avec elles. Ainsi, le malade de notre salle Sainte^Agnès qui, d'une de nos visites à l'autre, buvait 6, 8, 15 et jusqu'à dO litres de liqukte, rendait dans le même espace de temps, 8, 10, 16, jusqu'à 37, et uMfBM M litres d'urine.

t^OLtDIFSlE. lOS

Un antre jeune bomiiie, également polydipsiqae, qui mourait dans noire senrico avec nn pnrpnra, a?aîl eu, comme celui doot je viens de vous parier^ do sucre dans les urines» au début de la maladie; il y a donc enure la glycosurie ec la polydipsie doe relation qu'il esl impossible de méconnaître, et les eipériences physiologiques de M. Claude Bernard déposent dans ce sensi L*iU lustre professeur du Collège de France, en lésant certaines parties dn plancher éa quatrième ventricule, détermine, soit de ralbuminorie, soit on diabète sucré, soit une polyurie (i) : ne détient -il pas bien jurobaUe qu'une perturbation du système nerveui, inconnue jusqu'ici dans son essence^ est la cause principale de ces maladies qni^ au premier abord* seinbleot si netlemeot dietîBcies les unes des autres.

9if comme je viens de vous le direi la polyorie et le diabète sucréi et quel* quefois ralbuminurie, peuvent succéder Tun è Taotre chei le même individu, Il n'est pas rare de voir des enfants atteints de diabète non sucréf quand leurs ascendants avaient été glycosuriques, ou albuminuriques.

Je voyais naguère en consultation avec mon excellent ami et collègue dans les hêpUaux M. Bergeron, une jeune demoiselle polyurique dont je vais voue raconter sommalremont rhistoire.

Elle avait dix-neuf ans au moment où je la vis, et présentait d'ailleurs les apparences d'une assex bonne santé.

Elle est petite-fille d'un diabétique chei lequel b glycosurie a duré dix ani# sans troubler très-notablement la santé* Chei lui, l'obésité était considérable^ et je vous ai déjà dit, en parlant du diabète sucré, que cbex les gens gras le diabète était, H est vrai« plus fréquent que cbei ke individus maigres, OMh qu'en revanche il exerçait sur la constitution une influence beaucoup rooiae flkftense. La glycosurie avait été, au début, rapidement modifiée par les alca^ lins, pois elle reparut. Elle dura dix ans, coftime je voua le disais, ei elle cessa sobitemeiN et defioiiivemenl le jour oè le maluie loi frappé d*accideols céré« braux, dus probablement à une hémorrhagie do cerveao suivie de ramollisse* ment. Pendant les dix-buit mois que durèrent ces accidents, il sorviM un amaigrissement considérable.

Laissex-moi, messieurs, m'arrlter oahislant sur ce isil el sur celle étriofe coïncidence. M'ôtes-tous pas étonnés de voir les lésions de l'encéphale déier* miner quelquefois h diabète sucréf comme je vous en ai cité des exemples eu traitant de la glycosurie, comme cela arrive, d'ailleurs, dans les expériences Mies sur leo animaux dont ou blesse le quatrième ventricule, tandis que le mal eesse, dans d*autres cas, lorsque des lésions cérébrales d'une autre nature soM produites.

J'aurai è appeler votre'attention sur des faite de ce genre k propos de l'ai* bumiiiurie. Vous devei vous rappeler un homme de cinquante- sept anscoocbé au n"" 16 de la salle Sainte-Agnès; il avait une maladie de Bright, avec auj

(i) Lfçf>ns dephyêiûhffiê êitpérimentttfe êfpHqwée à ta mêdmnêk

r06 DU RHUMATISME CÉRÉBRAL.

ObeervatioiiB de rhumatUme cérébral chez un ivrogne et chez une femme qui avait été folle autrefois. — Accidents cérébraux ordinairement dus à une prédisposition x>ersonnelle. — Du délire dans les maladies. — Six formes de rhumatisme cérébral : apoplectique, délirante, méningitique , hydrocéphalique , convulsive et cboréique.— XMvisions un peu artificielles. — Description de ces formes.— Nature du rhumatisme. — Rareté de la méningite , absence habituelle des symptômes et des lésions de la phlegmasie des méninges. — lies accidents cérébraux ne sont pas le fkit d'une n>étastase. — Tiennent ordinairement à une prédisposition cérébrale f&cheuse ; aniécédenis d'ivrognerie ou de névrose. — Le sulfate de quinine ne doit pas être mis en cause. — Traitement.

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