‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 5 sur 57 · DE LA CONGESTION CÉRÉBRALE APOPLBGTJFORME · texte numérisé non relu

DE LA CONGESTION CÉRÉBRALE APOPLBGTJFORME

portait eocore les traces d'une blessure assez profonde qu'il a?ait au fronl. Son intelligence, d'ailleurs, sa sensibilité, ses mouvements, ne laissaient rien à disirer au moment où je le voyais, et les accidents apoplecliformcs avaient doré tout au plus une heure.

Je crois malaisément aux apoplexies chez les gens de trente-cinq ans, surtout quand ces apoplexies se répètent tous les deux mois; immédiatement ridée de Tépilepsic se présenta à mon esprit, et je fis part de mes craintes ^ celui de mes confrères qui m'avait adressé le malade. Il me fut répondu que rien ne légitimait mes soupçons, que jamais on n'avait vu de convulsions; je tins bon pour mon diagnostic; peu après, en pleine audience, le pauvre avoué fut pris d'une grande attaque de mal caduc qui ne laissa malheureusement de doutes dans l'esprit de personne^ et 11 fut forcé de quitter sa profesaiun.

Cependant mon attention était éveillée ; je me demandai si tant de gens que j'avais vus avec des congestions cérébrales apoplectifomies n'étaient pas des épileptiques, et je me tins sur mes gardes.

Mon premier malade eut bientôt d'autres attaques, et maintenant il a quelquefois jusqu'à quatre ou cinq attaques d'épilepsie par jour, et bien sou» vent des vertiges de petit mal ; sa vue est perdue, son intelligence est profondément altérée.

Quant au vieillard dont j'ai sommairement aussi raconté l'histoire, il vit encore, et presque chaque année il a eu une ou deux de ces attaques. Depuis sa chute sur le boulevard, il ne sort jamais sans un domestique, et celui-ci m'a raconté qu'an moment où son maître est gisant à terre, il a des grimaces dans le visage» des secousses dans l'un des bras, qui durent à peine une minute, mais qui suflBsent amplement pour caractériser l'épilepsie.

Depuis cette époque, toutes les fois que j'ai été consulté pour une personne atteinte de congestion cérébrale apoplectiforme, j'ai recherché avec le plus grand soin si, de temps en temps, pendant le jour, il y avait des vertiges subits, rapides, avec les caractères que j'ai indiqués plus haut; si ces attaques de congestion n'étaient pas plutôt nocturnes que diurnes , si au début de l'accident, il n'y avait pas eu de mouvements nerveux^ et presque toujours, lorsque le mal avait frappé en présence de témoins, les convulsions pouvaient être reconnues. Lorsque la congestion avait eu lieu, la nuit, pendant le sommeil , j'apprenais que les urines s'étaient quelquefois écoulées involontairement; que, pendant quelques jours, la langue avait été douloureuse. Le visage, le front, le cou, avaient été souvent couverts de petites taches ecchymotiques, ressemblant à des piqûres de puce. J'apprenais surtout que les accidents revenaient à des intervalles assez rapprochés, ne laissant d'ailleurs aucune trace persistante. En un mot, l'épilepsie apparaissait évidente quand on la cherchait, quand on voulait la trouver.

Il n'y a pas de mois que, dans mon cabinet, je ne voie quelques malades ccusés d'apoplexie, qui sont des épileptiques.

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