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des aiïusioDs également froides sur la tête et sar les épaules. Ces bains, cci aflusions, sont répétés deux ou trois fois dans le courant de la journée. Cependant le malade a déjà du coryza, du calarrhe pulmonaire; si, dans ces condh lions, une aiïusion rapide, de quelques secondes, peut ne pas nuire» il n*en ciC plus de mcmc de ces immersions prolongées, encore moins de ces appllcatioas de glace sur la téle^ comme on voit souvent en prescrire. Assurément le catarrhe (et le catarrhe morbilleux crt toujours assez sérieux pour qu*on cherche à k modérer) ne devra qu'augmenter sous Tinfluence d'un pareil trailemenL Ce que je dis ici n*est malheureusement pas exagéré. Combien de médecins. Ion même qu'ils ne sont pas très convaincus de son utilité, ne cèdent-ils pas anx exigences d'une famille qui réclame une médication active, énergique, à grand appareil, si l'on peut ainsi parler, dans ces cas où le mal a lui-même de m terribles et si rapides allures ! Or la médication par les sangsues, par les bains, cette médication pourtant si meurtrière, est tellement d'accord avec les théories et les préjugés du monde, toujours disposé à raisonner médecine, que, alors qu'on en ignore les graves inconvénients, il paraît souvent diflBcile de ne pas y avoir recours. L'ignorance des uns, le manque d'énergie des autres, ont pour résultat d'augmenter le i)éril.
Dans d'autres cas, les personnes étrangères à notre art, des médecins même, agissent d'une façon plus fâcheuse encore. Ils arrosent d'eau bouillante, Oi entourent de linges qu'ils en ont imbibés, les jambes des malheureux enfants, et déterminent chez eux des accidents plus graves que le mal qu'ib voulaient empêcher. Qui n'a pas entendu parler de ces épouvantables accidents, de ces horribles brûlures par l'eau ou tout autre liquide bouillant, accidents malheureusement trop fréquents, auxquels succombent chaque année un grand nombre d'enfants? Qui d'entre nous n'a pas eu l'occasion d'obsener ou d'entendre raconter de semblables faits? Cependant combien encore les oublient^ lorsque, appelés auprès de petits malades pris de convulsions, ils se hâtent de recourir à la brutale médication que nous condamnons énergiqucmcnt ! Le contact de ces serviettes trempées dans l'eau bouillante est alors bien plus prolongé que dans le cas de brûlure accidentelle. Ici les malheureux ont toute leur connaissance : à la première impression de la douleur, ils appellent pour se faire dépouiller de leurs Têtements ou s'en dépouillent eux-mêmes; dans le coma consécutif aux convulsions, ils ne sentent rien^ et ceux qui devraient les secourir^ laissant volontairement, un temps très prolongé, en contact avec leur peau, ces linges brûlants, ks tuent en croyant les sauver.
Lorsque ces infortunés ne succombent pas sous les effets de h douleur, ib sont enlevés par la violence de l'inflammation ou s'éteignent épuisés par la suppuration. Lorsqu'ils gin^rissent, ils gardent des cicatrices plus ou moins profondes, qui, suivant la place qu'elles occupent, peuvent entraîner d'horribles difformités. J'ai été plusieurs fois témoin de ces accidents; entre autres exemples, j'en ai été témoin chez un Immme qui a été mon maître et celui
de plosieun d*^tre vous. A la suite d'une appUcation d'eau ix)uiUante sur les cuisses, employée pour combattre des phénomènes comateux ou de stur peur profonde survenus dans le cours d'une fièvre typhoïde dont il fut atteint, Marjolin garda de profondes eschares qui compliquèrent singulièrement sa maladie et entravèrent longtemps sa convalescence.
Lorsqu'au début de la rougeole un enfant a des convulsions, sachez atten*dre; ne faites pas de médecine tumultueuse ; informez-vous si le malade est «ojet à l'éciampsie, et si les attaques passent habituellement seules. S'il en est aifisi, une médication peu active suffira, car en général les convulsions initiales des fièvres] éruptives cèdent d'elles-mêmes^ sans que nous ayons besoin d'intervenir. Les saignées, les bains prolongés, les cautérisations à l'eau bouillante, les vésicatoires qui agissent d'une façon analogue aux brûlures, j'ajouterai les poi^atifi énergiques, loin d'ôtre de quelque utilité, aggraveront la maladie, entraveront sa marche, retarderont l'époque de l'éruption, et prépareront pour la suite des complications souvent mortelles.
Je le répète, ces convulsions du début des fièvres éruptives ne sont pas graves en général ; toutefois^ je l'ai dit aussi, elles le sont quelquefois lorsqu'elles
répètent et se rapprochent, elles le sont même dès la première attaque, exceptionnellement. J'ai souvent raconté ce fait, qui s'est passé sous mes feax à l'hôpital Necker. Un enfant de deux ans, qui ne présentait aucun symptôme d'a&ction cérébrale, fut pris de convulsions au moment même où je Texamlnais. J'annonçai aux élèves présents à la visite la marche que les acci* dents allaient probablement suivre : je leur parlais de la forme tonique, qui, précédant la forme clonique^ durerait cinquante 5 soixante secondes, occupant les muscles des membres^ ceux de la poitrine et du ventre, les maintenant roides, comme au début d'une attaque d'épilcpsie. Cependant deux minutes s'étaient écoulées; la roideur ne cédait pas, et je commençais à m'alarmer, lorsqn*en effet une demi-minute encore avait à peine été comptée, que tout à coup nous vîmes la face bleuir, cette coloration bleue augmenter progressivement, pois une résolution subite s'eiïectuer. L'enfant était mort.
€e fait et ceux analogues que l'on pourrait rapporter, tout exceptionnels qu'ils sont, peuvent se rencontrer dans votre pratique médicale; il est essen* tiel de prévoir les mauvaises chances, et de faire des réserves sur le pronostic. U n'est question ici que des convulsions initiales de la rougeole et de la variole ; car celles du début de la scarlatine, au lieu d'être exceptionnellement graves, ie sont an contraire généralement.
Tout récemment, messieurs, vous avez vu dans notre salle de nourrices deux enfants, l'un, au début de la rougeole, ayant tous les symptômes du croup, mais du faux croup, et guérissant ; l'autre, mourant du croup, mais du vrai croup, dans la convalescence de l'exanthème.
Je ne saurais vous dire combien souvent les familles sont épouvantées par l'explosion de ces accidents, survenant dans les quatre ou cinq premiers jours d'une rougeole que ne caractérise encore aucune manifestation du côté de la
l'ii) ROIGEOLE.
peau. Après avoir d'abord présenté tous les symptômes d*un catarrhe léger, Tenfant est pris tout ù coup d'une oppression formidable, accompagnée d'me toux rauque, d'une inspiration sifllanlc, d'une respiration excessivemeat laborieuse, en même temps que la fièvre s'allume. S'il n'y a pas, dans I entoun^p du malade, d'autres malades atteints de rougeole, le diagnostic devient loit embarrassant, et Ton croit avoir affaire uniquement à cette forme de laryngiie aiguë connue sous le nom de pseudo-croup.
Cette erreur ne tirerait pas à^conséquence, si le médecin u'intenrcnait encoit ici quelquefois d'une façon déplorable, s'il restait convaincu que ce psendo* croup est généralement peu grave, et qu'après quelques instants d'angoÎMai plus terribles peut-être pour le cœur d'une mère que compromettantes pov la vie de l'enfant, les accidents se calmeront seuls.
J'aurai à revenir plus tard sur le diagnostic entre la laryngite aiguë et h croup, je suppose que ces notions vous sont familières ; mais lorsque vodi aurez reconnu le faux croup, gardez-vous de vous laisser gagner par le troabk d'une famille désolée; gardez-vous de céder à son impatience, en vérité bia naturelle; gardez-vous, avant tout, d'appliquer des sangsues an cou, à h ban de la poitrine, comme on le fait trop souvent. Sans doute en elle-roême, et dans le traitement du faux croup, celte médication n'est pas dangercac, mais elle le devient en ce sens que la perte de sang peut être considérable: chez un enfant, vous ne savez souvent où elle s'arrêtera, et l'anémie coeiécutive peut entraver la marche de la maladie, dont la laryngite n'était qa*oi accident précui*seur. D'ailleurs, si elle n'est pas dangereuse par elle-môfne, elle est inutile, et mieux vaut ne point l'employer. Graves, qui, du reste, a fort mal connu les affections diphthériques dont il a vu peu de cas, a indiqué, pour combattre le faux croup, une métliode que je vous recommande : elle consiste à passer sous le menton et au devant du cou de l'enfant une éponge trempée dans de l'eau excessivement chaude, à une température toutefois insuffisante pour produire la brûlure, et légèrement exprimée. Cette opératioo est répétée dix, quinze minutes de suite; elle amène vers la peau une sortede fluxion, sous l'influence de laquelle l'oppression cesse ordinairement d'noe façon remarquable, tandis que la toux perd de sa raucité. Indépendammeol de sa puissance, cette médication est, on le voit, d'une meneillcuse simplicité; à elle seule elle sufiit ordinairement pour faire cesser les accidents sans qo'il soit besoin d'avoir recours aux vomitifs. Je parle des accidents laryngés, car, après leur dispariticn, il n'en reste pas moins le catarrhe broncliiquc, cortège habituel de la fièvre morbillcuse, et qui peut Otre menaçant pour l'avenir.
Le catarrhe, en eiïct, le catarrhe suffocant, est souvent une complicalioo sérieuse de la rougeole, chez Tadulte comme chez l'enfant.
Vers le troisième ou lo quatrième jour avant le développement de Icruption, la fièvre s'allume avec une extrême véhémence; l'oppression survient, accompagnée d'une toux grasse qui, chez l'enfant, succède à la toux rauque de la laryngite striduleuse, et rauscultalion révèle l'exihtence de ràlcs
ROCGEOLE. Hi
^ous crcpilaiils daiLs toute Tclcuduc de la poiîrinc. Ces accidents, se maiiîfc^taiitau deuxième ou troisiènic jour de la période d'invasion, sont en généra) redoutables. Toutefois le râle sous -crépitant tout seul, qu«tnd il n*est pas accompagné d*oppression, n'a pas une signification aussi grave.
On sait, du reste, que le catarrhe capillaire, indépendamment de toute cause spécifique, est en lui-même une affection des plus sérieuses, principalement chez Tenfant, beaucoup plus sérieuse que la pneumonie lobaire, que la pleurésie ; on ne doit pas être surpris dès lors de ce que nous disons de sa gra« \it6, plus grande encore, lorsque cette aff'ection est dominée par une cause spéciGque, comme la cause morbilleusc. Toute la maladie se portant du cùié de l'appareil bronchique, toute la fluxion exautbématcuse se faisant b, rien ou presque rien n'apparaît vers la peau. Les malades, les enfants surtout succombent alors après trois on quatre jours de l'invasion des accidents, sans qu'aucune apparence d'éruption se soit manifestée sur la surface cutanée. On |)eut croire avoir eu affaire, dans ces cas, à un simple catarrhe, tandis que ce catarrhe était bien réf^llement morbilleux. J'ajouterai que, dans un grand nombre de circonstances, le diagnostic diff^érentlel est injpossibic à établir, lorsfju'on n'a pas pour point de repère quelque symptôme qui vous mette sur la voie, tels que des saignements de nez, du coryza, de l'otiic, du larmoiement, lorsque surtout on ignore qu'il existe, soit dans la famille du malade, soit même dans la localité qu'il habite, des individus atteints de rougeole.
Chez l'adulte, la forme de ce catarrhe est à peu près la même. L'oppression est tout aussi grande; hiais, dès le premier ou dans le second jour, Texpectoration prend un caraclère tout particulier : pblegmorrhagique d'abord, ellç présente, au plus tard vers le troisième jour, un aspect puriforme, le malade rendant des flots de mucus absolument semblables au pus d'un abcès. Ce ne sont pas ces crachats nummulaires, nageant dans une sérosité légèrement opaline, que noiis avons donnés comme caractéristiques de rcxpectoration dans la rougeole régulière, et qu'on observe au septième, huitième, neuvième, dixième jour de la maladie, épouvantant souvent, hors de pro|)os. les malades et parfois les médecins ; ce sont des crachats mucoso-puriformes, analogues en tout point à ceux qui accompagnent le catarrhe suflbcant des vieillards.
Quoiqu'un peu moins grave chez les adultes que chez les enfants, — car, après une longue pratique, j'ai rarement vu ces derniers guérir de celte afl*ection, — le catarrhe suffocant de la rougeole est encore d'une excessive gravité et résiste aux médications les plus énergiques. Généralement, les malades meurent en quelques jours, d'autres fois après une semaine et plus encore, et, dans ce dernier cas, la bronchite capillaire est devenue le catarrhe péri- . pneumonique, la pneumonie pseudo-lobaire, ou bien est survenu une pneumonie lobaire, compliquée ou non de pleurésie, quoique cette pneumonie ' 'hesoil en général beaucoup moins dangereuse que l'autre.
***» l'ipécacuanha en té:e, les aniimoniaux, le kermès, l'oxyde '^^ry-'S vusicaloirci apj)liqués à plusieurs reprises sur la
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poitrine, sont des moyens ibérdpeuiiqiies trop souvent impoissants dam celte forme si funeste du catarrhe, et dans ]es pneumonies qui lui succèdent*
Une autre médication m'a paru rendre des services momentanés dans m certain nombre de circonstances : c'est Vurtication, Lorsqu'au quatrième jom je voyais se manifester des signes du catarrhe, alors que Texaethème morfailleux aurait dû apparaître, je faisais fustiger le corps du malade deux ou trms fois dans les vingt-quatre heures, de façon à produire sur la peau une abondante éruption. Cette urtication, moins douloureuse qu*on ne rimagine^ pith duit un effet immédiat Bien que la Gèvre ne cMe pas, l'oppression dimiaoe graduellement à mesure que la fluxion vers le tégument externe se prononce. Un fait étrange, c'est qu'au second jour de ce traitement, l'érupticm ortiée, alors même qu'on emploie la petite ortie {urtica vrens)^ plus active qitt h grande {urtica dioica)^ est notablement moindre, et à la fin, après trois oi quatre jours, Tuitication ne produit plus aucun effet. Cela tient, non à ce que la vie s'éleignant chez Tindividu, le venin n'agit plus sur un organisme qui ne réagit pas, mais à ce que cet organisme s'est habitué à Faction de ce veniB, comme nous le voyous s'habituer à l'action d'autres poisons. Il arrive, cbexie sujet soumis à plusieurs reprises successives à Turticatiou, ce qui arrive aux filles de la campagne, qui, après un certain temps, prennent et portent impo* nément sur leurs bras nus ces mêmes orties qui, les premiers jours, agissaiesl énergiquement sur leur peau. En dernière analyse, l'urtication, dans le catarrhe morbilleux des enfants, nous rend quelques services, et nous en rend plus encore chez les adultes : cela dépend probablement de ce que chez ceax-d l'aifection pulmonaire est moins grave que chez ceux-là.
Il est encore d'antres complications du début de la rougeole moins iropcvtantes à étudier : ce sont l'épistaxis et l'otite ; ce dernier accident est bien sobvent méconnu.
Sans aucun doute Vépistaxis, phénomène ordinaire de la maladie, n'a pv de gravité quand elle est modérée ; mais elle devient quelquefois assez aboB* dante pour menacer les jours de l'enfant, ou du moins pour altérer sa sanlfi dans l'avenir. On la combat à l'aide de la glace ou d'eau glacée, que l'on applique sur le front ou que l'on fait respirer par le nez. Ces moyens sont booS' Les astringents réussissent aussi; cependant ce qui réussit mieux encore, ce sont les injections faites dans le nez, non plus avec de l'eau froide, mais ûstc de Veau aussi chaude que le malade peut la supporter. Les injections avec une forte solution de sulfate de cuivre, de sulfate de zinc, avec une décoctiot de ratania, avec une solution de perchlorure de fer, sont d'excellents hémostatiques. Toutefois le perchlorure de fer a l'inconvénient de déterminer II formation d'un énorme caillot qui devient une cause de douleur, et lorsquef deux ou trois jours après, on veut le détacher pour faire cesser la gêne qui occasionne, on s'expose quelquefois à voir reparaître Thémorrhagie ; mail quand le cas est urgent, quand les autres moyens ont échoué, je n'bésiie pas à l'employa. Il faut aussi quelquefois recourir au umponnement
Si le diagnostic de Votiie est généralement simple chez l'adulte, qui peut expliquer ce qu'il éprouve, il n*en est pas de même chez renfant, qui, incapable de rendre compte de ses sensations, accuse seulement par des cris ses souffrances dont il faut deviner la cause et le siège. Cependant les accidents marchent, ils deviennent des complications sérieuses. L'excès de la douleur prodoit le délire, un délire souvent très violent ; la fièvre augmente, sans que cet appareil formidable de symptômes semble avoir une raison d'être lorsqu'on n*est pas prévenu. Aussi, lorsqu'un enfant a passé l'âge de la dentition, et pendant celte époque, lorsqu'on ne constate aucune fluxion du côté de la bonche; lorsqa'en examinant le petit malade avec soin, on ne trouve ni hernie ni ballonnement du ventre; lorsqu'on recherchant si quelque épingle mal fixée dans ses langes ne le pique pas ; lorsque, en un mot, on ne trouve aucune caose capable d'expliquer ses cris continuels et lamentables, on peut croire à une otite ; presque toujours, trente-six ou quarante-huit heures après, vos prévisions sont confirmées par la suppuration qui se fait jour à l'orifice extérieur de l'oreille. Cela est important à connaître pour éviter des fautes thérapeutiques et pour arriver à un traitement utile ; pour se contenter d'injecter daii6 le conduit auditif externe un peu de baume tranquille, ou d'extrait de belladone en dissolution dans de l'eau ou de l'huile, au lieu d'instituer une médication trop énergique qui tournerait au détriment dû malade. La belladone, la JQsqoiaine, suffisent donc pour calmer les 'douleurs; malheureusement elles ne sauraient prévaloir contre les accidents plus graves que l'otite entraîne avec elle, ainsi que nous le dirons en parlant des complications de la troisième période.
En énumérant les symptômes qui accompagnent l'éruption, je vous ai dit, qu'en général la diarrhée apparaissait à cette époque de la maladie. Presque toujours sans gravité, ce phénomène semble même, dans les cas simples, constituer une crise favorable, au moment où l'exanthème se porte Ters la peau. Il semble qu'à ce moment où le levain morbide a atteint son summum d'activité^ à ce moment où la despumation, comme l'appelait Sydenbam. Ta se faire dans toute sa force, il semble qu'il n'y ait pas assez d'émonctoires ouTerfs. Ainsi, indépendamment du coryza, du catarrhe oculaire, du catarrhe bronchique, la maladie, frappant les intestins, produit une diarrhée catarrfaale, qui parait un symptôme avantageux, chez les enfants surtout; chez les adultes ce symptôme est plus rare. Je parle, bien entendu, toujours de la diarrhée au jour de l'éruption. Elle est, ainsi que je l'ai dit, quelquefois très abondante, les malades allant jusqu'à dix et même quinze fois à la garde* robe dans les vingt-quatre heures. Mais si cette diarrhée n'a rien d'alarmant lorsque les autres symptômes, l'éruption, la fièvre, marchent naturellement, il n'en est plus ainsi lorsque l'éruption se fait mal, que les yeux se cavent, que le flux intestinal prend une trop grande proportion et se prolonge au delà de son terme habituel. Il faut alors se hâter d'intervenir, car chez les jeunes enfants peuvent arriver des accidents cholériformes. Si même la diarrhée,
1(|& nOLGLOLE.
durant plus de \iugl-quairc heures, reste uus&i \iolculc le secoud jour que le premier, il faut agir, et dans ce cas Topinm est le remède héroïque ; H arrûle le flux intestinal, en agissant sur l'intestin en même temps que, par ses vert» diaphorétiqucs, il favorise le développement de Texanthème en agissant sur h peau.
Je ne saurais trop insister sur les précautions à prendre pour administrer ce médicament ; les enfants présentent une sensibilité si extraordinaire à soi action, qn*à l'âge d'un an et au-dessous ils peuvenjL être stupéfiés et reilar plongés dans ce demi-sommeil pendant deux jours par une seule goaUe de laudanum, c'est-à-dire par un trentième de grain d'opium. Je prescris dans ce cas une potion avec : eau de chaux, 60 grammes; laudanum de Sydenhaii, une dcmi-goulte. l'our cela on met une goutte de laudanum dans deux cnilerées à café d'eau, et de ce mélange on prend la moitié que Ton associe am l'eau de chaux. Cette potion doit être donnée |)ar cuillerées dans les vinglquatre heures.
Il arrive souvent que le catarrhe intestinal morbilleux épuise son acUooci se manifestant sur le gros intestin, en produisant cette colite de forme particulière caraciéiisée par des selles sanglantes, glaireuses, et par do téncsoi& Soit dit en passant, le mot dysenterie appliqué à cette colite l'est ici fort nd à propos. I^ dysenterie est une maladie épidémique, spécifique, comagieuse, ù forme toute particulière, tout indépendante, toute personnelle. S c'est une colite, c'est une colite toute spéciale, et la colite de la rougeole ci est une très différente, aussi diiïérenie de la première que rexanthène morbilleux est diiïcrent de rexanthèinc scarlatinciix, bien que l'une d l'autre éruption occupent également la peau, aussi diiïérente encore qoe l'eclhyma l'est de la variole, bien que les pustules de l'une rcsseinhleiil beaucoup aux pustules de l'autre. Cette distinction entre la colite morbilleM et la dysenterie est essentielle à poser, car celle-ci est bien autrement dangereuse que celle-là. La première se guérit généralement seule; on peut la fatic a^sser, lorsqu'elle se prolonge, en administrant au malade des lavements albamineux; si l'on ^eut aller plus vite, un lavement avec 5 ou 10 centîgranmiei de nitrate d'argent dissous dans 100 grammes d'eau distillée, ou bien aicc 25^ 30 centigrammes de sulfate de cuivre ou de sulfate de xinc dans dib même quantité de véhicule, suffisent pour arrêter cette diarrhée colique qUi suneuant au cinquième ou sixième jour de la rougeole, n'est en déGoitirCi pas plus un accident sérieux que ne l'est l'irritation, souvent assez violenlfi qui survient à la lèvre supérieure sous l'influence du coryza. Ces accideals i:ont très analogues, leur siège seul est diiïérent.
Apres avoir passé en revue les diverses complications de la période d'ipvi' sion de la rougeole, convulsions, faux croup, catarrhe suffocant, épistaxiii otite, diarrhée colique, j'arrive aux complications de la seconde période, dite A'truption.
A proprement parler, ces ccinpUcalions u'appai tiennent pas à cette sccoiide
pfriodc. Ainsi^ le catarrhe capillaire, qui l'accompagne souvent, a débuté avec la maladie et ne fait que se continuer pendant la période d'éruption. Dans un grand nombre de circonstances, il est vrai, il appartient plus spécialement à celle-ci, en ce sens qn*ayant commencé 5 apparaître dans la première période, mais sans présenter aucune gravité, il fait explosion vers le sixième ou septième jour, c'est-à-dire vers le second ou troisième jour de l'éruption, prenant les allures du catarrhe suffocant, de la pneumonie lobutaire et pseudolobaii*e. En définitive, le catarrhe, en tant que catarrhe simple, est un accident propre à l'invasion de la rougeole, tandis que le catarrhe suffocant, tandis que le catarrhe péripneumonique et la pneumonie franclie elle-même, appartiens draient davantage à la période d'éruption.
Bien que déjà nous nous soyons assez longuement étendu sur ce sujet, je ne crains pas d'y revenir et d'y insister encore, car le catarrhe péripneumonique^ la pneumonie lobulairc et pseudo-lobaire, conséquence extrême du catarrhe capillaire^ est toujours, dans la rougeole, la complication la plus rcdoutaUei bien plus redoutable que la pneuhionie franche, que la pleurésie : c'est lui qui emporte, en effet, la majorité des malades. Lorsque, arrivés au septième jour d'une rougeole qui ju8que4à marchait régulièrement, vous voyez l'éruption pâlir, M le lendemain la fièvre reprend avec une certaine intensité, vous devez craindre Qoe complication, et le plus souvent, presque invariablement, c'est du côté de la poitrine que cette complication existe. Chez l'adulte, elle peut consister en nne pneumonie franche ; toutefois cela est rare, et le plus souvent on a affaire à une broncho-pneumonie. Chez l'enfant, cette broncho-pneumonie, ce catarrhe péripneumonique est, pour ainsi dire, la règle absolue, tant sont rares les exceptions, rinflammation du parenchyme pulmonaire n'étant que l'extension d'une bronchite qui a précédé et dont l'élément catarrhal prédomine encore. Il est d'autant plus important d'être fixé sur ce point d'étioiogic et sur ce mode de processus pathologique, que tout de suite ils nous donnent l'explication delà gravité extrême de cet accident de la rougeole.
Dans les deux ou trois premières années de la vie, il est presque toujours mortel. Pendant une épidémie que nous observâmes en 18^5 et 18^6, à Thôpitil Necker, sor 2/i enfants atteints de rougeole, 22 furent emportés par le catarrhe péripneumonique ; les deux autres échappèrent à celte terrible complication thoracique. Ce chiffre donne la mesure de l'épouvantable gravité de cette affection : toutefois celle-ci se rencontre plus souvent dans la pratique des hôpitaux que dans celle de la ville ; mais pourtant, pendant certaines épidémies, elle peut aussi cruellement séviren dehors des influences nosocomiales, et tel médecin qui, jusque-là, avait considéré la rougeole comme une maladie bénigne, apprendra dans ces tristes circonstances à la redouter. Lorsque, il y a ^fcQte-sept ans, je commençais l'exercice de la médecine, les deux premiers malade» auprès desquels je fus appelé étaient deux individus atteints de rougeole, an6 enfant de onze ans, une servante de vingt et un ans : toutes deux MKGombèrent à la Urondio pneumonie, qui chez l'une fut compliquée de
TRUl'SSKAl'^ 2« wlit. — 1. Y^
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pleurésie. Je jugeai dès celte époque que la rougeole pouvait être une maladie sérieuse ; et depuis lors, après être resté plusieurs années sans perdre d'individus, adultes ou enfants, qui en étaient atteints, j*ai rencontré la désastreuse épidémie de Thôpital Nccker, que je rappelais tout à Theurc ; cette année encore, nous avons tous vu, tant dans notre clientèle privée que dans celle do nos confrères qui nous mandaient en consultation, un assez grand nombre d*enfants et même d^adultes enlevés par le catarrhe morbilleux péripneumonique.
Toutes les fois donc que, vers le huitième jour de la rougeole, la fièvre, qui devrait céder ce jour-là, persiste, si les râles sous-crépitants que l'on entendait à Tausculiation dès le quatrième jour de la maladie, et qui, au moment où Téroption appardt, ou tout au moins vers le deuxième ou le troisième jourde cette nouvelle période, auraient dû devenir plus gros, si ces râles ne présentent pas cette modification, s*ils restent aussi fixes que dans la première période, il faut craindre quelque chose d'insolite du côté des poumons; la broucliopneumonie n'est encore caractérisée que par les symptômes généraux, les symptômes locaux restant les mêmes, par la fièvre persistante et plus intense, mais bientôt le souflle bronchique en sera le signe patbognomonique, et les malades succomberont à cette affection à une époque plus ou moins éloignée du moment de son développement.
La nature même de cette complication rend compte de sa ténacité. De toutes les affections pulmonaires, le catarrhe, en effet, est la plus tenace, li plus incertaine dans ses allures. Le rhume le plus simple ne dure-til pas souvent plus qn*une pneumonie? Ces bronchites opiniâtres ne font-elles pas tousser des mob entiers, tandis que la pneumonie franchement inflammatoire est généralement nne maladie passagère ? On comprend, en conséquence, la persbtance d'une affection pulmonaire dans laquelle Téiément bronchique est prédominanu Même en dehors de toute influence morbilleuse, le catarrhe bronchique est cbei l'enfant une maladie interminable ; il cède un instant pour reparaître bientôt après, céder et reparaître encore à deux, trois, quatre reprises, durant ainsi deux ou trois mois avant d'arriver à la guérison, et après deux ou trois mois aussi pouvant se terminer par la mort. L'affection pulmonaire dans la rougeole étant essentiellement catarrhale, on ne doit donc pas être surpris de voir la broncho^pneumonie durer trente à quarante jours , non-seulement chei les enfants, mais encore chez les adultes. Indépendamment de cet élément caiarrhal qui la constitue, la broncho-pneumonie morbilleuse emprunte à la maladie virulente dont elle est Texpression un princi|)c spécifique, contagieux, septique, qui augmente sa ténacité cl sa gravité.
Celte ténacité du catarrhe morbilleux péi ipneumonique se retrouve dans d'autres manifestations extérieures de la rougeole. Ainsi, l'ophlhalmie géuM" lement simple qui acconipagne celle-ci peut quelquefois persister pendant pluMCursmois; celle opkthalmie exanthétnateu^^ coaune l'appefle Wardrop» M quelquefois grave» et peut ameiier des gmMi^ "«^ioMlivc, des
ROUGEOLE. Mil
pUycténoles, des onyx, des ulcérations de la cornée, ei Makenzic dit avoir ru des cas où Tœil avait été détruit par une violente ophlhalmie puro-niuqoeuse à la suite de la rougeole. Toutefois ces accidents sont rares; généralement l'aflection se borne à une rougeur plus ou moins prononcée de la conjonctive, avec intolérance de la lumière, douleur légère et épiphora; mais, je le répète, ces ophtbalmies ont une ténacité considérable sous la dépendance de h cause spéciGque qui les a dominées dès le début Bien souvent aussi les blépharophthalmies ont eu la rougeole pour point de départ.
Ce que nous disons pour les inflammations de la conjonctive s'applique également aux inflammations de la membrane muqueuse nasale. Combien d'en- /ants, d'adultes qui, exempts jusque-là de ces sortes de maux, conservent, après h rougeole, un eczéma chronique des fosses nasales, eczéma envahissant la lèvre supérieure qu'il tuméfie, et s'étendant quelquefois en arrière des cavités nasales jusque ^ers et dans la trompe d'Ëustache, où il occasionne un gonflement qui cause à son tour la surdité ?
Ces inflammations des yeux, du nez, peuvent amenerdes accidents sérieux. Si la rougeole a frappé un enfant, un adulte en puissance de la diathèse scro- (oleuse, alors même que celle-ci ne s'est point encore manifestée, les affections morbîUeuses pourront, comme les aiïections scarlatineuses, être le point de départ de révolution diatbésique qui imprimera son cachet aux lésions dont nous parlons et déterminera des engorgements ganglionnaires qui, arrivant à suppuration, laisseront après eux des cicatrices indélébiles.
Ces manifestations diathésiques ne sont pas les seules dont la rougeole puisse être cause. Chez les enfants qui sont assez rapidement enlevés par cette fièvre exanthémateuse, on trouve souvent des ganglions bronchiques plus ou moins notablement engorgés; de même que dans la scarlatine nous avons noté les engorgements ganglionnaires du cou, de môme qu'à la dothiéuenlérie appartiennent les engorgements ganglionnaires du mésentère, de même les engorgements des ganglions bronchiques appartiennent à la rougeole : ils sont la conséquence du retentissement de la phlegmasie qui a occupé les bronches, comme dans la scarlatine l'adénite cervicale était la conséquenre de l'angine pharyngée, comme les adénites mésentériques sont, dans la fièvre putride, le retentissement de la phlegmasie instestinale.
Si la phlegmasie catarrhale des bronches a longtemps duré, sile maladeétait BOUS Tempirede la diathèse tuberculeuse, les engorgements ganglionnaires revêtent encore ici le caractère de cette diathèse : à l'autopsie, les ganglions se présentent convertis en des masses tuberculeuses. Ce qui s'observe chez l'enfant s'ohserve également chez l'adolescent et chez l'adulte ; chez les uns comme chez les autres, la rougeole devient la cause occasionnelle du développement des ^«bcrcoles, lorsque l'individu portait en lui le germe héréditaire de cette ma- Wie, ti celle-ci marchera avec une rapidité beaucoup plus grande qu'elle ne Tlifiit filigi la fièvre exanlhémaleuse n'en avait pas hâté le développement. V» la pbtbisie prend la forme aiguë, rapide^ très différente de
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la phlliisic galopante à forme typhoïde, dont j'aurai plus tard à vous culrcleiiir. C'est encore à la suite de la rougeole que surviennent, chez les enfants, les gangrènes de la bouche et de la vulve. Ces accidents sont très fréquents dans les hôpitaux consacrés aux maladies du jeune âge : les religieuses attachées au service de Thôpital de la rue de Sèvres ne Tigiiorent pas; aussi, lorsqu'elles oui à soigner des rougeoles, redoublent-elles de soins de propreté, surtout pourles petites filles placées sous leur direction. Quand ces soins sont négligés, on voit de petites excoriations survenir à la vulve : en elles-mêmes ces excoriations n*ont aucune gravité, elles se produisent avec d'autant plus de facilité que la membrane muqueuse des parties génitales n'échappe pas plus que les autres aux influences de la rougeole ; mais si dans ces conditions la malade est au milieu d'un foyer épidémique, a>mmc cela n'est que trop commun dans les hôpitaux d'enfants, l'excoriation de la vulve va servir de porte d'entrée à la maladie. Le mal passe d'abord inaperçu, mais bientôt une tuméfaction notable survient du côté des grandes lèvres, elle s'étend dans le pligénito-crural; elle est accompagnée de rougeur vive des téguments, d'une induration des tissus soos-jacents, qui, au toucher, fait naître l'idée d'un phlegmon profond. Alors en cntr'ouvant la vulve, on découvre des concrétions blanchâtres, quelquefois grisâtres, ordinairement d'une odeur fétide, et se prolongeant quelquefois jusqu'5 l'anus. Alors aussi il n'y a plus à temporiser, tout de suite il faut employer une médication énergique. Dès le lendemain de l'apparition de la concrétion pultacée, le tissu cellulaire sera mortifié, toute l'épaisseur delà grande lèvre serait sphacélée, et cette gangrène envahissant le vagin, perforant juMju'au péritoine, les malades seraient rapidement emportées. Au début, une thérapeutique vigoureusement active peut seule conjurer le danger. Cautérisez avec l'acide chlorhydrique fumant, avec le nitrate d'argent, avec le sulfate de enivre; si les caustiques ne suflisent pas, si les accidents marchent, une fois la gan« grène produite, le fer rouge deviendra votre unique ressource.
Ces gangrènes peuvent se produire encore du côté de la bouche, et si ces accidents sont plus rares dans la pratique de la ville que dans celle des hôpitaux, ils n'y sont pas pourtant inconnus.
Dans quelques cas aussi, la rougeole peut être le point de départ de la diphthvrie. Celle-ci, se développant, soit sur les membranes muqueuses du vagin, dans les plis de la peau, là où l'enveloppe cutanée présente, chez les jeunes sujets, une si grande analogie avec les membranes muqueuses, soit, ce qui est le cas le plus fréquent, sur les membranes buccale, pharyngienne, nasale, prend généralement alors un caractère de malignité.
Une autre complication grave de la rougeole dont je vous ai déjà dit un mot au commencement de celte conférena», c'e^t le pur^jura, qui se présente sous une forme bien différente du morbus liœmorrhagicus de >Verlhoff, très différente du purpura aigu tel que nous le connaissons. (iClte complication, je oc l'ai vue que deux fois.
Il y a maintenant quinze à seize aiw mUl-» ««ttHHto» ^
ROUGEOLE. l&Q
M. le docleur Goqucret auprès d'une pctile fille de cinq ans qui venait d'avoir la rougeole. La fièvre avait constamment été accompagnée d'une stupeur plus grande qu'il n'est d'habitude dans celte maladie. L'éruption s'était faite, mais les taches exanthématiques avaient eu cette coloration foncée, cette teintehémorriiagique qui ne disparait pas sous la pression du doigt. Lorsque, le huitième jour, survint un peu de délire, des épistaxis, qui s'étaient produites dans la première période, comme c'est assez d'ordinaire, se produisirent avec une plus grande abondance. Les parents, alarmés de ces liémorrhagies nasales, me firent appeler. L'enfant avait perdu beaucoup de sang ; nous conseillâmes des injections avec la décoction de ratania daas le nez, des injections d'eau très chaude, des injections avec la solution de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre : i'épistaxbsc modéra. Cependant, après quelques heures, d'autres hémorrhagies se déclarèrent : il y eut de l'hématurie, des selles sanglantes, des hématémèses; enfin, dans les deux jours qui suivirent, des taches ecchymotiques se montrèrent dans le dos, et l'enfant succomba dans un état d'anémie profonde. L'autopsie ne put être faite, mais, si j'en juge d'après ce que l'on a eu l'occasion de vérifier sur les cadavres d'individus morts à la suite de pareils accidents, nous aurions probablement trouvé des ecchymoses autour des reins, sons le péritoine, et pcut-^tre, comme en quelques cas, sous les enveloppes du cœur et sous d'autres membranes viscérales.
Ainsi, dans certaines conditions difficiles à apprécier, bien que probablement, comme je vous le disais, le génie épidémique vienne ici jouer son rôle, la rougeole peut revêtir celle forme hémorrhagique terrible, analogue à celle que revêt quelquefois la variole, avec cette différence que, dans les varioles noires, les hémorrliagies se produisent le plus ordinairement dans la première période de la maladie, tandis que, dans la rougeole, elles ne surviennent que dans la dernière.
M. le docteur Cliairou, dans un travail remarquable récompensé par l'Académie de médecine, nous a donné la relatiou d'une épidémie de rougeole très grave qui a sévi à Rueil en 1862. La maladie avait cela de particulier que, bien que l'exanthème morbilleux n'eût pas une intensité extraordinaire, elle était accompagnée de sueurs profuses et d'une éruption vésiculeuse assez analogue à la miliairc des femmes en couches. Aussi 31. Cbairou proposa-til de donner à la maladie le nom de rougeolc-suelte. Pour moi^ je ne crois pas à la complication de la sueite proprement dite, pas plus que je n'y crois chez les femmes en couches atteintes de miliaii e.
Toujours est- il que l'épidémie de Rueil était caractérisée par des phénomènes fort insolites. Dès le début, outre les épistaxis cl les vomissements, on observait des accidents typhoïdes, et plus tard le muguet, des aphlhes el des ulcérations plus profondes aticignant lo périoste el amenant la nécro^c des os RHiiUaires. On voyait en outre survenir des abccs multiples au visage, au cou, ^ s'observe plus souvent dans la variole el dans la scarlatine. Les •^"•icuscs se recouvraient souvent de sécrétions diphlhé-
roîdes : il en était de même des excoriations qui arrivaient à la peau, soit sous l'influence des vésications, soit par toute autre cause.
Les convulsions venaient souvent s'ajouter à cette scène déplorable, et elles annonçaient presque certainement une issue fatale, lors même qu'elles s'étaient manifestées au début Je n'ai pas besoin d'ajouter que cette épidémie de rougeole fut aussi meurtrière que le sont ordinairement les épidémies de fièvre typhoïde.
Nous avons dit que les accidents nerveux arrivaient surtout au début dans la rougeoie, on peut cependant les voir se manifester de nouveau dans la der^ nière période de la maladie ; ils se rattachent alors, non à la pyrexie ellemême, mais à quelqu'une de ses complications. Ainsi, lorsque des broocbopneumonies, des péripneumonies surviennent chez les enfants qui ont eu des attaques d'édampsie lors de l'invasion de la rougeole, ces broncho-pneumonies peuvent occasionner le retour des convulsions, qui sont alors précédées ei suivies de (roubles cérébraux caractérisés par de la stupeur ; elles durent deux, trois, quatre jours, quelquefois quelques heures seulement, quelques minutes même, et enlèvent ordinairement le malade. Ces accidents nerveux de la dernière période de la rougeole, qui relèvent le plus ordinairement d'une complication thoracique grave, ne s'observent guère chez les jeunes enfants.
La pyrexie exanthémateuse, dont nous avons passé en revue les complications, peut donc se terminer comme elle s'est annoncée, par les convulsions ; mais il ne faut pas oublier que les convulsions initiales n'ont en général aucune gravité, tandis que les convulsions terminales, celles qui arrivent après le huitième jour de la rougeole, ont une signification des plus funestes.
ROSEOLE. 151