‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 3)Chapitre 23 sur 81 · OREILLONS · texte numérisé non relu

OREILLONS

^miloarein. C'était la seule lésion organique un peu notable, et certes elle li*étiil guère de nature à nous rendre compte de l'appareil symptomalique si âerrible dont nous étions témoins.

1- Llibtolre de mon premier malade me revint soudainement en mémoire ; je

le fait Si mes collègues. Je me hasardai à porter un pronostic un peu moins , supposant qu'il s'agissait d'une métastase des oreillons. ' Les parents, le chef d'institution, interrogés, répondirent que le jeune JlÉBlide n'avait rien eu les jours précédents qui ressemblât aux oreillons. Il me Mot céder devant des assertions aussi nettement formulées, et la médication le II veille fut continuée.

' ' Le lendemain, le gonflement du testicule et de l'épididyme était beaucoup phis manifeste; le délire avait cessé, aussi bien que les vomissements et la MMrrbée; la fièvre était encore vive, mais le pouls avait de l'ampleur, et Il peau était halitueuse.

' Quelques jours à peine s'étaient écoulés, que le jeune malade était rendu (m liaiDille et à la santé.

•• Alon nous l'interrogeâmeâ avec soin. Il nous raconta que, deux ou trois |hus avant le début des accidents, il avait eu du malaise avec douleur de forge et gonflement vers l'oreille à Tangle de la mâchoire; qu'il avait été se Momener dans la forêt de Saint-Germain où il avait été saisi par le froid; que Jh gonflement avait diminué le lendemain, et que le jour suivant les accidents terribles signalés plus haut s'étaient manifestés.

y A peu près à la même époque, les oreillons régnaient dans un pensionnat MBsidérable dont j'étais le médecin. Je prévins le chef de l'institution du peu §B gravité, de celte maladie, mais je l'avertis aussi de la possibilité des métasur les testicules, pour que, prévenu, il ne soupçonnât pas des aflections oorrbagiques chez ceux de ses grands élèves qui en seraient atteints.

quelques jours de là, faisant une visite à l'infirmerie, j'eus en eflet à consta* nu de ces accidents, t. Dans le même temps aussi, les oreillons sévissaient sur des pensionnats de f^emoiselles, et nous observions les métastases, qui, chez les femmes, comme Jb Vd» l'ai dit, se font principalement sur les mamelles. Chose remarquable, penoone ne les a notées du côté des ovaires, et cependant ces organes étant CMsidérés comme les analogues des testicules, ou pouvait penser qu'ils seraient lias spécialement aussi le siège des fluxions métastatiques dont nous parlons.

n existe dans certaines familles une singulière tendance à cette métastase. IL le docteur Poinsot me racontait que ses deux frères et lui, après lesoreil- » avaient eu une violente orchite.

Les deux premiers faits que je vous ai rapportés sont certes fort curieux, pas au point de vue de la métastase en elle-même que tous les auteurs ont fligpaléc, mais au point de vue des accidents qui peuvent se manifester penqac la métastase s'effectue, avant qu'elle se fixe.

Beaucoup de médecins, surtout depuis que l'organicisme a pris dans notre

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eogelgnement une place tristement importante, que, grâce au cîel, il tend de jour en jour à perdre, beaucoup de médecins ont nié les accidents de b métastase, en ce sens que les phénomènes symptomatiques ne se maniiestent, suivant eux, que lorsque la lésion nouvelle a pris du développement. Pour les médecins bippocratistes, on suppose que le principe morbîûque, mobile dans Téconomie, se met en contact avec tous les éléments organiques, et provoque ^des troubles généraux dont la gravité peut varier au même titre que» pendant la période d'invasion des fièvres éruptives, des accidents terribles peuvent se manifester quand les lésions des solides n'existent pas encore, pour cesser ou diminuer quand les lésions locales se montrent.

Ce sont là des laits cliniques importants, et qui à eux seuls fournissent un enseignement utile; je devais, messieurs, vous les signaler.

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XI. — DE LtJRTIGAIRE (FiËYBB ORTIÊB, febris wticata de Yogel).

Espèce noBologique bien distincte. — L'éruption ortiée audorale n'est jpas pins rurticaire que les éruptions sudorales, morbillilbrmes ou scarlatiniformes ne sont la rougeole ou la scarlatine» — Symptômes généraux précurseurs. — Ganses occasionnelles.

'Messieurs,

Ud officier d*une trentaine d*années, d*ane belle constitution, fut pris, an milieu de la plus parfaite santé, d'accidents présentant, an premier abord, un caractère alarmant : c'était de l'anxiété précordiale, de la céphalalgie intense, une fiëTre vi^e, des nausées. Ces phénomènes, qui avaient débuté le soir, durèrent toute la nuit, et étaient à peine calmés lorsque le médecin arriva auprès du malade. On constata alors une tuméfaction notable du visage, et cette tuméfaction, qui occasionnait une sensation de tension très gênante, s'observait à un moindre degré, il est vrai, mais s'étendait à toute la surface du corps. On voyait alors la peau couverte d'une éruption caractérisée par des élevures blanchâtres, entourées d'une légère aréole rouge. Les symptômes généraux se dissipèrent rapidement, et le malade, qui n'accusa plus que des démangeaisons insupportables qui le sollicitaient à se gratter, fut complètement guéri trente-six heures après le début des accidents.

A quelque temps de là, cet officier eut une seconde atteinte, et la même maladie, qui revêtit le même appareil de symptômes, fut caractérisée par la même éruption à la peau, et céda avec la même rapidité, peut-être sous l'influence d'un léger laxatif qui fut administré l'une et l'antre fois.

Il affirmait ne pouvoir attribuer ce qu'il avait éprouvé à l'ingestion d'aliments ; il se rappelait seulement, la première fois, avoir mangé, la veille, de la sole; mais il se rappelait aussi que ce poisson était parfaitement frais, et jusque-là il en avait toujours fait impunément usage comme il pouvait aussi manger impunément, des moules et de toute autre espèce de coquillages, des écrevisses, de tous les aliments, en un mot, qui, chez d'autres personnes, sont si souvent la cause occasionnelle de l'urticaire.

C'est, en eiïct, à celte dernière maladie qu'on avait eu affaire dans cette circonstance, et, à la description très succincte que je vous en ai donnée^ vous avez reconnu, messieurs, l'exanthème de forme spéciale dont le type absolu est l'éruption produite par la piqûre de l'ortie brûlante.

Je vous signalerai, un jour, l'éruption ortiée dans les exanthèmes sudoraux ; mais cette éruption ne constituait pas plus alors la maladie dont je veux à présent vous entretenir, que les exanthèmes sudoraux morbilliformes et scarlatiniformes constituent la rougeole ou la scarlatine.

1S8 URTIC/URE.

L*urUcaire, la febrU urticata, est une espèce iiosologique bien définie, quoiqu'elle survienne sous TinQuence de causes excessivement variées, ainsi que je le dirai (oulà Theurc. Ces causes ne jouent qu*un rôle secondaire : ce sont des causes occasionnelles, éveillant, suivant les conditions idiosynrrasiques des individus, une prédisposition particulière en vertu de laquelle se forme la matière morbiûque, vraie cause de la maladie, ce que les anciens auraient appelé sa cause prochaine.

La fièvre orliée s'annonce, comme les fièvres éruptives, par des symptômes précurseurs qui durent, avec une intensité variabU*, pendant quelques heures, et peuvent se prolonger un ou deux jours. Ces symptômes consistent en un malaise général, en de la céphalalgie, des horripilations, des frissons, en une anxiété précordiale, des lipothymies et de la gêne plus ou moins considérable de la respiration, portée quelquefois jusqu'au point de faire craindre au malade la suffocation. Des nausées, des vomissements surviennent en quel(|ues cas; en quelques cas aussi, il y a des coliques, de la diarrhée, tous les symptômes de Tindigeslion, mais c'est lorsque la cause occasionnelle de la maladie a été l'ingestion de certaines substances. Toujours ces phénomènes sont accompagnés d'un mouvement fébrile très marqué. Il semble que la matière morbifiqne 80 soit formée en telle quantité, que les différents émonctoircs soient à peine suffisants pour l'éliminer, ou bien qu'avant de trouver sa voie naturelle, qui est le tégument externe, elle aille, permettez-moi cette figure, frapper à toutes les portes, affectant le système nerveux, les appareils respiratoires et digestifs?.

Bientôt le malade éprouve une sensation de chaleur insolite, de démangeaison en certains points de la peau, puis ces différents points se tuméfient Ce gonflement, très appréciable à la vue, se généralisant dans une étendue plus ou moins grande, donne lieu à une sensation de tension accusée par le malade, et l'éruption caractéristique apparaît enfin.

Celle-ci, qui occupe tantôt la face, tantôt d'autres parties du corps, et plus spécialement les épaules, les lombes, la face interne des avant-bi*as, des cuisses, le pourtour des genoux, est constituée par des élevures rosées ou d'un rouge vif, quelquefois d'un blanc mat, entourées toujours d'une aréole rouge, et ressemblant tout à fait par leur forme, par leur étendue, par leur aspect, à l'éruption produite par la piqûre dos orties, et quelquefois par la piqûre des abeilles ou des guêpes : « Forma, viagnitudine et sjjecie valde similes illh qiias iirticûîntm punctura, aut vespnrum opumve ictus excitât. »

Plus ou moins nombreuses, tantôt en très petit nombre et très distinctes les unes des autres, tantôt elles couvrent presque toute la surface du corps et peuvent être confluentes. Leur forme n'a rien de déterminé; elles sont anx)ndies, ovales, par plaques irrégulières. Lorsqu'elles sont nombreuses et confluentes, l'éruption peut en imposer pour une éruption scarlatineuse, et la rapidité avec laquelle elle s'est laite, le peu de durée des symptômes précurseurs, augmenteraient h cbafice d'errear, si la tuméfaction parfois très con-

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