‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 3)Chapitre 31 sur 81 · TYPHUS · texte numérisé non relu

TYPHUS

piterait par la fenêtre. Ce violent état est habitaellement suivi d'ane période de collapsus, pendant laquelle le délire est tranquille; le malade murmaraut à voix basse. Plus communément le délire n'est jamais aigu, même d'abord. Quelle que soit sa forme, il est accompagné d'insomnie, et on l'excite quand oo parle au malade. L'expression du visage devient plus sombre, plus triste, plus stupide, la prostration augmentant d'heure en heure. I.^ symptômes de l'excitation nerveuse sont généralement plus prononcés vers le soir et dans la nuit; la prostration est plus grande le matin. A cette époque de la maladie, la langue est sèche, brune, rude à son centre et tremblante ; des fuliginosités (tordes) s'accumulent sur les dents et les lèvres ; la constipation continue. Le poub varie de 100 à 120, il est plein et mou, plus souvent |)etit et faible. Les mouvements de la respiration varient également entre vingt et trente, mais ibpeayent conserver leur fréquence normale, comme aussi ils |)euvent tomber jusqu'à huit inspirations par minute, alors que le pouls est petit, que le cœur est profondément troublé dans ses actions. La respiration peut encore être spasmodique, saccadée, dans les cas où les troubles cérébraux, le délire suivi de coma, sont très prononcés. Elle peut enfin être irrégulière, les inspirations se succédant avec une excessive rapidité, et être purement diaphragmatique, les muscles de la cage ihoracique semblant paralysés. Cette respiration nerveuse^ indépendante de toute complication du côté de l'appareil respiratoire, est un phénomène d'une excessive gravité. L'haleine du malade est fétide. La peau plus froide que pendant la première semaine, sèche ou légèrement visqueuse, exhale aussi une odeur particulière que l'on a comparée à celle que dégage la paille pourrie, à l'odeur des bétes fauves, à celle des souris, mais qui, en réalité, est suigeneris. L'éruption prend une teinte plus sombre, et vers le milieu de ce second septénaire apparaissent de véritables |)étéchies, d'une teinte pourpre ou bleuâtre, qui peuveut se développer au centre de plusieurs taches, avec la teinte brun rougcâtre desquelles leurs bords se fondent graduellement.

Après trois ou quatre jours (par conséquent vers le dixième ou le onzième jour du début de la maladie), les symptômes d'excitation nerveuse sont remplacés par plus ou moins d'oppression ou de stupeur. La stupeur commence par alterner avec le délire qui est plus prononcé pendant la nuit. I^ prostration est extrême ; le malade reste couché sur le dos, gémissant, murmurant d'une façon incohérente, ou bien demeurant tranquille sans bouger avec une propension à tomber vers la partie inférieure de son lit. Il est tout à fait incapable de se soulever ou même de se tourner sur le dîlé ; c'est avec une extrême difliculté qu'on le lève, et il est entièrement indiiïérent aux personnes ou aux choses qui lentourent. 11 a souvent alors des tremblements, des soubresauts de tendons, du crocidismc [pickiny of the bid-clothes). Son expression est celle de la stupeur, il a l'air hagard ; ses conjonctives sont injectées, ses paupières à peu près fermées , ses pupilles contractées. La surdité est un accident coinnmn. Loi^|u'on parle haut au malade, il regarde d'un air étonné

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