‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 3)Chapitre 37 sur 81 · XIX. — DIPHTHÉRIË (MAL ÉGYPTIAQUE · texte numérisé non relu

XIX. — DIPHTHÉRIË (MAL ÉGYPTIAQUE

Messieurs,

Depais plusieurs années, les rapports envoyés à l'Acadénûe de médecine, les communications adressées aux diiïércnts journaux scientiGques, sigoileot des épidémies meurtrières de diphthérie sévissant sur divers points de h France, n*épargnant pas plus les déparlements du midi que ceux du centre, du nord, de Touest et de Test. Ces épidémies régnent également dans les pays étrangers : en Angleterre, où, depuis soixante ans, il en était h peine question; en Amérique, en Allemagne, dans la Péninsule espagnole. L*attention du public et celle des médecins sont plus que jamais éveillées sur ce redoutable fléau. Les faits qui, dans ces derniers temps, se sont multipliés dans le service de la clinique, me mettent en demeure de vous exposer mes idées 8ur cet important sujet, et c'est un devoir pour moi de vous les communiquer. Je veux donc, dans une série de leçons, vous parler de cette maladie, l'une des plus graves qui désolent Thumanité. Je n'épuiserai pas la matière, j'insisterai seulement d*une façoi\ toute spéciale sur les points les plus pratiques de la question, en prenant, autant que possible, pour exemples, les malades que nous aurons observés ensemble. Vous ne vous attende! cependant pas, messieurs, à ce que je reproduise ici, ni mêmeli ce que je vous donne le résumé des nombreuses observations qui ont été recueillies sous vos yeux; en les mettant toutes à profil chemin faisant, en appuyant mes propositions sur d'autres faits tirés de ma pratique particulière, en m'autorisanl de l'expérience de mes confrères et de celle des différents auteurs qui ont écrit sur cette maladie, je serai sobre de longues histoires, ne citant que juste ce qu'il nous faudra pour mieux vous faire comprendre ce que je vous dirai. J'insisterai aussi, messieurs, sur la nécessité d'un traitement dont, aujourd'hui, on voudrait contester même l'utilité; je combattrai cette déplorable tendance à s'écarter de la vraie roule suivie jusqu'à ce jour par des observateurs du premier mérite.

La diphthérie est une maladie spécifique par excellence, contagieuse de si nature, dont les manifestations se font du côté des membranes muqueuses et du côté de la peau, présentant là comme ici les mêmes caractères. Je dis que les manifestations se font du côté de la peau et des membranes muqueuses, parce qu'en ciïct la diphthérie a cela de commun avec certaines maladies spécifiques et contagieuses, comme les fièvres éruptives, comme la syphilis, mais avec celte différence, toutefois, qu'elle ne frappe le tégument externe qu'à la condition qu'il sera dénudé de son épiderme. Cependant la maladie que nous étudions montre une préférence marquée pour le pbarjfnx. nour W

Page 1