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la manière que je viens de décrire (c'est l'angine pharyngée, amenant la mort par suffocation), et trois eu moururent... C'étaient les plus jeunes. Ils n'eurent point de gène dans la respiration, mais ces symptômes furent remplacés par des ulcères très-incommodes qui parurent derrière les oreilles.
» Ces ulcérations commençaient par des rougeurs discrètes, qui bientôt se réunissaient, causaient de vives démangeaisons, et laissaient suinter une grande quantité d'icbor si acre, qu'il corrodait les parties voisines, de sorte qu'en peq de jours Térosion occupait toute la partie postérieure de l'oreille et s'étendait jusque sur le cou. Tous avaient la fièvre^ particulièrement la nuit, un d'eux souffrait d'un ténesme continuel. Ces mêmes symptômes se montrèrent sur plusieurs de ceux qui eurent de la difficulté à respirer, mais sur aucun à no degré aussi remarquable que chez ce dernier enfant* Plusieurs autres après celui-ci eurent de semblables ulcères derrière les oreilles, et quelques-uns paraissaient légèrement affectés de difficulté de respirer... Ces ulcérations persévéraient pendant plusieurs semaines, se recouvraient sur quelques points de pellicules semblables à celles des tonsilles, et elles devenaient enfin fort douloureuses. M
Mon attention n'a jamais été autant éveillée sur ce sujet que dans l'expédition médicale à laquelle je faisais allusion lout^ l'heure, et dont je vais vous rappeler les faits.
Nous fûmes informés, M. Ramon et moi, que l'angine maligne venait de se montrera Nouan*le-Fuzelier, département de Loir-et-Cher, village situé sur la route d'Orléans à Bourges, et qu'il y avait eu déjà plusieurs victimes. Nous nous y transportâmes, et M. Leménager, médecin qui habitait ce bourg, eut la bonté de nous acccompagner chez les malades. Nous commençâmes parla maison d'une femme nommée Joséphine Pressoir. Elle était située ù l'extrémité nord de Nouan, et jusqu'ici il n'y avait eu de malades que dans la partie sud, dans un hameau un peu sépare du bourg que Ton appelait les Bois, La fille de Joséphine Pressoir, âgée de huit ans, avait en, nous dit sa mère, quelques communications avec une famille infectée du hameau des Rois, et peu après elle avait été atteinte de la diphthérie pharyngienne. Lorsque noiis la vîmes, elle était an huitième jour de sa maladie. M. Leménager avait a[Kpliqué des sangsues au cou, avait touché trois fois l'arrière- bouche avec une solutio!! de nitrate d'argent et fait plusieurs insufflations d'alun. En outre, la crainte d'une affection gangreneuse avait engagé ce médecin à faire, dans la gorge, des injections avec une décoction de quinquina camphrée^ et à prescrire des gargarismes avec l'alun et le quinquina. Au cinquième jour de la maladie, on applitjua un vesicatoire â la nuque ; il survint une abondante suppuration, et la surface excoriée se recouvrit de fausses membranes, ainsi qu'une ulcération que celte jeune fille portait depuis longtemps an pied. , Nous trouvâmes le dos de l'enfant dans l'état suivant :
Le vesicatoire, qui n'avait, dans le principe, que trois pouces de largeur, en avait alors plus de six ; il était horriblement donlonrenx et fournissait une
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DIPHTHÊBIE.
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suppuration excessive ; il s'étendait sur le dot en faisant des jetées inépÉM semblables à des fiches de trictrac, et il était entouré d'une largearMifep sipélateuse, beaucoup plus prononcée en bas qu'en haut et sur la cêiàil partie dénudée de son épidcrme paraissait déprimée, et l'était ré«lleiMl,i égard à la tuméfaction environnante. Elle était recouverte deooachi neuses superposées, d'un blanc jaunâtre, qui, plus épaisses au centre, en s'amincissant vers la circonférence ; au milieu, leur épaitseor èttk deux, trois et jusqu'à quatre lignes ; elles ressemblaient exactement an crétions pleurétiques sèches que l'on trouve dans la cavité de la poiuîae, que la résolution a déjà commencé et que la partie séreuse qui s'éuit cbée s'est presque entièrement résorbée. £n soulevant qaelques-onciè concrétions avec une feuille de métal très*mince, nous vîmes qu'eHci raient assez fortement au tissudelapeau, et qn elles ne se détachaint une certaine difilcuité. Il Importe de faire observer que le vésiatoîn été toujours pansé avec du beurre seulement.
L'érysipèle environnant avait un aspect singnlier. La rongeur étaitd'i plus vive, que l'on était plus près des parties excoriées. L'épiderme, ta multitude de points, était soulevé par de petites masses de sérosité de sorte que la peau était couverte de vésicules confliientes au voisiDi|B plaie, de moins en moins nombreuses h mesure que l'on se ri| téguments encore sains. Parmi les vésicules, il y en avait qui avoir été formées de la réunion de plusieurs ; d'autres qui, simples oa s'étaient crevées, et à leur place se voyait le derme recouvert d'one blanche: ces ulcérations se réunissaient k d'autres petites, puis venaient tir à la principale, cl c'est ainsi que le mal gagnait de proche en proche.
J'ajouterai, comme particularité notable, que du côté de ta tête et des les, l'érjsipèle s'étendait à peine, et ({ue dans ces points on ne voyait tort peu d'érysipèle.
Cependant la mère de cette enfant, Joséphine Pressoir, étant anx cinq jours avant que sa fille tombât malade, avait, â la suite de ceqo'i pelait un coup de froid, été saisie d'une vive douleur dans Tun do Bientôt survint une inflammation du tissu cellulaire de la mamelle, cl forma un afM^s. Le pus vint faire saillie ; au sommet de la tumeur la frappée de mortification dans une étendue d'environ trois lignes, et s'ouvrit spontanément. Nous vîmes la malade le lendemain ; déjà la fbà entourée d'un cercle érysipélateux, et les bords de l'ulcératioD d'une fausse membrane qui s'étendait sur les téguments dans l'espacede à trois lignes. La fille Pressoir était alors au huitième jour de la diphtliérie; n'avait cessé de coucher avec sa mère pendant tout le temps de sa roahi^
A la Bleltièrc, ferme située dans la commune de Marcilly-en-VihtlCi |)arteinenl du Loiret, cinq |)ei*sonnes meurent de la diphlhérie cliéale. Huré (Pierre- Auguste), âgé de dix ans, couche dans la roéoe dans le roéine lit que ceux qui avaient succombé ; bientôt une i
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légère qu'il avait derrière les oreilles s*exaspère, la peau se couvre de busses membranes, la phlegmasie pelliculaire s'étend à tout le dos, et il meurt eu peu de jours, épuisé par d'atroces douleurs et par une suppuration excessivement abondante. M. Regnaud, médecin de la Ferté-Saint-Aubin, avait vu un autre malade de Marcilly périr exactement de la même manière, 2i la suite d'une diphthérie cutanée qui d'abord s'était emparée de quelques ulcératioiu» faveuses du cuir chevelu^ et de là s'était étendue au cou, au dos, jusqu'aux lombrs. Il nous communiqua encore l'histoire d'un homme de Marcillyt chez qui la diphihérie avait envahi la peau du scrotum préalablement excoriée.
Au Graud-Pied-Blain, métairie située dans la commune de Tremblevif, k un petit quart de lieue sud^st delà Ferté«Beauharuais, douze personnes furent atteintes de l'angine maligne et dix succombèrent I^ mère de trois enfantSi qui venait de mourir, s'était appliqué un véèicatoire de précaution^ pea« sant par là prévenir la maladie ; mais en peu de jours, la surface du vésicatoire, les parties environnantes, s'euflammèient d'une manière horrible, et cette malheureuse femme ne tarda pas à périr. On nous dit que la peau du cou avait été frappée de gangrène.
La même chose s'observa dans la famille de Bouzy, au hameau des RoiSi prèsde?(ouan-le-Fuzelier. Déjà il y avait eu des malades dans la plupart des maisons du hameau, et une petite Clle était morte dans une chambre immédiatement voiNine de celle de Buuzy. Un jeune homme, nommé Cauqui et âgé de dix-neuf ans, couchait dans la pièce que Bouzy, sa femme et son enfant oc^^ cupaicnt ; il contracta Tangine maligne ; aussitôt Bouzy, épouvanté, appliqua un vésicatoire aux deux bras de son enfant poui* tirer Vhumeur ; presque aussitôt les vésicatoires se recouvrirent de fausses membranes, la peau s' enflamma tout autour ; le quatrième jour, époque à laquelle nous vîmes cet enfant, le nez était obstrué par des concrétions pclliculaires, il s'en écoulait une sérosité extrêmement fétide, et déjà le pharynx commençait à être envahi par la diphthérie.
A Saint-Loup, département de Loir-et-Cher, vingt et une personnes avaient été atteintes de la diphthérie, dix-neuf étaient mortes. Le nommé Biaise, adjoint au maire, et sa femme, venaient dé voir mourir leurs deux enfants; eux-mêmes avaient rangine maligne au moment où nous fûmes couduits chez eux par M. Alacaire, méderin à Mennetou. Léjà le mari allait mieux, grâce à la médiction topique, et sa femme, dont le larynx avait été envahi par la fausse membrane, conmiençait à inspirer de moindres inquiétudes ; mais on lui avait mi s un vésicatoire au bras gauche, et le bras était maintenant dans un état vraiment adieux. La surface du \ésicatoirc s'était hirgulièrcment élargie ;elle parais>iait profondément enfoncée et était couverte d'une concrétion pellicu. laire d'un gris noirâtre ; il en ruisselait une sérosité limpide très-fétide ; le bras tout entier, Tavant-Lras, la main, étaient gonHés et d'un rose luisant. Il était impossible de ne pas croire que b surface du vésicatoire était frappée de
S7i DIPHTHÊBie.
0iortiGcation ; cependant, en piquant avec une épingle, nous nous aperçûmes qu'au-dessous de la fausse membrane la sensibilité élait très- vive.
Nous saupoudrâmes la plaie avec du calomel préparé à la vapeur; dès le lendemain les douleurs et la tuméfaction étaient presque entièrement dissipées: CD insista sur la même médication : trois jours après le début du traitement, la plate élait entièrement détergée, il y avait une suppuration louable^ les fausses membranes avaient entièrement disparu ; il ne restait plus qu*une petite es* chare gangreneuse qui se détacha au bout de douze ou quinze jours.
Un enfant venait de mourir de la diphtliéric trachéale, dans une ferme du département de l'Indre. M. Bonscrgent, appelé trop tard, n'avait pu lui donner des secours eflicaces, mais il avait fait appliquer quelques sangsues sur le ventre de la mère, qui se plaignait de douleurs abdominales ; les piqâres de sangsues ne tardèrent pas à s'enflammer, la peaudevintérysipélateuse, et bientôt, dès que Tépidermc se fut détaché, elle se recouvrit de fausses membranes tellement fétides, qu'elles simulaient la gangrène.
François Minière, âgé de quarante*cinq ans, cantonnier delà commune de Ghaumont-sur-Tharonne, département de Loir-et-Cher, avait deux enfants aSectésdu mal de gorge épidémique. L'un succomba, l'autre fut guéri parla médication topique. Sur ces entrefaites, le père lui-même, qui avait une excoriation à la partie interne de l'articulation méiatarso-phalangienne d'un des gros orteils, éprouve bientôt une vive douleur dans cette partie. La peau devient érysipélateusc, se dépouille de son épiderme ; quelques jours après, existait un ulcère sordide, à bords inégaux, épais, et entouré d'une tuméfaction considérable ; la surface delà plaie était recouverte d'une fausse membrane grisâtre qu'on pouvait enlever assez facilement; les ganglions de l'aine et ceux de la partie interne de la jambe étaient considérablement tuméfiés. Nous saupoudrâmes la plaie avec environ six grains de calomel, et, trente- six heures après, la surface de rulccre était diminuée d'un quart, la douleur était moins vive, la tuméfaction avait disparu, il n'y avait plus de faus«e membrane. Nous réitérâmes notre médication et nous laissâmes du calomel au malade ; mais il perdit ce médicament, et la plaie qui, en peu de temps avait été réduite à très-|)eu de chose, resta ensuite longtemps stationnaire.
Un jeune garçon de Marcilly-en-Yillette, nommé Maître (Denis-Lubin), garda, ainsi que sa mère, la diphthérie gingivale (cette espèce particulière de la maladie dont je vous parlerai plus tard) pendant quelque temps ; il finit par succomber à la diphthérie, qui envahit à la fois et la goi*ge et le cuir chevelu. Cet enfant avait la teigne. Son frère, âgé de treize ans, vacher au Colombier, commune de Ménestreau, vint à Marcilly au moment où son père et sa sœur étaient malades ; peu après son retour au Colombier, les ulcéraiions qu'il avait èla tête devinrent horriblement douloureuses et laissèrent rui>seler une grande quantité de sérosité fétide. Ces détails nous furent donnés |)ar ce jeune garçon lui-même et par madame Briolet du Cyran, qui lui donna des soins et le guérit.
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it roGcasioodu dé?eloppemeDt de l'épidémie qui se déclara dans Mtait. Je TOUS eo reparlerai en vous disant quelques mois sur h dîphthérie.
prb Selles, une jeune fille avait contracté la maladie ; elle parents aux Barres (Indre), ferme située à une lieue de PauleHe mourut, ainsi que ses deux sœurs, et la mère, qui les soid*one diphthérie qui occupait le côté du cou et toute la partie Cette femme ne mourut pas, mais elle fut longtemps à ra de vives souffrances.
Ire), un petit enfant qui tétait encore contracta l'angine dipii-
laitépidémiquement. Sa mère continua de l'allaiter jusqu'à
rlon ne larda pas à être envahi par l'inflammation spéciale ;
dusses membranes dont une médication convenable arrêta
[époque, M. le docteur Bourgeois observait à la Ferté-Saint-
famille composée de sept personnes, une épidémie de diph-
liC la peau chez toutes, la vulve cliez une petite fille ; chez un
monrut du croup, la maladie siégea d'abord sur la eutssê^
\i excorié par le frottement produit sur le rebord d'une
lelle le traînait son frère aîné, qui lui-même succomba à une
sept jours avant le premier.
I, les faits se sont multipliés en proportion considé-
de médecins qui n'en aient rencontré d'analogues. Vous
•même un certain nombre dans le service de la clinique.
Elle Agée de dix-huit mois, qui était au n** 18 de notre salle
vous ai montré l'affection pelliculaii*e occupant, derrière
Ils primitivement le siège d'un eczéma. Vous vous ra[>-
de quatre mois, chez qui la diphtliérie se déclara à la
ooo, sur des plaques rouges formées entre les plis de la
bientôt aux oreilles : des cautérisations avec le perchlorure
guérison. Chez d'autres, c'étaient des surfaces dénudées
qni étaient prises; il en fut ainsi, entre autres, chez un
notre crèche. Il |)ortait un vésicatoire au bras, et contracta
ime entrée dans nos salles pour une stomatite couenneuse
son berceau était placé.
i» peine, j'étais mandé par un de mes confrères pour voir
dipbthérie pharyngienne. Sous l'influence d'un traitement
), le mal s'était arrêté; mais le médecin avait cru devoir
''re sur la partie antérieure du cou. J'exprimai au confrère
le cette plaie qui, disais-je, se recouvrirait, suivant toute
ms couenneuses qni envahiraient probablement aussi le
et j'engageais il agir vigoureusement. Mes prévisions ne