‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 4)Chapitre 14 sur 100 · LXIX. — DE LA DIARRHÉE · texte numérisé non relu

LXIX. — DE LA DIARRHÉE

Sa classification établie d'après ses causes prochaines, c'est-à-dire d'après le mécanisme suivant lequel elle se produit.— Diarrhée catarrhale : la spécificité peut y jouer son rôle. — Diarrhée sudorale. — Diarrhée nerveuse. — Diarrhée dans laquelle le catarrhe est consécutif à une sécrétion exagérée du tube digestif ou de ses annexes. ^ — Diarrhée par tonicité exagérée. — Diarrhée par indigestion* — Diarrhée se rattachant à l'existence de maladies organiques. — Ce classement est artificiel et ces diverses espèces se confondent.

Messieurs ,

Lorsque les excrétions alvioes sont tout à la fois plus liquides, plus fréquentes et plus abondantes qu'elles ne doivent l*être normalement, que ces matières soient constituées par le résidu des aliments non digérés ou incomplètement digérés, par le produit des sécrétions intestinales, pancréatique, hépatique, qu'elles renferment ou non du sang ou des débris de membrane muqueuse, on dit qu'il y a diarrhée.

De toutes les affections que le médecin rencontre dans sa pratique, celle-ci est assurément la plus commune; il n'en est pas non plus qui demande à être combattue par des moyens plus variés. Cette diversité des remèdes étant commandée par la multiplicité même des causes du mal, il est nécessaire de bien connaître ces causes pour arriver à instituer une thérapeutique rationnelle.

Aûn de rendre plus facile pour vous l'étjide que j'entreprends aujourd'hui, je distingue plusieurs espèces de diarrhée. Les divisions que j'adopte ne ressemblent pas à celles qui vous sont données par vos auteurs classiques; mais, sans chercher à discuter le mérite et les avantages des unes ou des autres, je TOUS propose les miennes, parce que je comprends ainsi le sujet, et parce que, avant toutes choses, je fais la médecine avec les idées que j'ai puisées dansma propre expérience, les soumettant d'ailleurs à votre appréciation, les livrant entièrement à votre contrôle.

J'admets donc sept espèces de diarrhées : l'une est la diarrhée catarrhale ou phlegmasique; la seconde est la diarrhée sudorale (je vous expliquerai \Àus loin ce que j'entends par là) ; la troisième reconnaît pour cause une sécrétion eugéréc de l'intestin se produisant sous l'influence de certains troubles de l'innervation ; la quatrième est encore une diarrhée catarrhale, mais ici le catarrhe n'est survenu que consécutivement à un flux intestinal excessif; la cinquième espèce, je l'appelle diarrhée par excès de tonicité de l'intestin; la sixième dépend d'un vice dans i'alimeniation, des mauvaises qualités des iagcsta, mauvaises qualités qui peuvent être absolues ou relatives; la septième, enfin, se rattache à l'existence de maladies organiques.

TROUSSEAU, 2* édit. — III. 7

DB LA DIARAHÉE.

La diart'hée caiarrhale est celle qae dous observons le plus fréquemment

Toutes les membranes muqueuses, celles de Tœil comme celles du nez et de Toreille, celle de la bouche comme celles du pharynx» du larynx et des bronches, celle de Tulérus comme celles de l'urètbre, de la lessie, des reins, sont susceptibles de s*enflammer. En raison même de la nature des tissas qu'elle frappe, cette inflammation revêt habituellement un caractère particulier qui constitue la phlegmasie cataiThale. La membrane moqueuse do tube digestif n*en est pas plus à l'abri que les autres» et peut-Çtre même y est-elle plus souvent sujette.

Comme toute phlegmasie, la phlegmasie catarrbale peut être nraple {genuina) : mais quel que soit son siège, elle peut aussi être spécifique, et former ainsi un certain nombre d'espèces qui, se souvenant chacune de son origine, suivront une marche particulière, se manifesteront par des symptômes propres, liés à la nature de la cause spécifique dont la phlegmasie relève.

Semblables à elles-mêmes chez des individus différents, ces diverses espèces ne ressemblent pas les unes aux autres; elles diffèrent essentiellement quant à leurs symptômes, quant à leur durée, quant à leur gravité, et aussi» c'est 1^ un point que vous ne devez jamais perdre de vue, quant aux moyens thérapeutiques qu'il vous faudra employer pour les guérir.

Pour les phlegmasics catarrhales de la membrane muqueuse oculaire, par exemple ; à côté de ces phlegmasies simples occasionnées par un coup de froid, par un corps étranger qui se sera introduit sous la paupière, vous aurez cette phlegmasie catarrhale épidémiqne, vulgairement connue sous le nom de cocotte; vous aurez Tophlbalmie purulente, l'opbthalmie blennorrhagiqne, etc., très-dissemblables dans leurs allures, dans leur mode de terminaison.

Pour les phlegmasies catarrhales de la membrane muqueuse des fosses nasales, à côté du coryza simple, vous aurez les coryzas morbilleox, scarlattneux, varioleux, les coryzas de la morve, le coryza scrofuleux» syphilitique, etc. , et personne ne contestera, ne méconnaîtra les caractères différentiels qui les distinguent.

De môme pour l'intestin, vous aurez des phlegmasies catarrhales simples, et des phlegmasies catarrhales spécifiques : celle, par exemple, qui accompagne la rougeole, la scarlatine, la variole conflucnte à son début; celle qui se lie à l'existence d*une diathèse, comme la diathèsc herpétiqne, entre autres. Ce sont là des faits sur lesquels j'ai assez longuement appelé votre attention dans d^antres circonstances, et notamment à propos des dyspepsies.

Ces phlegmasies, spécifiques ou non, indépendamment des phénomènes qui leur sont propres, en présentent d'autres qui leur sont communs à toutes.

Les uns sont inhérents à la nature de l'élément anatomique qui entre dans la composition du tissu muqueux : ce sont les flux, exagération de la sécrétion qui se fait normalement à la surface des membranes muqueuses, et dont les produits sont tout à la fois modifiés dans leur quantité et altérés dans leurs qualité

DB &A BIARBHÊB.

Les antres sont subordonnés au stége de Finflammation, c'est-à-dire aux appareils qu*eUe frappe : ce sont des troubles fonctionnels; car par cela seul qu'un organe est malade, la fonction qui lui est départie est pins ou mokiB troublée, sinon complètement abolie. Il est inutile d'ajouter que ces troubles fonctionnels varient nécessairement avec les appareils m» en cause.

Si c'est la membrane muqueuse nasale qui est enflammée, l'odorat est affaibli, perverti ou perdu. Si c'est la membrane muqueuse bronchique, lapestorbatîon est bien autrement sérieuse. La digestion de l'oxygène, permetiezmoi cette expression, se faisant mal, l'hématose n'a plus lieu qu'iœpariaitemenl^ et suivant que la phlegmasic catarrbale sera plus on moins étendue, plus m moins profonde, plus ou moins persistante, les troubles des ibnetions hématcfôiques pourront arriver à ce point que la cachexie en ser» la conséquence.

Si c'est la membrane muqueuse du tube digestif, la digestion sera troublée, et elle le sera de différentes manières, selon que ce sera telle ou telle portioB de l'appareil gastro-intestinal qui sera plus particulièrement affectée.

Que l'estomac s'enOamme, aussitôt ses appareils sécréteurs fonctionneront d'une manière anomale, les sucs gastriques ne seront pins versés en quantité et en qualité convenables, la chymiûcation sera tout au moins incomplète. Que l'estomac restant sain, lest intestins soient malades, la chylification ne se fera pins ou se fera mal, en raison même de la perturbation apportée par la pble|^ masie dans la sécrétion des sucs intestinaux.

Mais, tandis que cette sécrétion exagérée des liquides gastriques et inicstinanx entraîne une mauvaise élaboration des aliments, ces aliments mal élaborés à leur tour, se comportant envers l'appareil muqueux du tube digestif comne des corps étrangers qui l'irritent, augmenteront encore la sécrétion et l'aben*dance du flux.

En même temps ces corps irritants, agissant sur le plan musculaire de l'intestin, solliciteront ses contractions et rendront les mouvements péristalciqnes tout à la fois plus fréquents et plus rapides. Cette fréquence et cette rapîdîÉé pins grandes des mouvements péristaltiques, qui est sollicitée d'ailleurs aoBsi parla présence des principes excrémentitiels de la bile, laquelle, ainn que nons allons le dire, est alors versée en quantité plus considérable dans le duodémun; cette fréquence et celte rapidité exagérées des mouvements périsultiquei nous expliquent la fréquence plus considérable des garderobes.

Les flux diarrhéiques sont donc constitués (je parie de ce qui arrive dans la diarriiée catarrbale) par le résidu des matières alimentaires mal éhborées, par les humeurs sécrétées à la surface de l'intestin, enCn par les humeurs fournies par les grands appareils glandulaires du tube digestif, le pancréas et le foie, sympathiquement excités.

Tous savez, messieurs, que lorsque les extrémités des canaux afiérents d'une glande s'ouvrent sur une membrane muqueuse irritée, l'irritation se propage sympathiquement Jusqu'à cette glande, dont les fonctions sécrétoires se trouvent, par ce fait môme, exaltées.

OB LA MARIHÊE.

La dtart*hée caiarrhale est celle que nous observons le plus fréquemment

Toutes les membranes muqueuses, celles de Tœil comme celles du nez et de Toreiile, celle de la bouche comme celles du pharynx, da larynx et des bronches, celle de Tutérus comme celles de Turètbre, de la vessie, des reins, sont susceptibles de s*enflammer. En raison même de la nature des tissus qu'elle frappe, celte inflammation revêt habitoellement un caractère particnlier qui constitue ta phiegmasie cataiirhale, La membrane maqneiise do tobe digestif n*en est pas plus à l'abri que les autres, et peut-^tre même y est-elle plus souvent sujette.

Comme toute phiegmasie, la phiegmasie catarrhale peut être simple {genttina) : mais quel que soit son siège, elle peut aussi être spécifique, et former ainsi un certain nombre d'espèces qui, se souvenant chacune de son origine, suivront une marche particulière, se manifesteront par des symptômes propres, liés à la nature de la cause spécifique dont la phiegmasie relève.

Semblables h elles-mêmes chez des individus différents, ces diverses espèces ne ressemblent pas les unes aux autres; elles diffèrent essentiellement quant à leors symptômes, qnant à leur durée, quant à leur gravité, et anssi, c'est \ï m point que vous ne devez jamais perdre de vue, quant aux moyens thérapeutiques qn'il vous faudra employer pour les guérir.

Pour les phlegmasies catarrhales de la membrane muqueuse oculaire, par exemple ; à côté de ces phlegmasies simples occasionnées par un coup de froid, par un corps étranger qui se sera introduit sous la paupière, vous aurez cette phiegmasie catarrhale épidémique, vulgairement connue sous le nom de cocotte ; vous aurez ropbthalmie purulente, l'ophthalmie blennorrhagique, etc., très-dissemblables dans leurs allures, dans leur mode de terminaison.

Pour les phlegmasies catarrhales de la membrane muqueuse des fosses nasales, à côté du coryza simple, vous aurez les corjzas morbilleux, scarlatîneux, variolenx, les coryzas de la morve, le coryza scrofuleux, syphilitique, etc. , et personne ne contestera, ne méconnaîtra les caractères différentiels qui les distinguent.

De même pour l'intestin, vous aurez des phlegmasies catarrhales simples, et des phlegmasies catarrhales spécifiques : celle, par exemple, qui accompagne la rougeole, la scarlatine, la variole confluentc à son début ; celle qui se lie à l'existence d*unc diathèse, comme la diathèse herpétique, entre antres. Ce sont là des faits sur lesquels j'ai assez longuement appelé votre attention dans d'autres circonstances, et notamment à propos des dyspepsies.

Ces phlegmasies, spécifiques ou non, indépendamment des phénomènes qui leur sont propres, en présentent d'autres qui leur sont communs à toutes.

Les uns sont inhérents h la nature de l'élément anatomique qui entre dans la composition du tissu mnqueux : ce sont les flux, exagération de la sécrétion qui se fait normalement à la surface des membranes muqueuses, et dont les produits sont tout à la fois modifiés dans leur quantité et altérés dans leurs qualité

Les antre» sont subordonnés an siégse de rinflammation, c'est-Wira anx appareils qn*eUe frappe : ce sont des troubles fonctionnels; car par cda acnl qu'un organe est malade, la fonction qui lui est départie est plus eu mokm trooUée, sinon Gomplétement abolie. Il est inutile d'ajouter que ces troubles fonctionnels varient nécessairement avec les appareils mis en cause.

Si c'est la nianbrane nuiqueuse nasale qui est enflammée, l'odorat est affaibli, perverti ou perdu. Si c'est la membrane muqueuse bronchique, la peetnrbatîon est bien autrement sérieuse. La digestion de l'oxygène, permetlezmoi cette expression, se faisant mad, l'hématose n'a |rfus lieu qu'imparbitemen^ et suivant que la phlegmasie catarrbale sera plus on moins étendue^ plnaos moins profonde, plus ou moins persistante, les troubles des fonctions hématosiques pourront arriver à ce point que la cachexie en ser» la conséquence.

Si c'est la membrane muqueuse du tube digestif, la digestion sera troublée, et elle le sera de différentes manières, selon que ce sera telle ou telle portion de l'appareil gastro-intestinal qui sera plus particulièrement affectée.

Que l'estomac s'enflamme, aussitôt ses appareils sécréteurs fonctionneront d*nne manière anomale, les sucs gastriques ne seront plus versés en quantité et en qualité convenables, la chymiûcation sera tout au moins incomplète. Que l'estomac restant sain, \e» intestins soient malades, la chylification ne se fora pins on se fera mal, en raison même de la perturbation apportée par k phlegmasie dans la sécrétion des sucs intestinaux.

Mais, tandis que cette sécrétion exagérée des li(iuides gastriques et intoti nanx entraine une mauvaise élaboration des aliments, ces aliments mal élateés à leur tour, se comportant envers l'appareil muqueux du tube digestif comme des corps étrangers qui l'irritent, augmenteront encore la sécrétion et l'aben^^ dance du flux.

En même temps ces corps irritants, agissant sur le plan musculaire de linfestin, solliciteront ses contractions et rendront les mouvements péristaltiqiMS tout à la fois plus fréquents et plus rapides. Cette fréquence et cette rapidiié plus grandes des mouvements péristaltiques, qui est sollicitée d'aiUeurs anmi par la présence des principes excrémentitiels de la bile, laquelle, ainsi que nons allons le dire, est alors versée en quantité plus considérable dans le duodémut ; cette fréquence et celte rapidité exagérées des mouvements péristaltiques nous expliquent la fréquence plus considérable des garderobes.

Les flux diarrhéiques sont donc constitués (je parle de ce qui arrive dans la diarriiée catarrbale) par le résidu des matières alimentaires mal élaborées, par les humeurs sécrétées à la surface de l'intestin, euGn par les humeurs fournies par les grands appareils glandulaires du tube digestif, le pancréas et le foie, sympathiquement excités.

Tous savez^ messieurs, que lorsque les extrémités des canaux afférents d'une glande s'ouvrent sur une membrane muqueuse irritée, l'irritation se propage sympathiquement jusqu'à cette glande, dont les fonctions sécrétoires se trouvent, par ce fait même, exaltées.

10& DE LA DIARRHÉE

De même aussi que tout à Theure les néTralgîes de la région de l'œil déterminaient un flux exagéré de larmes, de même une douleur locale va provoquer une excitation anomale des appareils sécréteurs de Fintestin; une hépatalgic entraînera la polycbolie. En même temps que la sécrétion sera augmentée, il y aura, comme dans l'exemple que je viens de rapporter tout à l'heure à propos de l'influence du trouble de l'innervation sur la sécrétion lactée, une modiflcation, une perversion dans la composition des produits sécrétés.

Voilà donc un flux anomal reconnaissant pour cause une modalité particulière imprimée au système nerveux, voilà la diarrhée nerveuse ; et cette diarrhée, primitivement ainsi provoquée, sera d'autant plus abondante que cet afflux de liquides dans la cavité de l'intestin aura pour conséquence l'indigestion , à cause du changement de rapport entre les aliments qui doivent être élaborés dans leur parcours à travers le tube digestif et les sucs qui doivent servir à cette élaboration.

Il m'importait, messieurs, d'entrer ces détails, parce que la diarrhée nerveuse est une des plus fréquentes, on même temps qu'elle est une de celles sur lesquelles le médecin a le plus de prise quand il sait la reconnaître.

Dans la quatrième espèce^ la diarrhée est encore catarrhalc comme dans II première, mais avec cette différence capitale que, tandis qu'ici l'exagération de la sécrétion intestinale est sous la dépendance de l'irritation primitivement développée sur la membrane muqueuse intestinale, dans Tespèce dont nous parlons maintenant, c'est au contraire une sécrétion tout à la fois exagérée quant à sa quantité, et viciée quant à sa qualité, qui produit Tirritation, l'inflammation catarrhale de l'intestin.

Ce qui se passe du côté d'autres appareils, dans des conditions morbides analogues, vous fera mieux saisir ma pensée.

Un coryza qui a duré quelques heures seulement, amène du côté de la lèvre supérieure, pour peu que l'individu ait une peau susceptible et délicate, une irritation qui, si le coryza persiste, ira jusqu'à produire l'excoriation des parties. Et notez bien, messieurs, que ce n'est pas seulement à l'écoulement d*un mucus plus ou moins épais, qu'il faut attribuer les accidents que je signale, car vous ne verrez rien de semblable survenir chez les enfants mal soignés et morveux, lorsqu'ils sont d'ailleurs parfaitement bien portants. Il faut que ce mucus ait quelques propriétés particulières, il faut qu'il soit le produit d'une sécrétion morbide, telle que celle qui accompagne l'inflammation catarrhale la plus simple de la membrane muqueuse de Schneider. Cette irritation consécutive, développée du côté de la peau, peut se développer, toiili. même influence, du côté du pharynx, et je aoii €Miiit||Kjj|ÎMÉ^ angines catarrhales reconnaissent pas A'MlViHÉriiM mucus irritant, qui s'épanche par l'orilke posHp**""^^^^^^^^^^^^^* de coryza.

Les malades, dans ce cas» se plalgoeal nez dans la gorge et, si vous y regarci'

DE LA DIÂRBRÊB.

postérieure etsnpérieure do pharynx est recouverte de mucosités filantes, pomlentcs, qui au bout d'un temps variable déterminent par leur contact l'angine catarrhale.

Un flux abondant de larmes n'entraine-t-il pas quelque chose d'analogue du côté des joues? Si ce flux n'a rien d'inflammatoire, tout se bornera à de la rongeur des paupières, occasionnée bien moins par le contact des larmes que parce que l'individu a constamment frotté ses yeux. Mais si le larmoiement se lie à une ophtbalmie, même la plus simple^ l'épiphora ne tardera pas à être accompagné d'une irritation des parties qui sont baignées par les larmes ; vous verrez la peau devenir le siège d'un érythème, d'une éruption eczémateuse et s'excorier dans une plus ou moins grande étendue.

Le catanhe ulérin,'que l'on peut comparer, dans quelques circonstances, à l'inflammation catarrhale de la membrane muqueuse nasale sera souvent le point de départ d'ulcérations du col de la matrice. Je dirai mCme que, dans les quatre cinquièmes, sinon dans les neuf dixièmes des cas, ces excoriations ne proviennent pas d'une autre source, et qu'il est aussi superflu de les traiter que de traiter ces eczémas de la lèvre supérieure consécutifs au cor^'za. Les uns et les autres guérissent naturellement quand le catarrhe qui en était le point de départ a guéri lui-même. Ces ulcérations du col ne sont pas d'ailleurs les seuls accidents que l'inflammation catarrhale de l'utérus entraîne à sa suite. Il est loin d'être rare que l'irritation occasionnée par l'écoulement leucorrbéique s'étende à la membrane muqueuse vaginale, à la vulve et jusque sur une plus ou moins grande surface de la peau au voisinage des parties géniules.

Appliquons ces données à ce qui peut arriver du côté de l'appareil digestif. Rappelons-nous d'abord ce que nous observons journellement chez les jeunes enfants lorsqu'ils ont la diarrhée, sans tenir compte pour un moment de la cause et du point de départ du flux intestinal. Ne voyons-nous pas alors la peau des fesses, des jambes, se couvrir d'une rougeur érythémateuse, d'une éruption eczémateuse ? ne la voyons-nous pas fréquemment s'excorier plus ou moius profondément ?

Vous n'avez certainement pas oublié un bel enfant de neuf mois, qui entrait avec sa mère au n*^ 16 de notre salle des nourrices, dans le courant du mois de novembre 1861. Au pourtour de l'anus nous pouvions constater l'existence d'un bourrelet de plaques muqueuses ressemblant, à s'y méprendre , aux plaques muqueuses syphilitiques. Or, rien chez l'enfant n'annonçait une diathèse syphilitique; sa mère était fort bien portante, et luimême n'avait rien eu jusqu'à présent, si ce n'est une diarrhée assez violente qni, depuis douze jours, n'avait pas cessé. Il y avait eu d'abord un peu de rongeur autour de l'anus, puis, la diarrhée continuant, la peau s'était plus profondément enflammée, et nous avions maintenant des accidents locaux en apparence fort sérieux. La diarrhée fut modifiée en deux jours; puis des applications d'un Uniment fait avec de la glycérine et un quart de sous-nitrate

DE LA DIARRHÉE

de bismuth firent disparaître en huit ou dix jours ces mmiienatiop» li tantes et pourtant si peu sérieuses.

Bien que nous ne puissions pas saisir sur le fait ce qui survîeotdaos lacanlé intestinale, le raisonnement nous conduit à poursuiirre Tanalogie entre les aocidenls dont la membrane muqueuse digestive est le siège et ceoK à TévoialkHi desquels nous assistons sur des régions accessibles à la vue. Il est pem» d'admettre qu'une sécrétion exagérée et viciée, ayant lien, soit du côté de l'estomac, soit du côté du duodénum et des premières parties de rintesUn grêle, soit enûn du côlé des glandes annexes, le ibie et le pancréas, demndra la cause d'une irritation de la membrane muqueuse de l'iléon, du cccnm, do gros intestin, absolument comme le contact des matières dîarrhôiques entnfnait tout à l'heure l'irritation, l'excoriation de la peau au voisinage de Tanus et sur les jambes. Cette irritation, cette inflammation consécutive des parties d'abord respectées, sollicitera dans ces mêmes parties leur sécrétion exagérée, qui se traduira par le flux intestinal, par la diarrhée.

J'ai maintenant, messieurs, à vous expliquer ce que j'entends par diar^ rhée par tonicité exagérée^ qui constitue la cinquième des espèces que j'établis.

Lorsque, après avoir sacriûé un cheval, on arrache de son corps palpitant la masse des intestins, on les voit se contracter pendant quelque temps encore, sept, huit, dix minutes; ces contractions sont assez énergiques pour que dans le côlon, les matières excrémcntiticlles, les crottins, soient chassés des partia supérieures vers les inférieures, et pour que la défécation s'accompliflae. On assiste ainsi, sur la table anatomiquc, à la représentation exacte de ce qvi se passe, durant la vie, dans la cavité abdominale. C'est une série de mounements séparés par des intervalles de repos, mouvements s'opérani dans tons les sen de la longueur, de la largeur du conduit intestinal, mais qui, tont en présentant une grande irrégularité, une confusion apparente, offrent une prédominance dans un certain sens, qui constitue le mouvement périgtalttque, alternant avec le mouvemeni antipéristaltique. Ces mouvements ont pour bnt et pour résultat d'opérer un mélange plus parfait, une sorte de brassage, permettez-moi l'expression, des matériaux de la digestion, de rendre plus intimes les réactions que ces matériaux doivent subir, de multiplier leur contact avec les surfaces absorbantes.

Je n'ai point à m'étendre davantage sur ces phénomènes dont l'étude appvtieut à la physiologie; j'ajouterai seulement que la lenteur et la rapidité des mouvements intestinaux sont calculées, suivant les diverses espèces animalet, pour les besoins de l'alimentation qui varient selon ces espèces. Je voua rw^ pellerai aussi que normalement ces mouvements s'exécutent avec plus de rapidité dans les parties supérieures du canal digestif que dans les paities inférieures; qu'ils sont plus rapides dans l'iléon que dans le gros intestin, dans le jéjunum que dans l'iléon, dans le duodénum que dans le jéjunum. Mais quelle que soit cette rapidité» elle est calculée, je le répète, suifant laafcimns

DB Lk BUIBHÊB. 103

de PalhiMBiatMMi, de façon que la masse aliroenlam ait le teraps de subir, dans chacane des parties du canal digestif, l'élaboralioa dont chacune de ces parties est chargée. Que, pour one raison ou pour une autre, cette rapidité s'exagère, T^boration est incomplète ; la digestion, trottl)Iée, ne se fait pas OQ se fait mal.

Les aliments confiés à l'estomac doivent y séjourner un certain temps avant d*être convertis en pâte chymeuse et de passer dans le duodénum où ils subiront un nouveau travail. Si Testomac, se contractant trop énergiquement, chasse dans l'intestin l'aliment imparfaitement élaboré, cet aliment va devenir, pour l'organe qui n'est pas préparé à le recevoir dans les conditions où il se présente, un corps étranger qui l'irritera. Il se révoUera oontre lui et tendra à s'en débarrasser le plus promptement possible. La masse alimentaire, arrivant ainsi dans le gros intestin, avec une partie des éléments qui, dans l'état normal, auraient été convertis en chyle et absorbés, il va survenir quelque chose d'analogue à ce que nous voyons se produire quand on donne à «fi individu des lavements de bouillon ou de lait. C'est, en efiet, une erreur de croire que de tels lavements sont susceptibles de servir à l'alimentation. Le gros intestin n'est pas fait pour les substances alimentaires, avant que cellesci aient subi le travail préalable de la digestion stomacale et de l'intestin grêle. Lois de se prêter à leur absorption, il se cabre contre eux, permettez-mai cette expression, leur présence le fait entrer énergiquemeut en contraclion» excite ses sé<7étioiis, et fait, en un mot, sur lui l'eUet des purgatifs.

La tonicité exagérée de l'estomac et des intestins est donc une cause de diarrhée. Cette diarrhée est lientérique, c'est-à-dire que les matières des gardenohes contiennent une plus ou moins grande quantité de substances alimentaires rejelées à peu près telles qu'elles ont été prises.

Cette tonicité exagérée est elle-même, comme l'exagération des sécrétions dont il était question tout à l'iieure, sous la dépendance d« système nerveux.; et quand nous parlerons du traitement, nous verrons cette espèce de diarrhée céder merveilleusement, en général, aux médications narcotiques. Si les causes qui mettent en jeu cette tonicité exagérée agissent le plus ordinarement dt* rectement sur les parties affectées ; si, pour mieux exprimer ma pensée, c'est dans l'estomac ou dans l'mtestin grêle qu'il faut chercher le point de départ de la diarrhée dont nous parlons, souvent aussi ce point de départ se trouve dans le gros intestin et dans son extrémité la plus inférieure.

Déjà, dans le cours de cette conférence, je vous ai fait comprendre qu'il soflbait d'one irritation portée à l'extrémité d'un canal pour que tout le resie de ce canal fût lui-même irrité ; et je vous ai cité ce qui se passait dans diverses glandes sécrétoires, à propos de ce qui arrive pour le foie dans le catarrhe intestinal. Or des phénomènes analogues s'observent à la suite d'une irritation portée sur la partie la plus inférieure du gros intestin. Cette irritation se transmet sympathic^ment du rectum au côlon, et de celui-ci à l'intestin grêle. N'en avons-nous pas h preuve tous les joars? N'est-ce pas de cette façon qu!il

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ùut expliquer les effets d'un lavement? Assurément 2 on 300 gnmnMS d'en injectes dans le rectum ne pénètrent pas bien haut dans le gros intestin, niab ils suffisent pour solliciter non-seulement sa contraction, mais encore ceUe de tout le canal intestinal. Pour prendre un exemple d'une irritation locale plus limitée qui se transmet sympathiquement à une grande étendue, ne Toyonsnous pas qu'il suffit d*un simple suppositoire excitant, introduit dans l'anos, pour solliciter les contractions de l'intestin et provoquer des garderobes? C'est aussi de cette façon qu'agissent les tumeurs hémorrhoîdaires dont la présence provoquera non-seulement le ténesme, mais encore des garderobes fréquentes et diarrhélqucs.

Vous comprendrez maintenant comment une lésion, comment ane ulcératoin occupant le rectum, comment une phlegmasie chronique pourra devenir à son tour la cause de diarrhées rebelles qui ne céderont qu'autant qu'on cherchera à les combattre en s'adressant directement à l'état local qui les entretient.

La sixième espèce de diarrhée dont je veux parler, est la diarrhée par indigestion. Assez fréquente chez l'adulte, elle l'est bien davantage chez les enfants, surtout chez les enfants à la mamelle.

Quoique l'estomac soit, ainsi que je vous l'ai rappelé maintes fois, trèspatient et susceptible de tolérer les substances quelquefois les plus grossières en réalité, sa patience a cependant des bornes, et il lui arrivera de se révolter contre les aliments ingérés dans sa cavité, soit que ces aliments s'y trouvent en trop grande quantité, soit qu'ils pèchent par leur quaUté.

Dans tous les cas, l'estomac cherchera à se débarrasser de ce qui l'incommode. Les matières qu'il n'aura pas pu élaborer ou qu'il n'aura élaborées que très-imparfaitement seront rejeiées par Tune des deux voies qui leur sont ouvertes, le cardia ou le pylore ; elles seront vomies, ce qui sera peut-être le plus heureux, ou elles passeront dans le duodénum ; mais ici elles provoqueront des sécrétions et des mouvements périsialliques anomaux de l'intestin, suivant le mécanisme que je vous indiquais tout à Theure à propos de la diarrhée par tonicité exagérée, et conséquemment la diarrhée se produira.

Un excès dans la masse des aliments peut amener ces accidents. Pour prendre un exemple des plus simples, rien n'est plus commun que de voir la diarrhée survenir chez les Jeunes enfants nourris par une femme dont le lait très-abondant monte trop rapidement. Le dérangement d'entrailles, pour employer une expression vulgaire, ne vient pas de ce que Taliment est de mauvaise qualité, de ce que Festomac était mal préparé à le recevoir, mais de ce que cet aliment a été pris en trop grande quantité à la fois. J'ai choisi cet exemple et ce n'est pas sans raison, puisqu'il me fournit l'occasion de vous mettre en garde contre une erreur que Ton commet encore trop souvent. Un enfant allaité par une femme qui présentait toutes les apparences d'une bonne nourrice est sujet à la diarrhée ; la famille et quelquefois le médecin s'empres-

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seront de changer la nourrice, alors qu'il aurait suffi de lui recommander de ne pas laisser teter trop longtemps son nourrisson.

Quoique plus rare chez les adultes, la diarrhée par indigestion s*observe encore assez fréquemment.

Si chez les adultes comme chez les enfants elle peut dépendre de Texcès dans l'alimenta tion {dian*kœa ab ingluoie), elle peut dépendre aussi de la mauvaise qualité des aliments, et cette mauvaise qualité est absolue ou relative.

Chacun sait ce qu'il faut entendre par mauvaise qualité absolue; mais ce qu'il faut entendre par mauvaise qualité relative demande explication.

C'est un fait accepté généralement que \)ouv nous, tous tant que nous sommes, il est des aliments et des boissons qui, parfaitement supportés par les uns, ne peuvent pas l'être par les autres, tandis que, réciproquement, ceux-ci digéreront à merveille ce que ceux-là ne peuvent pas supporter. Ces antipathies de l'estomac sont quelque chose de tellement spécial à l'individu, qu'on ne saurait établir de règles à cet égard, et que rcxpérience personnelle pourra seule dire ce qui convient à tel ou tel.

JDéjà. à propos des dyspepsies, je vous ai dit les conséquences pratiques que le médecin devait tirer de ces données : j'ai appelé votre attention sur la fâcheuse tendance que nous avions tous à prendre pour règle du régime que nous voulons imposer à nos malades, nos propres goûts et nos propres aptitudes digestives. Si j'y reviens encore aujourd'hui c'est que la question en vaut grandement la peine.

J'ai connu un homme qui, pendant plusieurs années, garda une diarrhée qu'il essaya en vain de combattre par toutes sortes de moyens, et dont la santé générale souffrait une véritable altération. Les accidents cessèrent comme par enchantement, quand le malade cessa lui-même de faire usage du thé que, depuis douze ans, il avait l'habitude de prendre le matin en déjeunant.

J'ai donné des soins à la famille d'un armateur du Havre, dont les enfants n'ont jamais pu supporter le lait pendant les sept premières années qui suivirent leur naissance. Pour chacun d'eux on essaya de plusieurs nuuriices, on tenta l'allaitement arliûciel avec le lait de vache, de chèvre et d'ânesse : tout fat inutile. Quelques gorgées de lait, quel qu'il fût, provoquaient immédiatement la diarrhée et le vomissement, il fallut recourir aux boissons féculenleSy aux décoctions de gruau, d'orge perlé : grâce à ce régime, ces enfants parent s'élever, et ils s'élevèrent tout aussi bien que d'autres nourris par les procédés habituels.

C'était tt assurément une exception bien rare à ce que nous voyons d'ordi- •Miref tcir il est de règle que la diarrhée survienne chez les enfants en bas ir HhBflMdtao lien du lait, leur alimentation naturelle, on essaye de leur donner iMRlt des féculents. J'aurai à revenir sur ce point etù le traiter avec mmois qu'il comporte, quand je vous parlerai du sevrage.

ivais il vous dire des diverses espèces de diarrhées,

110 DS LA DIARBHÊE.

on plntAC des di? ers mécanisines suivant lesquels diet m {irmWmAL roaels

à dessein la diarriiée se rattacliaot à rexislcnce de naladiefl orgmiqoei, me réservant d'en faire l'objet d'une conférence à part, dont phuiem de M naïades aiïectés de diarrhée chronique me fourniront le sojet

J'ajouterai seulement que toutes ces espèces soot loin de te préseoler dans l'état de simplicité que j'ai supposé pour mieux vous en faire comprendre k mécanisme ; que si quelquefois il en est ainsi, le plus ordînairenieDt dies k confondent. C'est au médecin à démêler ce qui a prédominé dans TéTolatioB des accidents.

Messieurs, toutes ces divisions artificielles seraient sans aocm intérêt, à elles ne devaient nous mener à des conséquences thérapeutiques. En les établissant, mon but a été de vous faciliter les moyens de traiter la dnrrbée, que l'on cherche trop souvent à combattre toujours et quand même parte remèdes identiques alors qu'elle relève de causes si différentes.

Pour la diarrhée catarrhale, il ne faut pas perdre de voe que le ealarrhe, quel qu'il soit, quel que soit son siège, qu'il s'agisse d'an calMrbe oculaire, nasal, bronchique, uréthral, intestinal, est d'une durée qu'il est impoHiUede déterminer; que la spécificité joue ici un rôle important. Si nn simple coryza dure quelques jours, le coryza syphilitique a une marche eaBentieHencot chronique ; si le catarrhe pulmonaire de la rougeole est passager, le catarrhe de la giippe résiste opiniâtréroent pendant longtemps à tous nos eÉEsrts; le rhume le plus vulgaire, tout en cessant plus rapidement que celui de b grippe, n'en a pas moins une durée très-incertaine.

De même du catarrhe intestinal. La diarrhée survenant li l'occasion d'un coup de froid est naturellement très-passagère. Dès lors Vexpeetatitm va suffire ici, et tout se réduira à une question de régime. Le malade n'aors qu'à se tenir un jour ou deux à une diète légère, à ne pas prendre d'antres alinieBls que quelques potages, à donner, en un mot, peu à faire à ses intestins, li les laisser reposer pour que les accidents cèdent d'eux-mêmes. ,

Il est cependant des cas où ce régime est difficile à fiire obsenrer, c'est lorsque l'affection catarrhale semblant s'être localisée dans un point du canal alimentaire (dans ces cas, c'est la fin de l'iléon et le commencement du gros intestin qui en sont le siège), l'appétit est conservé, l'estomac n'étant pas troublé dans ses opérations. L'expectation, la diète, viendraient certainement à bout du mal, que l'ingestion des aliments entretient et peut même augmenter.

Dans ces circonstances, toutefois, il faut aider la nature, et à cet eflet je ne connais pas de médication plus héroïque que la médication snbstitnlive; je ne sais pas de meilleurs remèdes que les purgatifs. Leur choix n'est pas indifférent; c'est aux purgatifs salins, les sulfates de soude, de magnésie, le sel de Seignette (tartrate double de potasse et de soude), qu'il hut avoir recours. Aux malades affectés de cette espèce de diarrhée, donnez le matin, à jeun, 25, 30 ou 60 grammes de l'un de ces médicaments; momentanément, vous

OB £A mABmiËB.

iDgineBteres le ih» intestiiml, mais ordinairement, en Tîngt-quatre heores, kB accidents auront complètement cédé.

LDrs«|ae la phlegmasie catarrhale a duré un peu plus longtemps, lorsque, perraettez-noi cette expression, elle a pris droit de domicile, la médecine flofastitntife trouve encore son indication. Si les matières des gardcrobes vous montrent qu*ii y a de la polycholie, c'est-à-drre une exagération de la sécrétion taîlîense; si, en même temps, la langue est saburrale, chargée d'un enduit jaunâtre, s'il y a de l'inappétence, un léger mouvement fébrile, les vomitif doivent être, avant toutes choses, administrés. De tous les vomitifs,^ ripécacuanba, donné selon la méthode que je vous ai maintes fois formulée, est assurément le plus efficace.

Après avoir laissé reposer le malade, on lui fait prendre le surlendemain un purgatif salin. Les vomitifs et les purgatifs sont des irritants topiques et n*agiswnt pas autrement qu'en substituant à la phlegmasie catarrhale une autre phlegmasie de nature toute spéciale qui cède d'elle-même beaucoup plus rapidement que la première. Il ne se passe pas autre chose du côté de la ntembrane Boqueuse digestive malade que ce qui se passe, lorsque, pour guérir une inflammation de la conjonctive oculaire, nous employons des collyres cathéré* tiques ou caustiques, le nitrate d'argent ou le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc ou l'acétate de plomb, cherchant ainsi à substituer à l'inflammation catarrhale l'inflammation provoquée par les agents topiques qui cédera spontanément.

Si la diarrhée a duré déjà depuis dix ou quinze jours, les purgatifs salins doivent être administrés d'une autre manière. Le premier jour, je prescris à un adulte 25 grammes de sel de Glauber; le lendemain, j'ai recours au même ranède, à la dose de 10 granmies, et cinq ou six jours de suite j'y reviens sans excéder cette dose : le malade arrive ainsi à n'avoir plus qu'une ou deux adles diarrhéiques par jour, et il n'est pas rare qu'il survienne même de la constipation. On s'arrête alors. Chez les enfants, je donne le sel de Seignette, en faisant prendre, le premier jour, 5 ou 6 grammes, et 3 seulement les jours qui suivent.

C'est encore à cette médication substitutive que nous allons nous adresser, quand la phlegmasie catarrhale a pris une forme encore plus chronique. Toutefois les agents de cette médication ne seront plus les mêmes. Si les purgatifs srihissont quelquefois fort utiles, les mercuriaux ont une bien autre efficacité; je prescris le calomef, à la dose de 5 à 10 centigrammes (un à deux grains) divisés en huit on dix paquets donnés dans le courant de la journée, à une heare d'imervalle. On en continue l'usage pendant trois à quatre jours au plus, en ayant soin de surveiller son action, de ne pas aller jusqu'à la stomatite, car lorsqu'il arrive Sr produire le gonflement des gencives et la salivation, le calomel provoque une diarrhée qui lui est spéciale, diarrhée verdâtre, bien plus teoiC» que celle que l'on voulait combattre. '

Après ces trois ou quatre jours, il est temps de Tarrêter. QoeRfudBII

DE LA DURRHÉE.

accidents se sont définitiTement calmés; la modifkatkm que Ton cherduilà

obtenir sur la membrane muqueuse de Tintestin s'est produite sons L*influenoe du calomel comme elle se produit sur les membranes oculaire ou nasale affectées d*un caurrhe et traitées par les préparations topiques mercurielles. Le plus souvent cette modification n'est pas complète, et pour acbeTer la guérison, il est nécessaire de faire intervenir un sel neutre.

A la place du calomel, vous me voyez assez souvent donner la poudre grUe (mercure éteint dans la craie hydrargyrum cum creta^ dans la proportion de 2 sur 5) ; aux enfants, à qui je Tadministre de préférence, j'en fais prendre deux fois par jour, h la dose de 5, 10, 15 centigrammes (un, deux,- trois grains) trois jours de suite.

Aux adultes je donne les pilules bleues (mercure éteint dans la conserve de roses), à la dose de 10, 20, 25 centigrammes (deux, quatre, cinq grains). Le malade les doit prendre le soir, et^ le lendemain matin, il prend un pnrgadf salin.

Vous m'avez entendu plus d'une fois prescrire, dans des cas oû la diarrhée avait résisté aux autres moyens, une préparation dans laquelle j'associais le calomel à V opium et à Vipêcacuanka. Je formulais ainsi des pilules :

^ Ipécacuanha. 2 centigrammes 1/2 (1/2 grain).

(25 milligrammes.)

Extrait (ropiuiii 5 milligrammes. (1/10* de grain).

Calomel 6 — (1/1 G* de grain).

F. s. a. une pilule.

Le malade prend de une à trois de ces pilules dans le courant des vingtquatre heures, et dans l'intervalle de ses repas. Cette médication est continuée pendant cinq, six, sept, huit et même dix jours. Il est rare qu'on puisse excéder ce temps sous peine de \oir le mercure agir sur la bouche, ce qu'il faut éviter pour les raisons que je vous ai exposées il y a un instant.

Il est un médicament dont je fais un très-fréquent usage, je veux parler du nitrate d'argent cristallisé. Conseillé depuis longtemps par Boerbaave comme purgatif drastique dans l'hydropisie, je remploie comme un des agents de la médication substitutive à opposer à la diarrhée catarrhale rebelle. Je fais faire avec 1 centigramme de sel lunaire une solution que Ton épuise sur une quantité suffisante de mie de pain, de gomme adragante ou d'amidon, pour une pilule. On en donne quatre, cinq, six, sept, huit, et jusqu'à dix par jour, dans rintervallc des repas autant que faire se peut, et pendant cinq, six, sept huit ou dix jours. Ce médicament est sans aucune espèce d'inconvénient et n'occasionne même pas de nausées. En quelques cas, il augmente momentanément le flux diarrhéiquc comme le font les purgatifs salins, mais le plus généralement il l'arrête promptement.

Toutefois, c'est principalement pour la diarrhée chix)uique tuberculeuse

DE LA DUBBHÊE. 113

doDt j'aurai à tous entretenir d'une façon tonte spéciale, c'est encore pour d'autres espèces de pblegmasies intestinales que le nitrate d'argent, administré par la bouche et en lavement, doit être réservé.

De tous les remèdes que nons employons contre la diarrhée catarrhale un peu persistante, le sous-nitrate de bismuth auquel j'associe ordinairement la craie préparée, c'est à-dire le carbonate de chaux obtenu par précipitation, est celui auquel nous avons le plus habituellement recours.

C'est là, en eiïet, un médicament aussi utile qu'il est exempt de dangers; la dose ordinaire est de Z», 8, 10 grammes mélangés avec parties égales de craie f et elle peut être portée bien au delà. Un de nos coUègnes, M. le professeur Monneret, l'administre larga manu, par cuillerée à bouche, sans en avoir jamais vu résulter le plus petit inconvénient.

Le mixture de craie anglaise (30 grammes de craie dans 60 grammes d'une infusion légère de feuilles de menthe, aromatisée avec 30 grammes de sirop de fleur d'oranger) produit les mêmes effets.

Souvent ces préparations suflisent pour guérir la diarrhée catarrhale, mais souvent aussi elles n'agissent qu'autant qu'on aura préalablement modifié la phlegmasie intestinale au moyen d'un purgatif.

Il e>t des individus qui, sons l'influence du moindre froid, sont pris de flux intestinaux. Pour ces individus, V hydrothérapie, et quand elle peut se faire, V hydrothérapie maritime, est d'un merveilleux secours ; elle tonifie tout leur système, et les met dans des conditions telles, qu'ils peuvent résister aux variations de température sans contracter les affections catarrhalesqui auparavant se portaient sur leurs intestins.

Je vous rappelais tout à l'heure les catarrhes spécifiques, et au commencement de celte conférence je vous disais que la spécificité se trouvait aussi bien dans le catarrhe intestinal que dans ceux qui occupent d'autres appareils; je faisais, à ce propos, allusion aux diarrhées qui se rattachent aux manifestations de la diathèse herpétique, de même que certaines bronchites, certains coryzas, etc. Ces diarrhées, vous les rencontrerez chez des individus sujets à des éruptions cutanées, qui se reproduisent à des intervalles plus ou moins éloignés.

Les préparations sulfureuses feront ici merveille. Et de toutes ces préparations, les plus avantageuses seront les eaux minérales naturelles : Bagnèresde-Luchon, Aix (en Savoie), mais principàlement Bagnèrcs.

Une autre médication vous rendra dans les mêmes cas de réels services, c'est la médication arsenicale, dont l'action, pour être efficace, doit être longtemps prolongée.

Je ne saurais trop vous engager, messieurs, lorsque vous emploierez cette médication, à formuler vous-mêmes votre prescription, afin d'être bien 8ûr« de ce que vous faites. Les liqueurs de Pearson et de Fowler demandent à être administrées avec la plus grande précaution, la moindre erreur pouvant causer des accidents funestes; aussi, pour ma part, je préfère la solution suivante . TaoussEAU, 2« édit. — ui. 8

qwJepnséoimerparcaiHerécsàcafé» 4rai^ trais, fMire à cîiiq par

jeur, telon la toiénnce de Tetlsiiiac.

Cette solation contenant 5 centigrasoKS (mn gfaîn) d'arséniale de sonde pour fis grammes d*ea«, cfaiq«e rwilkiée à café représoate eavima 2 loîlliguiBMcs M œotiènes de graîA d'irséniate; w ea doMie jiisqB.*^

I CBBtîgraBUBe, vn cimpiièMe de graîo.

Le malade en prend aîesâ chaque je«r pendaat «i mois, pois m saqieid peadam one dizaine de foors, pour reprendre pendant on aotre naois, et ainsi, jele répète, pendant longtemps; car n'ooUîes pas ce préoeple : à maladie chroaîqne, comme le sent tontes les affections diathésiqnes, ii fuit na traite* mat chronique.

L'usage combiné de cette médication arsenicale et de la médication snUnrenm mène généralement h biea l'espèce de diarrhée dont aoas pariom.

Le naitementà opposer àbi^aarriee Jvifora/erasortnatureUemeBtdoce que je vous ai dit des causes qui provoquent Teiagiératioa du flax întestiaaL

tMtor ée se conrnr trop chaudement^ ne pas (aire de violents exercices aprèshs repos, préfîeadroat les acddenls. Quand ils sont sarfenas, des boissons froides, tempérantes, la diète légère snflkoat poar les £iire cesser.

II n'est donc pas besoin d'iasister pies laai^tniips sor ce sajcL U n*ea est pins aiasi ponr b diarrhée nrrœtae, qui demande qne noos nous y arrétionsi

fci les aMicaments stupéfiants et les antisposmodiqoes sont fimneUament indiqnés.

En tête de ces médicaoïeats se pbce ïêphm; mais, chose remarqoahie, presque à côté de lui vient se ranger la belladone que vons vous étoaaerta pent-étre de m'entendre préconiser poar combattre la diarrhée, lorsque ¥ous SBV«i que parmi les propriétés phyaiDhigiqncs qu'elle partage avec U jnsqaiome et les autres solanéo virenses, la belladoae a ceUe de reUcher le ventre, propriété que nous mêlions à profit pour lutter contre certaines csiksiîpotioas. La contradictioa qui sembla esistcr entre des vertus aussi opposées d'an mêaie remède n'est qu'appareate, et l'on s'en convaincra en réfléchissant an nrade d'action de la belladone.

C'est parce qu'elle est stopéûanle, qu'elle est, suivant le cas, purgative et antidiarrhéique. Purgative, lorsque la constipatlou dépendant d'une sorte de spasme intestinal, la belladone ùAi cesser ce spasme (j'aurai à revenir sur ce point, quand je vous parlerai de la constipation dans une de nos prochaines conférences) ; antidiarrhéique, lorsque la diarrhée, comme dans l'espèce dont il est présentement question, dépendant d'une exaltation de l'irritabilité et de la sensibilité nerveuse intestinale exagérée, la belladone apaise cette irriubiiite, cahne cette sensibilité, de la mémo façon que, dans les névralgies sos-orbiuires, par exemple, accompagnées de flux lacryaMl, elfe fait ceanr celui-ci en calmant la névralgie qui en ét«t la cause.

Dons la cUarrhée nerveuse, mais seulemeat dans colleJàb la WMoMimft d'ane incontestable utilité, tandis qu'eUe aggravées cello fri^lP

Bl hk MABABte

«wie pMegBMmio catarrhaie primilÎMe. Elle remplace womeaâ. Me» a? animeo- ^meot l'opinni, et comoM lai, îl fiai la naaier avec une eioMÎve pnideMa, ne la éomer qu*à peliice desea à TiDtériear 1,2,3 eestigniiBineft eo planem pitules : oo peat te bomr à la pmcrire en fridioBi sur le vcntae et aaitont sar b crenx de reatonaac, lorsqne la diarrhée eal acoompagnée de donlean gaatralgiqoes et enléralgicpies.

An même titre, les aattspasmodiqnet sont anssi d'eicettenis remèdes dans cette espèce de diarrhée nerveuse : le plus puissant d'entre enx est assurément IVMtr, dont l'administration est aujourd'hui rendue ai commode et si facile par Tusage des capsules de gélatine dans lesquelles on reoCerme.

Le nitrate d'argent, qjae je vous ai indiqué dans le traitement de la diaiw rfaée catarrhale, retrouve encore ici son application, non plus comme moyoa suhstiiutenr, mais comme antispasmodique. Cette médicalÎDO, inMgjnée par Graves, doit êune dirigée avec précaution; elle oe doit pas être continués an •delà de quatre on cinq jours de snile, et la dose des pilules, qui contiennent 1 centigramme de sel d'argent, ne dépassera pas quatre dans les vingit-qoaire faenra. Conhiné avec la belladone ou avec l'opinm, le nitrate d'argent modifie Irès-avantageusement œs diarrhées généralement accompagnées de hoiw boiygmes qui sarvienoem chei les femmes nerveuses, chez les hommes hypo^ •cbondnaques.

Quoique, le plus ordinairement» les névralgies viscérales de rahdoraen. la gMralgie, l'enléralgie, l'hépaulgie se Uent à une constipation opiniâtre* i n'est pas très-rare que ces névralgies donnent lieu à de la diarrhée acciden^ telle dont l'abondance est en rapport avec l'intensité de la douleur, àkn imenriennent utilement l'opium, les antispasmodiques doal nous pouvons mom **P*iquer l'action ; V huile essentielle de térébentlûne, qui est un très-puissant '^'^^iîcanient dans un grand nombre de névralgies, sans que nous soyons à de nous rendre compte de la façon dont il agit U encore l'opium doit être administré avec une grande circonspection, car ^ 'en dooes sont portées an delà d'une certaine limite, il va, si je puis ainsi r"]^' ^^^iMlre les aptitudes gastriques, entraver ou tout au moins rendre pins f Onctions digestives, et des indigestions en seront la conséquence. iiuiJe essentielle de térébenthine demande aussi certaines précautions en Avant toutes choses, il faut se garder de la donnei*

^ . '™*ons, comme on le faisait autrefois, car elle irriterait les parties sui^^^f^* do canal digestif, le pharynx et Tcesophage, nM>ins tolérantes que le ^^^^ Cdpsu/es gélatineuses, qui en contiennent jusqu'à 15 ou 20 gouttes, jj^^^ «>eii/eor moyen, je dirais même le seul pour radmiiiisUrer. Sous celle fi^Joàr^ Malades en peuvent prendM jusqu'à cent et cent cinquante gouttes » «ans en éprouver d'autres inconvénients que des renvois, qnî sont '~ ^ ' d'antant moins forts qu'on aura pris les capsules

Il est Irès-rare que la térébeniliine cause

116 DE LA DIARBHtB.

Pour faire cener les accidents et aussi pour en prëfenir le Moiir, 11i3fdn>thérapie, et comme dans la diarrhée catarrhale, l'hydrothérapie maritime, en tenant compte de celte observation que je vous ai déjà faite, que les bains de mer ne sont miles qu'autant qu'ils seront de courte durée. Ck>mbien de fois des malades qui, une année, avaient retiré de ces bains les bons effets que j'en espérais, se sont-ils mal trouvés l'année suivante de ces mêmes moyens, par cela seul qu'ils avaient cru pouvoir impunément s'écarter de la prescription qui leur avait été faite de prendre des bains peu prolongés.

Le traitement de la quatrième espèce de diarrhée, celle dans laqoelle le catarrhe intestinal est la conséquence d*une sécrétion anomale de l'appareil digestif et de ses annexes , ce traitement, dis-je, est tout à la fois celui de la diarrhée catarrhale primitive et celui de la diarrhée nerveuse.

Les troubles phlegmasiques étant plus spécialement ici localisés dans le gros intestin, il faut, indépendamment des purgatifs salins, recourir à une médication topique agissant directement sur la partie malade, et cette médication topique consiste dans l'administration de lavements.

Nous nous faisons, en général, une très-fausse idée de la façon dont agissent ceux-ci. Lorsque nous mesurons, sur la table anatomique, la capacité d'un gros intestin, il nous sçmble que depuis l'orifice anal jusqu'à la valvule iléocœcale, il tiendrait bien trois ou quatre litres de liquide. Sur le cadavre le fait est possible, parce que l'intestin a complètement perdu de sa contractilité, mais il n'en est pas ainsi sur le vivant, eu raison même de cette contractilité. Mon honorable collègue à l'hôpital de la Charité, M. le docteur Briquet, a constaté chez des individus qui avaient succombé peu de temps après avoir pris des lavements, que les 5U0 grammes d'eau que les lavements contenaient, avaient remonté jusque dans le caecum, et que, dans certaines circonstances où l'injection avait été poussée un peu violemment, les liquides avaient pénétré dans l'intestin grêle en forçant la valvule de Bauhin. S'il n'en est pas toujours ainsi, si les lavements ne pénètrent pas constamment jusque dans le caecum, les expériences de M. Briquet démontrent que cela arrive le plus ordinairement, et le fait a son importance, car nous pouvons espérer porter aussi loin que possible les divers agents topiques à l'aide desc|uels nous modifierons l'état phlegmasique de l'organe. Ces agents topiques seront encore les sels neutres; ce seront, quand le mal sera plus opiniâtre, les cathérétiqnes, tels que le nitrate d'argent, le suKate de cuivre; et quand i'aiïection catarrhale se liera à l'existence de la diailièse herpétique, les lavements avec 5, 10, 15, 20, 30 centigrammes de polysulfure de potassium ou de sodium auront ane réelle utilité en se comportant vis-à-vis de la membrane muqueuse intestinale, comme les lotions sulfureuses se comportent vis-à-vis de la peau dans certaines affections dartreuses.

Dans la diarrhée par tonicité exagérée, c'est à l'opium, et presque exclusivement à l'opium, qu'il faut s'adresser pour la combattre. De tous les médicaments il n'en est pas que l'on mette plus fdcilement à

DE LA DfAttRH£&

cootribatîon que celai-ci; il n'en est pas un dont on fasse un plus grand abus. Cela tient à ce que, s*ii ne guérit pas les malades, il calme du moins momentanément leurs souffrances, et qu'il nous sert à cacher notre impuissance. Il est une tendance fâcheuse dont on ne sait pas se défendre; oublieux du quidquid medUetur et facial^ si natura non obtempérât naturm nm imperat^ le médecin ne croit pas que le mal puisse lui résister ; lorsqu'il ne peut Tannihiler, il prétend le faire taire, ne fût-ce que pour quelques instants. L'opium est le knout qu'il emploie le plus volontiers pour étouffer les cris de la maladie. Mais sous ce silence forcé auquel on la réduit, celle-ci n'en continuera pas moins d'exister, et elle devient d'autant plus dangereuse que, masquée sous le narcotisme, il devient très-difficile de saisir les symptômes qui lui sont propres. Puis, effrayé des accidents qu'il a fait naître, le médecin rejette, abandonne complètement le remède dont il n'a pas su faire un usage modéré et se prive ainsi de moyens d'action qui, appliqués dans une juste mesure, lui auraient été d'un très-grand secours.

Contre l'espèce de diarrhée dont nous parlons, l'opium est l'arme la plus puissante que nous ayons à notre disposition, mais il faut savoir la manier. C'est à petites doses qu'il agit le plus efficacement, sans présenter le plus léger inconvénient.

Dans nos conférences sur les dyspepsies, j'ai assez longuement insisté sur ce faiL Je vous ai dit que 5 centigrammes d'extrait gommeux étaient quelquefois une dose énorme ; je vous ai dit qu'une goutte de laudanum de Sydenham qui représente la trentième partie de ces 5 centigrammes, suffisait souvent, dans les affections de l'appareil digestif, pour produire les meilleurs effets.

Il n'est pas de médication dans laquelle il faille plus tenir compte uon-seulement des idiosyncrasies du malade, mais encore du moment où le médicament doit être administré. Rappelez-vous ces deux femmes de notre salle Saint- Bernard, qu'une seule goutte de laudanum jetait dans le narcotisme, et cela leur est arrivé non pas une fois par hasard, mais toutes les fois que nous avons essayé d'y revenir. Chez les enfants à la mamelle, une demi -goutte prise dans le courant de vingt-quatre heures provoque quelquefois les mêmes accidents.

Pris en même temps que les aliments et après le repas, l'opium est plus facilement toléré, en ce sens qu'il amène plus difficilement l'assoupissement que lorsqu'il est pris quand l'estomac est vide.

Donnez-le donc à petites doses. Une goutte chez un adulte, un quart de goutte chez un jeune enfant, quinze à vingt minutes avant de manger, calmeront l'état d'éréthisme du canal digestif et empêcheront un flux diarrhéique qui, survenant deux à trois heures après l'ingestion des aliments, est le résultat d'une exagération morbide des mouvements péristaltiques.

Seul l'opium peut modérer et guérir cette espèce de diarrhée. S'il est insuffisant, il aidera du moins l'action des autres médications, en permettant que les remèdes, comme le sous-nitrate de bismuth, b craie, le nitrate d'argeni,-

fis K LA MABftHte.

ledtenel, Mni^pieb, suivaiit 1» Miciiioi», voQslVnmcims, MtaKfriMipnr le f obe digestif, et «pie ces moïKricateani restent pios loaglMii|» eo eaoÊM me la membrane roMfveutie sor laqoelle ils doivent agir.

Lorsque fa diarrhée a scm point de départ dans mie irritation lociKiéetgr Teitrémité infériem^do gros intestin, comme cela arrive à la soîtede la dysenterie par exemple, la médication sera essentiellement topiqve. Les quarts de lavement de nitrate d'argent, les lavements de snifote de cuivre, ou bievenoore les lavements avec nne bouillie de sons-nitrate de bismotb, sont d*uiie mert«9letise Qtililé.

Lorsque la contractilité des parties est telle que celles-ci ne peuvent pas supporter ces remèdes, le laudanmn interviendra avec avantage, à la dose d*iiôe, deux, trois, quatre, cinq, dix, quinze gouttes, wkm les cas, pour calmer eette irriiahiKlé trop grande et faire que le lavement soit conservé.

Le traitement de la diarrhée par indigestion ne m'arrêtera pas poor lemoment. Ce que j'aurais de plus intéressant à vous en dire a trait snrtovl aux accidents qui surviennent chez les jeunes enfants sevrés prénratnrément, au choléra infantile qui accompagne si souvent ce sevrage prématuré. Nous en avons eu plusieurs exemples dans le service de la clinique, et ces eiemples feront Tobjet d'une conférence spéciale.

Je termine ce que j'avais à vous exposer aujourd'hui : je me propose de vous entretenir, dans notre première réunion, de la diarrhée chronique, à propos ét quelques malades que nous avons actuellement dans nos ssdles.

DIARRHÉE CHROKIQUE.

La diarrhée compliquée de fièvre et de sueurs nocturnes est presque toujours liée à la tubcrculisation. — Diarrhée chronique syphilitique, — herpétique. — Diarrhé(* obrooiqiifl dépendant d'un catarrhe chronique simple de Tintestin. — Dtarrfiér chronique dépendant d'une alimentation insuffisante. — Traitement dans m différents cas. — En particslier de Tu-sage de la \iaade crue.

Messieurs,

▲i B* 27 de notre salle Saint-Bernard, était couchée une femme atteîfl«e de diarrhée depois huit mois. En vain avait-on essayé de lutter par tontes sortesde moyens contre ce flux intestinal, rien n'avait pu 11arr6ter complètement; jamais deux joars ne s'étaient passés sans qu'H reparût. Quand nous vfmes la malade, elle présentait, en ovtre, des signes très-évidents^ péritonite, le* vetotre était dur, doniMreox, et donnait à la percussion nn son mat, font au moins obscur, dans toute son étendue. De plus, quelques jooni avant son. emiréf à rbôpiMl, cette femme s'était enihumée, et «e rhwm frit MemBi les-

tmttèics 4^ne braidille ligaS ammpagoéc d^Mie ■Ctiaiia gbifle awE intense

J'eus tmit 4e suite fidée ^e «eue diurhée dépeodMC d*ne CBlérite ckionique, complîqiièe, comme elle Test sMivent, d^ne iotamniayM tshinnif da périUMie. hms^mn. aloni sinr les aotéoêdoitB, j'tpprenais qve depm le débot de ses accidents, la malade ayaii en osntinaelltraenc des sneors mc* tnnies, de la fièvre te soir, qn'eUe annt OMsidérabiemeot maisrL i'en condnais I l'existence d*mie allectîen abdominale de natvre tobenailease;.

Geqni m'amenait à poser cedtagnofllîc, ce n*étak pas r#pâiâire persÎBlanoe de la diarrhée, c'étaient ces sneors et cette fièm noctnmek L'étatdcs «rganes respiratoires n'avait en hii-mêrae ancone signîfictftiM ; car si, d'ut oèté, la Umx snrvenae depuis pen de temps devait éveMer nos crainles, d'à» antre côté Taoscnltation et la percnsMon, pratiquées avec le phis grand soin et à diverses reprises, ne révélèrent aneca signe d'ndBFadon polmonaire. On n'entendait que quelques ràfes muqoeux disséminés dans toute l'étendue de la poitrine, et caractérisant la broncbile.

Les soeurs et la fièvre nocturnes, tels étaient donc les phénomènes morbides qui, coïncidant avec h diarrhée et la périlomte, me faisaient dire qne uotat malade était sous l'empire d'une diathèse tuberculeuse, le me ImmUs, poor parfer ainsi, sur la longue et prédeose expérience de GbnraeL Gonabîcii de fois mon regretuUe prédécesseor n'a-t-il pas répété devant les nombreux auditeurs qui se pressaient autour de lut dans oette enceinte, que la éimrféét ckroniépte avec fièvre et sueun nocturnes est un signe à peu près certain de tubercuiisation^ proposition dont j'ai eu bien souvent, dsns le OMirs de ma vie médicale, occasion de vérifier la justesse.

Nous devions en avoir ici une nourdle confirmation : b malade a ouooombé après avoir langui environ six semaines à l'hôpital A l'aotopM, nous avons trouvé des tubercules à la surface du périlotoe, dans les gianglîons lymphatiques do mésentère. Nous en avons trouvé sur les plèvres, dans les f^angKons bronchiques; maïs, chose remarquable, il n'y en avait aocane trace dans le parenchyme des poumons. C'était \ï une exception à ajsoter à celles infini aient rares que ron a opposées à fe iimenseloi formulée par M. LooiSy qo'on n'observe ée tubercules dans aucun viscère quii ntf en ait dans les paumons, le voKis ferai remarquer toutefois que cette règle , généralement vrak qannd sn rapplique I l'adulte, ne l'est plus quand i s'agit de feofant Cliei cehâ-d M est extrêmement commun de rencontrer des lésions tuborarteoses de l'oBcépbaie, de l'abdomen, des gangKons bronchiques eox-mêmcs, sans en trouver dus les poomons»

Ao n* 28 de fa même saNe, nous avons en ce moment ose aom naalade égaltmot affectée de dianhét chronique. Chei die, feu acoidenit ditem de six mois. A partir de cette époque, elle a commencé à maigrir unnMimeiit et à panfoenei forces. Sa renpiralîon était gênée, dfe avak éri'oi au nmodie enercioe on peu fmé ; «ain, elk avait ées aoMU M

in LA BIAREH&E.

Toofrage de MM. L. (îros et Lascereaox (i). Je veoi pnkr àt oeMe amUt

qui, ea dernier lieo, était n n"* 34 ëe la salle Saîm-Bcraard.

Je n'ai point à reproduire ici cette observation dans tonssesdtails; je ra($t>cllerai senlemeit que la malade était entrée à rkôfHtat pmar «e diarrhée opiniâtre qoi persista pendant treize mois, se oonoplîqia de Seatérie, de gMtralgie, de vomissemems, et qui, après avoir résisté à wmt fook ét tcmèdes, céda enfin au traitement mercuriel.

Ce flux intestinal, dont la cause noos resU longtemps cacbée^àK, cba fseue femme, la première, je dirai même la seole ounifesiatioB de la syphilis oinh stitutionnelle, qui ne s'était annoncée, si nous noos en rapporHms aox afirmations de la malade, qve par un écoulement vaginal verdàtie, ayant apparu deux mois auparavant et ayant été accompagné de doakun vives no moneat de rémission des urines.

Ce qui nous mit sur la voie du diagnostic fut Tapparition de dookann de tête qui s'exaspéraient notablement pendant la nnit, ce furent sortoot des douleurs ostéocopes qui siégeaient dans la continuité des membres; des tumeurs qui se développèrent sur les deux tibias, puis sur le radius droit, et un peu plus tard sur Thumérus gauche ; une gonmie qui s'nicéra an molet droit, donnèrent Tentière confirmation du jugement que nans avâans porté.

La diarrhée , dis-je , céda au traitement mercuriel. Tautefois la ftiqneur de Van Svieien que nous essayâmes d*abord pendant douie jours, d'aolRS préparations hydrargyriqUes administrées à Tintérieur, ne furent pas aoppartées ; il nous fallut recourir aux bains de subKnié qui calmèrent rapidement tous les accidents; et vingt-trois mois seulement après rentrée de la malnif dans notre service la guérison était complète.

J*ai voulu, messieurs, vous présenter ces laits les uns à cM des aotmpour vans montrer, une fois de plus, combien est différente, suivant les cas, aa point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement, la sigwficatîoad^Mi phénomène qui considéré isolément, semble identique avec Im^mèmcL

Qn*elle dépende d*un caUrrbe intestinal, ou d'une phlegmasie phn profonde, la diarrhée chronique peut être l'expression d'états pathologiques trèsvtfiés.

Dans nos deux premières observations le flux intestinal relevait évidensnent de la diathèsc tuberculeuse. La fièvre et les sueurs nocturnes fevenant Mates les vingt-quatre heures, et restant rebelles à tous les moyens emptoyéa pour ks combattre, m'en avaient fait juçer ainsi, et l'autopsie m'avait nndhenrensèment donné raison pour la malade du n"* 27. Si pour la malade dn b* 23 la preuve anatomique nous a manqué, h loi posée par le fNrofesienr Cbomd est trop généralement vraie pour que nous puissions espérer aïoir en aftire ici à une des exceptions excessivement rares que cette loi pourrait oomperter.

Retenei donc bien ced. Quand, principalement chez des adolcKenla, vous anrea à traiter une diarrhée chronique compliquée de fièvre et de anaors aac-

(i) Des afl^ctions nerveuses syphilitiques, Paris, 1861.

DE tk DIABRHÊE.

n*a¥ail pas eu de pertes utérines trôs-aboodaotes. La pâleur excessive des téguments, le bruit de souffle dans les vaisseaux, légitimaient nos soupçons. 11 n*en était rien.

L'absence de 6èvre et de sueurs, le bon état des organes respiratoires, ndtis faisaient rejeter Tidée d'une diatbcse tuberculeuse. Les renseignements que nous recueillions nous suffisaient amplement pour nous rendre compte des acddents éprouvés par la malade.

Elle nous racontait, en effet, qu'habitant, il y a deux ans, la Champagne, elle en avait été chassée par la misère ; qu'elle était venue, avec son mari et le seul enfant des six qu'elle avait eus, chercher à Paris les moyens de pourvoir à ses premiers besoins. Son attente avait été trompée, et au lieu des secours qu'elle espérait, elle n'avait trouvé qu'une misère plus grande encore. Son mari étant tombé malade, ils s'étaient vus réduits à partager entre trois la modique ration de pain que l'assistance du bureau de charité pouvait leur procurer. Cet état de choses durait depuis deux ans, et depuis deux ans, par conséquent , cette malheureuse dépérissait faute d'une nourriture suffisante.

La diarrhée était donc survenue chez elle, comme elle surv ient chez les animaux qui meurent d'inanition.

On aurait pu penser qu'un régime réparateur, qu'une alimentation substantielle viendrait forcément à bout de ces accidents. Malheureusement, la question était loin de pouvoir être jugée aussi simplement.

Il était arrivé ici ce qui arrive dans toutes les circonstances analogues. Le défaut d'alimentation avait eu pour résultat l'appauvrissement du sang. L'appauvrissement du sang avait entraîné à son tour l'altération des sécrétions gastrique et intestinale, hépatique et pancréatique , et conséquemment la digestion ne pouvait plus s'accomplir qu'imparfaitement, alors même qu'une riche alimentation lui aurait fourni les matériaux les plus parfaits.

Nous nous voyions donc enfermés dans un cercle vicieux. Il nous fallait alimenter la malade, mais les aliments, quelque bons qu'ils fussent, allaient devenir causes d'indigestions répétées. Non-seulement la diarrhée persistait, mais encore des vomissements suivaient l'ingestion de la plus petite quantité de nourriture. Nous essayâmes de venir en aide à la nature, tantôt en donnant de l'acide chlorhydnque, tantôt avec l'opium, seul ou mélangé aux préparations ^tringentes; nous administrâmes des ferrugineux, les alcalins; nous épuisâmes, en un mot, un grand nombre de méxlications. Nos efforts furent inutiles ; la fièvre hectique ne tarda pas à s'allumer, et la malade mourait.

À Tautopsie, nous ne trouvions aucune lésion organique appréciable, sauf quelques petites érosions superficielles dans le gros intestin. La rate, le foie, les poumons^ n'offraient de notable que leur décoloration.

Ceux d'entre vous qui suivent depuis quelque temps la visite, n'auront pas oublié l'histoire de cette jeune femme qui est restée si longtemps dans noi salies, et dont l'observation, intéressante à plus d'un titre, a été rapportée dans

Dl LA UâREH&E.

l'oafrage de MM. L. (rros et LuMcreanx (i). Je veoi pnkr ét oeMe amUt

qui, ea dernier lieo, était n n"" 34 de la salle Saim-Bcraard.

Je n'ai point à reproduire ici cette observation dans toussesdtails; je ra(5|)eilerai senlemeat que la malade était entrée à rkôfHtat pmar «e ëiaiihéc opiniâtre qni persista pendant treize mois, se ooroplîqia de Bealérie, de pitralgie, de vomissemems, et qui, après avoir résisté à wmt fook ét tmèdci, céda enfin au traitement mercurici.

Ce flux intestinal, dont la cause nous resta longtemps cacbée^àK, cba Mite femme, la première, je dirai même la seole ounifesialioB de la syphifis oonstitutionnelle, qui ne s*était annoncée, si nous nous en rapporloos aoi aflir* mations de la malade, qve par un écoulement vaginal verditre, ayant apparu deux mois auparavant et ayant été accompagné de deakun vives m flMNaeat de rémission des urines.

Ce qui nous mit sur la voie du diagnostic fut rappiriCion de éookHKi de tête qui s'exaspéraient notablement pendant la nnit, ce furent sortoot des douleurs ostéocopes qui siégeaient dans la continoité des membres; des ttmeurs qui se développèrent sur les deux tibias, puis sur le radius droit, et un peu plus tard sur l'humérus gauche ; une gomme qui s'nkéra an molet droit, donnèrent l'entière confirmation du jugement que nens avâans porté.

La diarrhée , dis-je , céda an traitement mercariel. Toutefois la ftîqnear de Van Svieten que nous essayâmes d'abord pendant douie jonin, d^aotrcs préparations hydrargyriqties administrées à l'intérienr, ne forent pas floppartées ; il nous fallut recourir aux bains de subMroé qni calmèrent rapidement tous les accidents; et vingt-trois mois seolement après l'entrée de h malade dans notre service la guérison était complète.

J'ai voulu, messieurs, vous présenter ces laits les uns à cM des aotmpoar vans montrer, une fois de plus, combien est différente, suivant les cas, a» point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement, la signification dHm phénomène qni considéré isolément, semble identique avec Im^mèmcL

Qu'elle dépende d'un caUrrhe intestinal, ou d'une phlegmasie plus profonde, la diarrhée chronique peut être l'expression d'états patbofegiqnes trèsvtt-iés.

Dans nos deux premières observations le flox intestinal relevait évîdemraent de la diathèse tuberculeuse. La fièvre et les soeurs nocturnes fevenant lonies les vingt-quatre heures, et restant rebelles à tous les moyens empiayCa pour ks combattre, m'en avaient fait juçer ainsi, et l'autopâe «'avait iiiaih minsement donné raison pour la malade du n"* 27. Si pour la malade dn n* 23 la preuve anatomîque nous a manqué, la loi posée par le prefeasenr Cbomel est trop généralement vraie pour que nous puissions espérer atoîr en affaire ici à une des exceptions excessivement rares que cette loi pourrait ooa^iertcr.

Retenei donc bien ced. Quand, principalement chez des adutemnla, vous anrea à traiter une diarrhée chronique compliquée de fièvre et de anaars aac-

(i) Des affections nerveuses syphilitiques. Paris, 1861.

DS tâ MâBUÊS.

mts, laites wréjwt et. Ne vom «tteadez ptsè en defeair faciiemm ouvres ; M s'il vous arrif e de la Modérer, de ta neëiier, ne oomptex pas sur me améliondeft de trap leagDe durée. Gardcot-^ow de faire paaser dans l'esprit des iMailles des espérances q«e ve«s ne saoriea partager. Le phis souvent, pour ■e pas dire tonfoors» ladiatbëse labercolense est en jea; dans m teBsps pkis ou iDoins raffiroché, die fera explosien et les malades saceemberont. àîam prévenos, fons ne serei pas eiposés à de fâchenx mécomptes. Lorsqne feus mirez époisé toot votre arsenal tkérapeitiqne, voos ne vons étonnerez pas d'avoir vo vos efforts échoaer contre on mai kicmrable de sa nature.

L'exemple de aotre malade da n* povrrait être donné oomme nne de ces exceptions rares à la lai de Ghomel, auxquelles je fnsaîs toot h llienre aBMiaa. Dans les premiers temps da séjour de cette jeune femme à l'hôpital, notre atteatiaa fot éveillée par l'existence d'une fièvre intermittente à ïfpe qnotidîea, q«i novs donna à penser que la diarrhée pourrait bien être 90BB la dépendance d'une diathèse tubercalrase. Avec quelque soin que nous cnmiaaflsions chaque jour h poitrine, nous ne trouvions aucun signe é'indoration pulmonaire ; il n'y avait ni tonx, ni expectoration. La fièvre levèiit d'ailleurs bientôt le type tierce franchement accusé, et cela seul nous^ pernwtiaît d'exclm^ Fidée de la tuherculhtation; les accidents qui se déclalèrait plus tard dissipèrent tons nos dontes, et dès lors noos pouvions espérer leair è beat de cette diarrhée symptomatique d'une maladie contre laquelle h médecine a habituelleroent une si grande action. Les préparations niercu* nettes rampiîrent i'indicatioa, comme les préparations sulfureuses, comme lespipaïaiiaBs arsenicales l'auraient remplie si nous noos étions trouvé en pré- SHwe d'un flux iniestînal lié è l'existence d'une diathèse herpétique.

La diarrhée chronique dont était tooraienrée la malade du n° 23 étant indépendante de toute espèce de diathèse, nous aurions pu encore espérer de la gaérir, si noos n'avions eu affaire à des accidents datant de deux ans, à une UMitiimion profondément débbrée qui ne régissait soas l'influence d'aucuD des modifiorteurs diététiques ou médicamenteux que novs essayâmes. Par le fHt de l'aUnaentation insuffisante à laquelle elle était réduite depuis si longtemps, cette malheureuse femme se trouvait dans les conditions des animaux qui soccumbent à Tmaaition. Le sang étant privé de ses matériaux réparators, les sécrétioBS intestinales étaient viciées, les facultés4igeslives épuisées, BOUS ne povmns même fias compter ici sur une médication qui, dans descnconslances analogues, c'est-à-d^e dans les diarrhées ttironiques ne se rattariHit à ancBMiésioB oiiganique, dans celles, par exemple, qui surviennent madanf la aonvalesoenee de maladies grares et de longue dorée, est d'iroe iaïuaentaWaatili^.

GeHe aaédicrtan conaisteànovrrir lesùidîvidusa?ec de la viande cruebadiée.

k fNTOpas de b«diarshée des enfants à l'épo^ du sevrage, je pevîenÉraîi aac plas 4r détatts sar ce mode de tniment^ qai pent ptndtre singaiier h. coK d'ettM «N» qui «e aae l'ont pas«n amplogiar.

DE LA DIARRHÉE

Il y a douze ou quinze ans, j'étais mandé en consultation auprès d'une jeune dame, âgée de vingt-trois à vingt-quatre ans, et qui, depuis six mois, était affectée d'une diarrhée incoercible. Nous étions quatre médecins appelés dans celte circonstance. Après un examen attentif, un interrogatoire des plus minotieux, nous entrâmes en conférence. Dans quelles conditions cette diarrhée était-elle survenue, je ne saurais aujourd'hui le dire; ce que je sais, c'est qne ce flux intestinal durant depuis si longtemps nous faisait redouter l'existence d'une diaihèse tuberculeuse. Cependant l'aspect général de la malade, ses antécédents, l'absence de fièvre et de tout autre phénomène caractéristique de la phihisie, nous firent rejeter l'idée d'une tuberculisation et nous rattacher i celle d'une affection locale, d'une irritation chronique de la membrane muqueuse intestinale. Toutes les médications conseillées en pareil cas avaient été mises en réquisition, et toutes avaient complètement échoué. Lorsque chacun de mes confrères eut donné son avis sur le traitement k suivre, j'exprimai le mien. A mon sens, la pharmaceutique avait dit son dernier root, désormais elle ne pouvait plus être d'aucune utilité; bien plus, je r^ardais son intervention comme fâcheuse. Il fallait s'en tenir au régime. Mes confrères me répliquèrent que ce régime avait été varié de toutes les façons, sans que le mal eût été en rien modifié ; et, à cette heure, la malade avait un grand dégoût pour toute espèce d'aliments; son estomac n'en supportait aucun et le rejetait aussitôt Je proposai alors l'emploi de la viande crue. Ma proposition fut accueillie par des rires de doute, je ne m'en effrayai pas ; persistant dans mon opinion, je rappelai un fait où ce traitement m'avait merveilleusement réussi, et je priai d'en essayer. Le médecin ordinaire de la famille, sans croire plus que les deux autres au succès que j'espérais obtenir, consentit à tenter l'expérience. Il s'agissait maintenant de faire accepter la médication à la malade, ce qui paraissait devoir être assez difficile.

Combien peu de personnes, en effet, se feront d'emblée à l'idée d'une pareille nourriture, bien qu'en vérité, et à tout prendre, l'habitude seule aok cause de leur répugnance? Quelle différence y a-t-il, en y réfléchissant, entre la chair cuite et la chair crue? Quoi qu'il en soit, l'habitude est li, et cette seconde nature est difficile à changer.

Je me rendis donc au|)rès de notre malade, et je lui demandai s'il hoii répugnerait de manger du filet de bœuf, du filet de bœuf peu cuit. Elle me répondit qu'elle le prendrait volontiers. Je donnai alors mes instructions è U cuisinière, et lui recommandai de ne faire que présenter la viande devant vm feu très-vif en l'y laissant au plus quelques minutes, juste le temps de la saisir, suivant l'expression consacrée, de manière que la couche superficielle fût seole cuite, rinlérieur du morceau restant tout à fait cru. Avant de servir ce fikl è la malade, on devait encore en détacher la partie la plus cuite et couper \ê reste en petits morceaux. Cela fut fait comme je l'avais prescrit, ei, dli4ft premier jour, la jeune dame mangea deux tranches de -oetia ^risÉè^VÉ qu'elle digéra parfaitement Le lendemain eUe eo mopii

DE L^DURRHÊE.

qoatrci, et elle finît par en prendre une assez forte portion. Deox semaines ne 8*étaient pas écoulées que la diarrhée avait cessé, et que le rétablissement était complet; car le grand avantage de cette médication est de reconstituer tout de suite la roassedusang.de remettre celui-ci dans des conditions nouvelles telles qa*il va suffire à toutes les fonctions. La guérison se maintint définitivement.

Mon stratagème avait réussi au gré de mes désirs. Quand ce stratagème me fait défaut, il en est un auquel j'ai habituellement recours. Je donne la viande crue, préparée sous une forme que je décore du nom de conserve de Damas, Pourquoi ce nom ? Je serais fort empêché de le dire ; il m*est venu le premier àTesprit et je Tai adopté. Cette conserve de Damas n'est rien autre chose que de la viande réduite en pulpe et mélangée avec de la confiture de groseilles ou de la conserve de roses. £n la prescrivant, j'ai grand soin d'avertir le pharmacien de ce que j'entends par là; car, bien entendu, ces médicaments n'entrent guère dans les pharmacopées. Â une personne qui n'est pas prévenue, il serait impossible de reconnaître la préparation, qui, ainsi déguisée, (Kt généralement prise sans répugnance.

Il iiemble extraordinaire que des estomacs, que des intestins jusqu'alors incapables de supporter, de digérer des aliments, même les plus légers, s'accommodent aussi vite d'une nourriture aussi forte. Rappelez-vous, à ce sujet, ce que je vous ai dit en vous parlant des dyspepsies.

Lorsqu'un individu se plaint à nous de troubles digestifs, notre première idée est de le mettre à un régime d'aliments réputés faciles h digérer. Qu'arrivet-il en certains cas? Ces aliments faciles à digérer pour d'autres ne le sont pas pour celui auquel on les prescrit; et comme il ne peut pas les supporter, on eu conclut naturellement que la diète doit être encore plus sévère. Cependant le malade s'aflaiblit, les accidents qu'il éprouvait, la dyspepsie, augmentent, la diarrhée peniiste ; toutes les conséquences de Tinanition surviennent, le sang s'appauvrit, les sécrétions de l'appareil digestif s'altèrent, et pour éviter un mal on tombe dans un pire.

Il y a dix ans, un médecin fort occupé de Paris, homme d'un grand savoir et travaillant beaucoup, fut pris de dyspepsie. Sous l'influence d'un coup de froid, il avait éprouvé des accidents gastriques, qu'il combattit d'abord avec succès, en se tenant à une diète modérée. Quand il voulut reprendre son régime Jiabitnel, il éprouva des douleurs qui l'engagèrent à le diminuer ; il se contenta de se nourrir de bouillon et de lait coupé. Bientôt il tomba dans un état de débilité €x>ns/dérabJe, la fièvre s'alluma et les vomissements survinrent. Chomel, qo iJ lit appeler, pensa à un carcinome de l'estomac, tout en n'eu trouvant pas «Lé'à"^ '''^'^«'iels, et maintint le malade au régime qu'il avait adopté. Con- "ïon lour, je fus de l'avis de Chomel, quoique je ne constatasse pas JUm^eaux^^ ^y>nplômes caractéristiques du cancer. Cependant, ayant eu de J<^lif^|$oemeuts sur les faits antérieurs, il me sembla qu'un pourrait, K jqifiaraicede raison, attribuer à l'inanition les accidents éprouvés \Wm qo*il serait par conséquent opportun de recourir à un

régkm ph» safasUntieL J'engageai imni maliRiiraR mobèn h pnnin m potage ; il le fil par obéissance, mais le fenéemaîn, comme mb damkmn mmaf élé plus vives, il était découragé, et ne se faisant pas (TiHiKian sur le soit foi Ini semblait réservé, il se résignait à la mort J'essayai de kiî rendre l'cspaîr et je le priai de persévérer dans la voie oà je vonlais rengager. « Tons avo, loi dis-je, la triste conviction d*étre perdn sans iwooroes ^ pmqne rien de pire n*<st k redouter, fiez- vous à mei et laissez-vons liire. Je vous le deaanie en grâce, mangez, et dè» aujourd*bnî prenez one aile de perdiemi ^ Toa aura soin de faire à peine cuire. » U ae rendit li ma prière, ne cempum ps sur le bien que je loi promettais. A son grand élonncnent, trois benres apris ce repas, la digestion était faite, et H se trouvait réconforté. Le lendemain 1 doubla la portion d'aliments et mangea deux ailes de perdreao. Le lendeiana il sentit ses forces revenir. Il commençait à ne pins se déseq)érer, à rqeier l'idée du cancer et envisager sa maladie ma manidre.

La gnérisen ne se fit pas attendre. Elle int coroplèieet se maintient paAîte, h ce point qu'aujourd'hui, cet honorable confrère, qui a repris sa Mie sasli 4'antrefois, peut se livrer li Texerdce de son art dont il s'acqniiae avec k plus grand talent et un admirable dévouement.

Gela vous prouve, messieurs, et c'est là que je vodais en venir, la êSÊboàté, l'impossibilité même de savoir à priori^ en maintes circonstances, qnel est fe régime qui convient le mieux anx malades. Dans on grand nombre de cas, tds digéreront la viande de porc, le jambon de Mayence, d*Yoric onde Wesh friialie, qui ne pouvaient supporter une panade légère. Le ponrqnoi de cei •différences singulières, ne me le demandez pas, car nous ne connaissons ries •des îdiosyncrasies, des aptitudes dîgestives particnlîères. Quoi qnll en soit, le médecin ne peut avoir de règles fixes quand il s'agit de prescrire nn régime anx individus affectés de troubles des voies digestives ; il doit tâtonner, et sa essais sont sans danger, car prudemmentdirigés ils n'auront ancnn inconvénient Il est cependant une loi importante qu'on ne saurait oublier, c'est la néon* sité de varier ralimentation. Si Ton insiste trop longtemps, au delà de ànq à six jours, sur Tusage du même aliment, le malade s'en dégsàie, son estomac s'en fatigue, et les accidents reparaissent On juge alors mauvais le traitement que Ton a institué, et Ton abandonne la direction qu'on avait prise pour tomber dans Tornière d'où Ton était sorti.

Dans certaines diarrhées chroniques apyrétiqnes, la viande crue hachée, je le répète, m*a rendu de réels services.

Souvent, ù elle seule, elle suffit pour faire cesser les accidents, mais sonvent aussi il est nécessaire de recourir concurremment aux agents de la naatière médicale.

Suivant les circonstances, il faut donner avant le repas tmM de Irèspetites doses de laudanum; tantôt les alcalins, d'autres Ms les amers, les toniques , et en première ligne la noix vomique ou ses snooédanés. Dans d'autres cas, enfm, les préparations martiales seront indiquées : c'est lorsque

ns 14 mAMBÊE.

la diarrhée se complique d'une anémie considérable, que cette anémie soit b conséquence du flux intestinal exagéré, que celui-ci dépende au contraire de Tappauvrissement du sang et de la faiblesse qui lui est consécutive, ainsi que cda s'observe encore assez souvent chez les jeunes sujets.

Dbbs ce ca&^ màifaÊisameni de U décobratiott caractéristique du tégument, de l'amaigrissement notable, qui accompagnent la diarrhée, vous Terrez quelquefois des exsudations sanguines se faire dans le tissu cellulaire «MK-cotané » vous trouverez des taches ecchymotiqnes phis ou moins iMfeft 4iÊséBàBé9è m pb» ou moiiur grand aoaibre sur la surfine du coips; ma» €m «fie fam verrei lrèi-li«éqttefEiaettt« quoi ^'o» en ait dîl , ce sera m cBième occupant lar«itréraités înférieoFes et même ine awrqot plus générale, sans qu'il y ait d'ailleurs aucune complication d'albmmnnrie.

Le quinquina, les amers, et surtout les ferrugineux, aideront puissamment Tactîoa d'un régime tonique. Lorsque le fer ne peut être supporté à Tintérieur, cf cela D*e8t pas rare, tous le prescrirez som forme de bama» dans lesqaeb tous ferez dissoudre 50# grammes de sulfate de fer.

Dans ces ^arrfaées chroniques rebelles, vous retirerez encore de grands bénéfices de Thydrothérapie, de certaines eaux minérales naturelles, mais pai tiutfèrement des bains de mer, anrtont de l'hydrothérapie maritime.

Je ne veox pas terminer ce qae j*ai à Are du traitement éa la Aarefaée chronique, sans vous (^e devx mots de Tinfinence heureuse ées purgatife srin». Combien de fois ne m'avcz-vous pas vu insister avec nue sorte d*opiiii9itreté sur remploi du sel de Giauber, par exemple. Ici, messieurs, la a une grande importance.

Je commence par iO grammes seulement de sel dissous dans nne très-petite quantité d'eau, et je recommande de ne pas donner ensuite boire aux auH bdesL Le lendemain je tt*en donne plus que 5 grammes ; et chaque jour, pendant une, deux semaines, je reviens à cette dose. Si, comme il arrive le pins souvent, la diarrhée cesse, je n'administre plus le remède que de deax jours 1^, tnojoars le matin à jeun. Si les malades éprouvent nne répugnance trop grande à prendre le sel dissous dans de l'eau, on l'enferme dans une feuille de pain chanter.

La rirabaihe, à très^tîtes doses, Id, 15 œntignimmes, données le matin jeun, rend quelquefois de grands services.

Enfin je vous recommanderai une association de remèdes que vous me voyez bien souvent prescrire dans nos salles. Je fais faire des pilules contenant cba» cane 2 centigrammes d^ipécacuanha, 1 demi-centtgramme de cakmiel, et 1 demi- centigramme d'extrait d'opium , et j'en donne une matin et soir pendant cinq jours; puis je reviens aux pnrgatife saliiis ou à la rhubarbe, puis encore aux pilules dont je viens de donner la formule, et je continue ainsi pendant on, deux^ trois mois, en interrompant le traitement de temps en temps et en faisant une grande attention au régime des malades.

i32 Oe Là BIAREHÊB.

Tmiffageée MM. L. itroê et Limbwux (i). Je venz parier de œtle onlair qaU en dernicr Mes, éuît m 34 ëe la salle Saint-Seniard.

Je n'ai point à reproduire ici cette observation dans tous ses détails; je v«o» fB{ft)eUerai senlmeat^e la nalaée était entrée à Tkôpital peur une éianliée «pûiiâlre qn persnta penéast treize inoia, se 4»nipliqia ée lieiitérîe, de gaitnlgîe, de vomiaseineHis, et qui, après a^oîr résisté à wm foule de ccnièdes, céda enûn au traitement mercuriel.

Ce flox intestinal, dont la cause nous resta longtemps cachée, lot, chez oeite kmme^ la première, je dirai même la seole manifestalioa de la syphilis ooostîtutiomielle, qui se s'était anooncèe, si novis boos en rapportons aoi affirmations de la mabde, q«e par un écoulemem vaginal verdfttre, ayant apparu deux mois auparavant et ayant été accompagné de donkors vives au mooKnt de rémission des orines»

Ce qui nous mit sur la voie du diagnostic fut l'apparition de doulenrs de tête qui s'exaspéraient notablement pendant la nnit, ce furent surtout des^ douleurs ostéocopes qui siégeaient dans la continnité des membres; des tumeurs qui se développt'rent sur les deux tibias, puis sur le radius droit, et nn peu plus tard sur l'humérus gauche ; une gomme qui s'nkéra an moHet droit, donnèrent l'entière confirmation du jugement que nous avîans porté.

Là diarrhée, dis-je , céda an traitement mercnriel. Toutefois la hqneor de Van Svieten que nous essayâmes d'abord pendant douae jours, d'antres préparations hydrargyriqnes administrées à l'intérieur, ne furent pas supportées ; il nous fallut reoomrir aux bains de sublimé qui calmèrent rapidement tons les accidents; et vingt-trois mois seulement après l'entrée de la raalnde dmi notre service la guérison était complète.

J'ai voulu, messieurs, vous présenter ces frits les uns à cèaé des autmponr fins mostrer, une fois de plus, combien est dilEêrente, suivant ks cas, a» point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement, la signification d'un phénomène qui considéré isolément, semble identique avec liii*mème.

Qu'elle dépende d'un caurrhe intestinal, ou d'une pblegmasie plus profonde, U diarrhée chronique peut être l'expression d'états pathologiques trèswiés.

fians nos deux premières observations le flux intestinal relevait évidemment de la diathèse tuberculeuse. La fièvre et les sueurs nocturnes revenant toutes iss vingt-quatre heures, et restant rebeOes à tous les moyens employés pour kB combattre, m'en avaient lait jn^er amsi, et l'autopsie m'avait mrilieureusèment donné raison pour la naïade du n* 27. Si pour la malade dn b* 23 la preuve anatomique nous a manqué, h loi posée par le fNrofessenr Chomel Oit Irop généralement vraie pour que nous puissions espérer avoir en ailaire ici à une des exceptions excessivenwnt rares que cette loi pourrait comporter.

Betenet donc èîen ceci. Quand, prindpaiement chez des aduleaeents^ vous nnreià trailer use diarrhée chronique compliquée de fièvre et de auemY noc-

(1) Des offrions nerveuses syphiHHques, Tarii^ 1861,

DS tâ MâBBlÊS.

umMSylatofMPésflrfCf. Ne voinalleMieKpisà endefeairfacileHMvtniattres ; om s'il vous arrif e de la BocKrer, 4e la neëiier, ne oomptex pas sur me amé- Uontieii de trtp leagDe dwrée. GardcBt-^oas de faire passer dans Fesprît des £uiiilles des espérances qêt ve«s ne saoriea partager. Le phis souvent, pour ■e pas dire tooîoors» la diatfaèse libercnleiise est en jeu; dans m tensps plos ou inoins raffiroché, die fera explonen et les naïades suceomberont. Aiasi prévenus, vois ne serei paseiposés à de fâcben mécomptes. Lorsque TOUS aurez épuisé tout votre arsenal thérapeutique, vous ne vous étonnerez pas d'avoir vu voo eflorts échouer contre uu mal incurable de sa nature.

L'exemple de uotre malade du n* Zk pourrait être donné oomme une de ces exceptions rares li la loi de Chomel, auxquelles je faisais tout h l'heure allusion. Dans les premiers temps du séjour de cette jeune femme à l'hôpital, notre attention fut éveillée par l'existence d*une fièvre intermittente à type quotidieQ, qui nous donna à penser que la diarrhée pourrait hien Are sous la dépendance d'une diathèse tuberculose. Avec quelque soin que mus examinassions chaque jour la poitrine, bous ne trouvions aucun signe d'induration pulmonaire ; il n'y avait ni toux, ni expectoration. La fièvre revêtit d'ailleurs bientôt le type tierce frauchement accusé, et cela seul nous pennetiait d'exclure Fidée de la tnherculisation; les accidents qui se déclarèrent plus tard dissipèrent tous nos doutes, et^ lors nous pouvions espérer tenir è bout de cette diarrhée symptomatique d'une maladie contre laquelle la médecine a habituelleraent une si grande action. Les préparations nierculîettes remplirent l'indicacion, comme les préparations sulfureuses, comme les IvéparatâoBs arsenicales l'auraient remplie si nous nous étions troturé en présence d'un flux inlesli&al lié li l'existence d'une diathèse herpétique.

La diarrhée chronique dont était tourmentée la malade du n° 23 étant mdépendante de toute espèce de diathèse, nous aurions pu encore espérer de la guérir, si nous n'avions eu alfaire à des accidents datant de deux ans, à une OMstiiDtion profondément débbrée qui ne régissait sous l'influence d'aucnir des modificateurs diététiques ou médicamenteux que nous essayâmes. Par le fait de l'alimentation insuffisante à laquelle elle était réduite depuis si longtemps, cette malheureuse femme se trouvait dans les conditions des animaux qui succombent à l'inanition. Le sang étant privé de ses matériaux réparateurs, les sécrétions intestinales étaient vidées, les facultés^geslives épuisées, nous ne pouvions même fias compter ici sur une médication qui, dans desoircoiistances analogues, c'est-à-dh-e dans les diarrhées tlmniques ne se rattadmot à aucune lésion oiiganique, dans celles, par exemple, qui surviennent puidant la convalescence de maladies graves et de longue durée, est d'une iaonaiestablc utilité.

Cette médicatiao cansisteànonrrir lesdndîviduBafec de la viande crue hadiée.

A inropos de h diarrhée des enfants à Tépo^ du sevrage, je revienÉraîi amc plus de détails sur ce mode de tniMaent^ qui peut paraître aingaiier h. cens d'entre mm qui ne uae l'ont paa«n nnpiogfen

in Là BIAREHÊE.

l'Mfiageée MM. L. ftros et Lanemn (i). Je veoz parier de oette anladk^ fui, endernicr Mev, éuét m n"* Zk ée la salle Saint-Bernard.

Je n*ai point à reproduire ici cette observation dans tous ses détails; je v«o» fB{ft)cUerai seiiknent^e la nalaée était entrée à riiô|Mtal peur une diarrhée «pûiiâtre qn persnta penéast treize inoia, se oomplkpia ée lieiitérîe, de g»tralgîe, de vomiaseineHis, et qui, après a¥oir résisté à «ae fouie de ranédn, céda enfin au traitement mercuriel.

Ce flox inlesiinii, dont la cause nous resta longtemps cachée, lot^ chez cette femme, la première, je dirai même ht seole nanifestatioo de la syphilis constitutionnelle, qui se s'était annoncée, si nous nous en rapportons ani aflb^ mations de la mafaMie, q«e par un écoulement vaginal verdfttre, ayant apparu deux mois auparavant et ayant été accompagné de donkurs vives au mouKnt de rémission des nrines»

€e qui nous mit sur la voie du diagnostic fut rappariti(Mi de doulewra de tête qni s'exaspéraient notahlement pendant la nnit, ce furent surtout des^ douleurs estéocopes qni siégeaient dans la continnité des membres; des tumeurs qui se développèrent sur les deux tibias, puis sur le radius droit, et un peu plus tard sur l'humérus ganche ; une gomme qui s'skéra an moHet droit, donnèrent Tentière confirroaiion du jugement que nom avéens porté.

Lè diarrhée, dis-je, céda an traitement mercnriel. Toutefois la hqaeur de Van Svieien que nous essayâmes d^abord pendant douae jours, d'autres préparations hydrargyriqties administrées à l'intérieur, ne furent pas supportées ; il nous fallut recourir aux bans de suhMnié qui calmèrent rapidement tons les accidents; et vingt-trois mois sevleaient après l'entrée de la malade daaa notre service la goérison était complète.

J'ai voulu, messieurs, vous présenter ces £ûts les uns à cèaé des autm powr fios mostrer, mie fois de plus, oomhien est différente, sanvant ks cas, m point de vue dn diagnostic, du pronostic et du traitement, la sigaiftcation d'oo phénomène qni considéré isolément, semble identique avec lui-même.

Qu'elle dépende d'un caurrhe intestinal, ou d'une pblegmasie plus profonde. Ut diarrhée chronique peut être l'expression d'états pathologiques très-

finns nos deux premières observations le flux intestinal relevait évidemment de la diathèse tobercnleose. La fièvre et les sueurs nocturnes revenant loites las vingt-quatre heures, et restant rebeOes à tons les moyens employés pour kB combattre, m'en avaient lait jv^er ainsi, et l'autopsie «'avait nndlieurensement donné raison pour la naaladedu n* 27. Si pour h malade dn n* 23 la preuve anatoanque noua a manqué, ht loi posée par le fNrofessear Chomel ait Irop généralement vraie pour que nous puissions espérer avoir eo aflanre ici 11 une des exceptions excessivenwBt rares qne cette loi pourrait oomportcr.

Betenet donc èîen ceci. Quand, prindpaiement chez des aduleKenla^ vous «reiàaraiaer use diarrhée chronique compliquée de fièvre et de sueurs usc-

(1) Des affkctions nerveuses syphilitiques, Vnit, lS6t,

umm, latoftoéacrrci. Ne voin atteadcs ptsè en deveair faciiemm mdtres ; oa s'il TOUS arrif e de la Modérer, de ta oediier, ne oomptex pas sur me amé- Uontkin de trap loagne durée. Gardcot-^oas de faire paaser dans Tesprît des funillesdes espérances q«e ve«s ne savriea partager. Le phis sonveni, pour ■e pas dire tenîoors» la diatfaèse tebercolense est en jea ; dans m tesaps plus ou inoins raffiroché, die fera explosion et les naïades saccomberont. Ainsi prévenus, fous ne serca pas exposés à de fâcheux mécomptes. Lorsque fODs aurez épuisé tout votre arsenal thérapeutique, vous ne vous étonnerez pas d*avotr vu Toa effnrts échouer contre un mal incurable de sa nature.

L'exemple dt notre malade du n* li^ pourrait être donné oomme une de ces exceptions rares à la lai de €homel, auxquelles je fnsais tout h llieure allusion. Dans les premiers temps du séjour de cette jeune femme à l'hôpital, notre attention fut éveillée par l'existence d'une fièvre intermittente à type quotidieu, qui nous donna à penser que la diarrhée pourrait bien dtre sons la dépendance d'une diathèse tuberculose. Avec quelque soin que nous examinassions chaque jour la poitrine, nous ne trouvions aucon signe d'induration pulmonaire ; il n*y avait ni toux, ni expectoration. La fièvre levôtit d'ailleurs bientôt le type tierce franchement accusé, et cela seul noos^ pennetiait d'exclure Fidée de la tnbercolisation; les accidents qui se déclarèrent plus tard dissipèrent tous nos doutes, et^ lors noos pouvions espérer Yeoir à bout de cette diarrhée symptomatique d'une maladie contre laquelle la médecine a habituelleraent une si grande action. Les préparations niercunettes remplirent TindicaCion^ oomme les préparations solfmHîUses, comme lesprépuratioas arsenicales l'auraient remplie si nous nous étions trouvé en présence d'un flux intestinal lié li l'existence d'une diathèse herpétique.

La diarrhée chronique dont était tourmentée la malade du n° 23 étant indépendante de toute espèce de diathèse, nous aurions pu encore espérer de la guérir, si nous n'avions eu affaire à des accidents datant de deux ans, à une osnstiiDtion profondément débbrée qui ne régissait sous l'influence d'aucun des modificateurs diététiques ou médicamenteux que nous essayâmes. Par le fait de l'alimentation insuffisante à laquelle elle était réduite depuis si longtemps, cette malheureuse femme se trouvait dans les conditions des animaux qui suecombent â l'hianition. Le sang étant privé de ses matériaux réparatem^, les sécrétions intestinales étaient viciées, les facultés^gestives épuisées, nous ne pouvions même fias compter ici sur une médication qui, dans dèscirconstances analogues, c'est-à-dh-e dans les diarrhées tlnvraques ne se rattanhuBt à auciuie lésion oiiganique, dans celles, pur exemple, qui surviennent psndant la convalescence de maladies grures et de longue durée, est d'une iaonasestaUc milité.

Celle médicalîao oonsîsteànonrrir lesdndîvidusafec de la viande oruehadiée.

A propos de h diarrhée écs enfents à Tépo^ du sevrage, je revîenÉraîi aiuc plus de détails sur ce niade de tiuitament^ qui peut pandtre singaiicr k cens d'entre «ous qui ne uae l-ont pas«n «nfiafar.

iSO CBOLÉBA INFANTILB. — DIARRHÉE DBS EUFANTS.

RetatÎTement au choléra, lorsqu'on lit la description que Sydenham nous a aissée de la maladie qu*il observait et celle qu*on trouve dans les auteura du commencement de ce siècle, lorsqu'on se remet en mémoire les symptômes qu'elle présentait chez les individus qui en étaient atteints a?ant Tépidéinie de 1 8 )2, on s'accorde à reconnaître combien ces symptômes diiïèrent de ceux du choléra-morbus asiatique qui, pour la première fois, dans Tannée que je Tiens de rappeler, sévit si cruellement sur Paris, et qui, depuis, réapparaissant h diverses époques, a exercé ses ravages sur un grand nombre de dos départements et sur le monde entier. Je tous ai tout à l'heure esquissé ces différences à grands t rai t<i, et j'ai hâte d'arriver au point qui doit nous occuper spécialement, c'est-à-dire au choléra infantile.

C'est au moment du sevrage que les enfants y sont le plus sujets. ' Il ne se passe pas un jour qu'au lit du malade, dans notre salle de nourrices, je n'appelle votre attention sur ce fait d'une importance si capitale, que c'est 5 l'époque du sevrage que les enfants sont le plus exposés à éprouter des troubles graves du côté des voies digestiies Pendant l'allaitement, tant qu'ils restent soumis à l'alimentation naturelle et normale que leur nourrice leur fournit, ils ont généralement peu à redouter ces accidents; mais quand on les sèrre mal à propos, alors même qu'ils sont arrivés à l'âge de quatorze, quiaze tm seize nmis, quand on les prive tout à coup du lait maternel sans soirre certaines règles indispensables que je tous indiquerai, ces eiifanis ayant, pour ainsi dire, à chaque instant, des indigestions, prennent de la diarrhée, et cette diarrhée devient à son tour, dans des circonstances données, l'occasion du déreloppement du choléra infantile.

Cette maladie éclate habituellement d'une manière soudaine et s'annonce par les symptômes dont je Tais tous tracer rapidement le tableau.

La physionomie de fenfant change tout à coup. En voyant le malade, tous êtes tout de suite frappés de l'excavation profonde des yeux, dont les paupières inférieures sont cernéi*s d'un cercle bleuâtre. Vous le trouvez poussant des cris incessants, souvent étouffés, car le timbre de la voix est altéré, comme il l'est dans le choléra asiatique, à un moindre degré, il est vrai ; la peau s'est refroidie. Ce sont là les phénomènes qui, survenant brusquement, ont eiïrayé à juste titre la famille, qui la veille encore, et même un moment avant qu'ils apparussent, s'alarmait peu de la diarrhée.

Les vomissements, de mils ou rares, sont devenus excessivement fréquents. Le petit malade rejette toutes les boissons qu'on essaye de lui faire prendre. Cependant il est tourmenté d'une soif tîtc, qu'il accuse par ses cris, par son impatience, par le mouTement de ses lèTres, qu'il ouTre et ferme altematiTement comme pour humer un air plus frais. Lorsqu'on approche de sa bouche une cuiller ou un verre, il soulève sa tête quelque faible qu'il soit, et se prédpite avec une véritable Toracité pour avaler le liquide qu'on lui présente.

Les vomissements sont biiienx, verdâtres. Les garderobes ne sont plus lientériques, mais eHes sont constituées par une sérosité Terdâtre dans laquelle

GBOliftA MFANTILB. —DIARBBÈB 1» ERFAHTB. iSl

nagent encore quelquefois des maiières ressembiant à des hacbores d'épinards ou d*oseiile, que Ton retrouve déposées sur les langes; eo d'autres cas» les selles, extrêmement liquides, ont la couleur d*une eau légèrement teiniée par du jaune d*œuf. Toujours absolument séreuses, elles n'ont jamais cette appa«renée d*eau de riz, d'eau pajiée, qui caractérise les garderotes dans le choléramorbus asiatique.

Le ventre est ordinairement profondément excavé; la peau qui le recouvre est molle, flasque, et quand on la presse entre les doigts elle conserve pendant plusieurs minutes le pli (|u'on y a fait. Ce défaut de tonicité se retrouve, d'ailleurs, sur toute la surface du tégument externe, aussi bien sur les membres que sur le tronc

Cependant à Texcavalion de Tabdomen succède quelquefois ia (ympanice; mais ce ballonnement, phénomène fâcheux, ne se prononce jamais plus que dans la période suivante de la maladie. Le pouls devient d'une fréquence extrême, l'abaissement de la température augmente; les extrémités, le net, le menton, la langue, se refroidissent comme dans le choléra-^iorbus asiatique, toutefois avec cette différence que, dans le choléra infantile, il y a peu de cyanose, et rarement une sueur visqueuse. La peau reste an contraire sèche, et les ongles seuls prennent une coloration bleuâtre. La face est plombée, mais non comme elle l'est dans le cboléra-morbus; les traits sont notablement tirés et affaissés.

H est mallieureusement trop fréquent que la mort arrive dans cette première période, et rapidement après l'invasion du mal. Lorsque l'enfant résiste, d'autres phénomènes se manifestent. Les vomissements semblent augmenter encore de fréquence, en même temps que, dans un grand nombre de cas, la diarrhée s'arrête. Alors aussi le ballonnement du ventre, dont je vous parlais il y a un instant, devient considérable.

Au refroidi!>sement de tout à Theure succède une élévation notable de la •température de la peau, et en même temps celle-ci reprend sa tonicité, de telle sorte que les plis qu'on y fait en la pinçant ne persistent plus. La langue rougit et se sèche, les yeux s'injectent.

Le clioléra infantile commence alors à entrer dans une nouvelle période, la période typhique^ analogue à la période typhique du choléra-morhus asiatique, mais caractérisée par des symptômes particuliers, très-différents de ceux que l'on observe dans celui-ci.

Quelquefois les vomissements cessent, et simultanément les garderobes diarrhéiques reparaissent. Elles ont une coloration bilieuse plus ou moins foncée; elles sont quelquefois glaireuses sanguinolentes, et même elles peu* vent être purulentes, rappelant tout à fait celles de la dysenterie épidémique. Alors le ballonnement du ventre diminue un peu sans disparaître complé* tement

An UMment où ces accidents fébriles se manifestent, l'enfant tombe dans la stupeur. Cette stupeur, ces yeux injectés et renversés sous la paupière supé-

132 CBOLÊBA llfPANme. — DIARRHÉE DBS ENFANTS.

Heure, lai donnent l'apparence d'an individa atteint de fièvre cérébrale ; cette apparence est d'autant plus trompeuse que le malade pousse de temps en temps ce cri plaintif qai rappelle le cri hydrencéphalique, et que l'on peut produire la tache cérébrale comme dans l'encéphalo-méningite.

J'ai dit que le choléra infantile emportait quelquefois les enfants en très-peu de temps. Il est rare que sa période algide dure au delà de vingt-quatre ou trente -six heures sans amener cette terminaison fatale.

Quand les évacuations diminuent sensiblement, la vie se prolonge et la période typhique peut durer trois, quatre, cinq^ six, sept, huit jours même.

Quelque grave que soii le pronostic de cette maladie qui fait chaque année un grand nombre de victimes, nous pouvons cependant, lorsque l'enfant peut être remis dans des conditions hygiéniques favorables, espérer la guérison, en luttant avec les moyens de traitement qu'il me reste à vous indiquer.

Avant toutes choses, il importe de prescrire la diète, une diète absolue : il faut recommander de ne donner à l'enfant que des boissons fécvtentes, de la tisane faite avec de la décoction d'orge ou de riz, de Veau albumineuse qui s'obtient en délayant quatre blancs d'œufs frais dans un litre d'eau ; on sucre à volonté et l'on aromatise avec de l'eau de fleur d'oranger.

Une médication que je regarde comme la plus puissante contre le choléra infantile, dans sa première période, c'est le bain sinapisé. Dans un bain de 25 litres, on met 50 grammes de farine de moutarde délayée en bouillie avec de l'eau froide et enfermée dans un nouet de linge, dans un torchon, comme cela se fait pour le bain de son. En exprimant ce nouet, on obtient ainsi une eau fortement sinapisée. Je dis que la bouillie doit être faite avec de l'eau froide ; en se servant de l'eau chaude, loin de favoriser le développement de l'huile essentielle, qui constitue le principe actif de la moutarde, on empêcherait sa production. Il en serait de même si l'on employait du vinaigre sous prétexte d'augmenter la force du sinapisme.

Le petit malade est plongé dans ce bain pendant douze ou quinze minutes, le temps d'obtenir une réaction suffisante, qui n'arrive que lentement, en raison de l'état de la peau. Puis on l'enveloppe dans des linges bien secs, et celte médication est répétée deux, trois et quatre fuis dans le courant de la journée. On aura la mesure du temps que doit durer le bain, par ce qu'éprouve la personne qui maintient l'enfant dans l'eau. La nourrice sera avertie de cesser l'immersion lursqu'elle-même éprouvera une vive cuisson sur la peau des bras plongés dans le bain.

Messieurs, à propos de ce bain sinapisé, je veux incidemment appeler votre attention sur les singuliers effets dont plus d'une fois vous avez été témoins chez des femmes de notre salle Saint-Bernard, auxquelles je l'ai prescrit en maintes circonstances, et dans des cas très-différents dont j'aurai probablement un jour à vous parler.

Vous avez sans doute été surpris, comme je l'ai été moi-môme, d'entendre ces malades se pUindre d'éprouver, qulques minutes après être restées pion-

CHOLÉBA INFANTILE. DIARBHÊK DES ENFANTS. 133

gées dans cette eao sinapûée, ane sensation bonibleroent pénible de froid glacial. U leur semblait, disaient-elles» qu'elles étalent dans une eau dont on aurait cassé la glace, et» pour tous rappeler la comparaison qu'elles employaient, elles étaient coupées par le froid. Lorsque 'nous assistions à leur bain, nous les voyions grelotter; leur peau, qui se couvrait d'une rougeur très-intense, prenait l'aspect de ce que l'on désigne vulgairement sous le nom de chair de poule. Cette sensation de froid était telle, que quelques-unes de nos femmes demandaient à être retirées de l'eau avant le temps prescrit, et leur frissonnement persistait encore quelques minutes, une fois qu'elles avaient été remises dans leur lit, bien enveloppées dans des couvertures de laine, dépendant la réaction ne tardait pas à s'établir, et au froid glacial suc^ cédait une élévation notable de la température.

Cela dit, je reviens au traitement du choléra infantile. Le bain sinapisé, dans la première période, est^ je le répète, une des médications, peut-^tre même la médication la plus puissante que je connaisse.

Concurremment vous en emploierez d'autres. En premier lieu, Yipécacuanha donné, bien entendu, à faibles doses, 30, 40 centigrammes administrés en deux, en trois prises chez un enfant entre un et deux ans. Vous retrouvez là, messieurs, une nouvelle application de la méthode substitutive dont je vous ai déjà signalé les bons effets dans les affections des voies digestivcs.

Puis viennent les stimulants diffusibles : Vétker sous forme de sirop, la préparation la plus commode à administrer. On le donne par cuillerées à dessert, toutes les heures, toutes les demi-heures, et comme, en définitive^ le sirop ne contient qu'une assez faible proportion d'éther, vous pouvez, sans inconvénient, en faire prendre ainsi jusqu'à 100, i50 et 200 grammes, dans les vingt-quatre heures.

Simultanément vous prescrivez les eaux distillées de menthe et de mélisse; pour tisane de l'eau panée, la décoction blanche de Sydenham, et mieux encore l'eau albnmineuse.

Dans cette période algide du choléra infantile, de même que les vomitifs, les purgatifs i)cuvent aussi trouver leur indication. Celui que je préfère à tous est Yhydrargyrum cum creta, remède fort en usage de l'autre côté du détroit, trop peu employé en France, et dont je vous ai précédemment parlé. Ce mercure éteint dans la craie, administré à faibles doses, 5 à 10 centigrammes (an à deux grains), fait ordinairement cesser les vomissements, modifie les garderobes et les rend plus abondantes.

Mais à côté de ces médicaments utiles, il en est un d'autant plus dangereux qu'on est tenté d'en faire un plus grand abus, c'est Vopium, Je vous ai déjà dit mon opinion à son égard, je ne saurais trop m'élever contre cet agent; je le répète, je ne connais pas de remède plus désastreux, je n'en connais pa9 non plus qui soit plus fréquemment et plus imprudemment employé.

Je le vois prescrire souvent à de telles doses que, si le malade n'en rejetait

ISA CHOLÉRA IIWAirmB. — DIARRHÉE DBS ENFANTS.

pas h plus grande partie, serait infeillibiement eropoisoimé. Rappelez-Toos ce qae je tous disais dans une de nos précédentes conférences : une seule goutte de landanum, c*est-^dire nn trente-deuxième de grain d*o|»nni, snffit poor jeter un enfant d'un an dans une stupeur qui dure quelquefois quarante* huiC heures ; et cependant on ne craint pas d'en prescrire 5, 6, 7, 8 gouttes, sok en potion, soit en hvenient. On donne Topium sous forme de sirop, on en donne une demi-once, c'est-à-dire un demi-grain d'extrait gommeux ; on Uen, si l'on n'ose pas donner le sirop d'opium, on ne craint pas de donner le Rfsp de pavot blanc, qui, pour SO grammes, renferme 30 centigramnes (5 grains) d'extrait de pavot indigène, et ces SO centigrammes d'extrait de pavot, que l'on est porté à considérer comme très-inoiïensifs, ont dans beaucoup de circonstances , une action plus énergique que 5 centigrammes dVxtrait d^opium de Smyme ou de Constantinople ; on conseille encore le sirop de hctucarium qui n'agit que par l'opium qu'il contient en quantités assez notables.

Ce qui est peut-être encore plus dangereux,, ce sont les lavements avec la décoction de têtes de pavot. Cette préparation, que beaucotip croient iort innocente, et que chaque jour, dans le monde, on emploie chez les enfants môme très-jeunesi, sans demander d'avis aux médecins, cette préparation est des plus infidèles, les quantités et principes actife narcotiques contenus dans une tête de pavot étant excessivement variables. Il n'y a pas d'années où sous n'ayofis à enregistrer des accidents causés par l'emploi inopportun de ce mé^Ucament

La meUleure méthode, la seule à mon avis, d'administrer i'opinm, alors aortoul qu'il s'agit d'un enfant, est de le donner sous forme de laudanum de Sydenham, remède facile à doser. On commence par un quart de goutte, par une demi-goutie, en augmentant progressivement, suivant qu'on a tâté la. suaoeptibilité individuelle du malade. On marche ainsi en connaissance de cause, et en toute sécurité.

C'est là une règle absolue dont on ne doit pas se départir. Je vous Tai maintes fois formulée, et si j'y insiste aiijourd'hui, c'est que son importance est telle qu'on ne saurait trop la proclamer.

J>ans le cas particulier dont nous nous occupons, dans le choléra infantile, l'opium, sous n'importe quelle forme, doit être rigoureusement proscrii. Si, dans quelques cas, il suspend les vomissements, il amène trop rapidement aussi la période typhoïde, et celle-ci est d'autant plus redoutable, qu'elle arrive plus près du début de la maladie, absolument comme dans le choléra asiatique.

Bains de moutarde, vomitifs, stimulants diffusibles, purgatifs uiercuriels, tais sont donc les moyens de traitement à opposer au choléra infantile dans la. période algide. Grâce à ces moyens, on obtient de véritables succès ; et lorsqa-'oH n'arrête pas les progrès du mal, du moins prolonge-t-on la vie du malade, et lui permet-on d'arriver lentement et sans encombre à la seconde période pendant laquelle on voit alors s'augmenter les chances de guérison.

CBOLbAk INFANTILE. — DIAREHiK AES ENFANTS. 155

DftDS cette seconde période, les iodicatioas sont de continuer les boissons albamineuses ou féculentes, et de recourir aux laxatifs légers, aux sels neutres, mais principalement au calomel à doses fractiouuées.

Puis, quand les Tomissements ont cessé, que la diarrhée s*est franchement établie, on administre la craie lavée, le sous-nitrate de bismuth, l'eau de chaux.

Pour modérer les accidents nerveux, les bains frais sont d'une grande utilité.

Lorsfjue la diarrhée persiste, on a recours au nitrate d'argent : en potion, à la dose de 1 centigramme; en lavements, à la dose de 5, 10, 15, 20, 25 centigrammes dissous dans 60, 80 et 100 grammes d'eau distillée.

Ne Yous dissimulez pas cependant, messieurs, que les cas de guérison seront toujours extrêmement rares, et que le plus souvent la mort est la terminaison du choléra infantile, alors surtout qu'il attaque des individus sevrés prématurément En leur donnant, quand cela se peut, une bonne nourries, on multiplie les chances de salut. Et ne croyez pas que parce qu'un enfant a depuis longtemps quitté le sein, ce soit une raison de désespérer de le lui (aire reprendre. Sans doute, plus il s'est écoulé de temps depuis qu'il a en perda l'habitude, plus on aura de peine à l'y remettre ; mais avec de la patience et de la persévérance ou y parvient souvent, alors même qu'il est resté trois^ quatre et cinq semaines sans leter. Bien entendu^ on réussira d'autant mieux que l'enfant sera plus jeune, et qu'il aura par conséquent moins conscience de ses actes.

Le choléra mfantile est l'expression la plus grave des accidents que peo occasionner le sevrage prématuré. C'est non-seulement l'exagération du catarrhe intestinal, de l'entérite causée par les indigestions successives déterminées elles-mêmes par une alimentation vicieuse, et nullement en rapport avec les aptitudes digestives du sujet, mais c'est quelque chose de plus. L'influence saisonnière en lui imprimant son cachet, a fait de cette entérite une entérite spéciale, dont la malignité déjoue malheureusement trop souvent nos efiorti.

Quant au catarrhe intestinal, dégagé de cet élément particulier qui appartient à la maladie dont je viens de vous entretenir, nous devons le combattre suivant les indications que je vous ai formulées d'une manière générale dans nos conférences sur la diarrhée.

Toutefois, ici, la médication par l'usage de la viande crue^ dont je vous ai d^àfdit on mot à propos de la diarrhée chronique (p. 1 25) , joue un rôle capital

U y a quelques mois à peine vous me l'avez vu prescrire à un enfant de deux ans, couché avec sa mère au n"" 19 de notre salle Saint-Bernard. Cet enfant entrait à l'hôpiial avec une diarrhée rebelle, qui résista d'abord à toos^ les moyens que nous employâmes pour l'arrêter. Je le mis alors à l'usage de la viande crue; et dès le deuxième jour de ce traitement, la diarrhée avak diminué d'abondance et d'intensité.

Cette médication n'est pas chose nouvelle. Depuis longues amées, je l'ai

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