DYSENTERIE
part; de là uo procès aa parlemeat qa*il perdiu Indigné de la mauvaise foi d'HeWetius, Grenier divulgua le secret , et désormais ripécacoanha fut dp domaine public; puis, par un de ces retours si ordinaires dans Tbistoire de l'esprit humain, on fut peuuôtre porté à abiiser du remède qui avait eu tant de peine à se faire accepter.
. Toujours est-il que, dans la dysenterie, l'ipécacuanba est d*une incontestable utilité, principalement dans la forme bilieuse, au début, lorsque Tenduit de la langue indique la prédominance d'un état saburral très-prononcé. . II agit comme un modificateur puissant au môme titre que les purgatib, et son action s'exerce aussi bien sur tout le tube digestif que sur Testomac.
SndéGnitive, voici la méthode que j'adopte dans le plus grand nombre de (as contre la dysenterie épidémique. Au début, je prescris ripécacuanha i doses vomitives suivant la formule que je vous ai tant de fois indiquée ; p grammes divisés en quatre paquets, h prendre à dix minutes d'intervalle jusqu'à ce que l'on en ait obtenu des vomissements.
A partir du lendemain, et souvent dès le soir même, je donne on sel neu-
à la dose* de 15, 20, 25 grammes, dose qui doit quelquefois être répétée dsns le couraqt des vingt-quatre heures ; je continue de la donner jusqu'à ce que les garderofoes, sensiblement modifiées, ne contiennent plus de matières ^aireuses {sanguinolentes et soient devenues diarrhéiques.
Mais concurremment avec ces moyens, j'attaque le mal par d'autres agents Jiopiques qui portent encore plus directement sur les parties aflectées. Ce sont ]es lavemepts catbérétiques et caustiques, avec le nitrate d'argent, le soUate de cuivre ou le sulfate de zinc. La dose est de 5 à 10 centigrammes de nitrate d'argent pour 125 grammes d'eau^ chei un enfant ; de 20 à 75 centigrammes pour 200 grammes d'eau, chez un adulte, Les sulfates de cuivre et de zipcse donnent à la dose de 5 centigrammes pour un enfant, de 1 gramme pour les adidtes. Ces lavements sont réitérés deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures. Us doivent être conservés autant que possible ; pour cela , il faut avoir soin, avant de les administrer, d'en donner un d'eau pure qui sera nyeté, et de pousser lentement Vinjeciion du second.
On a recommandé et j'ai essayé moi-môme des lavements avec le sous*acétate de plomb, à une dose qui a été portée jusqu'à 30, 40 et môme 60 grammes dissous dans un litre d'eau distillée, et cela sans produire d'accidenis toxiques.
Messieurs, vous serez peut-être surpris que je ne vous aie encore rien dit 4e Yopium^ qui semble cependant, à entendre certains médecins, un remède «i nécessairement indiqué dans le traitement de la dysenterie. Je n'ai à vous en parler que pour m'élever contre les déplorables abus que l'on en fait encore tfop souvent, et j'aurai à vous répéter ce sur quoi je me suis déjà si largement étendu dans nos conférences sur la diarrhée.
Si l'opium trouve quelquefois son indication, ce n'est pas pour combattre le flux dysentérique, c'est pour modérer les douleurs qui l'accompagnent, c*est
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surtout pour arrêter les vouu^sements qui rendent impossible l'administration des autres remèdes. Aussi, dans tous les cas, c'est à très-petites dQ^es, en commençant par pnc goutte de laudanum de Sydenbam, qui peut être répétée tontes les heures, suivant la persistance des accidents auxquels on vent remé^ dier, c'est à ces petites doses qu'il faut l'employer, sous peine, si vous le donnez à baiites doses, de voir la maladie se compliquer de symptdmes ty pbofdes S;raYe8.
Il est un ^utre point du traitement de la dysenterie sur lec^uel je dois insister.
Vous oi'entendez chaque jour prescrire des potages, même à nos malades qui sont dans l'état le plqs sérieqx ; vous n)e voyez exiger qu'ils prennent, dans le courant de U journée, deux, trois ^t quatre petites panades épaisses. Pour tisane, je leur ordonne des boissons féculentes, de la décoction d'orge, de n% ; de l'eau albumiqeuse; de la décoction blanche de Sydenban) qui n'est rien autre chose qn'uqe espèce d'eau panée. J'attache à cela une extrême impQr« tance. Comme dans la fièvre typhoïde, je regarde l'alimentation dans la dysenterie chose absolument nécessaire, et l'expérience m'a depuis longtemps donné raison.
Vous comprendrez dès lors, messieurs, pourquoi je m'abstiens de la médication antiphlogistique qui serait tout à fait en désaccord avec l'indication que je trouve si précise de nourrir les malades. Ce n'est pas que dans quelques circonstances, alors que des symptômes inflammatoires sont franchement dominants, oo ne doive intervenir par une application de sangsues; mais, d'un côté, ces circonstances se présentent rarement ; d'un autre côté, quand elles se sont présentées, il ne faut pas tarder à arriver à l'emploi des moyens sur lesquels j*ai appelé toute votre attention.
Si ces moyens, je vous le répète d'après les résultats de ma propre pratique et de celle d'un grand nombre de médecins, si ces moyens, dis-je, sont ceux sor lesquels nous devons le plus compter, ils ne sont pas malheureusement infaillibles, et en regard des succès que nous obtenons, nous avons encore, dans certaines épidémies, beaucoup trop d'insuccès à enregistrer.
La dysenterie, je vous le répète en terminant, est la plus grave, la plus terrible de toutes les maladies épidémiques.
Alors môme que les individus ont résisté à ses premiers coups, alors même qu'ils peuvent espérer toucher à la convalescence, le danger n'est pas encore passé, et ils ont à redouter les accidents que la maladie laisse après elle.
Je ne parle point de ces hydropisies plus ou moins générales, de ces para-- Ijfûes qui surviennent dans le décours de la maladie, comme elles surviennent daos le décours des fièvres graves, dans les dothiéueniéries, par exemple, qui oot profondément touché l'économie. Quelque sérieuses que soient ces complications, un régime tonique, une alimentation réparatrice, des soins hygiéniques en viennent encore à bout.
Je ne parle pas non plus de l'infection purulente, des hépatites avec abcès
DYSEMTEBIE.
de foie, qui, quoique rares, n'en ont pas moins été notées parmi les accidents consécutifis de la dysenterie.
Je parie de ces diarrhées incoercibles, produites et entretenues par les lésions plus ou moins profondes, plus ou moins étendues, dont le gros intestin est le si^'ge, et qui sont toujours accompagnées d'une inflammation, d'une irritation qui retentit dans tout le reste du tube digestif, troublent les fonctions, amènent des accidents qui épuisent les malades, et les font succomber avec tons les symptômes de la flèvre hectique, contre laquelle viennent échouer tous les efforts de notre thérapeutique.
Enfin, ces lésions intestinales peuvent entraîner, ainsi que je vous l'ai signalé à propos de l'anatomie pathologique de la dysenterie, des perforations qui, survenant à une époque plus ou moins éloignée, donnent lieu à des péritonites rapidement mortelles; ces péritonites peuvent encore être la conséquence des obstructions intestinales, dépendant elles-mêmes de la coarctation produite par les ulcérations qui, en se cicatrisant, ont laissé les tissus épaissis, et ont déterminé un rapprochement entre les parois opposées des conduits dont elles vont ainsi diminuer le calibre.
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