VERTIGO A STOMACHO 1..ES
Tels sont les phénomènes qui, se reproduisant d'une façon habituelle, à la plus petite occasion et même sans cause occasionnelle, préoccupent tellement ceux qui en sont tourmentés, qu'oubliant pour ainsi dire les autres accidents qu'ils éprouvent du côté de Tappareil digestif, ce sont les seuls qu'ils accusent , c'est uniquement sur eux qu'ils appellent l'attention du médecin. Vous l'avez vu, notre femme de la salle Saint-Bernard, deux autres individus de la salle Sainte-Agnès, dont j'aurai à vous rappeler tout à l'heure les observations, ne nous ont tout d'abord parlé que de leurs vertiges, et ne nous disaient absolument rien des troubles gastriques auxquels cependant nous devions les rattacher.
Ces troubles gastriques se traduisent pourtant le plus souvent par des symptômes nettement caractérisés. Ce sont des douleurs d'estomac qui ne sont jamais plus violentes qu'après l'ingestion des aliments, ou du moins de certciins aliments; la pression exercée avec la main sur le creux épigastriquc les réveille, les exagère en les faisant se propager jusque dans le dos; c'est un sentiment de pesanteur, c'est une crampe, c'est une douleur aiguë irradiant dans le thorax, dans l'abdomen, s'étendant même à divers points du corps, accompagnée d'une sensation de chaleur, d'ardeur à la région de l'estomac. Ce sont des flatuosilés, des éructations acides ordinairement non nidoreuses, drt> vomissements glaireux, muqueux, quelquefois de matières alimentaires; de la constipation plus souvent que de la diarrhée, bien que les deux accidents puissent, chez quelques individus, alterner l'un avec l'autre.
Si ces symptômes manquent en quelques cas rares, presque toujours vous entendrez les malades se plaindre, quand vous les interrogerez à ce sujet, de digestions lentes, laborieuses.
Toutefois, et notez bien ce point, ce n'est pas en général au moment de la digestion que les accidents vertigineux se produisent, c'est longtemps après, c'est, pour employer ici une expression vulgaire, quand l'estomac est vide, qu'ils surviennent. Et ainsi que je vous le rappellerai à propos du traitement de cette singulière affection, il suffira souvent au malade de prendre une petite quantité d'aliments, une tasse de bouillon par exemple, un biscuit trempé dans un peu de vin, pour les prévenir quand ils commencent, ou pour les faire cesser quand ils se sont produits.
Il semblerait néanmoins que, en (juelques circonstances, l'ingestion des aliments puisse être la cause déterminante des accidents, si nous en jugeons d'après ce que nous avons observé chez un des deux malades de notre salle Sainte-Agnès, dont je parlais il y a un instant.
C'était un jeune homme de vingt-cinq ans. Habituellement de bonne santé, il nous disait n'avoir jamais eu d'autre maladie qu'une affection de nature probablement syphilitique, pour laquelle il avait été traité h l'hôpital des Vénériens, il ne nous donnait d'ailleurs aucun renseignement précis à cet égard.
Il rendait ainsi compte des accidents qui l'amenaient dans nos s^ll^ ;
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Depuis un mois, il éprouvait une douleur dans le flanc droit, ot, du cûtc de la tête, des phénomènes qui le tourmentaient surtout. La douleur abdominale étail exagérée par ia pression, mais quelque soin que nous ayons mis à la chercher, nous ne trouvâmes autour de celte région aucun signe de lésion viscérale. Cette douleur avait ceci de singulier qu'elle se caimnit sponlanéinont aussitôt après les repas, mais alors au^si le malade éprouvait des phénomènes cérébraux qui le préoccupaient singulièrement. D*étaientdes étourdisscments, des troubles de la vue, des bourdonnements d^oreille, une |)esanteur de léte, un sentiment qu*il comparait à celui que procure Tivresse à son début. Il aflirmait qu'il ne buvait habituellement avec excès ni \in ni liqueurs. S*il essayait de se lever de table, ses jami)es fléchis.saient sous lui, et il ressentait un malaise général, il lui semblait qu'il allait s*évanouir; pour ne pas tomber, il était forcé de s*appuyer sur ce qui se trouvait à sa portée. Jamais cependant il ne perdit connaissance.
Ces accidents qui se produisaient, je le répète, dès que le malade avait mangé, qui se répi'taient, à plusieurs reprises, pendant encore une heure ou deux après le repas, n'étaient accompagnés d'aucune douleur, d'aucune sensation f)énible du côté de l'estomac, et constituaient avec la gastralgie ou plutôt Tentéralgie que nous avons notée, les seuls symptômes caractéristiques des troubles dont les fonctions digesiives étaient évidemment le siège.
Bien que le fait soit rare, il peut arriver aussi que les vertiges soient, non plus seulement les phénomènes morbides prédominants, niais encore les seuls fit uniques phénomènes accusés par les malades, |)arce qu'ils sont réellement les seuls qu'ils éprouvent, la dyspepsie dont ils dépendent ne se traduisant alors par aucun autre symptôme. En voici un exemple :
Une dame d'un certain âge \int de Paris à Bordeaux pour consulter à propos d'accidents cérébraux dont elle était tourmentée depuis plusieurs mois, et qui consistaient en des vertiges qui lui laisv«aicnt 5 peine quelques instants de tranquillité. Ils se manifestaient à la plus légère occasion, et allaient jusqu'à produire un état syncopal qui forçait la malade de se tenir couchée. Le mouvement de la rue, la vue des promeneurs qui passaient devant elle, d une voiture iXMilant un peu vite, en sollicitaient le retour, à ce point que bientôt cette dame n'osa plus sortir de sa chambre. Elle se croyait menacée d'une attf.cpie d'apoplexie, et ses craintes étaient angn)eniées par son entourage, dont les officieux avis étaient propres à l'entretenir dans ces idées Pour éviter la congestion qu'elle redoutait, suivant la théorie qu elle s'éiait faiie, elle se condamna à une diète sé\ ère, se contentant de se nourrir de potages, de bouillons, de peur d'augmenter rabtmdance de son sang. Son appétit avait diminué, mais toujours sesdigestions avaient été régulières. Le régime auquel elle s'était astreinte l'avait réduite à un état de cachexie déploral)h\ Lorsque mon ami le docteur Lasègue fut appelé auprès d'elle, il fut frappé de sa niaigreur et de la teinte jaune qu'avait prise sa peau ; au premier abord, il crut à l'exisience d'iinf afiectî^li ciicéreuse; «Q^saroeo approfondi ne lui en révéla
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cependant aucun signe ; il ne tarda pas à se convaincre que les accidents vertigineux dépendaient d*une perturbation des fonctions nutritives, et étaient exagérés par le fait de Tabsllnence. Il me demanda de vouloir bien me joindre à lui pour voir la malade; mon diagnostic fut identique avec celui qu*il avait porté. L'événement devait nous donner raison. Une médication tonique, une alimen talion réparatrice avaient, au bout de huit jours, amené un changement notable dans la situation. Les vertiges étaient beaucoup moins fréquents; bientôt la malade en était complètement débarrassée : six semaines plus tard» lenibonpoint et la sauté étaient revenus.
Ainsi, messieurs, nous voyons survenir assez souvent le vertige chez des personnes dont les fonctions digestives ne laissent rien à désirer. L*appétit est bon, les selles sont régulières, il n*y a pas d'éructations acides, et pourtant le traitement dirigé contre la dyspepsie réussiL Bien souvent je me suis demandé si ce traitement, bien que dirigé par moi contre Tafiection stomacale, ne s*adressait pas, à mon insu, au système nerveux, et si je n*avais pas été conduit à diagnostiquer une alTectiou gastrique, plutôt d'après l'influence de la médication que d'après les symptômes de la maladie, et si je n'avais pas été entretenu dans cette erreur de diagnostic par ce fait que je réussissais avec une médication ordinairement employée avec avantage dans la dyspepsie.
Je sais bien qu'il y a des nausées et souvent des vomissements dans le vertige, lors même que le tissu de l'estomac est dans l'état le plus normal, et que les sécrétions qui lui appartiennent sont ce qu'elles doivent être ; mais qui ne sait que, dans un grand nombre d'affections qui appartiennent au système Dcrv eux, les vomissements sont extrêmement communs ; sans parler de la fièvre cérébrale, qu'il me suffise d'indiquer le mal de mer, le vertige de la valse, etc. , dans lesquels les troubles du côté de l'estomac sont l'accident qui occupe le plus les malades, celui dont ils se plaignent le plus amèrement. Or, dans le vertige que l'on appelle stomacal à tort ou à raison, les troubles nerveux et ceux que Ton observe du côté de l'estomac ne diffèrent pas beaucoup de ceux que l'on éprouve, par exemple, dans le vertige qui tient à des lésions du labyrinthe, et dont j'aurai tout à l'heure à vous parler.
Il est vrai de dire pourtant que ce dernier vertige ne cède que bien rarement à la médication qui réussit ordinairement dans le cas de vertige simple accompagné seulement de nausées et de vomissements.
Les vertiges stomacaux s'observent assez communément dans la convalescence des maladies de longue durée, telles que les fièvres graves, celles surtout qui ont profondément troublé la nutrition, et ont eu un grand retentissement sur l'appareil digestif, dont les fonctions restent plus ou moins languissantes.
C'était le cas du second de nos hommes de la salle Sainte- Agnès.
Il éuit âgé de quarante-huit ans. D'une robuste constitution, il avait été toujours biea portant, lorsque, quinze mois avant l'époque où il venait se netire entre nos mains, il fut pris d'un HOoriMt grave, déterminé par le dépV.
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rable r^ime auquel la misère i*avait forcé de se soumettre. Il habitait, en effet, un logement des plus insalubres; Tunique chambre dans laquelle il fivait, mal aérée, était placée sous les toits, exposée au froid, à Thumidité^ à toutes les intempéries de la saison. Nous eûmes occasion de voir cet homme dans un autre service de cet hôpital où il s'était fait admettre. De grandes taches ecchymotiques couvraient toute la surface de son corps, quelques-unes avaient la largeur de la main; des ulcérations sanieuses •vaient détruit les gencives ; ses forces étaient considérablement diminuées. Cette maladie dura environ deux mois, ou du moins, après ce temps, le malade quitlarHôtel-Dieu. Pendant les trois mois qui suivirent, et même pendant plus longtemps encore, il conserva une diarrhée lientérique opiniâtre; cependant son appétit était bon et il mangeait une grande quantité d'aliments, non réparateurs, il est vrai, composés de pain, de soupes rarement faites avec du bouillon de viande. Ses digestions s'opéraient mal ; deux heures après le repas, il^ rendait par les selles les matières alimentaires à peu près telles qu'il les avait prises, et, dans le courant de vingt-qnatre heures, il avait jusqu'à vingt garderobes. Pendant cinq mois, la faiblesse générale était si grande qu'il ne pouvait quitter la chambre ; l'état de maigreur était si prononcé qu'il ne pouvait rester assis, et qu'il était obligé de garder le lit.
Aussitôt qu'il fut à même de sortir, ce malheureux reprit ses occupations pour vivre et faire vivre sa famille du médiocre produit d'un travail très-peu lucratif. Dans cet état de choses sa nourriture resta bien insuffisante; ses digestions étaient d'autant plus imparfaites que, ayant perdu une grande partie de ses dents, que celles qui lui restaient étant déchaussées , vacillantes à la suite du scorbut, il ne pouvait pas mâcher ses aliments. De plus, bien que moins insalubre que son premier logement, celui qu'il habitait maintenant l'était encore beaucoup.
Des conditions hygiéniques aussi détestables n'étaient pas faites pour ramener rapidement les forces perdues; aussi quand cet homme vint de nouveau à I hôpital, se plaignait-il encore d'être très-faible; mais ce qui l'amenait à l'Hôtel- Dieu, c'étaient les accidents dont le début remontait déjà à l'époque où il avait eu le scorbut, et qui s'étaient notablement aggravés depuis huit jours et le préoccupaient singulièrement.
Voici ce dont il se plaignait. Il éprouvait un engourdissement, une sorte de paralysie des mâchoires et de la langue, qui le gênaient pour ouvrir la houche, et l'empêchaient d'articuler certains mots. De plus, sa voix était enrouée et il lui était impossible de crier comme il le faisait autrefois pour les besoins de sa profession de marchand ambulant. Quand nous lui demandions d'ouvrir la bouche, il ne desserrait qu'à demi les mâchoires, non sans provoquer des douleurs dans les articulations temporo-maxillaires. Sa langue, qu'il ne pouvait tirer que jusqu'au niveau des arcades dentaires, était sensiblement déviée à droite. En examinant l'arrièrc-bouche nous constations une déformation du voile du palais qui n'était pas régulièrement concave ; à gauche, il était aplati
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et la laetle était déjetée de ce côté; cependant en louchant les parties avec une barbe et un bec de plume, on voyait que la niotilité n*était pas abolie et qu'on sollicitait des contractions musculaires.
Depuis huit jours aussi, le malade avait un mal de tête persistant, qui n'était pas influencé par Tétat de plénitude ou de vacuité de l'estomac ; il comparait ce mal à ce qu'on éprouve quand, suivant son expression, on a fait ribote. Et à ce propos il nous affirmait qu'il ne prenait jamais d'eau -de-vie, qu'il ne buvait que très-rarement des liqueurs alcooliques. Il ajoutait que le vin, dont il aurait autrefois facilement supporté trois litres sans en être le moins du monde incommodé, lui troublait maintenant le ceneau alors qu'il en prenait ï peine un verre.
[1 dormait bien, et à son réveil sa tête était libre, mais il n'était pas resté quelques minutes sur son séant que la douleur était revenue. Couché, il se sentait mieux, à la condition toutefois d'avoir la tête un peu haute. Debout, il éprouvait comme des picotements dans les yeux, puis sa vue se troublait, il voyait des étincelles monter et descendre, les objets tourner et danser autour de lui ; bientôt sa vue s'obscurcissait complètement, il lui semblait qu'il était dans un brouillard, et pour ne pas tomber il était forcé de s'appuyer sur ce qui se trouvait à sa portée ; une fois il n'avait pas pu se retenir, et s'était laissé aller à terre, sans perdre connaissance, puis il s'était relevé tout seul quelques secondes après. Ces vertiges augmentaient lorsqu'il baissait la tête ou lorsqu'il la levait, mais, à l'inverse de ce qui arrive le plus habituellement dans ces cas, les accidents étaient moins prononcés quand il regardait en haut que lorsqu'il regardait en bas. Pendant quelque temps il avait essayé de servir les maçons, il fut obligé d'y renoncer, parce qu'il ne pouvait monter sur les échafaudages sans que sa tête lui tournât, ce à quoi il n'était pas sujet avant sa maladie.
Au moment où les vertiges survenaient, la céphalalgie augmentait, il lui semblait qu'on lui fendait le crâne; quelquefois il avait des nausées, mais jamais de vomissements. D'ailleurs, il disait n'avoir jamais eu à proprement parier de maux d'estomac, ni avant ni après avoir mangé. A la diarrhée licntérique qui l'avait tourmenté pendant plus de trois mois, avait succédé une constipation telle, qu'il restait jusqu'à huit jours sans aller à la garderobe; depuis quelque temps les évacuations alvines avaient repris leur régularité habituelle.
Indépendamment de la faiblesse générale dont il se plaignait, il ressentait, dans les membres inférieurs, un poids continuel ; l'exercice, la chaleur du Ht De pouvaient le réchauiïer; avant son scorbut, il transpirait facilement des pieds, aujourd'hui les pieds restaient secs alors même que toute la surface du corps était couverte de sueur.
Une semaine de repos, une bonne nourriture, une médication dont les alcalins firent en grande partie les frais, suffirent pour faire cesser les accidents vertigineux, et dix jours après son entrée dans le service de la clinique cet bonuDe se trouvait tellement mieux qu'il désirait retourner dans sa famille.
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Quelques rapports qu'elle présente avec le sujet qui nous occupe^ cette observation est assez complexe, car les vertiges pouvaient c^tre con&idérés comme le résultat de la perturbation profonde éprouvée |)ar le système nerveux dans la grave et longue maladie dont cet individu avait été atteint. Ce seraient, dans cette hypothèse, des accidents du même genre que la paralysie du voile du palais^ de la langue, qui s'observent, ainsi que j*ai eu occasion de ?ous le dire plus d'une fois, à la suite des maladies qui, comme la dipbihérie, h fièvre typhoïde, ont un grand retentissement sur l'organisme. Ici, toutefois, il était évident que les fonctions digeslives avaient été plus particulièrement mises eu cause, comme le témoignait la diarrhée lieniérîque qui avait persisté pendant si longtemps; et les vertiges dépendaient si bien de troubles de U digestion et de la nutrition, qu'il suffit d'une semaine de bonne alimentation pour amener la guérison de ces accidents.
Le fait, néanmoins, n'a pas, messieurs, la netteté de ceux que nous rencontrons le plus souvent dans notre pratique. — Il y a quelque temps, j'étais appelé à donner mes soins à un magistrat âgé de soixante ans. A la suite de travaux fort assidus, accomplis principalement après le diner, il avait senti de la pesanteur d'estomac, et souvent il avait des éructations acides. L'apfiélit diminuait de jour en jour. Tout à coup, en levant les yeux au plafond, il se sentit violemment étourdi, vit 1rs objets tourner autour de lui, et ce vertige fut momentanément accompagné de nausées. Inquiet, il manda sou médecin, qui le purgea et lui fit prendre des bains de pieds siiiapisés. Cependant le mal lit de rapides progrès. Les vertiges existaient non-seulement quand le malade était debout ou assis, mais lors même qu*il était au lit.
Les nausées étaient incessantes, le malade les comparait au mal de mer.
L'inquiétude était extrême, M.... se croyait menacé d'apoplexie; quelques médecins avaient cru voirie début d'un ramoilissement cérébral.
Je pensai que nous avions affaire à un vertige stomacal ; le traitement par les alcalins et les amers fut institué, et les accidents avaient entièrement cessé après quinze jours. Ils reparurent quelques semaines plus tard, pour disparaître de nouveau sous l'inQuence de la même médication.
Dans les cas où le vertige est accompagné ou a été précédé de troubles gastriques, vous serez souvent autorisés à instituer le traitement du vertige stomacal, et votre médication sera presque toujours sui\ie de succès. Cependant vous ne devrez jamais négliger de rechercher si le vertige n'est point sympathique de quelques lésions du foie, des reins, de la vessie ou de l'utérus.
Vous savez en effet que les coliques hépatiques, néphrétiques et les douleurs utérines sont souvent accompagnées de nausées, de vomissements et de vertiges.
U est un tuire veitj|e qui ofire de graodes ressemblances a\ec \e vertige HMUfMl ^ t eeuwtt produit par une létioa de V oreiUe inieme
I traiiini dbA\iitoû|^i«ikNi
VERTIGO A STOMACHO UESO.
cérébrale apoplectifornie (1) je vous ai rappelé la savante communication que Ménièrc avait f^iite sur ce sujet à i'Académie de médecine.
Ces relaiinns entre les accidents vertigineux et les maladies de Toreille interne avaient d*abord échappé à M. Triquet, lorsqu^en 1857, il publiait un travail sur les lésions du labyrinthe dont il décrivait d*une manière très-complMe Tanatomie pathologique. Dans ce travail, en eiïet, il n'est question ni de vertiges, ni de syncopes, ni de nausées, ni de vomissements éprouvés par les malades. Pins tard, en 1863, dans ses Leçon» cliniques (2) et dans une note manuscrite qu*il nous a communiquée, M. Triquet insiste d'une façon toute spéciale sur Texislence des vertiges et des nausées qui précèdent et accompagnent les bourdonnements d'oreille dans les cas d'otite labyrinthique. Il re\endiqiic. du reste, pour Saissy (de Lyon) le mérite d'avoir le premier signalé celte coïncidence des vertiges avec les maladies de l'oreille. Cependant, nous ne saurions accepter cette revendication, car dans les deux obnenaiions conàgnées dans l'ouvrage de Saissy qui parut en 1827 ( i), observations empnmtées au docteur Viricel. il est bien parlé de douleurs violentes dépendant de lésions de la caisse du tympan, ainsi que le démontra l'examen nécroscopique, mais, ni dans ces observations, ni dans les réflexions dont Saissy les fait suivre, il n'e^t fait mention de vertiges.
C'est donc bien à Méniére, dont l'expérience était grande dans l'étude des maladies de Toreille, que nous devons de connaître le rapport existant entre b lésions du labyrinthe et les troubles cérébraux qu'avant lui tous les médecios rapportaient à des troubles de l'estomac, à des congestious a|X)plectiformes, oa encore au début d'affections cérébrales plus graves. Dans le mémoire qu'il Tiot lire devant l'Académie de médecine en 1861 (6), Méniére établissait que les malades aflectés d'otite labyrinthique présentaient un ensemble d'accidents réputés cérébraux, tels que vertiges, étourdissements, marche incertaine, tournoiement et chute; accidents qui éuient accompagnés de nausées, de Tomissements et parfois d'un état syncopal.
Une observation réitérée des faits de ce genre ne tarda pas à lui démontrer que tous ces accidents, loin de suivre la marche habituelle des affections cérébrales ou du vertige stomacal, se dissipaient après un temps variable pour laisier subsister à leur place une surdité rebelle, le plus souvent irrémédiable.
Dans le travail auquel je fais allusion, ^léniére rapportait ainsi l'histoire d'une jraiie fille qui ayant voyagé la nuit, en hiver, sur l'impériale d'une diligence, étant i l'époque de ses règles, éprouva par suite d'un froid considérable, une uirdifé complète et subite. Reçue dans le service de Chomel, elle a\ait présenté comme symptômes principaux des vertiges continuels ; le moindre effort pour se mouvoir produisait des vomissemeals, et la mort survint le. cinquième
(1) Tome H, p. 2».
•'V. U^mjt cliniques mr les ma/adies de foreitle, 1863, p. 113. il) Saïmt, KsMiêur le$ tnatadios de l'oreilie interne, Lyon, 1827. («) B^kUn d€ V Académie de médecine, U XXVI^ p. 241.