‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 4)Chapitre 3 sur 100 · VERTIGO A STOMACHO L«SO · texte numérisé non relu

VERTIGO A STOMACHO L«SO

jour. L'autopsie démontra, de même qae dans les faits de Saissy, de Yiricel et du docteur ïriquet, que le cerveau, le cervelet et le cordon rachidien étaient absolument exempts de toute altération, mais comme la malade était devenue tout à fait sourde après avoir toujours parfaitement entendu jus(|u'au moment de son accident, Ménière enleva les temporaux afin de rechercher avec soin quelle pouvait être la cause de celte surdité complète sunenue si rapidement. Les recherches les plus attentives établirent que les canaux semicirculaires étaient les seules parties du labyrinthe qui oiïrissent un état anomal consistant dans la présence d'une lymphe plastique, rougeâtre, remplaçant le liquide de Cotugno.

Dans les observations de Saissy et de M. Triquet, on trouva à Texamen nécroscopique un semblable épanchement de matière plastique, rougeâtre, et de plus un épaississement de la membrane nerveuse qui tapisse les canaux semi -circulaires. Il est donc permis de supposer que peut-être, dans ces cas, OQ eût constaté pendant la vie les mêmes symptômes que dans le fait de Ménière si Tattenlion eût été éveillée sur ce point.

Plusieurs d'entre vous, messieurs, se rappellent assurément cette femme qui était couchée au n*" 25 de la salle Saint-Bernard. Elle était affectée d'une surdité presque complète et, chaque fois que pour l'interroger on parlait un peu trop fort, sa figure exprimait une vive souffrance, et elle accusait de grandes douleurs dans la tête, des bruits insupportables dans les oreilles, en même temps qu'elle était prise de vertiges, puis elle tenait sa tête entre ses deux mains comme pour se soustraire h tout bruit extérieur. Tout lui semblait tourner autour d'elle et si, lorsqu'elle était debout, on élevait un peu trop la voix en lui parlant, elle saisissait les barreaux de son lit pour ne pas tomber à terre. Elle nous racontait que depuis longtemps, sans cause appréciable, elle avait été prise de vertiges qui avaient augmenté de jour en jour, à ce point qu'elle ne pouvait plus aller seule dans les rues, parc»e que le bruit des voilures lui était insupportable et lui donnait le vertige ; elle racontait de plus que souvent elle se sentait poussée de gauche à droite, et que, sur les trottoirs, elle avait grand soin de prendre toujours la droite dans la crainte de tomber sur la chaussée. Remarquez, messieurs, que la surdité était surtout prononcée du côté droit et que c'était aussi de cecôté que l'impression du bruit était douloureuse. J'ajouterai que souvent la malade avait des nausées et de l'inappétence, bien qu'elle fût absolument sans fièvre et que sa langue n'indiquât aucun embarras gastrique. Il n'y avait point d'amaigrissement notable, jamais il n'y avait eu de troubles dans les sécrétions hépatique et rénale; le flux cataménial était normal. Ces vertiges dépendaient donc d'une affection de l'appareil auditif : les bourdonnements d'oreille presque continuels, la surdité presque complète, l'exaspéralion des bourdonnements et de la douleur toutes les fois qu'on faisait du bruit près de la malade, témoignaient en faveur de cette opinion. En examinant le conduit auditif externe on voyait que la membrane du tympan était déprimée vers son centre et présentait à ce point un enfoncement que M. le docteur Triquet

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