KYSTES HÏDÂTIQUES DU FOIE
Dans une des branches de la veine cave, on trouva un caillot adhérent se prolongeant dans des ramifications plus petites ; et, dans une des veines afférentes, il y avait une fausse membrane tubulée remplie de pus^ qui sourdait de ce tube quand on exerçait une pression sur lui.
L'intestin était injecté dans toute sa longueur, mais sans présenter d'ulcérations.
On ne rencontra d'abcès métastatique ni dans la rate, ni dans les poumons.
Messieurs, qu'il se soit transformé en abcès, ou qu'en raison même du Volume énorme qu'il a pris, le kyste bydatique tende à se rompre, il arrivera un moment oû le liquide qu'il contiendra s'ouvrira une voie à travers les parties qui avoisinent la tumeur. Cette voie se fera quelquefois au dehors, à travers les parois abdominales, à la façon des abcès du foie, des tumeurs biliaires ; et, lorsque des adhérences naturellement établies entre les parois de la tumeur et le feuillet pariétal du péritoine empêcheront les liquides de s'épancher dans la cavité péritonéale, ces conditions seront les plus favorables à la guérison définitive du kyste. C'est là ce que nous cherchons à imiter artificiellement dans nos moyens de traitement.
Mais, pour ne parler encore que des tumeurs hydatiques du foie développées du côté de la surface concave de l'organe, leur ouverture spontanée pourra se fàire dans l'abdomen, soit dans le péritoine, et il en résultera des accidents inflammatoires promptement mortels , soit dans les vaisseaux, ainsi que nous l'avons dit, soit dans les voies biliaires, soit enfin dans l'estomac, dans l'intestin, et ici ce seront les cas les plus heureux.
Ces particularités demandent que nous nous y arrêtions un instant
Je ne reviendrai pas sur la communication entre les kystes hydatiques du foie et les veines, il m'a suffi de vous avoir signalé sa possibilité et les conséquences qu'elle entraîne.
Vouverture des tumeurs hydatiques dans les conduits biliaires s'explique par l'ulcération des parois de ces conduits déterminée par la compression que la tumeur exerce sur eux. Les vésicules s'engagent dans leur cavité. D'abord ce sont de petites hydatides qui s'y introduisent, et qui, poussées par la bile Sans cesse sécrétée derrière elles, passent des bronches dans les gros troncs des canaux, et de là dans l'intestin. Si elles sont d'un très-petit volume, elles peuvent être expulsées Sans grande difficulté; si elles sont plus grosses, elles cheminent plus lentement, et l'accumulation de la bile à laquelle elles font obstacle amène la dilatation des conduits. Cette dilatation permet à des hydatides plus grosses de s'engager à leur tour et de parcourir le même trajet, îl arrive ici ce qui arrive pour les calculs biliaires; les mêmes symptômes, à tela près pourtant dès douleurs qui sont beaucoup moins vives, la jaunisse, là décoloration des matièrès fécales, accompagnent cette évacuation des tumeurs hydatides par les voies biliaires. Quand on examine les garderobes, on trouve des débris d'acéphalocysles et même des hydatides entières. Celle communication peut se faire directement entre la tumeur et le canal choIédoc|ue,
KYSTES HTDATlQOkS DC FOIE.
de |Ht ataiso faire entre h tnmenr et la fésicule biliaire oà l'on a reuonré isiflMilBBb GasHno les calculs bfliaires, les ten fésienlaires engagés dans leonlnii hépadqne on dans le cbolédoqoe peuvent amener la rétention de k Vàtj WÊÊÊÊ dw ces cas la nature du mal reste babitoeDement inconnue jftaqBTm ■naenr où Texamen des matières des garderobes permet d*étabUr pis poMlifanenc le diagnostic.
De cène CHHwniication mtre les foies biliaires et les kystes bydatiqoes do faie, arriifcnu d'allenn reUtivement assez communs, il résulte souvent que la faie pose dans la cavité même de la ttraieur. A Tautopsie, on trouve alors iesbydatidri rompues, vides, phnoo moins colorées en jaune. 11 est probable fie le coBlact prolongé de la bile entndne la mort des vers vésiculaires, et tons verrons, à propos du traitement, qu'on a voulu utiliser ce fait pour la gnéi'isna des kystes hydatiqnes, en injectant du fid de bœuf dans leur inté* rienr, médiation pour le moins étrange.
b ilfiBiiin, la rupture spontanée des tumeurs bydatiques du foie dans les caann faîBaves n*aniène pas nécessairement des complications mortelles ; efe est ca quelques cas un mode de terminaison favorable de raflection. Mais m cfamices dlMoreuse terminaison sont bien autrement nombreuses quand il i^itÊkik mie coonnnnicatîon entre les kystes et le canal intestinal, bien que, davoes cas, oonme dans Tautre, Tévacuation des liquides enfermés dans la tameor se luse avec beaucoup de lenteur, qu'il fiuUe quelquefois plusieurs n»is poor qu'elle soit complète; bien qu'aussi il puisse arriver que l'ouvertore, trop étroite, ne suffisant pas pour livrer passage au contenu du kyste, ceini-d s'ouvre abrs dans d'autres points et se vide tout à la fois, dans l'in* teitîn, das un antre organe ou 2i l'extérieur.
Pour que cette communication s'établisse soit avec l'estomac, ce qui est le cas le pins rare et aussi le moins favorable de beaucoup, soit avec l'intestin, et alors c'est le duodénum, et plus souvent encore le Mon ascendant ou transverse, ce qui est le cas le plus ordinaire et aussi le plus beureux, il faut que la tnmenr et les organes dans lesquels eOe va se vider aient contracté des adhérences ; autrement on amait li craindre ces épancbements brusques de liquide dans le péritoine^ dont la conséquence immédiate est une péritonite sura^oC, mortdle en quelques beures. Ces adbérences sont le résulut du travafl pUegmasîque des feuîHets séreux du kyste et du tube digestif accolés l'un I rentre. Elles se produisent id comme nous les voyons se produire dans ks ces de phlegmon de la fosse ib'aque ou du Ugament large par exemple, lorsque ces phlegmons suppurés se vident en s'ouvrant dans rioteslin ou dans h vessie. J*anrai oocanon de vous dire un jour combien est ordinaire ce mode de terminaison des abcès iliaques et du petit bassin, que nous observons si fréquemment dans la pratique, et qui, abandonnés aux seuls efforts de h natore, guérissent presque toujours.
L'aflaisBeflKnt, la disparition d'une tumeur qui auparavant faisait saillie dans la r^ion In-pocbcmdriaque droite et vers l'épigaslre, qoelquefob une
KT8TES HYDATlQUfiS DU FOIE.
du poumon (1), j'ai eu Poccasion de vous entretenir de ce mode de terminaison des kystes hydatiques du foie par leur ouverture dans la cavité tboracique et dans les poumons. Je vous en avais précédemment (2) rapporté un exemple emprunté à la pratique nosocomiale de mon collègue M. le docteur Empis. Â ce fait, à ceux auxquels je vous ai renvoyés et qui ont été publiés par différents auteurs (3), j'ajouterai aujourd'hui celui-ci qui s'est passé sous vos yeux dans notre salle Saint-Bernard où vous avez été à même de l'étudier attentivement
Ce fait, intéressant It tous égards, nous présente ceci de particulier qu'il 8*agit d'im kyste hydatique du foie qui s'ouvrit successivement dans les voies biliaires, au-dessous du diaphragme et dans la plèvre. Comme, à mon avis, il perdrait beaucoup k être raconté en abrégé, je vous demande la permission de vous en lire la relation, telle qu'elle a été rédigée, avec le plus grand soin, par mon chef de clinique M. le docteur Aiichel Peter.
« R... (Amélie), ftgée de vingt-sept ans, entre le 11 septembre 186S dans le service de M. Trousseau.
» Il y a trois semaines qu'elle a éprouvé de vives douleurs k l'épigastre et à l'hypochondre droit pendant deux jours, et k la suite de ces douleurs il apparut de l'ictère. Depuis cette époque, l'ictère devint de plus en plus foncé. Depuis cette époque aussi, les douleurs se sont manifestées périodiquement sous forme d'accès tous les deux jours, le soir, et durant chaque fois deux heures environ.
D A dater du début de tous ces accidents, il y eut de l'anorexie et de la dyspepsie, l'ingestion des aliments ou des boissons provoquant bientôt des douleurs à l'épigastre.
n Les vomissements ne se sont montrés que depuis trois jours.
» Indépendamment des douleurs qui se manifestent par accès avec intensité, il en existe de continues, mais qui sont tolérables.
• Enfin, il y a trois ou quatre ans, k la suite d'une violente attaque de douleurs épigastriques semblables k celle qui se manifesta il y a trois semaines et qui dura une douzaine d'heures, cette jeune femme eut un ictère qui persista près de trois semaines.
» Âu moment de son admission k l'hôpital, la malade présente une coloration jaune des plus foncées. Elle est maigre; sa figure exprime la souffrance, et sa santé semble fortement compromise. La peau n'est pas chaude, et le pouls a peu de fréquence.
» Diagnostic : Coliques hépatiques, avec congestion considérable et consécutive du foie,
ji Dans la soirée, la malade éprouve un frisson assez fort et prolongé, en
(1) Conférence XXXI, t. I, p. 713.
(2) Confércnr^î XXIX, t. I, p. G07.
(3) Conférence XXXI, l. I, p. 713.
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même temps que de l'exaspération de la douleur dans Thypochondre et à Tépîgastre. La fièvre persiste toute la nuit, et le 12 septembre la malade est en proie à une fièfre ardente ; la peau est sèche, les pommettes sont rouges, et le poab bat 132 fois par minute.
» Il y a une très-vive douleur à la région du foie. À la percussion, on trouve que cet organe a plus que doublé de volume.
9 La malade vomit tout ce qu*elle ingère; le soir, elle a une épistaxis peu abondante.
• Diagnostic : Hépatite.
» On applique dix sangsues à l'anus qui donnent lieu à un écoulement de sang assez abondant et produisent un soulagement marqué. Ce soulagement persiste pendant trois jours ; cependant le foie reste toujours aussi volumineux ; il descend jusque près de l'ombilic, et envahit tout l'épigastre. La fièvre persiste avec redoublement tous les soirs.
Dans la soirée du 16, une douleur des plus violentes survient brusquement à la base droite de la poitrine. Cette douleur, qui gène la respiration, se propage jusqu'à l'épaule droite. Il survient bientôt du délire qui dure toute la soirée.
• A la visite du lendemain 15, la douleur à l'hypocbondre, avec irradiation à l'épaule et dans toute la paroi tboracique correspondante, persiste avec la même intensité ; cependant on ne trouve rien à l'auscultation de la poitrine. — On prescrit un bain qui produit du soulagement.
Le 16, l'ictère est d'un jaune safrané. L'état de la malade est des plus pénibles; elle pousse des gémissements continuels ; la douleur est toujours losri vive, et s'oppose à ce que l'on percute. La respiration est incomplète et anxieuse ; il n'y a pas d'égophonie. — On prescrit 5 milligrammes de calomel t«Mites les heures.
• Diagnostic : Pleurésie diapkragmatique par propagation de rinflamma' tion de la face convexe du foie à la plhre,
«Le 17, la douleur est beaucoup moins vive. Pour la première fois, on entend du souffle et de l'égopbonie au tiers moyen de la région dorsale. Il y a de la matité dans tout le tiers inférieur de la poitrine, et de la résonnance skodique dans le tiers supérieur de la poitrine en avant.
• Le 18, le pouls est à 132, petit ; Tétat général est très-grare.
• La matité a envahi tout le côté droit de la poitrine en arrière, et occupe même la fosse sous-épineuse ; en avant, la matité remonte jusqu'à la quatrième eôle. La respiration est abolie dans la moitié inférieure de la poitrine ; dans h moitié supérieure et au voisinage de la colonne vertébrale^ on entend un Kmffle Toilé et de l'égophonie, intenses surtout dans les fosses sus et sousépineuses. La matité de la région hépatique reste la même ; mab la douleur I la percussion a presque entièrement disparu.
• La req>iralion est haute sans être cependant trop fréquente. Le nez est pincé, la figure est très-altérée et les joues sont cyanosées.