‹ Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris (volume 4)Chapitre 33 sur 100 · KYSTES HYDATIQUES OU FOIE · texte numérisé non relu

KYSTES HYDATIQUES OU FOIE

» Le Jeiidemaif) 19, il y a une matilé absolue du haut en bas de la poilriae eu arrière. La région sous-davière seule résonne assez bien, mais la résou* nancc esl skodique. En arrière, il y a du souffle et de Tégophonie dans la fosse sous-épincuse et au niveau delà gouttière vertébrale. M. Trousseau fait constater aux assistants l'existence d'une fluctuation manifeste au niveau des espaces intercostaux. Cette fluctuation est produite par la percussion à l'aide du plessimètre et du marteau.

» L'abondance excessive de l'épancbemciit, au moins autant que Fétat d'op* pression de la malade, détermine M. Trousseau à faire pratiquer la paracentèse de la poitrine. Cette opération est aussitôt pratiquée par le chef de clinique, 51. le docteur Peter. Elle fut très-émouvante, et, pour cette raison, mérite d'être racontée avec quelques détails.

» Après avoir préalablement incisé la peau à l'aide d'une lancette au niveau du cinquième espace intercostal et sur la ligne axillaire, l'opérateur fait pénétrer le trocart par une impulsion brusque et rapide. Le trocart étant retiré, il ne sort rien par la canule. On introduit alors par cette canule un stylet mousse» et aussitôt s'écoulent quelques gouttes d'un pus excessivement fétide.

» M. Trousseau, voyant la difficulté qu'éprouve le liquide à sortir de la poitrine, reiuplace la canule ordinaire par une autre très-grosse. Quelques cuillerées de pus s'échappent, puis l'écoulement s'arrête; le stylet mousse intro* duit de nouveau permet la sortie d'une substance gélaiiniforme, qu'on reconnaît être une hydatide flétrie. M. Trousseau diagnostique aussitôt la perforation du diaphragme par rupture d'un kyste hydatique du foie, et une pleurésie purulente consécutive. Néanmoins, en vue d'évacuer la poitrine et de soulager la malade, M. Trousseau adapte à la canule une seringue à double courant et fait sortir ainsi un peu plus d'un demi-litre de pus. Les hydatides qui oblitèrent à chaque instant la canule rendent cette manœuvre difficile et assez infructueuse, aussi est-on obligé de renoncer à l'évacuation complète de la poitrine.

» On retire la canule, on applique un morceau de diachylon sur la plaie, et la malade est abandonnée à elle-même. Dans la journée, il survient du délire, l'oppression augmente et la mort a lieu près de vingt-quatre heures après l'opération.

9 Autopsie. — Le foie est énormément augmenté de volume; le lobe gauche a deux fois au moins le volume du lobe droit.

» Dans le lobe droit, au niveau du bord postéro-supérieur, et faisant saillie du côté de la cavité de la plèvre et non du côté de la paroi abdominale, existe un kyste capable de loger le poing d'uu adulte. Il est circonscrit du côté de b face péritonéale du diaphragme par des fausses membranes multiples, épaisse! et de date évidemment très-ancienne. Les parois de ce kyste sont tapissées par une fausse membrane fibreuse en certains points, athéromateuse en d'autres» incrustée de substance calcaire dans la plus grande partie de sou étendue. Le kyste cijt rempli de pus au milieu duquel nagent des hydatides flétries. Oo y distingue iroi»'

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