OU BHUIIATI&IIE ARTICULAIRE AIGU
ver assez de souplesse pour demeurer des soupapes parfaites qui« en se relerant et en s*abaissant régulièrement, livreront au courant sanguin un libre passage et empêcheront son retour dans les cavités cardiaques.
La fonction ne sera point lésée, et cependant, pour peu que les valves n'aient plus leur poli et leur épaisseur nonnales, une oreille attentive pourra percevoir des bruits de souffle qui n'existent pas dans l*état d'intégrité de l'appareil valvulaire.
I^es modifications de structure des valvules peuvent rester très-légères pendant de longues années; d'autres fois la nutrition des valvules a été tellement modifiée par le fait du rbumati.sme, que la lésion ira toujours croissant et donnera <i Toreille des bruits de soufllc rudes et râpeux. Cependant la fonction circulatoire peut ne pas paraître gravement altérée, parce qu'en même temps que les orifices cardiaques se rétrécissent, en même temps que les valvules deviennent insuffisantes, le muscle cardiaque redouble d'eiïorts pour vaincre les rétrécissements des orifices et pour lutter contre les insuffisances des valvules. Il se fait alors une hypertrophie physiologique du muscle cardiaque. Mais tôt ou tard le muscle, à bout d'efforts, devient impuissant à vaincre des obstacles toujours croissants. C*est à partir de ce moment que le médecin constate tous les symptômes généraux des maladies chroniques du cœur. N*allez pas croire, messieurs, que le cœur abandonne si vite la lutte. L'observation clinique vous apprendra que le désordre dans lis battements de cet organe peut disparaître, et que, pour un temps variable, il recouvrera une puissance énergique , surtout si quelque crise du côté de rintestin, ou le plus souvent du côté des reins, vient à décharger le système vasculaire et le tissu cellulaire du poids des hydropisies. Que de fois vons pourrez prolonger la vie de ces malades en provoquant une abondante diurèse, et en rendant ainsi au muscle cardiaque une partie de sa puissance.
Dans l'immense majorité des cas, Tendocarde s'affecte après les articulations; mais il arrive parfois, ei d'une façon tout exceptionnelle, que la phrase symplomatique est renversée, et que la loi de M. Bouiilaud se trouve vérifiée en sens inverse, c'est-à-dire que le rhumatisme frappe d'abord l'endocarde, puis les articulations. Nous avons eu trois exemples de ce fait dans le cours de l'année 186^. Un jeune homme entra dans notre salle Sainte-Agnès avec une fièvre vive, un grand malaise général, et le seul symptôme local qui pût indiquer une détermination morbide était un bruit de souffle assez intense à la pointe du cœur. S'il eût été entendu à la base, nous eussions pu Tattribuer à de l'anémie, tandis que nous n'hésitâmes pas à le rattacher à une endocardite. Au bout de quatre jours, les genoux se tuméfièrent et devinrent douloureux^ puis il en fut ainsi des épaules; et enfin ce jeune homme eal tous les symptômes d'un rhumatisme muitiarticulaire aigu de moyenne mtensité. Il guérit, mais quitta nos salles, conservant un bruit de souffle dont la rudesse toute caractéristique nous prouvait assez et l'exactitude de notre
ET DE l'endocardite ULCÉREUSE.
diagnostic quant à la maladie aiguë antérieure, et Texistence actuelle d*UD rétrécissement de l'orifice auriculo-\entriculaire gauche avec insufiisance de la valvule mitrale. Le second cas est celui d'une femme que vous avez pu voir couchée au n^ 11 de la salie Saint- Bernard.
Cette femme, âgée de trente-huit ans, n'avait jamais eu d'arthrite rhumatismale, quand pour la première fois, il y a trois ans, elle éprouva des palpitations; en même temps elle avait une petite toux assez fréquente, avec oppression et sans hémoptysie. Les troubles cardiaques devinrent tels à la longue, que la malade se décida à entrer, il y a un an, à la Charité, dans le service de M. Bouillaud. L'illustre professeur constata alors l'existence d'uun affection cardiaque, et la traita par une ^nei^que médication. J'insiste sur ce fait, parce qu'il vous démontre que les signes dont je vais vous parler avaient été observés par Bouillaud et que, comme moi, il les avait attribués k une lésion de l'endocarde. •
Voici maintenant quelle était l'affection pour laquelle la malade entrait dans mon service : quinze jours auparavant, elle, gui n avait jamais eu de douleurs dans les articulations, éprouva une vive souff'rance dans le genou gauche avec tuméfaction, rougeur et impossibilité de marcher. A son entrée, le genou n'était plus douloureux, mais il y avait de la tuméfaction avec rougeur et douleur au niveau des articulations du tarse et le long des gaines synoviales du pied gauche et du pouce gauche.
Nous examinons alors le cœur et nous percevons un bruit de souffle très-fort, râpeux, au premier temps du cœur et à la pointe; souffle qui n'existe pas à la base et ne se propage pas dans l'aorte. En même temps nous trouvons le pouls petit et extrêmement irrégulier. Le cœur a notablement augmenté de volume. Le foie est également très-volumineux, il a 15 centimètres sur la ligne mamelonnaire. La respiration est pure partout, et il n'y a pas d'engouement pulmonaire, malgré la toux.
L'intensité et la rudesse du bruit de souffle, son maximum d'intensité à la pointe, la petitesse et l'irrégularité du pouls, tout concourt à nous faire diagnostiquer une affection du cœur, et nous croyons à l'existence d'un rétrécissement auriculo-ventriculaire gauche avec insuffisance de la valvule p mitrale. La congestion hépatique vient à l'appui de ce diagnostic, enfin le diagnostic antérieur de M. Bouillaud le confirme.
Les accidents arthritiques avaient di>paru le 21 juillet, bien que l'état du pouls et celui du cœur fussent restés les mêmes ; mais le 22, les articulations du coude et celles des métacarpes avec les phalanges de la main droite se prenaienL Trois jours après, la cuisse droite était à son tour douloureuse. Le 2 août, c'était le pouce gauche seul qui faisait souff'rir la malade. Enfin le 12 celle-ci sortait, ne souffrant plus de nulle part, mais ayant toujours un souffle intense et râpeux à la pointe du cœur.
Il est évident pour moi que cette femme a une maladie organique du cœur; que cette maladie a eu pour point de départ une endocardite; que cette endo-
DO UWAXISHE AMTUUIftâUE AIQV
Cirdît^^ éktb tièMndeuie déjk, a été kteotev «lipi*ta(ki tife eal ArMtare- rkiiOMlisinale aioai que le proiif e l'anJuriie que tous af ei obeepfée. Ce f«(B Je veux surtout tous faire remarquer, c'est la préexistence dieainaaifsaïatioDs cardiaques relativement aux manifesiaiiota articulaires^
ie iiil o'esl peutrétre pas aussi rare qu*eA pourrait le croire, attendu- qu'à ImnâiDO. époque je voyais en oousuUatioo lœ jeune dame de Brest qui atail pow IfL première m rhumatisme articulaire suba^u, et qui, précédemlient, avaiA e» deux pleurésies; or, chez c^ile jeune walado^ je consuiais rexistenGe d'un àmit de souffle, double en même tempe que superficiel k Im baee da cœur, et simple en même temps, que râpenx k la pninte de cet tMgawP. Je n'hésitai pas k attribuer ^ premier de ces bruits an froCtemeot de fcnnes membranes déjà, anciennes, et dues à une péricardite antérieure; je ni'bésitai pas davantage à rapporter le bruit de souffle de la pointe et du premier temps du cœur à une lésion organique consécutive à une endocardite MatB^ je me crus suC6saminent autorisé, par le fait de l'exisaence d'un rhomatianie actuel, à rattacher tout à la fois k» deux pfeurésies, la |)éricardSte et l'endocardite, à uno môme cause, h savoir la diathèse i^umatiswale.
Ainsi, messieurs,, les affections rhumaiismales des membranes séreuses viscérales peuvent précéder celles des membranes séreuses articulaires.
Koicl maintenant un cas où nous avons observé nous^roéme- l'endocardite sans les manifestations arthritiques consécutives C'e^it cette jeune femme de viagt-siji ans que v4N]S. avei pu voir ceucbée au n* 30> de notre salle Saint- Besnard. 611e entra, chez nous le 9 février, avec une> dyspnée excessive, qui datait de deux jours et avait commencé avec frisson. La rcspiratioB était titisrfréquenie^ eti cepeudant il n'y avait que 92 pulsations. On ne trouvait; rien d'appréciable dans les poumons ; mais k la pointe* du cœur on percevait un bruit de souffle rude et intense. Évidemment il existait une endocardite avec un symptôme peu habituel, la dyspnée. Quatre jours fÀufi tard le pouls était à 112 et la respiration à 60. Ce n'est que dix- huit jours après soft entrée, que cette malade éprouva une vive douleur ^ la pointo du cœur, avec irradiation à tout l'épigastre. Les apophyses épineuses des ({uatrième, cinquième ei sixième vertèbres dorsales ne devinrent douloureuses (|uo quatre jours plu» tard. Pendant toute la durée de son séjour dans nos salles, cette malade n'eut aucune souffrance dans les articulations, et elle quitta rhô|>iul n'ayant plus aucun trouble fonctionnel, mais consenantiui fort bruit de soufile à la pointe du cœur.
Ajnsi cette jeune femme robuste, et qni n'avait jamais-eu de rhumatisme articulaire, est prise- tout à coup, dans un bon: état de santé, d'un frisson initiai et tel qu'on en éprouve au début d'une phlegmasie. Puis survient de la dyspnée saus.douleur de côté, et celte dyspnée, ajvec fièvre» persiste nuiassez long temps avant que la douleur apparaisse. Cette douleur, do nature inflammatoire, devient à- son tour la catise occasionndle du développemeut d/iuM névralgie inifiCQOStale aj^ec épigastralgie. fit ce qui prouve bieu que la douleur fut priné>
BT DB L'eNBOGARCITE UlCÈftECU.
draMit d'origine poremeal inimimatoîre, c'est que ks points dookwreiK apopkysairés, cmctéristiques des névralgies^ n'apparurent qn'asscs tard après k dooleor de côté. Quant h l'eiisleBce ë'nne endocardie, eile ne fot pas aealeroeni é? idente par le fait du bmiL de sonffle à la pinate,. ma» aussi parce ^fm ce souffle était rude et persista malbeureusement alors que tous les autres syuqilômcs avaient disparu. Cette iemme coosenre une lésion organique qui doit tôt on tard faire sentir ses funestes effets.
Je feux noaintenant, messieurs, yous entretenir d'une eonneiion qui existe CMre Vérynpèle et le rhumatime. H n'y a pas senlement analogie roorfacde entre ces deux affections qui n'ont d'inflammatoire que l'apparence, il y a corrélation. Elles n'ont pas seulement le même génie migrateur, elles peuvent se remplacer l'une l'autre, et, par exemple, le rhumatisme peut succéder à Térysipèle: Nous avons actuellement une épidémie simultanée d'érysipèle et de rhumatisme, eh bien ! voici qu'une jeune fille, couchée au n* 8 de la salie Stint'-Bemard, et qui était convalescenie d'un érysipèle grave de la face, est prise tout à coup de douleurs rhumatismales. Cette malade y dgée de vingt^deux ans, a déjà eu, dit-elle, des érysipèlcs trèinfréquents. La convalescence de celui dont nous la traitons ne s'établissait pas franchement, elle avait un vague malaise et un peu de fièvre le soir. Au bout de deux jours de cet état Indécis, elle éprouva dans la soirée une recrudescence de sa fièvre et tme douleur vive dans les genoux. lendemain, les articulations étaient ttiméfiées. Delix jours plus tard, il y avait un bruit de soufflet la base du coeur et au premier temps ; non pas un souffle doux et dû k l'anémie, mais un souffle rude et évidemment endocardique. Après les genoux, les coudes, puis les poignets et les doigts se prirent; puis ce fut le tour des chevilles et des orteils. Actuellement la jeune malade est dans un état vraiment grave : elle a le soir près de 120 pulsations, ses douleurs sont cruelles; l'appétit fait absolument défaut, et depuis onze jours que le rhumatisme a fait explosion nous n*avonR absolument rien obtenu.
It m'est impossible de ne pas rapprocher un Instant ce que nous observons ici après l'érysipèle de ce qui se voit si souvent après la êcarlatine et plus rarement, il est vrai, après Térythèmc noueux. Je vous ai dit combien il était fréquent de voir apparaître le rhumatisme articulafant aigu et même la péHcardite ou Tendocarditc dans It convalescence de la scarlatine Or, l'érysipèle, affection dans laquelle la peau est intéressée comme dans la scarlatine, rérysi|)èle , qui pi^sente bien plus d'affinités avec kn fièvres qu'avec les phlegnmsies, possède comme la scarlatine et l'érythènae noueux de la tendance à être suivi de rhumatisme avec endocardite.
Vous vt^us rappelés sans doute ce que je vous ai dit des relations de la charée «t du rhumatisme. Vous savec que des causes prédisposantes de la cborée, le rhumatisme est une des plus puissantes. Dans le plus grand nombre de iiits cités k l'appui de cette loi de corrélation, le rhumatisme précède de plus ou moins longtemps l'apparition de la chorée. Cependant j'ai pu réciproqimnnt UBon-
DU BHUIIATISIIE ARTICULAIBB AIGU
cer qoelquefois la venue plus ou moîos prochaine du rhumatisme trticahkt chez des enfants qu*on m'amenait atteints de choi-ée; et l'événemeot justifiait ma fâcheuse prédiction. Poussez maintenant Tinduction à ses dernières limites, et pensez que puisque la chorée, aiïeciion rhumatismale, peut préoUer l'arthrite de même nature, elle peut tout aussi bien, et par les mêmes raisons diathésiques, précéder ou accompagner rendocardite. Ce que rinductioQ la plus légitime vous porte à conclure, la clinique vient aujourd'hui le confirmer. Vous voyez actuellement dans notre salle Saint-Bernard, au n^ 25, une jeune fille de seize ans, atteinte pour la première fois de choréi*. Cette maladie datait de huit jours au moment de rentrée à l'hôpital. Mais il y avait eu trois semaines environ de malaise, avec fièvre légère, absence d^appétit et de sommeil. Puis au bout de peu de jours, la malade avait éprouvé une légère douleur au cœur, sans palpitation ni dyspnée. A aucun moment il n*y avait eu de douleurs articulaires, et jamais non plus cette jeune fille n'en avait éprouvé. La chorée est de moyenne intensité, avec prédominance à gaucbe, anestliésie et faiblesse notable de tout ce côté. Guidé par l'analogie, j'auscultai le cœur avec grand soin et il ne me fut pas difficile d'entendre un bruit de souille intense, un peu rude déjà à la pointe du cœur. Ainsi celle malade a eo une endocardite en même temps que sa chorée ; le rhumatisme, au lieu de frapper les articulations, a frappé ici l'endocarde, et la loi de corrélation se trouve une fois de plus, bien qu'indirectement, confirmée. Ce fait est d'accord avec l'observatiop personnelle de M. le docteur H. Roger. Dans ses leçons cliniques à l'hôpital des Enfants, ce judicieux observateur a récemment dit que dans le quart au moins des cas de chorée qu'il a observés il y avait des complications du côté du cœur, avec ou sans rhumatisme antérieur ou consécutif à la chorée.
Il semblerait que puisque la tunique interne du cœur est si fréquemment affectée dans le cours du rhumatisme articulaire aigu, celle des artères et des veines, identique dans sa structure comme dans ses fonctions, dût posséder les mêmes affinités morbides et être aussi souvent intéressée que l'endocarde. Rien n'est pourtant moins exact. Vartérùe et la phlébite rhumatismales sont infiniment rares. M. Bouillaud dit bien que l'on peut obsei*ver des phlébites dans le cours du rhumatisme, mais il n'en cite aucun cas; et il est assez facile de voir qu'il est plutôt guidé par l'analogie que par l'observation. Il nous a été donné cependant d'observer un de C4?s cas exceptionnels; c'est celui du malade que vous avez vu couché au n" 16 de la salle Sainte-Agnès.
Cet homme, âgé de trente-six ans, est pâle, débile ; sa peau est blanche et fine. Il a l'habitude de boire avec excès et surtout de Teau-de-vie. Il entre à l'hôpital le 11 mars 186^, avec un gonflement des genoux et du coudé droit Ce gonflement douloureux existe depuis quatre jours, il a débuté à la suité d'un mouvement fébrile assez intense. Le diagnostic ne saurait être douteux; c'est d'un rhumatisme articulaire qu'il s'agit. Le malade n'en a jamais eu d'autre atteinte.
ET DE l'endocardite ULCÉREUSE.
La fièrre est modérée, Tétat général peu inquiétant Les deax genoux, le coude, le poignet et Tépaule droits sont gonflés et très-douloureux. Il n'y a pas de souffle au cœur, ni de bruit anomal d'aucune sorte. La respiration s'accomplit régnUèremeni et le murmure respiratoire est partout entendu.
Une chose nous a frappé dans le récit que nous a (ait le malade, c'est que, le jour même du début de Taiïection, il a éprouvé une douleur vive dans Tépaisseor du mollet droit, et que le lendemain il a ressenti une douleur analogue dans le mollet gauche. Les mollets sont en effet tendus, comme gonflés, durs^ el la pression en est très-pénible; mais la douleur est surtout produite par une pression exercée sur le trajet des veines sapitènes, qui se dessinent sous la peau comme deux cordons indurés. La douleur est aussi fort vive au point d'élection de la douleur dans la phlegmatia alba doiens, c'est-à-dire à la partie postérieure du mollet.
Il ne nous parut pas que ce fussent là les indices d'un rhumatisme musculaire, et l'idée d'une inflammation des veines profondes du mollet nous vint d'autant plus naturellement à l'esprit, que l'induration douloureuse des saphènes indiquait une altération de ces canaux veineux ; mais comme il n'y avait pas d'oedème, nous résolûmes d'attendre avant de nous prononcer sur l'existence d'une endophlébite.
Six jours plus tard, le 18, l'état des jambes est resté le même, mais les pieds sont notanunent tuméGés. Depuis cinq jours le bras gauche est tuméfié, et il présente dans toute l'étendue de sa partie interne la teinte jaunâtre de l'ecchymose; la pression au niveau du biceps est très-douloureuse, et l'on sent dans l'aisselle un cordon dur, douloureux, évidemment formé par la veine axillaire oblitérée. Il y a cela de remarquable que le bras est très tuméfié, que l'avantbras l'est beaucoup moins et que la main l'est à peine. Il y a encore un épancbement assez abondant dans l'articulation des deux genoux, qui sont, relativement aux jambes, très-peu douloureux. L'articulation radio-carpienne qui a été affectée, est complètement débarrassée.
Il n'y a toujours pas de souffle au coeur.
Le lendemain, le mollet droit a encore augmenté de volume; il a 30 centi* mètren de circonférence dans son plus grand diamètre. Celui du côté gauche, également tuméfié, n'a que 6 centimètres. Les veines superficielles se sont prises à leur tour, elles ont perdu leur souplesse, et sont douloureuses au loucher. Les bras vont beaucoup mieux, le bras gauche présente toujours de lai^ taches ecchymotiques.
Il n'y a pas de fièvre, pas de chaleur ni de sueur. L'auscultation la plus attentive ne révèle l'existence au cœur d'aucun bruit anomal.
Il est donc évident que chez ce rhumatisant il n'y a pas d'endocardite, maïs qu'il est atteint de phlébites multiples; c'est-àdire que la diathèse, au lieu de frapper l'endocarde, affecte la tunique interne des veines et qu'il y a une endo» phlébite.
Le 19, le malade éprouve de la céphalalgie, il voit des mouches volantes ;
DV BHiniATISlIE ARXTCITLAIRB AIGU
h doeievr qai siège sur la ligne médiane de la tête, le long du mm» loogkudinal supériear, nous fait penser qu*nn travail phlegmasique avec oblitératin ooosécuiive s^eiïectue dans ce canal ? cinen\, et nous nous atteDdoni k do acddenis cérébraux redoutables; la céphalalgie et les troubles de ta imm, ces phénomènes durent pendant trois jours, puis cessent, sans que nos prfrisions soient justifiées.
Le 21, les deux veines féorarales, dans toute leur étendae ; les deui veînei bumérales, depuis le pli du coude jusque dans l'aisselle, sont c«NnpiéteBMl indurées et très-peu douloureuses. Aux membres inférieurs, les vriaes salel* lites de la saphène interne, et cette veine elle-même, sont dures et dooleoreoseï Ainsi, les troncs veineux principaux des quatre membres et qielques-one des veines superficielles sont oblitérés, et il en résulte un oedème des quatre membres. Le 22 , on constate une nouvelle oblitération douloureuse avec rougeur superficielle, au tiers externe et inférieur de Tavant-bras gauche. Du 23 au 26, les veines superficielles de Tavant-bras se prennent snccesnvc» ment; il en est ainsi des veines superficielles des jambes. Pour bien étudier la marche de la phlébite, mon chef de clinique, M. Peter, emploie le moyen salvant : Il trace avec le nitrate d'argent des lignes suivant les contours da veines superficielles qui sont manifestement rouges, de manière qu'on puiase voir ce qu'elles deviendront les jours suivants. An moment de l'expérience, ces veines, qui étaient rouges et douloureuses au toucher, étaient encore parfûtement perméables et pouvaient être vidées par la pression. Deux jours après l'expérience, elles présentaient un relief considérable, étaient dores, ne se bissaient plus vider par la compression, étaient moins longes, bien qee toujours à peu près aussi douloureuses. Ainsi, la rougeur et la douleur avaient précédé l'oblitération du vaisseau; par conséquent l'aiïection de la parai veineuse avait précédé la coagulation du sang, par conséquent aussi il y avait phlébite, et cette phlébite n'était pas causée par l'irritation due an contact du coaguluni, mais avait au contraire provoqué la formation de celni-cL
Je n'insiste pas sur les alternatives d'augmentation et de diminution de r«dène, tenant à la difficulté phis ou moins considérable de la cîrculalion veineuse, je préfère attirer votre attention sur un phénomène nouveau et des plus insoliles, je veux parler de l'apparition, le 30 mars, vingt-troisième jaor de la DMladie, de pétécbies sur toute la cuisse gauche. A ce moment il y avait eu recrudescence des douleurs dans le menibre, dont les mouvements étaient devenus impossibles; la température, loin d'y être augmentée, y paraiBuit plus basse; la fièvre avait reparu, nnodérée toutefois, le pools étant à 93 le matin et à 100 le soir, mais il était petit, misérable. L'état général semblait des plus gratves» ei le malade poussait des gémissements continuels.
Le lendemain, l'oedème avait gagné le scrotum et la partie inférieure ée l'abdomen. Le> jour suivant, la base de la poitrine était eile-mème OBdématiée, et la veine mammaire externe était douloureuse dans toute son étendue.
Le 3 avrU, vlugi-soptièine jour de la maladie, l'eedème dn TabdomeA et du
ST DE L*fi]iDOCAUI» VlXftimSX.
tkatàx augMDtak encore, Biais la fièm ctasak. Ge jour-là ob voyait naître nr ta laca dorsalt du pied gauche, qui était éooroiéinent luinéûé, une large itthymose. Le» jours suivants, des phlyctènes* apparaissaient au uiveau de cette ecchymose; il se produisait une éruption de pétéchies sur le genou et la •OMve droite, éruption accompagnée d'ese vive douleur; puis les membres iaiMeurs furent presque entièrement cauvet ts de pétécbiesi.
Enfin, vers les derniers jours d'avril, toute la peau de la face dorsale du pied gauche était sphacélée, celle de la partie correspondante du pied droit ne l'était qu'en partie; aux deux mollets le peau s'ulcérait largement; il en était aÎMî de k peau du scrotum et du prépuce.
Cependant nous faisions constater aux élèves qui suivent la visite que les mnes radiales et cubitales indurées diminuaient peu à peu de volume, et ^'11 ea était ainsi de la plupart des veiaes superficielles des membres infériems. Nous leur prédisions le retour prtcbaia de la perméabilité et de le circulalion dans ce» veines, avant que les priocipaux troncs fussent euxi rendus à la circulation ; et c'est ce qui arrivai II se passa un bien long pour que ces derniers redevinssent perméables. En effet, à la fin da Bioîs de juin, quatre mois après le début de l'affection, les veines axillaires étaient encore indurées, et, bien que la deakear eût depuis bngteinps disparu, m ne pouvait pas supposer qu'elles fussent rendues à la circulation. Ce B*e8t que dans le milieu de juillet que les groe troncs veineux cessèrent d'être eUilérés.
Meisles pertes de substance des pieds et des jambes dégénérèrent eu ulcères de mauvaise nature; ulcères sordides qui saignaient au moindre contact et deni la cicati isation se fit attendre jusqe'au oûlieu de septembre ; et encore à cette éjpeque, six mois après le début des accidents de phlébite, l'ulcère d» mllet gauche n'était-il pas encore complètement cicatrisé.
Il était difficile de voir un sujet plus profondément anémique; cependant aiutes les fonctions s'accomplissaient assex bien : la fièvre avait disparu vers la Sa du premier mois de la maladie, les fonctions du cœur étaient intactes, la rapiration se faisait bien, lappéiit était assez vif et ks digestions parfaites. Il iiTy avait pas d'albumintu^ie ni de diarrhée. C'est à cette conservation des fonct&«»pla8tiquesque cet homme dut de résister aux redoulaUes accidents locaux
BbSo il quitta l'hôpital dans le milieu de septembre avec un cedèmc persis* iMt du mollet gauche et une cicatrisatioa incomplète de l'ulcère de cette < liiMBipeBsânMs que le séjour à YinceuBes achèverait une guéiison difà l'hôpital.
\ dan» le traitement sur l'administration du sulfate ; 000» avens. tOBjours alimenté lo malade, et nous lui ^ looglBBipe étt vin diurétique.
$9mhaMeé'uâm morbides qui s'accomplirent l> ifcBBiaiiiBnl» frapper presque simnl*