GASTRITE CHRONIQUE
meiits incessants, la présence de la matière noirâtre, méianiqne, dans les liquides rejetés par la bouche, après les repas et dansTînterrallede ces repu, ramaigrisseinent notable du malade, justifiaient ma manière de Toir, bienqv h coloration rosée des téguments fût essentiellement différente do teînl cachntique, jaune-paille, des individus cancéreui.
Le mal fit de rapides progrès, Témaciation devint d*autant [Ans considénUe qne le malheureux patient ne pouvait plus être alimenté, et la mort ne tarh pas à arriver.
A Touvcrture da cadavre notre attention se porta immédiatement snrreitt»mac. Diminué de volume, il présenuit à Tintérienr un aspect loul à tà semblable ^ celui d'une vessie longtemps aiïectée de catarrhe chronique. 1km ne rencontrâmes aucun trace de tumeur, mais la membrane mascnlm singulièrement hypertropliiée se confondait avec la couche ccMolense àiaqiJe elle adhérait intimement au moyen d*un tissu fibro-plastîqoe. La roeidbme muquense paraissait détruite. En quelques points, la paroi de Torgaiie mesurai jusqu'à 2 cenlimèlres et demi d'épaisseur.
Je priai mou honorable collègue M. le professeur Ch. Robin, de TouloirUa étudier cet estomac et de rechercher s'il existait quelques éléments de tÎ0i cancéreux. M. Ch. Robin, en me rendant compte des résoltats de sooexaflNi, me dit qu'il avait eu déjà plusieurs fois occasion de Toir des estomacs danses conditions, n'offrant comme celoi-d, qu'une hypertrophie fibreuse avecd»truciion presque totale de la membrane muqueuse, mais qu'il B*y avait pis traces de productions hétéromorphes.
Voilà donc, messieurs, un cas où l'autopsie est venue mettre, pour non, hors de doute l'existence de la gastrite chronique. Bien que moins prononots, bien que moins avancées, les mêmes lésions se seraient évidemment représentées chez le malade qui quitte aujourd'hui l'iiôpital et qai nous fomit Foccasion de celle conférence.
Cet liomine était entré ici il y a environ quatre ou cinq mois. Sa maigreur considérable, la teinte jaune-paiilc de sa peau annonçaient un état cacheâîqie profond. Il faisait remonter à six mois au plus le début des acddenls qa!i éprouvait. Il avait eu d'al)ordde la perte d'appétit et bientôt des vomiasemert» qui depuis trois mois sunenaient immédiatement après l'ingestion de b plos petite quantité de nourriture. De la diarrhée s*y était ajoutée, altenuuit arec une constipation que rien ne pouvait vaincre.
La faiblesse générale, un amaigrissement notable, avaient été h conséquenoe de ces troubles de la digestion.
. £n cherchant à remonter aux causes du mal, nous apprenioM seulement que ce malade vivait dans les conditions hygiéniques les plus déplorables. H exerçait la profession peu lucrative de marchand de cravates ambulant, et gagnait depuis longteni[)s à peine de quoi subvenir à son existeaoe; mii nourri, il était peut-être encore plus mal logé ; mais il aflBrmait qu'il ne iafait jamais d'excès de liqueurs alcooliques.
GASTRITE CHROniQOE.
Les vomissements étaient constitués surtout par des matières glaireuses, filantes, gluantes, rejetées quelquefois en telle quantité que, dans les vinglquatre heures, le crachoir en était plein. En examinant avec le plus grand soie la région épijgastrique, nous ne constations la présence d'aucune tumemr, soit au niveau de la grande courbure, soit au niveau de la petite courbure de Pestomac.
Cependant l'excessive maigreur du malade, son teint cachectique, la perte d'appétit, les vomissements continuels sollicités par l'ingestion des aliments, me firent inscrire sur la ieuille de diagnostic : cancer de V estomac^ tout en {usant mes réserves, et en attendant le résultat du traitement que j'allais instîtiier et qui, peut-^e, modifierait ma manière de voir.
Vous m'^Ceodez bien souvent, messieurs, dans les cas embarrassants, qowmer ainsi mon jugement définitif sur certains diagnostics, et ne vouloir me prononcer qu'après avoir tenté divers moyens de traitement. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, que je veuille me mettre à mon aise et me sauver le souci de poser, dès un premier examen, im diagnostic eiaa; toujoun, autant que cela est en mon pouvoir, je m'eObrce de faire ce diagnostic auasî rigoureux que possible ; mais il est des cas où l'hésitation est peroMse; il €B estd'aulres où , alors même que l'esprit a acquis une presque certitude, on espère encore s'être trompé et où l'on cherche, dans de nouveaux éléments dejpgement, un correctif^ celui qu'on s'était d'abord formé. Je m'explique; et le Cait même que nous avons sous les yeux rendra ma pensée pins claire.
Dès le principe, notre malade paraissait atteint d'un cancer de l'esUMuac Ce diagnostic établi, enuratoait l'aveu de mon impuissance et me condamnait à l'abstention absolue de toute médication sérieuse, puisque l'expérience ne ■Misditqae trop combien nos efforts sont inutiles dans une maladie aussî incoiable que ceUe-ci, combien même une intervention trop énergique est naÎBÎble. Le seul espoir qui me resta était donc que je m'étais trompé ; aussi, lont en gardant par devers moi l'idée du cancer de l'estomac, je cherchais, dians les symptômes, dansUmarche du mal, s'il n'y a?ait pas quelque chose à quoi je puisse me ratucher, si je ne trouverais pas les signes d'nne affection SBSceptible de guérison, contre, laquelle je pourrais instituer une utile saftdicatioB.
Les phénomènes que j'cbservais me semblaient présenter une certaine andogie avec ceux que noos avions notés chez le malade dont je vous rappeir lais tout à l'heure l'histoire, je me demandai s'il ne s'agirait pas dans ce cas comme dansl'autre d'one gastrite chronique. [Je me rattachai à cette possibilité, it jn dingnai ma théK^Motique dnns ce sens.
Ponr combattre les vomissements glaîrenx qui rftB^'îuaîfnt le phénomène prédominant, j'cns reoonnJi l'ean de «hanx ; en même tenps ^ j'adminis* Hais l'opinm à trts-felites doses, suivant la méthode de GravoL
Cette pmnière tentative lénsnL JL£S vomissOTenti de? îMimt mnini abondintSgStk malade fnrsi^ipnrterynpsn do Bonrritnini Cqpnndwf , iadianhèe