‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 120 sur 223 · Broca, loc. cit · texte numérisé non relu

Broca, loc. cit

insiste tout particulièrement clans son excellente monographie sur la phlébite variqueuse. Dans un certain nombre de cas, l’ulcère semble être en rapport intime avec une phlébite circonscrite de caractère infectieux. « Hodgson parle de ces ulcères qui commencent par des abcès situés autour des veines, et Léveillé signale le début par de petits abcès phlegmoneux. De même Liston, décrivant les ulcères atoniques, dit qu’il peut exister en plusieurs points du voisinage de petits abcès isolés. » (Broca.) Mais, souvent aussi, 1 ulcère débute sans qu’il y ait eu un processus de suppuration de la veine atteinte de phlébite. Cazin1 a remarqué que les ulcères variqueux étaient rares chez les femmes enceintes atteintes de varices, mais qu’ils étaient plus fréquents lorsque les veines avaient été frappées de phlébite. Enfin, dans un certain nombre de cas, l’ulcère peut débuter par une pustule superficielle du derme, alors que la phlébite variqueuse paraît profondément située, comme nous le voyons dans une observation de bailler rapportée par Broca.

lai contre, il est plus fréquent de voir les ulcères variqueux apparaître sur un membre atteint de varices qui n’ont pas encore été enflammées ; dans ce cas les ulcères, en offrant aux germes une porte d’entrée, provoquent facilement une inflammation limitée ou diffuse de ces mêmes varices. Il est évident que, dans ces différents cas, l’ulcère tend à persister à cause des troubles apportés a 1 innervation trophique et à la circulation de la peau ; aussi sontils généralement moins fréquents à la suite de phlébites totales, surtout lorsque la circulation collatérale se rétablit rapidement. Lorsqu il n en est pas ainsi, les troubles trophiques apparaissent d’une manière beaucoup plus précoce.

1 o us les accidents que nous venons de décrire éveillent certainement en nous cette idée que l’altération vasculaire qui constitue la phlébite, même si elle s’accompagne d’oblitération des vaisseaux, n’est pas suffisante à elle seule pour rendre compte de ces différents troubles. 11 faut, à coup sûr, invoquer autre chose et de suite songer à la participation du système nerveux. C’est d'ailleurs de ce côté déjà que se sont tournés les physiologistes comme Kanvier2, Vulpian3, lorsqu’ils ont voulu étudier la manifestation

\. Cazi.v. Archives de locologie , 1880, p. 515.

2. Ranvier, Comptes rendus de l’Académie des sciences , 20 décembre 1860.

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