Traité de Médecine, t. V, p
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la goiitlc dans ce pays, mais les observations, rares au début, se multiplient depuis que l’on a appris à connaître la maladie.
La phlébite peut se développer chez les goutteux en état de crise ou bien dans l’intervalle des accès, ou bien encore elle peut apparaître chez les goutteux héréditaires, en puissance pour ainsi dire, comme manifestation première, unique quelquefois de la maladie. Ces modalités diverses ont été bien indiquées par Paget en 1874.
Fréquemment la phlébite survient comme complication de la goutte articulaire, au milieu de l’accès, ou encore plus souvent longtemps après son début, alors que la goutte semble vouloir quitter les articulations pour frapper tel ou tel viscère Parfois aussi l’apparition de la phlébite délivre les articulations des manifestations goutteuses qui les affectaient.
Dans d’autres cas la phlébite apparaît chez un goutteux entre deux accès de goutte, alternant pour ainsi dire avec eux; mais le plus souvent alors on voit que le sujet n’était pas complètement indemne de manifestations goutteuses, et l’on note dans ces cas la fréquence d’accidents dyspeptiques persistants.
Il peut arriver enfin, avons-nous dit, que la phlébite apparaisse chez un malade, goutteux d’apparence ou par hérédité, sans que la maladie se soit jamais manifestée par des accidents articulaires. Tantôt c’est un sujet qui, sujet à des accès de coliques néphritiques, voit tout à coup les crises s’espacer alors qu’apparaissent des poussées de phlébite (obs. Hartmann)1; tantôt c’est un dyspeptique, fils de goutteux, qui présente des accidents phlébitiques bizarres, lesquels seront à la longue suivis de goutte articulaire manifeste.
Quoi qu’il en soit, lorsqu’elle apparaît, la phlébite goutteuse peut être reconnue à des caractères spéciaux, qui ne permettent pas d’en méconnaître longtemps la nature. Ces caractères, signalés déjà par Paget, admis par Lanccreaux, Tuckwell, et de nouveau
mis en relief par Lorimer, sont les suivants : 1° distribution symétrique de la phlegmasie ; 2° tendance à la métastase et à la récidive; 5° absence de suppuration; 4° localisation de l’inflammaion aux veines superficielles, plutôt qu’aux veines profondes; 5° coloration rouge foncé de la peau ; fi° dureté et sensibilité à la
pression de la veine enflammée.
La phlébite est plus fréquente aux membres inférieurs que par-