Thèse, 1890, p
VAQUEZ. — PHLÉBITE DES MEMBRES
lésions irritatives que précédemment. La Veine saphène contient elle-même des caillots anciens, à partir du mollet jusqu’à sa terminaison au niveau de la veine fémorale.
Dans tous les points qui, dans les veines indiquées précédemment, présentaient des bourgeons d’endophlébite, toute la paroi du vaisseau était épaissie. Cet épaississement de la veine résulte de la périphlébite qui accompagne habituellement l’inflammation de la tunique interne des veines.
L’examen microscopique nous a permis de reconnaître, sur la veine enflammée et dans le caillot, les caractères habituels des phlegmalia récentes.
Le caillot est constitué par de la fibrine déposée sous forme de réseau et contenant dans ses mailles des globules blancs en grande abondance. Ces globules blancs sont surtout massés vers la paroi interne de la veine. Au centre du caillot la fibrine présente un aspect granuleux et le stroma est fait de globules blancs et de globules rouges mélangés.
Les parois de la veine sont épaissies; l’épaississement porte surtout sur la tunique externe et sur la tunique interne.
Les signes de périphlébite sont évidents. On voit apparaître dans les mailles du tissu conjonctif des cellules embryonnaires nombreuses, et la vascularisation est manifestement exagérée.
La tunique moyenne ne présente pas de lésions appréciables, si ce n’est qu’on y peut constater que les vasa-vasorum commencent à pénétrer ses éléments.
La tunique interne est très altérée dans sa structure. Les altérations sont marquées surtout au niveau de la couche endothéliale. Celle-ci, en de certains points, fait presque entièrement défaut, et les leucocytes gagnent déjà les anfractuosités formées par l’endothélium desquamé. En d’autres endroits, les cellules endothéliales sont tuméfiées, et présentent un aspect granuleux (préparation faite quelques heures après la mort).
Enfin on peut voir, au niveau de certains points où le caillot est plus ancien et plus manifestement adhérent, un commencement de pénétration de ce caillot par les éléments venus de la paroi interne (cellules embryonnaires et capillaires en formation). En ces points, la limite entre la paroi interne de la veine et les éléments du caillot est difficile à déterminer.
Deux ans plus tard, nous présentions à la Société anatomique les pièces provenant d’un sujet mort de tuberculose et qui avait été atteint à la fin de sa maladie d’une phlébite du membre inférieur
gauche, dont les signes étaient restés tout à fait atténués. L’examen post morlem montrait que si les lésions habituelles de la phlébite étaient faciles à constater, elles n’avaient cependant pas déterminé l’ oblitération du vaisseau et qu’il n’y avait pas eu, en un mot, phlegmalia au sens ancien du mot. Les caractères cliniques
n’avaient d’ailleurs pas permis de nous eussent fait considérer l’état
porter ce diagnostic, bien qu’ils des veines comme suspect1 :
« Nous examinons le système veineux de la jambe gauche, et nous constatons les lésions suivantes : Les veines du mollet paraissent libres, du moins dans leur tronc principal; la veine poplitée, au contraire, est |<> siège d’altérations profondes; elle est remplie par un caillot qui l'oblitère presque entièrement, mais en examinant de plus près on s’aperçoit que le caillot est composé de deux parties, l’une de formation récente, molle non adhérente, se détachant facilement des parois veineuses et de l'autre partie du caillot, l’autre constituée par un coagulum fibrineux, résistant, adhérant entièrement à la paroi.
« Ce coagulum mesure dans sa hauteur de 6 à 8 centimètres environ, il est adhérent dans les deux tiers de son étendue, libre à sa partie supérieure et terminale. Ouvrant alors la veine et faisant une section nette vers la partie moyenne du caillot, on voit que la paroi veineuse, libre dans la moitié de son diamètre, est surmontée dans le reste de son étendue par un coagulum d’ancienne date, feuilleté cà la façon des feuillets d'un livre et creusé en son milieu d’une cavité de la grosseur d’une noisette. La partie libre de la paroi veineuse parait lisse bien qu’irrégulière et épaissie, mais aucun caillot ne lui est adhérent.
« Sur une coupe transversale, on se rend compte du mode d'adhérence et de l’état de la paroi. On voit tout d’abord que l'union du coagulum et de la veine est absolument intime et que toute tentative pour la rompre serait inutile. 11 paraîtrait même difficile de fixer bien exactement le point qui limite la surface de la veine, on voit au contraire que celle-ci s’épaissit progressivement et présente au point central de la coagulation une sorte de bourgeonnement de coloration rougeâtre qui part delà partie profonde de la veine et va se perdre dans le coagulum. Dans la région qui j’este libre on peut constater un épaississement marqué de la veine, dont la face interne présente un aspect régulier et comme tomenteux.
« Une autre particularité frappe également l’attention. Dans l'épaisseur de la paroi veineuse, là où aucun caillot n’est encore adhérent à l’endoveine, on voit que les vaisseaux secondaires chargés d’assurer la nutrition du vaisseau principal (vasa-vasorum) sont oblitérés.
« Si l'on poursuit l’examen des veines atteintes, on s’aperçoit que la veine fémorale est libre dans toute son étendue, mais que, au niveau de l'abouchement de la saphène interne dans la fémorale, il existe sur la paroi interne de la veine un bourgeon endophlébitique représentant un épaississement mal limité de l’endoveine, recouvert lui-même par un réticulum mince de coloration rouge. Ce dépôt rudimentaire, origine possible d’une coagulation véritable ultérieure, est adhérent à la veine dont on ne peut pas le détacher. Dans la veine saphène, la circulation est libre;