‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 59 sur 223 · POT A IN · texte numérisé non relu

POT A IN

tracés cardiographiques montre déjà que la partie cle\ee de la courbe, généralement attribuée à la systole, ne lui appartient ceitainement pas tout entière. Il suffit, pour s’en convaincre, de remarquer que, sur la plupart de ces tracés, la longueur de la portion de la courbe considérée comme systolique est égale ou même supérieure à celle de la partie attribuée de cette façon à la diastole. Tandis que l’auscultation nous prouve, sans contestation possible, que, dans les mêmes conditions de fréquence, la durée du petit silence, c’est-à-dire de la partie systolique de la révolution cardiaque, n'est guère que la moitié de celle du grand, c est-àdire de sa partie diastolique.

On doit d’ailleurs à Marny lui-même des considérations qui font comprendre comment les tracés cardiograpliiques, qui représentent si fidèlement les mouvements de la surface du cœur, ne sont pas nécessairement en relation précise avec les actes qui se passent dans des cavités, c’est-a-dire avec les différentes phases de la progression du sang.

Le soulèvement et le retrait de la pointe du cœur sont, en effet, soumis l’un et l’autre à deux influences différentes qui contribuent chacune pour sa part, mais dans des proportions variables, à la production de chacun de ces mouvements : 1° des alternatives de réplétion et d évacuation des cavités qui déterminent des alternatives de soulèvement et d’affaissement de la paroi ventriculaire , 5° des alternatives de durcissement et de flaccidité de cette paroi en raison desquelles la masse ventriculaire refoule l’espace intercostal ou se laisse au contraire déprimer elle-même. Or, ces conditions distinctes agissant simultanément et en sens inverse semblent se contrebalancer; car, tandis que le ventricule, en se rétractant pendant la systole, tend à abandonner la paroi thoracique, son dur cissement, d’autre part, tend à la soulever ; et, pendant la diastole, tandis que l’accroissement de volume rapproche le cœur de celte paroi, sa flaccidité semble ne lui permettre guère d y produire une impression notable.

On peut d’ailleurs se faire une idée des variations extrêmes que la forme des tracés cardiographiques est susceptible de prendre et du peu de rapport qu’il semble y avoir entre cette tonne et les phases successives de la révolution cardiaque, en jetant un coup d’œil sur ceux qui ont été réunis dans les planches ci-contre (pl. I et 11). Si dans la planche I on considère le tracé p° 1, on y trouve

une courbe Lout a lait [analogue a celle des tracés que Marey et Chauveau ont obtenus a l’aide de la cardiographie intracardiaque chez les animaux. Comme dans ces derniers la ligne ici s’élève régulièrement. se maintient élevée pendant toute la systole et s’abaisse au moment de la diastole. La similitude est presque complète. Il semble que l’interprétation ne puisse différer dans ces deux cas et que dans l’un et l’autre la signification des accidents de la courbe ne puisse être qu’identique. On verra cependant que, pour comparer ce tracé avec ceux de la cardiographie interne, il y faudrait introduire de notables corrections. C’est que ceux-ci expriment les changements de la pression sanguine intraventriculaire, tandis que celui qu’on a sous les yeux exprime seulement le soulèvement variable imprimé à la paroi thoracique par la pointe du cœur. Les deux faits ne sont pas toujours adéquats; il s’en faut souvent même de beaucoup. On en a un suffisant exemple dans le tracé n° 2, où le soulèvement systolique est remplacé par un affaissement profond, ce que Marey a nommé un battement négatif.

Dans le tracé n° 5 il y a bien un soulèvement systolique, mais ce soulèvement se maintient à peine, et sa très courte durée semble indiquer une systole avortée ; tandis que, si l’on s’en rapporte aux caractères du pouls radial qui a été inscrit en même temps, les contractions du cœur n’étaient assurément pas insuffisantes dans ce cas. — Le n° 4, au contraire, présente des systoles infiniment trop longues, a prendre pour systolique toute la partie du tracé pendant laquelle le levier a été soulevé; et cela est notable surtout en ce qui concerne la troisième pulsation de ce tracé. Dans ce cas, en ellet, le pouls battant 60 fois par minute, chaque pulsation durait juste une seconde, et la durée de la période systolique ne dépassait assurément pas le tiers de la révolution totale, c’est-à-dire O.of". Or, le tracé lui assigne, à en juger par les mesures relevées et la vitesse connue du chariot, environ 0",60, c’est-à-dire près du double de ce qu’elle était susceptible d’avoir. La systole est donc ici sans doute comprise dans la partie élevée du tracé, mais elle ne l’occupe assurément pas tout entière, et le tracé ne fournit aucune donnée qui permette d’en assigner les limites précises. — Quant au tracé n° 5, il ne présente plus qu’une série de droites alternativement ascendantes et descendantes où l'on peut se rendre compte aisément, grâce aux concordances établies avec le pouls radial, que la systole y est représentée par la ligne descen-

Pointe. .

I*. india I

Pointe.

P. radial

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