‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 60 sur 223 · POT AIN. — DU CHOC DE LA POINTE DU CŒUR · texte numérisé non relu

POT AIN. — DU CHOC DE LA POINTE DU CŒUR

dantc, tandis que la ligne ascendante appartient à la diastole.

On voit assez combien est variable la forme des l racés cartographiques. L’étude complète de ces variétés serait certainement fort intéressante à bien des égards. Mais ce n’est point ici le lieu de la faire. J'ai voulu, par ces exemples, montrer seulement que la plupart des tracés de la cardiographie ne sauraient nous donner directement et sans spéciale in- y vestigation les re- ’j pères dont lions avons besoin.

Quelques observateurs, et notamment M. Paul Hilbert, ont adopté comme repère le sommet de la courbe de la pulsation, c’est-à-dire le point le plus élevé de la ligne d’ascension, lequel aurait, suivant eux, dans la révolution cardiaque une position assez constante etprécise pour mériter d’étre choisi.

Sans doute, sur

certains de nos tracés, comme les nos 1 et 2 de la planche 11, ce

Pointe.

P. radin

I Pointe.

P. radial

l’ointe

\ P. radial

It.

sommet occupe une situation bien précise, facile à déterminer, et l’on est fort tenté de lui supposer un rapport tout à fait exact et régulier avec le moment le mieux caractérisé d’une révolution cardiaque, je veux dire avec le début de la propulsion du sari» dans le système artériel.

Il ne saurait être considéré cependant comme un repère constant auquel on se puisse absolument fier, car il manque souvent, remplacé alors par un arrondissement vague où il n’v a aucun point précis à choisir; ou bien il est étrangement retardé, comme on le voit au tracé 5, dans lequel il est placé fort au delà de la pulsation radiale au lieu de la précéder; ou bien encore il anticipe singulièrement sur sa position habituelle, comme il se trouve à la seconde pulsation du tracé 4. Enfin il peut fane complètement défaut et il n’v a plus même à le chercher dans des tracés complètement négatifs, comme celui de la figure 5.

Il nous faut donc de toute évidence prendre le point de repère dont nous avons besoin hors du tracé cardiographique et le demander aux battements artériels, dont la signification est infiniment plus précise. Le pied d’une pulsation, sur le graphique fourni par un artère, marque en effet, pourvu que l’exploration soit bien faite, le moment précis ou l’onde sanguine atteint le point exploré. Par rapport aux mouvements cardiaques, le pouls radial a comme point de repère un notable défaut, c’est de retarder sur le début de la systole et de retarder dans une mesure qui n’est pas tout à fait constante; plus considérable avec un système artériel très souple et des systoles cardiaques puissantes qui mettent son élasticité fortement en jeu, moindre avec des artères dures ou un cœur incapable de les distendre notablement. — Le pouls de la carotide et de la sous-clavière serait sous ce rapport préférable, son retard étant beaucoup moindre et les variations de ce retard ayant par conséquent une beaucoup moindre importance. Mais il a le tort d’être difficile à recueillir, soit qu’on se serve du sphygmographe à transmission, soit qu'on emploie le tambour cardiographique. Il a le tort plus grave de rendre, dans certains cas, possible la confusion du tracé artériel avec le soulèvement que la pulsation du bulbe de la jugulaire peut y ajouter.

Pour ces raisons, c’est au pouls radial que j'ai donné la préfé-

POT A IlS. — Dû CHOC DE LA POINTE DU CŒUR.

rencc: son retard étant pour le plus grand nombre des cas d une constance suffisante. Malheureusement, le sphygmographe a transmission ne donne pas toujours, il s’en faut, un tracé suffisamment nrécis. et souvent même ne donne absolument rien.

j’ai donc été conduit il me servir presque exclusivement du sphyoniographe direct de Marey, et par suite à conserver comme cardiographe un des premiers instruments imagines par mon a‘mi. et dénommé par lui « annexe du sphygmographe ». (.et instrument extrêmement simple m’a donne les meillems

résultats. ,

Son application à l’inscription simultanée du pouls et des mouvements du cœur, pour laquelle Marey ne l’avait point créé, ne laisse pas que d’ètrc assez délicate et exige beaucoup de soin. Mais, par compensation, la détermination du rapport du pouls avec les différents éléments du tracé cardiaque devient d’une 1res grande simplicité et d’une rigueur absolue. Si bien que, en tenant compte de la vitesse exactement mesurée du chariot, on peut, ave( des mensurations faites à l'aide d’une règle micrométrique, apprécier aisément des différences de retard d’un ou deux centièmes de

seconde. . ,

Avant d’utiliser les tracés ainsi recueillis pour les recherches

dont il s’agit en ce moment, il m’a paru nécessaire de préciser d’abord la signification de chacun des éléments de leur courbe, de chacun de ceux du moins qui peuvent nous servir pour l’objet actuellement en vue. Pour les raisons expliquées plus haut, c est en les rapportant au pouls radial que j’ai essayé de déterminer leur situation exacte dans la révolution cardiaque. J’ai soumis pour cela à la mensuration et au calcul une cinquantaine de tracés cardiographiques pris sur autant de sujets différents, et j’ai cherche quels étaient, exprimés en centièmes de seconde, l’avance ou le

retard de ces éléments sur le pouls. .

Les éléments dont je me suis efforcé surtout de préciser ainsi la

position sur les tracés et dans le temps, parce qu’ils ont un rapport plus direct avec le choc que nous étudions, sont : 1° le début de la ligne d’ascension, ce que Martius a appelé le pied de la pulsation; 2° la fin de l’ascension, ou sommet de la pulsation; 5° le

soulèvement présystolique.

Le pied de la ligne d'ascension n’est en réalité dans aucun rapport exact et constant avec le moment de la pulsation radiale, cai

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temps dont il la précède peut varier de ü",05 à 0",5G, c'est-àdire dans le rapport de 1 à 7, la précession moyenne étant de 0", 22, et la précession le plus fréquemment constatée de 0",20.

En dehors de ce chiffre, qui a été trouvé 9 fois, il s’est trouvé 57 cas dans lesquels le chiffre de la précession a oscillé entre 0", 10 et. 0 ,24, ne donnant qu une différence maxima de 0",08, avec une moyenne de 0",20. Mais, en outre, il s’est trouvé des cas dans lesquels la précession était très petite (0",05à 0",15, avec une moyenne de 0", i 0) ; d autres où elle donnait des chiffres très élevés (G", 25 — 0",56, avec une moyenne de 0", 295) .

On voit par là déjà, et comme je l’ai indiqué d’ailleurs précédemment, qu il est impossible de supposer que le commencement de la ligne d’ascension représente toujours le début de la systole ventriculaire. Car il faudrait admettre que le pouls radial est susceptible de retards extrêmement inégaux et pouvant varier, comme on vient de le voir, dans le rapport de 1 à 7. La cause de ces variations du retard, on ne saurait la trouver dans une vitesse variable de l’onde sanguine à travers les vaisseaux artériels. Car si l’on mesure le retard de la pulsation radiale sur la pulsation carotidienne ou sous-clavière, on ne trouve plus que des variations insignifiantes oscillant à peine entre 0", 08 et 0",10, c’est-à-dire qui ne dépassent point 2 centièmes de seconde. En ce cas, d’ailleurs, les mêmes variations du retard se retrouveraient au sommet de la pulsation cardiaque, où 1 on va voir qu’elles sont infiniment moindres. Il faut donc admettre que c’est dans les variétés de l’action du cœur lui-même que peut résider la véritable cause des rapports si divers que le pied des pulsations affecte avec le pouls radial. Nous en trouverons plus loin l’explication.

Le sommet de la pulsation cardiaque , qui a été choisi comme point de repère par le docteur Paul Hilbert, est avec le pouls dans des rapports beaucoup plus constants, mais non d’une constance absolue. Le difficile d’ailleurs est de distinguer toujours exactement où se trouve ce sommet et ce qui vraiment le représente dans chacun des tracés cardiaques. Il ne peut être question, par exemple, du sommet de la ligne d’ascension dans les cas où le tracé, au sens de Mai ’ey, est purement négatif, comme dans la figure 5 de la planche IL II est vrai que, dans un bon nombre de cas, comme dans les tracés I et 2 de la planche II ou le tracé 5 de la planche I, on trouve une ligne d’ascension très accentuée qui se termine

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