L A POINTE DU CŒUR
ar un sommet aigu, marquant un point très précis et occupant la partie la plus haute du tracé. Mais dans d’autres, comme le tracé 5 de la planche II, la partie la plus élevée de la ligne d’ascension n’est certainement pas un point analogue au sommet précédemment noté, car il retarde très notablement sur le pouls au lieu de le devancer. Il est là très évident que la courbe du tracé a continué sa marche ascensionnelle pendant toute la durée de ia systole, au lieu d’atteindre son point culminant dès le début de celle-ci. C’est ailleurs que se trouve cette fois le point correspondant à ce que dans les tracés précédents il nous a paru légitime de considérer comme le sommet de la ligne ascendante. Car, si l'on examine attentivement cette ligne sur le présent tracé, on y découvre un léger ressaut occupant, par rapport au pouls radial, une situation tout à fait semblable à celle du sommet dans les autres. Il est clair encore qu'il ne faudrait pas prendre pour sommet de la ligne d’ascension, ou du moins l’analogue des sommets indiqués, l’angle aigu que le tracé 4 de la planche II présente à la partie la plus élevée de la seconde pulsation dans le point a. Car si l’on compare les pulsations suivantes, on verra que dans un point exactement correspondant, c’est-à-dire situé à une distance égale du pouls, il existe de légers ressauts qui en sont exactement les analogues et. se rapportent certainement au même acte intracardiaque, mais qu’on ne peut point considérer comme des sommets de la ligne ascendante. Il est donc impossible de généraliser le système adopté par M. Paul Hilbert, et le sommet de la ligne d'ascension ne saurait être pris pour point de repère constant.
Mais il est vrai que, si I on examine attentivement la plupart des tracés cardiographiques, on trouve, avant le point qui correspond à la pulsation radiale et à une distance assez constante de ce point, ou bien un angle aigu formé par la fin de la ligne d ascension, comme dans les tracés de M. Paul Hilbert et quelques-uns de ceux reproduits ici, ou bien un ressaut plus ou moins accentué qui en tient la place.
Le point de repère en question étant ainsi défini, j’ai cherché, par des mensurations faites sur 29 tracés différents où il était distinctement marqué, à quelle distance exacte il se trouvait de *la pulsation radiale, et j'ai trouvé que cette distance représentait en moyenne 0" ,10-
Le chiffre de 0",I0 s’est trouvé exactement 15 fois sur les
29 tracés; 16 lois il s’cri est écarté quelque peu, s’abaissant jusqu’à 0",08 ou s’élevant jusqu’à 0 ,12. Comme la dilïérence minime ne dépasse pas en général 4 centièmes de seconde, elle est dans les limites possibles des variations de retard du pouls. De sorte (|n on peut allirmer d après cela que, pour un grand nombre de cas, ce qu’il faudrait, dans le système de M. G. Hilbert, appeler le somme/, de la ligne d'ascension est un point du tracé qui se trouve dans un rapport assez constant avec le pouls et par conséquent avec le moment où le sang pénètre dans le système artériel.
Pour déterminer quel est le moment précis des actes intracardiaques auquel correspond ce repère, il nous reste deux méthodes différentes : 1° la mensuration du retard des pulsations radiales ; -° I auscultation associée à l’inscription cardiograplique.
La première méthode conduit à ce résultat : que le sommet de la ligne d'ascension coïncide en général à peu près exactement avec V instant où le sang commence à pénétrer dans l'aorte. En effet, on a vu que le retard du pouls sur le moment où ce sommet s’inscrit est souvent exactement de 0",10; que, d’autre part, le retard du pouls radial sur le pouls carotidien est de 0",08. Or, comme la distance qui sépare l’origine de l’aorte de la carotide est la cinquième partie environ de celle qui sépare l’origine de la carotide droite de l’extrémité inférieure de la radiale, il en résulte que le retard de la radiale sur la carotide doit être augmenté d’un cinquième pour donner le retard du pouls radial sur le début de la pulsation aortique, c’est-à-dire qu’il doit être estimé environ 0",096. Et, puisque le retard de la pulsation radiale sur le sommet de la ligne d’ascension est de O'VIO, il suit que pour la majorité des cas sans doute le sommet de la pulsation et la pénétration du sang dans l’aorte coïncident bien sensiblement, puisqu’il n’y a pas une différence de plus de 0",004.
Martius, par un calcul analogue, est arrivé à un résultat identiquement semblable.
La seconde méthode est d’une pratique un peu plus difficile cl plus délicate. Elle consiste à comparer les résultats de l’auscultation avec ceux de la cardiographie, en auscultant le cœur pendant le temps où le tracé s’inscrit.
Cette comparaison peut se faire de deux façons.
La plus simple, dont j’ai usé très souvent, consiste à placer le cardiographe à portée de la vue, et à le faire fonctionner pendant