‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 62 sur 223 · POT AIN. — DU CHOC DE LA POINTE DU C Œ UH · texte numérisé non relu

POT AIN. — DU CHOC DE LA POINTE DU C Œ UH

u on ausculte le cœur, soit à côté de la coquille de cet instrument, soit par l’intermédiaire de cette coquille elle-même à la faveur d'une plaque surajoutée. De cette façon on peut suivre le tracé de l’œil pendant qu’il s’inscrit et noter dans son souvenir le point exact auquel correspond chacun des bruits entendus. Cela est d'autant plus facile que ce rapport se reproduit avec une identité absolue à chacune des pulsations et que les observations successives se corroborent ainsi ou se corrigent mutuellement. Rien de plus simple ensuite que de marquer la place exacte occupée par les bruits entendus comme on le voit sur la planche de la page 5*25 .

Cette méthode est fort précise, mais elle inspire moins de confiance que celle, plus exacte en apparence, qui consiste à marquer la place des bruits, au moment même où ils se produisent, a 1 aide d'un signal mis en mouvement par le doigt. Les observateurs divers qui ont fait des recherches sur ce sujet ont eu tous recours au second procédé, dont je me suis aussi servi parallèlement. Ils iront varié que dans le mode de transmission du mouvement du doigt. Que la transmission soit faite par un courant électrique ou à l’aide d'un tube à air, cela ne change rien à sa précision. Il n y en a pas moins à tenir compte de ce que, en astronomie, on appelle r équation personnelle , c'est-à-dire, pour le cas particulier, de l’habileté plus ou moins grande que met l’observateur à faire coïncider le signal qu’il produit avec le bruit qu’il entend. Il va sans dire, d’ailleurs, qu’il ne s’agit point du tout, dans cette équation personnelle spéciale, du temps nécessaire à l’innervation centripète et centrifuge, à la détermination volontaire et à la mise en action des muscles. Le mouvement qui produit le signal se détermine d’avance d’après le rythme des pulsations. Sa précision dépend de l’exactitude avec laquelle l’observateur parvient à régler son mouvement sur ce rythme et à faire coïncider régulièrement le choc produit par son doigt avec le bruit valvulaire que son oreille entend. De même le musicien dans un orchestre attaque la première note d’après le rythme que lui a donné le chef d’orchestre en battant une mesure à vide, sans qu’il lui soit besoin d’entendre le choc du bâton au moment de l’attaque. Aussi est-il indispensable de choisir pour ces observations un cœur dont le rythme soit absolument régulier. La difficulté la plus grande de ce genre de recherches résulte de ce qu'il n’existe pour ainsi

dire point de cœur dont la régularité soit absolument constante et parfaite. Une autre difficulté tient à ce que peu de cœurs donnent des tracés sphygmographiques bien développés, si ce n’est ceux qui battent avec quelque excès. Une dernière, enfin, résulte du caractère même du premier bruit du cœur. Ce bruit est, en effet, essentiellement constitué par le claquement des valvules auriculo-ventricu- 1 ai res ; bruit relativement net et facile à noter, mais il est accompagné souvent ou précédé et plus ou moins masqué par un bruit sourd, d’intensité et de durée extrêmement variable, avec lequel il tend a se confondre.

Ce dernier, dont nous établirons plus loin le mécanisme, est tout autre chose que le claquement valvulaire lui-même; sa signification est absolument différente. Il importe donc d’en dégager celui-ci et de tenir compte de lui seul. Aussi faut-il absolument choisir, pour l’étude de ce problème, les cas dans lesquels le claquement bref et clair marque un point bien précis dans le temps et peut être exactement signalé. C’est sans doute en partie pour n’avoir pas eu ce soin nécessaire que les observateurs qui ont entrepris des recherches sur ce sujet sont arrivés à des résultats si si ngu lièrem en t d i ver gen ts .

Marey place le point correspondant à la clôture valvulvaire près

du sommet de la ligne

d’ascension ; Landois.

vers le milieu; Martius, au pied même de cette ligne; et Paul Hilbert, à une distance de ce pied qui correspond à environ 0"05. De sorte que.

entre le point désigné par Marey et celui qu’indique Paul Hilbert , il y a une distance correspondant à environ O" 15, c’est-à-dire supérieure à la durée du retard du pouls sur la systole cardiaque, retard qui cependant est très facilement appréciable.

Ayant eu soin de choisir, autant que possible, les cœurs les plus favorables à ce genre d’études, j'ai recueilli une vingtaine d’obser-

/Ma re

Landois

Martius C.HilLert '

15 2.0 15 10 5 O 5 10 15 lo 25

(Centièmes de secondes.)

P OTAI JS. - DU CHOC DE LA POINTE DU CŒUt. o'IS

valions propres à élucider la question qui nous occupe, chez des sujets divers et en multipliant pour chacun d’eux les tracés successifs. Je me suis servi pour cela d’un enregistreur de Marey à cylindre noirci, dont je pouvais accélérer le mouvement de telle sorte qu’un millimètre de course représentât exactement 0"05 cenliènie de seconde. J’avais en outre fait construire par M. Galante un tambour récepteur qui permettait d’exercer à la surface de pespace intercostal au niveau de la pointe un pression exactement déterminée. Le bouton en était étroit et transversalement allongé, de façon à appuyer autant que possible sur l’espace intercostal seul et non sur les cotes. Enfin il était possible de fixer cet appareil et de le maintenir très exactement au point voulu a 1 aide d une ceinture convenable.

Le signal dont je me suis servi était un tambour mis en rapport avec l’appareil par un tube de caoutchouc de meme longueur que celui qui transmettait les mouvements du cœur ou la pulsation radiale. Je me suis assuré d’ailleurs en frappant les deux tambours Lun contre l’autre que le synchronisme des tracés fournis par chacun d’eux était parfait, à la condition que la tension des deux ressorts fût identique, sans quoi l’un des deux cédait, bien entendu,

un très petit instant avant 1 autre.

Les résultats que j’ai obtenus avec l’appareil ainsi disposé m’ont fait comprendre d’abord la diversité des opinions émises par les auteurs que j’ai cités relativement à l’endroit précis de la courbe cardiographique auquel correspond le premier bruit. Car j’ai vu le signal qui l’annonçait se placer successivement, suivant les cas, aux différents points indiqués par eux. Il restait donc à déterminer les motifs de cette diversité des résultats fournis par l’observation. 11 v en a plusieurs, parmi lesquels il faut placer les erreurs de notation. Elles sont inévitables, quelque soin qu’on y apportent ne dépendent pas seulement de l’équation personnelle. Aussi est-il indispensable de ne tenir compte, parmi ces expériences, que de celles qui ont donné des résultats constants.

La diversité des positions occupées par le premier bruit sur les courbes cardiographiques semble au premier abord chose bien étrange. Mais on en va voir les raisons, et nous en trouverons une explication tout à lait logique, sinon tout a lait simple, en comparant, dans les tracés ci-après, les points divers de ces courbes auxquels ces localisations différentes du premier bruit , se rapportent.

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Le tracé! montre le premier bruit au pied de la ligue d’ascension, là précisément où Martius l’avait mis. Dans ce cas, on rie peut guère douter que la ligne a. b. c représente la systole ventriculaire et que le début de celle-ci corresponde exactement au pied même de la ligne ascendante où le premier bruit se fait entendre. Ce point d’ailleurs se trouve à 0", 07 du pouls radial, intervalle

a. Notation du 1er bruit; b. Notation du pouls radial; c. Notation du 2e bruit.

tpii se lient dans les limites que l’observation et le calcul ont assignées au retard du pouls radial sur le début de la systole du ventricule.

Dans le tracé II. le premier bruit se place vers le milieu de la b auteur de la ligne d ascension au point a, dans le lieu indiqué par Ëdgren. A cet endroit, on remarque une incurvation profonde de cette ligne, qui tout à coup se déprime. Or, le point où la ligne incurvée redevient ascendante, c’est-à-dire le pied de cette nouvelle ascension, se trouve à 0",Ü9 du pouls radial; distance peu différente de celle trouvée tout à l’heure au pied de la pulsation, mais se tenant encore dans les limites assignées au retard du pouls sur le début de la systole ventriculaire. Ce point est donc l’analogue de ce qui dans le tracé précédent était le pied de la ligne ascendante, puisque, étant sensiblement à la même distance du pouls radial, il est comme lui le lieu qui correspond au premier bruit.

On n’en saurait dire autant du début de la ligne ascendante qui se trouve au point d dans le tracé actuel, car il précède de beaucoup le premier bruit et il est en avance sur le pouls radial de 0M 65. Or,

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