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POTAIN. — DU CHOC DE LA POINTE DU CŒUR

l'élévation du levier, on ajoute à la systole ventriculaire véritable toute la période de distension ventriculaire. Comme, d’autre part, la clôture sigmoïdienne se trouve le plus souvent au voisinage de la partie la plus élevée de la ligne de descente, où elle s’accuse par une légère ondulation, et comme cette descente n’est point instantanée, mais réellement progressive, on ajoute encore, de ce lait, à la systole ventriculaire toute la partie du tracé qui se trouve au delà du second claquement valvulaire sur la ligne de descente.

11 n’y a point à mettre en doute que la systole auriculaire puisse déterminer un soulèvement de l'espace intercostal aussi accentué; car on peut voir, sur le tracé YIÏÏ, la première ondulation, qui est d’origine manifestement auriculaire, prendre une amplitude non moindre et une direction tout aussi verticale.

Il y a plus, et sur les tracés YI et Y1I on verra la ligne de distension ventriculaire s’élever 'au-dessus du niveau meme qui appartient à la systole du ventricule. Dans ces cas-là, ce que P. Hilbert appelle le sommet de la pulsation se trouve faire partie de la période auriculaire du tracé, et le premier bruit, qui marque toujours le début de la systole des ventricules, se trouve reporté un peu au delà de ce sommet. Dans ces cas, d’ailleurs, le sommet se trouve précéder le pouls radial beaucoup plus que de coutume. 8i bien que la précession atteignait, dans le cas du tracé VI, 0", 13 au lieu de 0",06 ou 0", 0 7 , qui est la limite habituelle de cette précession quand le sommet appartient à la systole du ventricule. Ainsi se trouvent expliquées les variations que nous avons signalées plus haut dans les rapports du sommet de la pulsation cardiaque avec le pouls radial.

De tout ce qui précède il résulte donc que la clôture des valvules auriculo-ventriculaires, qui coïncide avec le premier bruit, est sensiblement synchrone avec le début de la pénétration du sang dans 1 aorte et ne la précède que d’un temps très minime, puisque nous avons vu que cette pénétration coïncide également avec le sommet de la pulsation, ou ne retarde sur lui que de moins d’un centième de seconde.

Marcv a donné, dans son traité de la circulation du sang (1886 p. 157), un tracé de la pression intracardiaque chez le cheval, accompagné de signaux indiquant la place des deux bruits. On y voit que le premier bruit, c’est-à-dire l’instant de la clôture des

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valvules, marque exactement le début de la systole ventriculaire, c’est-à-dire le moment où la pression s’élève subitement dans la

cavité du ventricule. Ce qui concorde parfaitement avec tout ce que nous venons de voir.

L’auscultation, dans les cas de rétrécissement de l’orifice aortique, dépose dans le même sens, car le claquement mitral marque toujours Li es exactement le début même du souffle systolique produit par le rétrécissement, ce qui veut dire que le sang commence à pénétrer dans l’aorte et à y souffler au moment même où la mitrale se ferme.

Enfin les bruits produits par l’insuffisance mitrale peuvent euxmêmes servir à déterminer l’instant précis où a lieu la clôture valvulaire. Le sang, qui ferme la valvule en la chassant devant lui, s’engage nécessairement dans l’espace laissé ouvert par les lames valvulaires imparfaitement rapprochées. 11 s’v engage au moment même où la val vule se ferme, puisque c’est lui qui la ferme, et entre en vibration au moment même où il le franchit. En sorte que le début du souffle systolique marque nécessairement et rigoureusement l’instant précis de la clôture. Or, ce souffle commence le plus souvent au moment môme où s'achève le soulèvement de la pointe, comme il est facile de le constater.

De tous les faits qui viennent d’être successivement exposés, il résulte manifestement que le choc de la pointe du cœur est constitué par un soulèvement de cette pointe et un ébranlement soudain qui le termine ; que l’ébranlement est produit par la clôture des valvules auriculo-ventriculaires ; que la propulsion de la pointe l’est successivement par la systole de l’oreillette qui va se terminer et par celle du ventricule à son début; que le plus souvent chacune des deux systoles semble y avoirsa part, mais une part variable selon

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