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POT AIN. — DU CHOC DE LA POINTE U 11 CŒUR

les cas; que presque toujours l'oreillette commence le mouvement «pic le ventricule continue et achève.

Ces deux parties du choc, quelle qu'en soit l’amplitude relative, ont une énergie nécessairement inégale, et le ventricule distendu par la contraction de l’oreillette ne se soulève pas, bien entendu, avec la même force que lorsque sa pointe est projetée en avant par sa propre contraction, dix fois plus énergique que celle des oreillettes. Ainsi conçoit-on que le mouvement recueilli par les instruments d’inscription soit différent suivant les cas et suivant le degré de pression exercée à la surface de l’espace intercostal par l'instrument explorateur. Le soulèvement précède l’ébranlement si la pression est modérée et se laisse aisément vaincre. Il commence seulement avec lui, c’est-à-dire avec la systole ventriculaire et la poussée la plus forte, si la pression plus énergique lui résiste davantage. Quand, au lieu d’un instrument, on applique le doigt au niveau de la pointe, en variant le degré de la pression qu’il exerce, on perçoit aisément ces différences.

En résumé, une bonne part du soulèvement précède d’habitude le claquement valvulaire et le premier bruit. Cette portion de la révolution cardiaque a été considérée jusqu’ici par tous les observateurs comme appartenant à la systole ventriculaire. Marey l’a appelée systole préparatoire parce qu’il a pensé que dans cet instant le ventricule commençant à se contracter ne fait qu’adapter plus exactement sa forme à son contenu, pour propulser le sang dans l’aorte après seulement que cette adaptation est achevée et la mitrale fermée. Martius, qui a reporté la clôture des valvules beaucoup plus en arrière, c’est-à-dire au pied de la ligne ascendante, tient que cet espace sépare la clôture des valvules auriculoventriculaires de l’ouverture des sigmoïdes; il l’appelle période de clôture totale ; Ludwig, temps de préparation; Edgren, phase latente. Paul Hilbert ne tente pas de s’expliquer à son sujet.

Si nous cherchons à nous rendre compte de ce que dure cette période dite préparatoire, nous verrons qu’il faut estimer moyennement sa durée à 0",10. Les mensurations prises sur mes 55 tracés cardiographiques m’ont donné cette moyenne. Rive et Landois lui ont assigné une durée de 0",075 à 0"085, Edgren de (P, 095, Martius de 0",07 à 0V14. Si bien que, en prenant la moyenne de ces évaluations, on trouve 0",095, chiffre très voisin du mien. D’ailleurs, il y a des cas où cette moyenne est beaucoup dépassée, et j’en ai trouvé

pour ma pari où la durée devait être estimée à 0",2 4. Si l'on voulait faire cadrer cette donnée de l’observation avec la théorie de Marev, il faudrait imaginer que, pendant uneduréede 0",10 et même parfois davantage, c’est-à-dire pendant un temps égal et supérieur à celui que l’onde sanguine met à se propager de l’origine de l’aorte jusqu’à la radiale, le cœur se contracte sur son contenu, assez pour modifier la forme de scs parois relativement rigides, assez pour produire sur la face inférieure des sigmoïdes tendues un ébranlement qui se transmet jusque dans l’aorte; tout cela sans que les valvules auriculo-ventriculaires soient arrivées encore à se fermer. Or, il suffit de soumettre, sur un cadavre, ces valvules à l’épreuve de l’eau, pour juger de la facilité extrême avec laquelle elles obéissent à la moindre impulsion. Une légère pression exercée à la surface du cœur, pression qui ne saurait être comparée, même de loin, à celle des ventricules en contraction, soudain relève ces valvules et les ferme. Plongées dans le sang, c’est-à-dire dans un

liquide d’une densité à peu près égale à la leur et dans lequel elles sont flottantes, elles obéissent nécessairement avec plus de facilité et plus sûrement encore. En sorte qu’on ne conçoit vraiment pas la possibilité du retard que la théorie suppose, et dont Dickinson a cru devoir supposer que la longueur s’exagérait dans le cas de rétrécissement mitral.

D’ailleurs, on se trouverait, avec cette théorie, dans un dilemme dont il ne paraît pas facile de sortir : Ou, pendant la période dite préparatoire, le cœur se contracte assez énergiquement déjà pour déterminer la propulsion de la pointe dont la force est quelquefois grande; comment en ce cas tarde-t-il autant à clore une valvule qui peut céder à la moindre impulsion? Ou la pression exercée par la paroi cardiaque sur son contenu est assez faible pendant cette période pour ne point mettre en mouvement les appareils valvulaires; alors comment se peut-il que le cœur si faiblement contiacte dcMcnnc assez rigide pour soulever la paroi thoracique et le doigt appliqué sur l’espace intercostal et le ressort du cardiographe; pour ébranler enfin les sigmoïdes malgré leur forte tension, et jusqu a

la colonne sanguine contenue dans l’aorte? Comment surtout cette systole, si faible pendant la phase de préparation, se trouvera-t-elle, au début de la période suivante, tout à coup portée au maximum d’intensité qu’elle puisse avoir? Cela s’accorde-t-il avec ce que nous ont appris les études de Marcy, d où il résulte si positivement qui

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