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l>niil diastolique qui le précède et qui, commençant aussitôt après le second bruit normal, remplit le grand silence. Jusqu’ici on l’avait considéré toujours et sans contestation comme appartenant à la période diastolique ventriculaire et comme résultant de l'accélération du courant sanguin qui traverse l'orifice rétréci, accélé-
ration déterminée par la systole de l’oreillette.
Dans ces derniers temps, comme il a été déjà dit, le docteur Dickinson a fait une remarque très juste: c’est que le bruit de roulement présystolique coïncide avec le soulèvement de la pointe du cœur; et, ce soulèvement étant tenu par tous pour une manifestation de la systole ventriculaire, il en a conclu que le bruit qui l’accompagne est produit par cette systole ; que, par conséquent, il se rapporte au passage du sang du ventricule vers l’oreillette et qu il constitue en réalité un bruit d'insuffisance valvulaire, non
de rétrécissement.
Pour expliquer cette insuffisance très transitoire, puisqu’elle cesse au moment même de la clôture valvulaire marquée par le premier bruit, il imagine que les lames de la mitrale, épaissies et indurées, sont ralenties dans leur mouvement, et que, tandis quelles tardent à se fermer, le sang qui passe entre leurs bords libres incomplètement rapprochés se met en vibration et produit le bruit anormal dont il s’agit.
L observation de Dickinson est très exacte, mais je crois son interprétation absolument fausse.
Le fait, je 1 ai vérifié plus d’une fois et fait vérifier par mes
élèves de façon à leur rendre son exactitude évidente. Quand on applique en effet la main sur la pointe du cœur chez un sujet atteint de rétrécissement mitral, on sent très distinctement un frémissement qui remplit tout le grand silence, se renforce à la fin et se termine tout à coup par l’ébranlement brusque que produit le claquement valvulaire. C’est exactement la reproduction de ce que l’oreille fait entendre. De telle sorte qu’on peut faire le diagnostic de cette lésion avec la main tout aussi sûrement qu’avec l’oreille. Mais ce que l’on perçoit aussi d’une façon souvent extrêmement distincte, c’est que la partie terminale et renforcée, celle qu'accompagne le bruit présystolique, correspond exactement au soulèvement de la pointe, à son mouvement de propulsion.
Si au lieu de la main on applique un explorateur à tambour de Marey et si l’on a soin, comme je l’ai fait, de munir cet explorateur