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LA POINTE DU CŒUR

slaté que je sache. Je ne l’ai pour ma part jamais entendu. Je me trompe. J’ai noté, précisément dans un des deux cas dont les tracés ont été reproduits tout à l’heure, un dédoublement très évident du premier bruit, mais avec précession mitrale. Loin donc d’ètre retardée dans son mouvement, la mitrale, au contraire, dans ce oas-là, devançait légèrement l’instant où elle eût dû frapper, et pourtant le souffle présystolique existait de la façon la plus évidente. Ainsi il est impossible d’admettre que le bruit en question soit un souffle d’insuffisance. C’est, sans contradiction possible, un bruit de rétrécissement. Il est produit par le passage du sang de l’oreillette dans le ventricule ; et, par conséquent, résulte de la contraction de l'oreillette. Par conséquent aussi il est antérieur à

la systole du ventricule. Car il n’y a pas à penser que l’oreillette puisse faire passer du sang avec une vitesse accélérée dans un ventricule déjà en contraction, puisqu’il est établi que l’énergie de l’oreillette n’est guère que la dixième partie de celle du ventricule.

Mais, d’autre part, ce mouvement de l’oreillette, qui chasse le sang vers le ventricule, se continue jusqu’au premier claquement valvulaire sans laisser aucun intervalle. Il remplit donc tout l’espace dénommé temps de « systole préparatoire ». Il coïncide exactement, comme on l’a vu avec le soulèvement de la pointe attribué à cette systole préparatoire. En sorte qu’il faut bien reconnaître que ce temps diversement dénommé, qui précède le premier claquement, où se produit un soulèvement de la pointe et, sur la plupart des tracés cardiographiques, une ascension plus ou moins rapide de la courbe, ce temps autrefois considéré par Marey comme une ébauche de systole ventriculaire, ce temps en réalité appartient à la systole de l’oreillette.

On remarquera qu’il s’agit dans ce débat (le 1 interprétation d’une portion bien minime de la révolution cardiaque, car elle n’en représente guère que la huitième partie. Et l’on ne s étonnera pas qu’il y ait eu de graves difficultés à vaincre pour analyser exactement les phénomènes qui se succèdent dans un instant si court, situé sur la frontière des systoles de l’oreillette et du ventricule.

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Les preuves accumulées dans ce qu’on vient de lire ne laissent, je pense, subsister aucun doute sur ce point désormais acquis j que l’oreillette contribue au soulèvement de la pointe du cœur et que son action ne s’arrête qu’à l’instant où la clôture des valvules auriculo-ventriculaires et la propulsion du sang dans l’aorte marquent le début de la systole du ventricule. La phase dite de prépara/ton, représentée par le soulèvement de la pointe et, sur les tracés cardiographiques, par la ligne d’ascension, appartient donc à la systole auriculaire. Mais elle ne la comprend pas tout entière. Lu mesurant exactement sa durée sur les tracés, j’ai trouvé qu’elle est en moyenne de 0",10; que cette moyenne représente également le chiffre constaté dans le plus grand nombre des cas; enfin que ceux qui s’en écartent le plus ne descendent pas au-dessous de 0",05 et ne montent point au-dessus de 0", 15.

La systole de 1 oreillette est beaucoup plus longue. En la mesurant sur les tracés de la jugulaire où, même'à l’état normal, elle s insu il parfois très exactement, j ai trouvé, d’après un bon nombre de mensurations, que sa durée oscillait entre 0",20 et 0",26, ayant en moyenne 0",25. Elle dépasse donc de 0",15 la durée de la phase dite préparatoire. — Enfin la mensuration sur les tracés cardiographiques de l’ondulation légère qui précède le pied de la ligne d’ascension et représente la première partie de la systole auriculaire, m’a donné le chiffre moyen de 0", 155.

De sorte que, en réunissant ces chiffres qui concordent, on arrive h ce résultat que la systole de l’oreillette, d’une durée de 0",27, se partage en deux moitiés inégales dont la première, qui soulève à peine la paroi ventriculaire, dure en moyenne 0",15, et la seconde, qui dure 0" ,10, tend la paroi ventriculaire et détermine la propulsion de la pointe.

Tout ce que je viens de dire étant admis, deux choses étonnenl encore, deux questions se posent qui ne laissent pas de causer quelque embarras : 1° Comment la systole auriculaire, à laquelle on n’attribue, d’après les mesures de Chaurcauet de Marev, que le dixième de l’énergie de celle du ventricule, est-elle capable de produire un soulèvement de la pointe d’apparence parfois si vigou-

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