‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 104 sur 192 · Goldsborough, New York Med. Journal · texte numérisé non relu

Goldsborough, New York Med. Journal

2. L’apparition d’une phlegmatia, analogue à la phlegmatia des cachectiques, sous l'influence d’un traumatisme septique à distance est prouvée par un fait qui a la valeur d’une expérimentation. M. le docteur F. Charcot a rapporté en 1876 le cas d’une phlébite de la fémorale droite survenue à la suite d'une piqûre anatomique de l'index, et c’est lui-même qui fut victime de cette curieuse complication. Union médicale, \ 876, p. 62.

Phlébite puerpérale. — Nous ne présenterons pas ici un nouvel exposé des indications historiques que comporterait ce sujet si longtemps controversé de la phlébite puerpérale. Le premier chapitre de notre travail fournit les données nécessaires. Il est cependant impossible de ne pas rappeler que, dès 1823, Davis, puis, six ans plus tard, Lee, ne faisaient déjà plus aucune différence entre la phlegmatia des accouchées et la phlébite des opérés. La question aurait pu être jugée dès cette époque si Virchow n’avait substitué aux conceptions si justes des auteurs anglais la théorie de la thrombose placentaire physiologique, gagnant par propagation les veines du bassin et celles des membres inférieurs. Hervieux1, en 1870, eut le très grand mérite de revenir sans réticences à la théorie de la phlébite et de dénoncer aux accoucheurs la signification exclusivement pathologique de cette complication infectieuse des couches anormales. Malheureusement, imbu également de cette idée que l’infection puerpérale ne pouvait s’établir que par l’intermédiaire [du système veineux, il laissa substituer une ambiguïté fâcheuse en donnant indistinctement aux accidents généraux de la puerpéralité et à la manifestation atténuée et locale qui constitue la phlegmatia, le nom commun de phlébite. Aussi les auteurs n’adoptèrent-ils pas sans hésitation sa manière de voir, mais Hervieux sut montrer le rapport qui unit les divers accidents de l’infection puerpérale, abcès, phlébites, etc., et c’est avec un grand sens clinique qu’il donna, à la fétidité des lochies et aux manifestations douloureuses péri-utérines, le rôle de phénomènes précurseurs de la phlegmatia.

Le travail de M. Siredey2, paru en 1884, n’ajouta rien aux acquisitions précédentes, il servit seulement à confirmer les auteurs dans la voie récemment ouverte et qui était la bonne.

Widal3, en 1889, établit la hiérarchie des accidents puerpéraux en même temps qu’il en déterminait les causes infectieuses. Il sut montrer les passages insensibles qui les reliaient les uns aux autres, indiquant aussi que malgré leur apparence dissemblable, la parenté étiologique ne les abandonnait jamais et, en regard de l’infection purulente septique d’origine puerpérale, il imposa définitivement la conception de la spécificité de la phlegmatia.

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