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Pinard, Commun, orale

de phlébite. Parfois il s’agit d’une pyohémie d’apparence spontanée ayant éclaté sous forme d’érysipèle, de phlegmon de l’amygdale, etc., d’autre fois il s’agit d’une pyohémie surajoutée à quelque affection antérieure, comme cela se voit dans le décours des maladies infectieuses ou dans les cachexies, ou bien enfin on a affaire à quelque maladie infectieuse, évoluant avec les allures de la septicémie. Parfois les causes morbides se surajoutent et l’on est en présence de phlébites d’ordre complexe dont la nature clinique et étiologique ne peut être que difficilement spécifiée. Nous étudierons cependant à part chacun de ces différents types.

Phlébites des septicémies primitives. — Certaines pyohémies, dites médicales, peuvent se compliquer de phlébite. La liste en serait longue et il nous suffira de citer quelques exemples pour prouver la réalité de cette entité morbide.

L 'érysipèle de la face, qui reconnaît si souvent lui-même pour origine une cause extérieure, peut donner lieu à des poussées de phlébite. M. Hayem a communiqué à la Société anatomique une observation de phlébite des sinus, consécutive à un érysipèle de la face. Achalme1, dans son récent et important travail, dit avoir observé deux cas de phlegmatia alba dolens du membre inférieur à la suite d’érysipèles de la face très graves, mais tous deux néanmoins terminés par la guérison. « La phlébite a dans ces cas procédé par des poussées successives, coïncidant avec une élévation thermique durant 24 à 48 heures et séparées par des intervalles apyrétiques à peu près égaux de 7 à 8 jours. » Comme on le voit, cet auteur a également été frappé de ces intermittences quasi cycliques ; nous les avons souvent mises en relief.

On a vu Y amygdalite phlegmoneuse provoquer l’apparition des symptômes de l’infection purulente, avec ou sans manifestations phlébitiques. Dans la thèse de Sallard2, on trouve l’histoire d’un malade atteint de phlegmon amygdalien qui mourut d’infection purulente. A l’autopsie on trouva une phlébite suppurée des veines de voisinage. Trumbull3 a rapporté une autre observation analogue. Nous avons nous-même pu constater, chez un de nos amis, l’apparition d’une phlegmatia alba dolens à la suite d’une amygdalite phlegmoneuse. Cette amygdalite, qui avait déterminé un

1. Achalme, Considération palhol . et anat. pathol. sur l’érysipèle. Paris, Masson, 1895.

2. Breton, In thèse Sallard. Les amygdalites aiguës. Th. Paris, 1892.

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