I. Clarac, Thèse doctorat. Paris
PIERRE TEISSIER. — DU RÉTRÉCISSEMENT MITRAL. 959 des notions de chimie biologique malheureusement incertaines. Cet auteur oppose la diathèse acide des rhumatisants à la diathèse alcaline des tuberculeux. Or, d’une part, les arguments cliniques qu’il invoque ne nous paraissent pas des plus probants, lorsqu’il s’agit de la négation d’une tuberculose qui affecte souvent dans ces cas, une allure si torpide ; ils sont, en second lieu, trop peu nombreux. D’autre part, l’auteur nous parait pécher par excès de généralisation, lorsqu’il admet l’origine rhumatismale de toutes les maladies du cœur et s’appuie sur ce fait pour légitimer l’antagonisme de Rokitansky.
A supposer même que le fait soit vrai pour les cardiopathies rhumatismales, il ne peut s’appliquer dans les mêmes conditions aux autres valvulites infectieuses ou tuberculeuses.
Notre collègue et ami Drouin' dans ses intéressantes études hêmoalcalinimétriques a montré que la réaction alcaline du milieu sanguin ne variait que dans de très faibles proportions chez les tuberculeux, et ne se modifiait, dans le sens d’une diminution sensible, qu’à la période de cachexie, et au même titre que dans toutes les cachexies, période à laquelle les cardiaques tuberculeux arrivent rarement, comme nous le verrons plus loin. 11 ne s’agit donc pas ici de diathèse alcaline.
Lyonnet1 2 * 4 a montré enfin que chez les tuberculeux, la densité du sang variait autour de la normale et descendait à peine à 1050 ou 1054.
L’antagonisme absolu de Rokitansky ne devait pas, du reste, tarder à être battu en brèche. Des observations d’abord isolées, puis bientôt plus nombreuses, relatent comme un fait exceptionnel la coïncidence de la tuberculose pulmonaire et d’une affection du cœur. Des mémoires, des thèses paraissent, qui toutes arrivent, sinon à détruire la formule de Rokitansky, du moins à atténuer sa signification par trop absolue.
C’est ainsi, par exemple, que dès 1864, Traube5 constatant l’association de l’insuffisance aortique et de la tuberculose pulmonaire, limite l’antagonisme dyscrasique de Rokitansky aux lésions mitrales. Martineau* s’appuyant sur une série de faits personnels ou